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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2600173

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2600173

lundi 19 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2600173
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantAHAMADA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi par un ressortissant comorien d'une demande de suspension d'une obligation de quitter le territoire français sans délai. En cours d'instance, le préfet de Mayotte a retiré l'arrêté litigieux par un nouvel arrêté du 19 janvier 2026. Constatant que la mesure d'éloignement n'était plus exécutoire, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et a rejeté les conclusions à fin d'injonction, faute d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2026, M. D..., demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et de lui désigner un avocat commis d’office ;

2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 15 janvier 2026 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ;

3°) à titre principal, d’enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois mois et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour ou à défaut, d’enjoindre au préfet de Mayotte de procéder à l’enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet de Mayotte d’organiser et de financer son retour par tous moyens, dans un délai de huit jours sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie en raison du caractère exécutoire de l’obligation de quitter le territoire français ;

- l’arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale aux droits consacrés par :
- l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le cas échéant, l’article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2026, le préfet de Mayotte conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.

Il soutient que l’arrêté litigieux a été retiré par un arrêté du 19 janvier 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience publique qui a eu lieu le 19 janvier 2026 à 14h30 (heure de Mayotte), le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion, dans les conditions prévues à l’article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme B... étant greffière d’audience au tribunal administratif de Mayotte.

Après avoir entendu, au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Felsenheld, juge des référés ;
les observations du requérant ;
et les observations de Mme A..., représentant le préfet de Mayotte.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. M. D..., ressortissant comorien, né le 1er janvier 2008 aux Comores, demande, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai.

Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence, sous réserve de l’application des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président ». Le requérant n’ayant pas été représenté dans la présente procédure en l’absence de l’avocat de permanent dûment convoqué, il n’y a pas lieu de faire droit à sa demande.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Par un arrêté du 19 janvier 2025, le préfet de Mayotte a procédé au retrait de l’arrêté litigieux. Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension.

4. Le requérant ne faisant plus l’objet d’une mesure d’éloignement exécutoire, sa demande d’injonction ne présente pas le caractère d’urgence requis par l’article L. 521-1 du code de justice administrative.



ORDONNE :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension.

Article 2 : Les conclusions à fin d’injonction sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 19 janvier 2026.


Le juge des référés,




R. FELSENHELD


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.







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