Le Tribunal administratif de Mayotte a rejeté la requête de M. B... contestant une saisie administrative à tiers détenteur émise pour le recouvrement d'amendes forfaitaires majorées liées à des infractions au code de la route. Le juge a estimé que cette contestation relevait de la compétence de la juridiction judiciaire, car elle concernait la procédure pénale et les poursuites en recouvrement qui en sont indissociables. La décision s'appuie sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que sur les dispositions du code de la route, du code de procédure pénale et du décret n°64-1333 du 22 décembre 1964.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2026, M. A... B... doit-être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d’annuler la saisie administrative à tiers détenteurs émise à son encontre en vue du recouvrement de la somme de 1 880 euros, au titre des amendes forfaitaires majorées sanctionnant des infractions au code de la route ;
2°) d’ordonner le remboursement intégral des sommes prélevées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le décret n°64-1333 du 22 décembre 1964 ;
- le code de justice administrative.
La présidente par intérim du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / (…). »
Aux termes de l’article L. 121-5 du code de la route : « Les règles relatives à la procédure de l'amende forfaitaire applicable à certaines infractions au présent code sont fixées aux articles 495-17 à 495-25 et 529-7 à 530-4 du code de procédure pénale (…) ». Aux termes de l’article 521 du code de procédure pénale : « Le tribunal de police connaît des contraventions ». Aux termes de l’article 707-1 de ce code : « (…) les poursuites pour le recouvrement des amendes et l’exécution des confiscations en valeur sont faites au nom du procureur de la République, par le comptable public compétent (…) ». Aux termes de l’article 2 du décret du 22 décembre 1964 : « (…) / 4° La mise en recouvrement des amendes forfaitaires majorées est effectuée dans les conditions et selon les modalités prévues par les articles R. 49-5, R. 49-6 et R. 49-6-1 du code de procédure pénale ». Aux termes de l’article 6-1 du même décret : « Lorsque le débiteur d’amendes ou de condamnations pécuniaires ne s’est pas acquitté spontanément de sa dette (…), ces amendes et condamnations peuvent également être recouvrées (…) par voie de saisie administrative à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales dépositaires, détentrices ou débitrices de sommes appartenant ou devant revenir au débiteur ».
Il résulte des dispositions précitées que les contestations relatives au recouvrement d’une amende forfaitaire majorée sanctionnant une contravention au code de la route, qui concernent la procédure pénale elle-même et les poursuites en recouvrement qui ne sont pas détachables de celle-ci, ressortissent à la compétence de la juridiction judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête de M. B... tendant à l’annulation de la saisie administrative à tiers détenteur concernant des infractions routières, doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître, en application des dispositions du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A... B....
Fait à Mamoudzou le 10 février 2026.
Le président de la 3e chambre,
Ch. BAUZERAND
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.