mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de St Martin |
| Section | Tribunal Administratif de St Martin |
| N° Dossier | TA108-2300024 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DURIMEL & BANGOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2023, la société Hardtec, représentée par Me Durimel, demande au tribunal :
1°) de condamner la collectivité de Saint-Martin à lui verser une somme de 211 450,14 euros au titre des travaux supplémentaires effectués, une somme de 9 400 euros au titre de la facture n° 25192022 du 26 janvier 2022 et une somme de 10 000 euros au titre de son préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge de la collectivité de Saint-Martin une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité contractuelle de la collectivité est engagée en raison des travaux supplémentaires de reprise en maçonnerie et passivation sur les aciers des surfaces extérieures qu'elle a effectués dans le cadre du lot n° 1 du marché public de travaux du 7 mai 2019 conclu avec la collectivité ayant pour objet des travaux de rénovation et de réhabilitation du lycée polyvalent des Îles du Nord ;
- elle a subi un préjudice financier évalué à 211 000 euros au titre du paiement des travaux supplémentaires ;
- elle a subi un préjudice moral évalué à 10 000 euros.
La requête a été communiquée à la collectivité de Saint-Martin, qui n'a pas produit d'observation en défense malgré une mise en demeure adressée en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative le 6 septembre 2023.
Le 15 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire était susceptible d'être audiencée au mois de mai 2024, et que l'instruction était susceptible d'être close à compter du 1er mars 2024.
Par une ordonnance du 31 mai 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Par un mémoire du 13 mai 2024, la société Hardtech a déclaré retirer la facture n° 25192022 du champ de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- et les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 mai 2019, la société Hardtec est devenue adjudicataire du lot n° 1 gros œuvre du marché public de travaux conclu avec la collectivité ayant pour objet des travaux de rénovation et de réhabilitation du lycée polyvalent des Îles du Nord. Par la présente requête, la société Hardtec demande au tribunal de condamner la collectivité de Saint-Martin à lui verser une somme de 211 450,14 euros au titre des supplémentaires effectués, une somme de 9 400 euros au titre de la facture n° 25192022 du 26 janvier 2022 et une somme de 10 000 euros au titre de son préjudice moral.
Sur le désistement partiel :
2. Si, dans sa requête introductive d'instance, la société Hardtec a demandé la condamnation de la collectivité de Saint-Martin à lui verser une somme au titre de la facture impayée n° 25192022, elle a, dans son mémoire enregistré le 13 mai 2024, expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, il y a lieu de donner acte de ce désistement et il n'y a plus lieu pour le tribunal que de statuer sur les conclusions indemnitaires liées aux travaux supplémentaires effectués par la société requérante dans le cadre du lot n° 1 du marché du 7 mai 2019.
Sur le surplus des conclusions à fin d'indemnisation :
3. D'une part, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Il résulte de ces dispositions que l'acquiescement aux faits est acquis lorsque le délai imparti à l'administration a expiré et que la date de clôture d'instruction est échue sans que le défendeur ait présenté d'observations. Cette circonstance ne saurait dispenser le juge, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le demandeur ne sont pas contredits par les autres pièces versées au dossier, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit que soulève l'affaire.
4. D'autre part, l'entreprise titulaire d'un marché a droit au paiement des travaux non prévus au marché initial qui lui ont été commandés par ordre de service régulier. L'entreprise a également droit, y compris dans le cadre d'un marché à prix global et forfaitaire, au paiement des travaux supplémentaires qui, bien qu'ils aient été réalisés sans ordre écrit ou verbal du maître d'ouvrage, ont été indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art.
5. La société Hardtec soutient qu'à la demande verbale de M. A, technicien de l'agence française du développement en appui à la collectivité de Saint-Martin, elle a effectué des travaux supplémentaires de reprise en maçonnerie et passivation sur les aciers des surfaces extérieures dans le cadre du lot n° 1 du marché public de travaux du 7 mai 2019 conclu avec la collectivité ayant pour objet des travaux de rénovation et de réhabilitation du lycée polyvalent des Îles du Nord en raison d'un risque de chute du béton et d'éclatement de mortier des façades extérieures arrières et avant du bâtiment et des cages d'escalier avant la pose de la peinture. Elle évalue ces travaux à 350 807,98 euros, portant le prix total du marché en cause à 424 727,78 euros, et soutient que la collectivité de Saint-Martin lui a déjà versé une somme de 213 277,64 euros et reste ainsi redevable de 211 450,14 euros. Malgré une mise en demeure, à peine d'acquiescement aux faits, adressée le 6 septembre 2023, la collectivité de Saint-Martin n'a pas produit d'observations et les allégations de la société requérante ne sont contredites par aucune des pièces du dossier. Dans ces conditions, la société requérante, est fondée à soutenir que la responsabilité de la collectivité de Saint-Martin est engagée en l'absence de rémunération supplémentaire versée au titre des prestations supplémentaires indispensables réalisées.
6. D'une part, il résulte de ce qui précède que la société Hardtec est fondée à solliciter le versement d'une somme de 211 450,14 euros, correspondant à la part non payée des travaux supplémentaires réalisés pour la collectivité de Saint-Martin dans le cadre du lot n° 1 du marché public de travaux du 7 mai 2019 ayant pour objet des travaux de rénovation et de réhabilitation du lycée polyvalent des Îles du Nord.
7. D'autre part, si la société Hardtec soutient subir un préjudice moral, elle n'apporte aucune justification à l'appui de ses prétentions et n'établit pas la réalité de ce préjudice dont elle ne précise pas, au demeurant, le montant de 10 000 euros réclamé. Il s'ensuit que les conclusions indemnitaires présentées par la société requérante à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la collectivité de Saint-Martin à verser à la société requérante la somme de 211 450,14 euros.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la collectivité de Saint-Martin une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la SARL Hardtec tendant à la condamnation de la collectivité de Saint-Martin au versement de la somme de 9 400 euros au titre de la facture n° 25192022 du 26 janvier 2022.
Article 2 : La collectivité de Saint-Martin est condamnée à verser à la société Hardtec une somme de 211 450,14 euros.
Article 3 : La collectivité de Saint-Martin versera à la société Hardtec une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Hardtec, à la collectivité de Saint-Martin et au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
S. GOUÈSLa greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026