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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-1710079

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-1710079

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-1710079
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP LIZEE PETIT TARLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant dire droit du 17 octobre 2019, rendu sur la requête n° 1710079 présentée par Mme C E et la MAIF, représentées par la SCP Lizée Petit Tarlet, tendant à la condamnation de la métropole d'Aix-Marseille-Provence à réparer les préjudices subis à la suite de sa chute survenue le 24 avril 2017, à ce que cette dernière soit condamnée à verser à la MAIF la somme de 138,95 euros et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le Tribunal a, par l'article 1er du jugement, déclaré la Métropole responsable des conséquences dommageables de la chute de Mme E, par l'article 2, rejeté les conclusions indemnitaires de la MAIF, par l'article 3, ordonné une expertise médicale et, par l'article 8, déclaré le jugement commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Par ordonnance du 3 mars 2020, la première vice-présidente du Tribunal a désigné le docteur D B en qualité d'expert.

Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du Tribunal le 11 juin 2021.

Par un mémoire, enregistré le 3 juin 2021, la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône fait valoir qu'elle n'entend pas intervenir dans le cadre de la présente instance.

Elle expose que la victime a été prise en charge au titre du risque maladie et que le montant provisoire de ses débours s'élève à la somme de 622,13 euros.

Par un mémoire, enregistré le 23 août 2021, Mme E et la MAIF demandent au Tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à verser à Mme E la somme de 10 075 euros et de mettre à la charge de la Métropole une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle ajoute que :

- les préjudices patrimoniaux consistant au recours à une tierce personne s'élèvent à 1 050 euros, les préjudices extrapatrimoniaux doivent être fixés à 6 000 euros pour les souffrances endurées, à 925 euros pour le déficit fonctionnel temporaire, à 2 100 euros pour le déficit fonctionnel permanent.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2021, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par la SELARL Abeille et associés, agissant par Me Pontier, conclut aux mêmes fins que précédemment et ajoute que :

- le tarif horaire de 25 euros retenu pour l'assistance par tierce personne est excessif et une somme de 546 euros sur la base d'un tarif horaire de 13 euros pourra être allouée à la requérante ; une somme de 2 200 euros pourra être allouée au titre des souffrances endurées et une somme de 2 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent.

Vu :

- l'ordonnance de la première vice-présidente du Tribunal du 3 mars 2020 désignant le Dr D B comme expert ;

- l'ordonnance du 14 juin 2021 par laquelle la première vice-présidente du Tribunal a taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée au Dr B à la somme de 720 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme F,

- et les conclusions de Mme Felmy, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E a été victime d'une chute le 24 avril 2017 alors qu'elle circulait traverse Prat dans le 8ème arrondissement de Marseille, causée par la présence d'un trou sur le trottoir. Estimant la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence engagée sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage, Mme E et la MAIF ont demandé au Tribunal de condamner la Métropole à réparer leurs préjudices.

2. Par un jugement avant dire droit du 17 octobre 2019, le Tribunal, après avoir reconnu la métropole d'Aix-Marseille-Provence responsable des préjudices subis par Mme E en raison de la chute dont elle a été victime, a rejeté les conclusions indemnitaires de la MAIF, a ordonné une expertise aux fins d'examiner et de décrire l'état de la requérante et d'apprécier les préjudices résultant de cette chute et a déclaré le jugement commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône. Le docteur B, désigné comme expert, a déposé son rapport d'expertise le 11 juin 2021. Dans le dernier état de ses écritures, Mme E demande au Tribunal de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 10 075 euros en réparation des préjudices subis.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

3. Mme E demande à bénéficier d'une indemnisation de 1 050 euros au titre de l'assistance d'une tierce personne. Le rapport d'expertise conclut à ce titre à la nécessité d'une telle assistance à hauteur d'une heure trente par jour pendant une période de 21 jours, du 24 avril 2017 au 14 mai 2017 et à quatre heures par semaine du 15 mai 2017 au 7 juin 2017.

4. Il y a lieu de fixer le montant de l'indemnisation de ce chef de préjudice sur la base de 14 euros, qui est le salaire horaire moyen d'une aide à domicile non spécialisée. La requérante n'apporte aucun élément de nature à justifier que le coût de cette assistance devrait être déterminé à un taux supérieur, estimé selon elle à 25 euros. Dans ces conditions, le préjudice subi par Mme E résultant de l'assistance par tierce personne doit être évalué à la somme de 637 euros.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'expert a retenu que Mme E a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 % du 24 avril 2017 au 14 mai 2017 compte tenu de l'utilisation de cannes anglaises et d'une botte Orthomarche, puis de 30 % du 15 mai 2017 au 7 juin 2017 compte tenu de l'utilisation d'attelle et d'une canne anglaise et de 10 % du 8 juin 2017 à la consolidation de son état fixée au 24 octobre 2017, en l'absence de soin réalisé après cette date dans le cadre d'une continuité thérapeutique. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du montant journalier pris en compte au titre de ce préjudice en le fixant à 13 euros. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 400 euros.

6. En deuxième lieu, l'expert a évalué les souffrances endurées par Mme E à 2,5 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ces souffrances en retenant un préjudice de 2 200 euros.

7. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que Mme E, née le 27 novembre 1938, présente un taux de déficit fonctionnel permanent de 2 %. Eu égard à ce taux et à son âge à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 100 euros.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la métropole d'Aix-Marseille-Provence doit être condamnée à verser à Mme E la somme totale de 5 337 euros au titre des préjudices résultant de la chute dont elle a été victime le 24 avril 2017.

Sur la charge des frais d'expertise :

9. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de la métropole d'Aix-Marseille-Provence les frais et honoraires de l'expertise du Dr B, taxés et liquidés à la somme de 720 euros toutes taxes comprises, selon les ordonnances de la première vice-présidente du Tribunal visées ci-dessus.

Sur les frais de l'instance :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de Mme E, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la métropole d'Aix-Marseille-Provence demande au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La métropole d'Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à Mme E la somme de 5 337 euros.

Article 2 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 720 euros sont mis à la charge définitive de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, à la mutuelle assurances des instituteurs de France, à la métropole d'Aix-Marseille-Provence et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressé au docteur B, expert.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Markarian, présidente,

M. Boidé, premier conseiller,

M. Danveau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

La présidente,

Signé

G. FL'assesseur le plus ancien,

Signé

M. A

La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

7

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