mardi 3 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1809565 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | COTTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2018, et des mémoires enregistrés le 29 octobre 2021 et le 23 novembre 2021, M. A C, représenté par Me Cottin, demande au tribunal :
1°) de condamner la communauté de communes Vallée de l'Ubaye-Serre-Ponçon (CCVU) à lui verser la somme de 179 760 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, au titre de l'occupation des locaux du garage de la Rente entre le 15 novembre 2017 et le 18 novembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes Vallée de l'Ubaye-Serre-Ponçon le versement de la somme de 6 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la CCVU était locataire de locaux de garages situés à la Rente, dont il est propriétaire, en vertu d'un protocole d'accord, puis suivant une convention d'occupation précaire conclue le 15 novembre 2014, renouvelée jusqu'au 14 novembre 2017 ;
- la CCVU occupe ces locaux depuis le 15 novembre 2017 sans régler les loyers afférents ;
- il est fondé à solliciter le paiement des loyers non versés sur le fondement de l'enrichissement sans cause ;
- ce bien ne constitue pas un bien de retour dans le cadre de la délégation de service public conclue entre la CCVU et la SARL C dès lors qu'il appartient à un tiers à ce contrat, et n'a donc pu retourner à titre gratuit dans le patrimoine de la collectivité à l'expiration de la convention ;
- il y a lieu de condamner la CCVU à lui verser la somme de 179 760 euros correspondant à une indemnité d'occupation du bâtiment d'un montant de 3 745 euros hors taxes par mois au titre de la période du 15 novembre 2017 au 18 novembre 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 octobre 2021 et le 15 décembre 2021, la communauté de communes Vallée de l'Ubaye-Serre-Ponçon conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les biens en litige constituent des biens de retour car ils sont nécessaires au fonctionnement du service public des remontées mécaniques, M. C ne peut donc solliciter le paiement d'un loyer de sa part pour leur occupation ;
- l'arrêt de la Cour administrative de Marseille n°18MA03183 du 16 décembre 2019 n'a pas autorité de la chose jugée s'agissant de la qualification des biens appartenant à des tiers ;
- en tout état de cause, les loyers versés pour la mise à disposition de ces locaux sont excessifs et constituent des libéralités illégalement consenties ;
- la demande de M. C fondée sur l'enrichissement sans cause de la collectivité est irrecevable car elle constitue une cause juridique nouvelle ;
- à supposer que M. C puisse se prévaloir d'un enrichissement sans cause, il n'est pas fondé à être indemnisé de la perte de loyers, laquelle constitue un manque à gagner ;
- à titre subsidiaire, ce bien a été évalué, lors de la succession, à la somme de 762, 24 euros, M. C ne peut donc être indemnisé de la somme demandée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Par ordonnance du 20 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Le 14 décembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour se prononcer sur un litige lié à l'exécution des " conventions d'occupation précaire " conclues entre M. C et la CCUV, lesquelles constituent des contrats de droit privé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les conclusions de M. Grimmaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Cottin, pour M. C, et de Me Tabarly, représentant la communauté de communes Vallée de l'Ubaye-Serre-Ponçon.
Considérant ce qui suit :
1. Une convention de délégation de service public pour l'aménagement du domaine skiable et l'exploitation des remontées mécaniques du Sauze-Super Sauze-La Rente sur la commune d'Enchastrayes a été conclue le 28 décembre 1998 entre la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye et la société C Frères. À l'expiration de cette convention, la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye a décidé de reprendre l'exploitation de la station en régie. Le juge de référés du tribunal administratif de Marseille a ordonné la remise à la communauté de communes des biens affectés à l'exploitation du service public à la société C Frères par une ordonnance du 29 juillet 2013. Les parties, ainsi que la commune d'Enchastrayes et des tiers ayant disposé de droits sur les biens en cause, ont recherché un accord amiable afin d'arrêter l'inventaire et l'évaluation de ces biens. Un protocole a été approuvé par délibération du conseil communautaire de la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye le 30 octobre 2013 prévoyant notamment la location à la CCVU, pour un an, des garages situés à la Rente appartenant à M. A C. Une convention d'occupation précaire a ensuite été conclue le 12 novembre 2014 entre la CCVU et M. A C prévoyant l'occupation de ces locaux moyennant le paiement d'un loyer mensuel, laquelle a été renouvelée jusqu'au 14 novembre 2017. M. C demande la condamnation de la CCVU à lui verser la somme de 179 760 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, correspondant au préjudice subi en raison de l'occupation sans droit ni titre des locaux du garage de la Rente par la CCVU pour la période du 15 novembre 2017 au 18 novembre 2021.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Si, dans le cadre d'une concession de service public mettant à la charge du cocontractant les investissements correspondant à la création ou à l'acquisition des biens nécessaires au fonctionnement du service public, l'ensemble de ces biens, meubles ou immeubles, appartient, dans le silence de la convention, dès leur réalisation ou leur acquisition, à la personne publique, le régime des contrats de concession de service public exclut en revanche de la catégorie des biens de retour, dans le silence des clauses contractuelles, ceux appartenant à des tiers alors même qu'ils ont été mis à la disposition du concessionnaire, sous quelque forme que ce soit, pour être affectés à l'exploitation du service, fussent-ils nécessaires à son fonctionnement. Il ne résulte pas de l'instruction que les biens en cause, qui sont la propriété de M. A C depuis le 26 mars 2005, lequel les a loués à la SARL C Frères par un bail commercial conclu le 1er juillet 2015, auraient appartenu cette société, que ce soit avant ou après la signature de la délégation du service public des remontées mécaniques, et la CCVU n'est dès lors pas fondée à soutenir que ces biens lui appartiendraient. Le litige est ainsi relatif à l'occupation sans droit ni titre par une personne publique d'un bien appartenant à une personne privée, que celle-ci lui avait loué sur le fondement d'un bail, désormais expiré, dont, en tout état de cause, les clauses, l'objet et le régime ne lui conféraient pas le caractère d'un contrat administratif. Par suite ce litige relève de la compétence de la juridiction judiciaire.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CCVU, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la CCVU sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Vallée de l'Ubaye-Serre-Ponçon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la communauté de communes Vallée de l'Ubaye-Serre-Ponçon.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
C. BLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026