mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-1908787 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABANES NEVEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2019, et des mémoires enregistrés le 29 juin 2021, le 29 octobre 2021 et le 3 janvier 2022, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Semeriva, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner solidairement la société des eaux de Marseille (SEM), la société Assainissement Est Métropole (SAEM) et la société Stereau à lui verser la somme de 1 343 362, 12 euros TTC au titre des désordres affectant la station d'épuration de La Ciotat, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la société Stereau à lui verser la somme de 781 583, 63 euros TTC et de condamner solidairement la SEM et la SAEM à lui verser la somme de 561 778, 49 euros TTC au titre des désordres affectant la station d'épuration de La Ciotat, assortie des intérêts au taux légal ;
3°) de condamner solidairement la société Stereau, la SEM et la SAEM aux dépens, d'un montant de 53 498, 65 euros ;
4°) de mettre à la charge de la société Stereau, de la SEM et de la SAEM la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les désordres affectant la station d'épuration relèvent de la garantie décennale ;
- la SEM et la SAEM ont commis des fautes d'exécution aggravées par leur refus d'accepter une solution amiable ;
- la responsabilité des sociétés Stereau, SEM et SAEM est engagée ;
- aucune responsabilité ne peut être retenue contre elle dans la survenance des désordres ;
- la société Stereau doit être condamnée à lui verser la somme de 447 660, 89 euros TTC, et la SEM et SAEM la somme de 227 855, 75 euros TTC au titre de la réhabilitation du réseau d'air horizontal et des prestations de vidange des bio-filtres ;
- la société Stereau doit être condamnée à lui verser 305 554, 28 euros et la SEM et la SAEM la somme de 305 554, 28 euros au titre de la perte des primes de performance épuratoire entre 2015 et 2017 ;
- la société Stereau doit être condamnée à lui verser 30 117, 78 euros TTC et la SEM et la SAEM la somme de 30 117, 78 euros TTC au titre des frais d'expertise et d'analyse ;
- la société Stereau ainsi que la SEM et la SAEM doivent être condamnées à lui verser chacune la somme de 25 000 euros au titre de l'atteinte à l'image ;
- il y a lieu de rejeter les conclusions reconventionnelles présentées par la SEM et la SAEM.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 octobre 2020 et le 6 octobre 2021, la société Stereau, représentée par Me Cabanes, conclut au rejet de la requête, à ce que la SEM et la SAEM la garantissent de toute condamnation prononcée contre elle et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de toute partie perdante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, les désordres ne relèvent pas de la garantie décennale dès lors qu'ils font seulement obstacle au fonctionnement normal de deux biofiltres sans rendre l'ouvrage impropre à sa destination ;
- seuls les tubes en inox et collecteurs en PVC de distribution de l'air " procédé " des biofiltres n°3 et 4 présentent des dysfonctionnements ;
- sa responsabilité ne peut être engagée ;
- à titre subsidiaire, l'exploitant a commis des fautes qui sont la cause exclusive des désordres ;
- la métropole a commis des faute de nature à l'exonérer du préjudice lié aux primes de performance épuratoire dès lors qu'elle n'a pas suffisamment informé son délégant des consignes du constructeur lors de la conclusion du contrat ;
- il incombait à la métropole de mener les travaux de réparation antérieurement ;
- les postes 1 à 3 relatifs aux vidanges des biofiltres, pour un montant de 167 941, 72 euros TTC, doivent être indemnisés par l'exploitant ;
- le poste 9 est sans lien avec les désordres ;
- le montant total indemnisable ne saurait dépasser 394 060,20 euros, montant qui ne pourra être assujetti à la TVA dès lors que la MAMP a nécessairement pu la récupérer, ou à défaut en tenant compte d'une récupération à hauteur a minima de 16, 404 % ;
- il convient d'appliquer à ce montant un coefficient de vétusté de 33 % , ce qui ramène le montant maximal indemnisable à 262 706, 80 euros HT ;
- le montant du préjudice relatif à la perte de prime épuratoire n'est pas justifié ;
- ce préjudice n'est pas certain dès lors qu'une telle prime n'existait pas au moment où a été conclu le marché de travaux ;
- en tout état de cause, ce préjudice est lié à une faute de l'exploitant qui a refusé de remplacer la pouzzolane à l'automne 2014 ;
- le préjudice d'image n'est pas justifié ;
- la SEM et la SAEM doivent la garantir des condamnations prononcées contre elle, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, à hauteur de 50 % s'agissant de la réhabilitation du réseau d'air horizontal et à hauteur de 10 % s'agissant de la perte des primes de performance épuratoire et du préjudice d'image ;
- la SEM et la SAEM doivent être condamnées aux dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2021, la SEM et la SAEM, représentées par Me Guillet, concluent au rejet de la requête, au rejet de l'appel en garantie formée par la société Stereau à leur encontre, et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de toute partie perdante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur responsabilité ne peut être engagée au titre de la garantie décennale dès lors qu'elles ne sont pas constructeurs de l'ouvrage ;
- la métropole ne peut demander leur condamnation solidaire avec la société Stereau dès lors qu'elles forment des entités juridiques distinctes et relèvent de contrats distincts ;
- le lien de causalité entre le grief lié à l'absence de contrôle mensuel de hauteur de pouzzolane par l'exploitant et les désordres n'est pas établi ;
- la MAMP ne démontre pas qu'elles auraient été un obstacle au remplacement de la pouzzolane ;
- elles n'ont commis aucun manquement au titre de leurs obligations contractuelles ;
- elles n'étaient pas tenues de renouveler la pouzzolane en 2014 ;
- à titre subsidiaire, le montant des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre doit être limité à 10 % du montant total des travaux de réparation, soit 56 300, 14 euros HT ;
- le préjudice lié à la perte de primes de performance épuratoire n'est pas justifié ;
- le préjudice d'image et le trouble de jouissance n'est pas justifié ;
- le bouleversement de l'économie du contrat en raison du remplacement prématuré de la pouzzolane, de la détérioration des équipements et des surcoûts induits par la pollution à la pouzzolane aurait dû donner lieu à la signature d'un avenant ;
- la responsabilité de la MAMP est engagée en qualité d'autorité délégante du fait de son comportement fautif dans la gestion de sa relation avec la société Stereau et les difficultés en résultant pour elles ;
- la MAMP doit être condamnée à réparer leurs préjudices, lesquels s'élèvent à 277 449, 24 euros HT, répartis comme suit :
- 151 149, 24 euros HT au titre du rechargement de pouzzolane ;
- 104 300 euros HT au titre de la vidange des biofiltres ;
- 1 700 euros HT au titre du renouvellement anticipé des clapets des pompes 1 et 3 de la bâche eaux sales ;
- 10 600 euros HT au titre du renouvellement répété des roues des pompes de la bâche eaux sales ;
- 9 700 euros HT au titre du renouvellement anticipé des trois pompes de la bâche d'eaux sales.
- il convient de rejeter l'appel en garantie formée à leur encontre par la société Stereau, avec laquelle elles n'ont aucun lien contractuel.
Par ordonnance du 17 novembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été informées, le 16 décembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'incompétence du juge administratif pour statuer sur les conclusions d'appel en garantie formées par la société Stereau à l'encontre de la SEM et de la SAEM dès lors que cette action concerne des personnes privées qui n'ont pas la qualité de participants aux opérations de travaux en litige.
La société Stereau a produit des observations en réponse à ce moyen d'ordre public le 21 décembre 2022.
Vu :
- l'ordonnance n° 1405301 du juge des référés du 17 décembre 2014 ordonnant une expertise ;
- l'ordonnance du 13 mars 2019 taxant et liquidant les frais d'expertise à 53 498, 65 euros ;
- le rapport de l'expert en date du 18 février 2019 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Grimmaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Semeriva, représentant la MAMP, de Me Guillet, représentant la SEM et la SAEM et de Me Couette représentant la société Stereau.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté urbaine Marseille Provence métropole, aux droits de laquelle est venue la métropole Aix-Marseille-Provence à compter du 1er janvier 2016, a confié au groupement solidaire composé des sociétés Stereau, Senec et Christophe Caire, par un marché de conception-réalisation dont l'acte d'engagement a été signé le 23 juin 2004, la construction de l'extension de la capacité de la station d'épuration de La Ciotat-Ceyreste et la mise en place d'une filière biologique. Les travaux ont été réceptionnés le 17 mars 2006, avec levée des réserves au 28 novembre 2006. Par un contrat de délégation de service public signé le 25 juillet 1991, l'exploitation de l'ouvrage a été confiée à la société des eaux de Marseille puis, en 2014, à la société Assainissement d'Est Métropole. Dès la fin de l'année 2006, des désordres liés au fonctionnement du système d'aération des biofiltres de la station sont survenus. La MAMP a sollicité la désignation d'un expert aux fins de déterminer la nature, l'étendue et la cause des désordres affectant la station d'épuration, demande à laquelle a fait droit le tribunal par ordonnance n° 1405301 du 17 décembre 2014. L'expert a remis son rapport le 18 février 2019. La MAMP demande au tribunal de de condamner solidairement la SEM, la SAEM et la société Stereau à lui verser la somme de 1 343 362, 12 euros TTC en réparation des désordres affectant la station d'épuration de La Ciotat, assortie des intérêts au taux légal.
Sur la garantie décennale :
2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité à l'égard du maître d'ouvrage. La responsabilité décennale du constructeur peut être recherchée pour des dommages survenus sur des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination.
En ce qui concerne les désordres :
3. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 1, que les travaux de la station d'épuration ont été réceptionnés le 17 mars 2006, avec levée des réserves au 28 novembre 2006. Des désordres successifs affectant les biofiltres de la station sont apparus dès la fin de l'année 2006 avec le dysfonctionnement d'un collecteur puis, surtout, à compter de 2009, avec un dysfonctionnement du biofiltre n°1 se traduisant par des fuites anormales de pouzzolane, un bullage excessif sous forme de grosses bulles d'air en geyser, signe d'un dysfonctionnement de la phase biologique, puis l'arrachement de diffuseurs d'air ainsi que l'apparition de graviers issus du ballast de fond de biofiltre. L'expert relève que le réseau d'air " procédé " était dès 2006 atteint de dysfonctionnements, auxquels des interventions de Stereau et de son sous-traitant à compter de 2008 n'ont pu que temporairement remédier. Il relève encore que le bullage excessif sur les biofiltres a entraîné la fuite de pouzzolane, laquelle a provoqué une usure des ouvrages par abrasion mécanique, rendant les pompes et autres éléments hydrauliques impropres à leur usage du fait de leur corrosion. L'expert conclut que si la solidité générale de la station d'épuration, comme bâtiment, n'est pas affectée par ses désordres, en revanche, seule la moitié de la capacité de la station était efficace pour le traitement biologique, dès lors que trois biofiltres sur les six étaient devenus inutilisables. Il résulte de l'instruction que les dépassements des niveaux prescrits dans l'arrêté préfectoral d'exploitation sont devenus de plus en plus fréquents à partir de 2014, de sorte que les eaux traitées ne répondaient plus au niveau d'épuration indispensable à un rejet en mer sans risque sanitaire, particulièrement en saison estivale, ce qui a conduit le préfet des Bouches-du-Rhône à mettre en demeure la MAMP, le 21 octobre 2014, de rétablir la conformité de l'installation aux prescriptions de l'arrêté d'exploitation. Compte tenu de ces éléments, les désordres affectant la station d'épuration doivent être regardés comme rendant la station d'épuration impropre à sa destination et sont de nature à engager la responsabilité décennale des constructeurs.
En ce qui concerne l'imputabilité des désordres :
4. Il résulte de l'instruction que la société Stereau a fait appel à deux sous-traitants, la Société des Canalisations et Tubes de Beaucaire (SCTB), s'agissant des conduites inox, et la société Garhin, s'agissant du montage des joints de couplage, des collecteurs PVC et du collage des diffuseurs d'air procédé. L'expert relève que ces deux sous-traitants, qui ne disposaient d'aucune expertise dans l'ingénierie du traitement des eaux usées, ont manqué d'information de la part de la société Stereau, cause de plusieurs désordres. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que la perte de pouzzolane aux déversoirs est imputable à un défaut de conception de la société Stereau. S'agissant du déboitement des joints glissants de couplage, l'expert impute ce désordre au non-respect des consignes de montage du fabricant du joint fourni par Stereau et monté par Garhin. Enfin, l'expert estime que l'arrachement des diffuseurs d'air procédé est imputable à la société Stereau et à ses sous-traitants, ainsi qu'à des fautes d'exécution de la SEM et la SAEM s'agissant du colmatage et du décolmatage de la pouzzolane et de la surveillance de sa qualité. Dans ces conditions, la responsabilité de la société Stereau est engagée sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs et cette dernière n'est pas fondée à soutenir que les désordres seraient exclusivement imputables à des fautes de l'exploitant.
Sur la responsabilité contractuelle de la SEM et de la SAEM :
5. Aux termes de l'article 2 du contrat de délégation de service public conclu entre la SAEM et la MAMP le 1er janvier 2014 : " Les prestations confiées au délégataire sont principalement les suivantes : l'exploitation, l'entretien et la surveillance de l'ensemble ses ouvrages du service de collecte de transport et de traitement des eaux usées mis à disposition par la MAMP situés sur le périmètre affermé () ". Aux termes de son article 31 : " le délégataire assure l'exploitation, la surveillance, le bon fonctionnement et l'entretien des stations d'épuration des eaux usées, ainsi que le renouvellement du matériel dans les conditions fixées à l'article 44. () Dans la limite des possibilités des installations ainsi définies, le délégataire doit assurer l'épuration de la totalité des eaux usées tout en optimisant la consommation énergétique et la consommation de réactifs. Il est responsable de la qualité de l'effluent rejeté dans le milieu naturel qui doit satisfaire aux conditions prescrites par les réglementations particulières et générales en vigueur. Le délégataire supportera, à ses frais, tous les travaux d'entretien et de réparation des ouvrages, équipements et matériels permettant la bonne marche de l'exploitation. () le délégataire prend à sa charge la fourniture de l'ensemble des réactifs nécessaires au fonctionnement du service. Le délégataire veillera également au bon fonctionnement, l'entretien et au renouvellement de toutes les installations, équipements et matériaux intrinsèquement liés au bon fonctionnement de la station d'épuration et de la qualité du traitement, notamment les matériaux supports de traitement dans les biofiltres () ". Il n'est pas contesté que le contrat de délégation de service public conclu avec la SEM incluait les mêmes obligations pour le délégataire.
6. Il résulte du rapport de l'expert que l'exploitant n'a pas assuré, alors qu'il en avait la charge, le suivi du niveau de pouzzolane ni n'a procédé à son remplacement, lequel, contrairement à ce que font valoir la SEM et la SAEM, lui incombait en vertu de ses obligations contractuelles. Malgré des informations contradictoires figurant dans le manuel d'exploitation de la société Stereau, prescrivant un remplacement tous les cinq ans, et les documents contractuels, mentionnant un délai de cinquante ans, qui n'ont au demeurant jamais été signalées par l'exploitant, il résulte de l'instruction que la SEM et la SAEM n'avaient pas prévu de procéder au remplacement de la pouzzolane avant 2017 ou 2018, alors qu'un tel remplacement aurait dû être effectué tous les huit à dix ans, soit à partir de 2014. En outre, il résulte du rapport de l'expert que l'exploitant a abandonné des bâches de collecte des biogaz jusqu'à rendre leurs mouvements impossibles et a utilisé du chlorure ferrique dans des quantités excessives. La circonstance que les résultats de la station d'épuration étaient jusqu'en 2014 conformes à l'arrêté d'exploitation est sans incidence sur les manquements commis par la SEM et la SAEM dans l'entretien et la maintenance de la station d'épuration, lesquels ne résident pas, ainsi que le font valoir les exploitants, uniquement dans l'absence de remplacement de la pouzzolane. Ainsi, la SEM et la SAEM ont commis des manquements contractuels de nature à engager leur responsabilité.
Sur la répartition des responsabilités :
7. L'expert considère que le dysfonctionnement du réseau d'air " procédé ", se traduisant par la perte de pouzzolane au déversoir, le déboitement des joints glissants et l'arrachement des diffuseurs d'air proviennent d'erreurs de conception de Stereau et d'exécution de ses sous-traitants, lesquelles ont été aggravées par des fautes des exploitants dans la maintenance et l'entretien des installations. Compte tenu de ces éléments, la part de la responsabilité de la société Stereau dans la survenance des désordres liés au dysfonctionnement du réseau d'air " procédé " peut être fixée à 90 % et celle de la SEM et de la SAEM à 10 %.
8. S'agissant de la qualité de la pouzzolane, laquelle a un impact direct sur les performances épuratives, il résulte de l'instruction que les désordres consécutifs engagent principalement la responsabilité de la SEM et la SAEM dès lors qu'en vertu du contrat de délégation de service public, l'exploitant est chargé d'en surveiller le niveau et d'assurer son remplacement. Si l'expert retient une part de responsabilité de la société Stereau pour avoir communiqué des informations contradictoires sur les modalités de son remplacement, la SEM et la SAEM, en leur qualité d'exploitants de station d'épuration, se devaient de connaître la durée d'utilisation de ce matériau et, en tout état de cause, pouvaient solliciter ces informations auprès de la société Stereau. Dans ces conditions, la part de responsabilité des exploitants dans la survenance de ce désordre peut être fixée à 100%.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les travaux de reprise :
9. Il résulte de l'instruction que les désordres précités ont nécessité des travaux de reprise consistant d'une part, en la réhabilitation du réseau horizontal secondaire d'air " procédé ", d'autre part, au remplacement de la pouzzolane, lequel a nécessité la vidange préalable des biofiltres. Il résulte également de l'instruction que la réhabilitation du biofiltre n°1 a été pris en charge en 2010 par la société Stereau, de sorte que ne restaient que les travaux des biofiltres 2 à 6. La MAMP justifie avoir pris en charge ces travaux à hauteur de 675 515, 36 euros, à l'exception du remplacement de la pouzzolane, qui a été pris en charge par l'exploitant.
10. Contrairement à ce que fait valoir la société Stereau, il n'y a pas lieu d'appliquer un abattement pour vétusté au titre de l'évaluation du préjudice subi par la MAMP constitué par le montant des travaux de reprise, dès lors que la vétusté de l'ouvrage s'apprécie à la date d'apparition des premiers désordres et que, en l'espèce, ceux-ci sont apparus dès l'année de leur réception, en 2006.
11. La MAMP justifie avoir effectué la vidange des biofiltres 2, 3, 4, 5 et 6, permettant ensuite le remplacement de la pouzzolane par l'exploitant, laquelle s'élève à un montant de 167 941, 72 euros. Compte tenu de la responsabilité exclusive de l'exploitant telle que définie au point 9 s'agissant de l'absence de renouvellement de la pouzzolane, il y a lieu de condamner les sociétés SEM et SAEM à verser à la MAMP la somme de 167 941, 72 euros TTC au titre des travaux de reprise de ce désordre.
12. S'agissant des autres travaux de reprise, ceux-ci comprennent la réhabilitation des réseaux d'air " procédé " des biofiltres 2 à 6, ainsi que des réparations liées au déboitement des joints de couplage, pour un montant de 472 871, 64 euros TTC. Compte tenu des parts de responsabilité de 90 % de la société Stereau et de 10 % des exploitants dans la survenance de ces désordres, il y a lieu de condamner la société Stereau à verser à la MAMP la somme de 425 584, 47 euros au titre des travaux de reprise de ce désordre, et la SEM et la SAEM la somme de 47 287,16 euros.
13. S'agissant du remplacement des buses d'introduction d'eau à traiter des biofiltres 2, 5 et 6 (poste 9 du rapport de l'expert), rendus indispensables à la suite de la panne du tamis, l'expert indique que ces travaux ne sont pas en lien avec les désordres relatifs aux réseaux d'air " procédé " mais relèvent de l'entretien normal après chaque vidange des biofiltres pour renouveler la pouzzolane, à la charge du délégataire. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner la SEM et la SAEM à verser à la MAMP la somme de 34 702 euros TTC correspondant au montant de ces travaux, acquittés par la collectivité.
14. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la SEM et la SAEM à verser la somme de 249 930, 88 euros TTC à la MAMP et la société Stereau à lui verser la somme de 425 584, 47 euros TTC.
En ce qui concerne la perte de primes de performance épuratoire :
15. Il résulte de l'instruction que la perte de la prime de performance épuratoire, versée chaque année aux maîtres d'ouvrage de station d'épuration par l'agence de l'eau Rhône méditerranée Corse, a été estimée, dans le cadre de l'expertise, à 611 108, 56 euros par la MAMP et l'exploitant. La MAMP justifie, par la production de courriers de l'agence de l'eau, du montant de la prime qui lui a été attribuée au titre des années 2015 à 2017 et des pénalités qui ont été appliquées en conséquence des désordres affectant la station d'épuration. Dès lors, la SEM et la SAEM ne sont pas fondées à remettre en cause les montants ainsi retenus. En outre, la circonstance que cette prime a été créée le 25 octobre 2012, postérieurement à la conclusion du marché de travaux, est sans incidence sur la réalité de ce préjudice dès lors que les conditions pour en bénéficier sont liées à la capacité de traitement du dispositif d'épuration et au fait d'être en conformité avec la directive européenne du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux résiduaires urbaines, auxquelles il n'est ni soutenu ni même allégué que la station d'épuration de la Ciotat n'aurait pas répondu à la date de sa mise en service.
16. Il résulte de l'instruction et notamment du contrat de délégation de service public que si le respect des niveaux prescrits par l'arrêté d'exploitation incombe à l'exploitant, ce dernier n'était pas en mesure de s'y conformer dès lors qu'à partir de 2014, les dégradations des biofiltres sont devenues trop importantes en raison des désordres affectant la station d'épuration. L'expert propose une répartition à part égale de ce préjudice entre la société Stéreau et les exploitants, dès lors que la diminution des performances épuratoires de la station est due à la fois à des défauts de conception imputables à Stereau et à des fautes d'exécution imputables aux exploitants. Toutefois, compte tenu des parts de responsabilités exposées aux points 7 et 8, il y a lieu de de répartir ce préjudice à hauteur de 80 % pour Stereau et de 20 % pour la SEM et la SAEM.
17. Il suit de là qu'il y a lieu de condamner la société Stereau à verser la somme de 488 886, 84 euros et la SEM et la SAEM la somme de 122 221, 71 euros à la métropole Aix-Marseille-Provence en réparation de ce préjudice.
18. Si la société Stereau fait valoir que cette somme devrait être réduite du montant de la TVA acquittée par la MAMP, ou a minima au taux 16, 404 %, elle n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause la présomption de non assujettissement de cette collectivité à la taxe sur la valeur ajoutée et ainsi, que le montant de celle-ci ne devait pas être inclus dans le montant du préjudice indemnisable.
En ce qui concerne le préjudice moral :
19. En se bornant à produire un article de presse daté du 28 octobre 2016, un courrier du maire de la Ciotat, le courrier d'un habitant et le commentaire publié sur facebook par un élu de la Ciotat, tous faisant état des dysfonctionnements affectant la station d'épuration, la métropole n'établit pas suffisamment l'atteinte à l'image qu'elle allègue avoir subie. Par suite, il n'y a pas lieu de l'indemniser à ce titre.
En ce qui concerne les frais d'analyse :
20. La MAMP a exposé des frais d'analyses d'eaux des biofiltres, réalisées par la société IRH, et de dépôt de buselures de filtration, réalisées par la société Wessling, d'un montant respectif de 4 764 euros TTC et 1 972, 92 euros TTC, lesquelles ont été utiles à la solution du litige. Le montant total, s'élevant à 6 736, 92 euros TTC, est admis par l'expert et peut être retenu.
21. Compte tenu des responsabilités définies aux points 7 et 8, il y a lieu répartir ce préjudice à hauteur de 90 % pour la société Stereau et à 10 % pour la SEM et la SAEM et ainsi de condamner la société Stereau à verser à la MAMP la somme de 6 063, 22 euros TTC et la SEM et la SAEM à lui verser la somme de 673, 92 euros TTC.
22. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Stereau à verser à la MAMP la somme de 920 534, 53 euros, et la SEM et la SAEM la somme de 372 826, 51 euros TTC, en réparation des préjudices liés aux dysfonctionnements de la station d'épuration de la Ciotat.
Sur les conclusions d'appel en garantie formées par la société Stereau contre la SEM et la SAEM :
23. Le litige né de l'exécution d'une opération de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux relève de la compétence de la juridiction administrative, sauf si les parties en cause sont unies par un contrat de droit privé, sans qu'il y ait lieu de rechercher si elles sont liées au maître de l'ouvrage par un contrat administratif.
24. Contrairement à ce que soutient la société Stereau, la qualité d'exploitant de la station d'épuration confiée à la SEM, à compter de 1991, puis à la SAEM, à compter de 2014, n'a pas eu pour effet de conférer à ces sociétés la qualité de participants à l'exécution des opérations de construction de la station d'épuration dès lors qu'il résulte de l'instruction qu'aucune mission ne leur a été attribuée au titre de ces opérations. Dès lors qu'il n'appartient pas aux juridictions administratives de connaître des actions en responsabilité entre personnes privées, le litige qui oppose la société Stereau à la SAEM et à la SEM ne relève pas de la compétence du juge administratif et, par suite, les conclusions présentées sur ce fondement par la société Stereau doivent être rejetées.
Sur les conclusions reconventionnelles de la SEM et de la SAEM :
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle sans faute de la métropole :
25. Dans l'hypothèse où un événement extérieur aux parties, imprévisible au moment de la conclusion du contrat, a pour effet de bouleverser son économie, le titulaire du marché est en droit de réclamer au maître d'ouvrage une indemnité représentant la part de la charge extra-contractuelle qu'il a supportée en exécutant les prestations dont il avait la charge. Ainsi, dans le cadre d'une perte financière alléguée, une situation d'imprévision suppose un déficit d'exploitation qui soit la conséquence directe d'un événement imprévisible, indépendant de l'action des cocontractants, ayant entraîné un bouleversement de l'économie du contrat.
26. En se bornant à faire valoir que le bouleversement de l'économie du contrat aurait dû donner lieu, en application de l'article 15.3 du contrat de délégation de service public, à la signature d'un avenant pour tenir compte du remplacement prématuré de la pouzzolane, de la détérioration prématurée des équipements générés par la fuite de la pouzzolane en avant des biofiltres, du coût de maintenance des installations générés par la pollution à la pouzzolane, et en faisant état de préjudices évalués à la somme de 2 774 449, 24 euros, la SEM et la SAEM ne démontrent pas en quoi ces dysfonctionnements auraient eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat. Ces sociétés ne sont donc pas fondées à réclamer à l'autorité délégante une indemnité représentant la charge extra-contractuelle qu'elles auraient supportée au titre de l'imprévision, à supposer ce fondement soulevé.
En ce qui concerne responsabilité contractuelle pour faute de la métropole :
27. En invoquant l'absence de diligences de la métropole à compter de l'année 2010, date à laquelle elle était informée des désordres, ainsi que les difficultés rencontrées dans les conditions d'exploitation, la SEM et la SAEM doivent être regardées comme invoquant la responsabilité pour faute de la métropole au titre du contrat de délégation de service public.
28. Il résulte de l'article 15 du contrat de délégation de service public conclu entre la SAEM et la MAMP que la métropole remet au délégataire, à la date d'effet de la délégation, un inventaire des biens de retour meubles et immeubles, droits et obligations, lequel comprend les ouvrages de traitement des eaux usées et des boues. En vertu de ce contrat, la collectivité publique, en s'engageant à mettre les installations à disposition du délégataire, se porte garante à l'égard de ce dernier des vices de conception ou de construction pouvant affecter ces installations.
29. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit précédemment, que les désordres affectant la station d'épuration ont provoqué la fuite de quantités importantes de pouzzolane hors des biofiltres. L'expert constate que la vidange du biofiltre 3, celle partielle du biofiltre 4 et le déboitement du joint de couplage du collecteur 3 du biofiltre 6 ont accru la quantité de pouzzolane déversée dans le réseau avant les biofiltres ainsi que dans la bâche de reprise d'eaux sales. Il relève également que les pompes et clapets, soumis à une abrasion du fait de cette expulsion de pouzzolane, subissent une usure anormale. Il résulte de l'instruction que l'exploitant a procédé au remplacement des déflecteurs en mai 2008. L'absence de diligences de la métropole à compter de 2010 et le fait qu'elle aurait engagé des négociations avec Stereau à compter de 2014 sans associer l'exploitant, circonstances qui ne sont au demeurant pas établies, ne peuvent être regardées comme une faute de nature contractuelle. En revanche, la SEM et la SAEM sont fondées à soutenir que la MAMP, en ne leur remettant pas les installations dans un état normal de fonctionnement, occasionnant des difficultés d'exploitation, a commis une faute à leur égard, de nature à engager sa responsabilité. Toutefois, il résulte du point 8 que les désordres en cause trouvent également leur origine dans des défauts d'entretien et de maintenance de la SEM et la SAEM, pour lesquels la responsabilité de MAMP ne peut être mise en cause. Par suite, les exploitants sont fondés à demander la condamnation de la métropole à les indemniser des préjudices subis au titre des désordres affectant la station d'épuration seulement en tant qu'ils sont imputables à un dysfonctionnement du système de réseau d'air procédé soit, compte tenu de la responsabilité incombant à la société Stereau telle que définie au point 7, à hauteur de 90%.
En ce qui concerne les préjudices de la SEM et de la SAEM :
30. La SEM et la SAEM justifient de préjudices propres liés à la réalisation de travaux en lien avec les désordres ayant affecté la station d'épuration. Il résulte de l'instruction que la SEM et la SAEM ont réalisé des travaux pour un montant de 104 300 euros HT correspondant à la vidange des bâches de reprise des eaux sales, 1 700 euros HT pour le renouvellement anticipé des clapets des pompes 1 et 3 de la bâche d'eaux sales, 10 600 euros HT pour le renouvellement répété des roues des pompes de la bâche d'eaux sales et 9 700 euros HT au titre du renouvellement anticipé des trois pompes de la bâche d'eaux sales. Si la SEM et la SAEM font également valoir qu'elles ont procédé au rechargement de la pouzzolane pour un montant de 151 149, 24 euros HT, il résulte du rapport de l'expert que cette dépense ne se rapporte pas aux désordres mais incombe à l'exploitant au titre de la maintenance normale de l'ouvrage. Le montant total des préjudices indemnisables de la SEM et de la SAEM s'élève donc à 126 300 euros HT. Compte tenu de la part de la part de responsabilité définie ci-dessus, il y a lieu de condamner la MAMP à verser à la SEM et la SAEM la somme de 113 670 euros HT.
Sur les intérêts :
31. La MAMP a droit aux intérêts légaux sur la somme de 1 293 361, 04 euros à compter du 15 octobre 2019, date d'enregistrement de sa requête.
Sur les frais d'expertise :
32. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 53 498, 65 euros par une ordonnance du tribunal du 13 mars 2019, pour 90 % à la charge de la société Stereau et pour 10 % à la charge de la SEM et la SAEM.
Sur les frais liés au litige :
33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'a pas la qualité de partie perdante, au titre des frais d'instance non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Stereau la somme de 2 500 euros à verser à la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de ces mêmes dispositions. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société Stereau ainsi que par la SEM et la SAEM au titre des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : Les conclusions d'appel en garantie formées par la société Stereau à l'encontre des sociétés SEM et SAEM sont rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La société Stereau est condamnée à verser la somme de 920 534, 53 euros TTC à la métropole Aix-Marseille-Provence, assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 octobre 2019.
Article 3 : La SEM et la SAEM sont condamnées à verser la somme de 372 826, 51 euros TTC à la métropole Aix-Marseille-Provence, assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 octobre 2019.
Article 4 : La métropole Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à la SEM et à la SAEM la somme de 113 670 euros HT.
Article 5 : Les frais d'expertise, d'un montant de 66 736, 92 euros, sont mis à la charge de la société Stereau à hauteur de 90 % et de la SEM et la SAEM à hauteur de 10 %.
Article 6 : La société Stereau versera à la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de
2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à la métropole Aix-Marseille-Provence, à la société Stereau, à la société des eaux de Marseille et à la société d'assainissement Est Métropole.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère.
Mme Simeray, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
Signé
C. ALe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026