lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002080 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL JOB-RICOUART & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mars 2020, des mémoires enregistrés le 1er octobre 2020, le 23 décembre 2020, le 15 février 2021, le 16 novembre 2021, le 18 janvier 2022, le 22 mars 2022 et un mémoire récapitulatif enregistré le 4 novembre 2022, la compagnie Allianz Iard, représentée par Me Job-Ricouart, demande au tribunal :
1°) de condamner la SMACL assurances à lui verser la somme de 254 405, 07 euros assortis des intérêts au taux légal au titre des préjudices subis par la Société d'assainissement Est métropole (SAEM) dans le cadre de l'incendie survenu le 22 avril 2019 au sein de la station d'épuration de Cassis ;
2°) de mettre à la charge de la SMACL assurances la somme de 15 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- elle est subrogée dans les droits de la SAEM pour exercer une action en garantie à l'encontre de la SMACL, assureur de la métropole Aix-Marseille-Provence ;
- elle n'a pas renoncé à exercer tout recours dès lors que l'article 6.3 de la convention de délégation de service public vise uniquement la métropole Aix-Marseille-Provence et non son assureur ;
- il n'y a pas lieu de surseoir à statuer dans l'attente du jugement de la cour d'appel d'Aix-en-Provence dès lors que la condamnation qui serait prononcée à son encontre par cette cour ne fait pas obstacle à la condamnation de la SMACL dans le cadre de la présente instance ;
- la responsabilité civile de la métropole Aix-Marseille-Provence est engagée au titre du sinistre dès lors qu'elle est propriétaire de l'ouvrage, que le contrat qu'elle a conclu avec la SMACL inclut la garantie de l'ensemble des bâtiments, dont les ouvrages d'art et de génie civil au titre des garanties annexes, ainsi que le risque incendie au titre des garanties de base, le délégataire n'étant pas responsable de tous les sinistres ;
- la SMACL doit garantir la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de ce sinistre en vertu du contrat conclu avec elle ;
- le sinistre n'est pas imputable à la SAEM, ainsi que l'a établi le rapport de l'expert, la responsabilité du délégataire ne peut donc être engagée ;
- à supposer que le sinistre soit imputable à un défaut de serrage de la borne, ce risque est également couvert par les garanties souscrites par la métropole auprès de la SMACL, lesquelles bénéficient également au délégataire.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 décembre 2020, le 10 février 2022 et le 26 octobre 2022 et un mémoire récapitulatif enregistré le 2 décembre 2022, la société SMACL assurances, représentée par Me Inquimbert, conclut :
1°) à titre principal, à ce qu'il soit sursis à statuer sur la requête dans l'attente de l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;
3°) à ce que soit mise à la charge de la société Allianz la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Allianz est irrecevable à former une action directe à l'encontre de l'assureur de la métropole Aix-Marseille-Provence sur le fondement de l'article L. 123-4 du code des assurances ;
- le tribunal de commerce a retenu la responsabilité civile de la SAEM dans la survenance de l'incendie et en conséquence, la garantie de son assureur, la société Allianz ;
- la responsabilité de la métropole Aix-Marseille-Provence dans la survenance du sinistre n'est pas établie ;
- elle est irrecevable à former une action subrogatoire dans les droits de son assuré, la SAEM, contre la SMACL, dès lors que les conditions de cette subrogation ne sont pas réunies ;
- la SAEM et Allianz ont renoncé à exercer tout recours contre la métropole en application de l'article 6-3 de la convention de délégation de service public et de l'article 10.3 du contrat d'assurance conclu entre Allianz et la SAEM ;
- le tiers responsable n'est pas constitué ;
- Allianz ne s'est acquittée que de la moitié l'indemnité qu'elle a été condamnée à verser à son assuré ;
- enfin, ce paiement n'a pas été réalisé en exécution de sa garantie dès lors qu'Allianz conteste sa garantie dans le cadre de l'appel qu'elle a interjeté contre le jugement du tribunal de commerce ;
- l'action personnelle de la société Allianz à l'encontre de la SMACL est également irrecevable, la métropole n'ayant aucune part de responsabilité dans la survenance de l'incendie ;
- la SAEM est responsable du sinistre dès lors qu'elle avait la garde de la station d'épuration et en particulier des armoires électriques ;
- la garantie offerte par la SMACL à la métropole ne se substitue pas à la garantie d'Allianz offerte à la SAEM ;
- à titre subsidiaire, il convient de surseoir à statuer dans l'attente de l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 juin 2020 et le 10 novembre 2020, la SAEM, représentée par Me Guillet, conclut :
1°) à titre principal, à ce qu'il soit sursis à statuer sur la requête dans l'attente de l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;
3°) à ce la SMACL soit condamnée à lui verser la somme de 1 042 553,47 euros HT en réparation des préjudices subis du fait de l'incendie du 22 avril 2019 ;
4°) à ce que soit mise à la charge de la société Allianz et/ou la SMACL la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il convient de surseoir à statuer dans l'attente de l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence qui doit se prononcer sur la question de savoir si c'est l'assureur de la métropole ou l'assureur de la SAEM qui doit garantir le sinistre ;
- dans le cas où la cour d'appel ne retiendrait pas la garantie de la société Allianz, la SMACL doit la garantir intégralement du montant des préjudices consécutifs à l'incendie survenu le 22 avril 2019 ;
- ses préjudices s'élèvent à 1 042 553,47 euros répartis comme suit :
- 74 838,47 euros HT s'agissant des travaux de remise en service provisoires ;
- 21 644 euros HT au titre des travaux de mise en pression du local TGBT et d'extension du local SSI ;
- 936 031 euros au titre des travaux de reprise de l'installation électrique ;
- 10 040 euros HT de frais d'analyse de l'eau.
Un mémoire, enregistré pour la société Allianz Iard le 21 décembre 2022, n'a pas été communiqué.
Par ordonnance du 23 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Grimmaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Gomila, représentant la société requérante, de Me Inquimbert, représentant la société SMACL assurances et de Me Guillet, représentant la SAEM.
Considérant ce qui suit :
1. La métropole Aix-Marseille-Provence a conclu, le 31 octobre 2013, avec la société des eaux de Marseille, une délégation de service public pour l'exploitation du service public de collecte, de transport et de traitement des eaux usées de son territoire qui prévoit que la SAEM exploite la station d'épuration de Cassis dans laquelle un incendie est survenu le 22 avril 2019. La SAEM a déclaré ce sinistre le 23 avril 2019 auprès de son assureur, la société Allianz, laquelle a opposé un refus de garantie le 10 juillet 2019. La métropole Aix-Marseille-Provence a déclaré ce sinistre auprès de son assureur, la SMACL, qui a également opposé un refus de garantie le 17 juin 2019. La SAEM a assigné la société Allianz et la SMACL devant le tribunal de commerce de Marseille lequel, par un jugement du 20 novembre 2019, a, d'une part, décliné sa compétence s'agissant du litige opposant la SAEM et Allianz à la SMACL, d'autre part, condamné la société Allianz à garantir la SAEM des préjudices subis en raison de l'incendie du 22 avril 2019. La société Allianz et la SMACL ont interjeté appel de ce jugement les 27 novembre et 17 décembre 2019, en ce qu'il condamne la société Allianz, devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. La société Allianz demande au tribunal de condamner la SMACL assurances à lui verser la somme de 254 405,07 euros assortis des intérêts au taux légal au titre des préjudices subis par la SAEM en raison de l'incendie survenu le 22 avril 2019 dans la station d'épuration de Cassis.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la recevabilité de l'action subrogatoire :
2. Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " l'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur () ".
3. L'assureur qui bénéficie de la subrogation instituée par les dispositions citées au point précédent dispose de la plénitude des droits et actions que l'assuré qu'il a dédommagé aurait été admis à exercer à l'encontre de toute personne tenue, à quelque titre que ce soit, de réparer le dommage ayant donné lieu au paiement de l'indemnité d'assurance. Si la subrogation investit le subrogé de tous les droits et actions du subrogeant, elle ne lui confère que les droits et actions qui appartiennent à ce dernier dans les limites desquelles il peut les exercer.
4. La société Allianz a été condamnée le 20 novembre 2019 par le tribunal de commerce de Marseille à garantir son assuré, la SAEM, des préjudices subis conséquemment à l'incendie survenu le 22 avril 2019. La société Allianz justifie du versement de la somme de 254 405,07 euros en exécution de cette décision. Ainsi, elle justifie être subrogée dans les droits et actions de la SAEM, dans la limite de cette somme.
En ce qui concerne la responsabilité de la métropole Aix-Marseille-Provence :
5. La société Allianz Iard recherche la responsabilité de la métropole Aix-Marseille-Provence sur le fondement du contrat de délégation de service public conclu le 31 octobre 2013. Il résulte de l'instruction que l'incendie s'est déclaré dans une armoire électrique. Le rapport du cabinet Medeo, mandaté par la SMACL, conclut que le dommage est imputable à un problème de serrage d'un fil sur un bornier. Il résulte du contrat de délégation de service public que l'entretien des armoires électriques incombe à la SAEM. Contrairement à ce que soutient Allianz, il ne résulte pas du rapport d'expertise mandaté par le tribunal de commerce, daté du 18 octobre 2021, ni d'aucun autre rapport produit, que l'incendie trouverait également sa cause dans un défaut constructif qui pourrait engager la responsabilité de la métropole. Dès lors, en l'absence de manquement commis par la métropole Aix-Marseille-Provence à ses obligations contractuelles résultant de la convention de délégation de service public conclue entre elle et la SAEM, sa responsabilité ne peut être engagée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir fondée sur la clause de non recours ni de surseoir à statuer, que les conclusions indemnitaires présentées par la société Allianz Iard doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires présentées par la SAEM :
7. La SAEM sollicite la condamnation de la SMACL, en sa qualité d'assureur de la métropole Aix-Marseille-Provence, à lui verser une somme en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'incendie. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point 5, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la SMACL, qui n'a pas la qualité de partie perdante, au titre des frais d'instance non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Allianz Iard la somme de 2 500 euros à verser à la SMACL au titre de ces mêmes dispositions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SAEM au titre des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société Allianz Iard est rejetée.
Article 2 : La société Allianz Iard versera la somme de 2 500 euros à la SMACL sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Allianz Iard, à la société SMACL assurances et à la Société d'assainissement Est métropole.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
C. ALe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026