mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2002290 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | FOUQUE-AUGIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2020, M. A B, représenté par Me Fouque-Augier demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices subis en raison des manquements de son employeur durant l'exécution de son contrat de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 11 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'a pas bénéficié d'un examen médical annuel en violation des articles 10 à 28-1 du décret du 28 mai 1982 ;
- son crédit formation n'a pas été pris en compte en violation de l'article 5 du décret du 6 juin 2003 ;
- il lui était impossible de prendre une pause méridienne en violation de l'article 2 du décret du 25 aout 2000 et de l'article 2 de la directive n°2003-88/CE du 4 novembre 2003 ;
- les manquements de l'administration lui ont causé un préjudice moral et physique et des troubles dans ses conditions d'existence dont la réparation est estimée à 6 000 euros ;
- le non-respect du crédit formation lui a causé un préjudice résultant d'une charge de travail supplémentaire et de l'impossibilité de se former estimé à 2 000 euros ;
- le non-respect de sa pause méridienne lui a causé un préjudice physique et moral évalué à 2 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2021, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par des observations, enregistrées le 26 avril 2021, le proviseur du lycée Jean Cocteau conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er juillet 2021, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n°2003-88/CE du 4 novembre 2003 ;
- le code du travail ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n°91-647 du 11 juillet 1991 ;
- le décret n°82-453 du 28 mai 1982 ;
- le décret n°2003-484 du 6 juin 2003 ;
- le décret n°2000-815 du 25 aout 2000 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté en qualité d'assistant d'éducation au lycée Jean Cocteau à Miramas par contrat du 1er septembre 2018 au 31 août 2019. Le 24 décembre 2019, il a formé une demande indemnitaire tendant à la réparation des préjudices qu'il prétend avoir subis du fait des manquements de l'administration à son égard. Une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence de l'administration. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de ces préjudices.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. () ".
3. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour être qualifiés de harcèlement moral, les faits répétés, lorsqu'ils émanent des responsables de l'agent, doivent excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
4. En l'espèce, en premier lieu, il ressort du courrier du 21 janvier 2019 du chef d'établissement et des rapports du 4 octobre 2018 des personnels du service de la vie scolaire du lycée que, d'une part, M. B était régulièrement en retard et ne respectait pas les consignes relatives aux règles de sécurité ou les prescriptions médicales des élèves. Il a en outre manqué à plusieurs reprises de rigueur en omettant d'intégrer des données relatives à la situation des élèves sur le logiciel Pronote et en transmettant des informations erronées aux élèves et à leurs parents. D'autre part, si le vocabulaire utilisé par ses collègues à son égard a été désobligeant, et regrettable, il ressort néanmoins de leurs témoignages que M. B ne s'est pas remis en cause à la suite des erreurs commises et a employé à leur égard un ton méprisant et condescendant. De même, la circonstance qu'il ait dû subir de manière quotidienne le vapotage d'une collègue à l'intérieur des locaux, si elle est également regrettable, ne caractérise ni une intention de lui nuire personnellement ni une faute de l'administration en méconnaissance de ses obligations en matière d'hygiène et de sécurité, des mesures de protection ayant été prises par l'employeur. Dans ces conditions, les faits invoqués par M. B pris isolément ou dans leur ensemble, ne caractérisent pas des agissements constitutifs de harcèlement moral.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2-1 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique : " Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité. ". Aux termes de l'article 22 du même décret : " Les administrations sont tenues d'organiser un examen médical annuel pour les agents qui souhaitent en bénéficier. ".
6. Si M. B a, à plusieurs reprises, alerté sa hiérarchie sur les désagréments occasionnés par le vapotage de ses collègues à l'intérieur des bureaux et les agressions verbales qui ont eu lieu lors d'altercations avec ces derniers, il n'établit pas avoir demandé à passer un examen médical, ce qu'il lui revenait de faire s'il souhaitait être reçu par un médecin en application de l'article 22 précité. Par suite, l'administration n'a commis aucune faute susceptible d'engager sa responsabilité.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du décret du 6 juin 2003 fixant les conditions de recrutement et d'emploi des assistants d'éducation: " Par dérogation aux dispositions de l'article 10 du décret n° 2007-1942 du 26 décembre 2007 relatif à la formation professionnelle des agents non titulaires de l'Etat et de ses établissements publics et des ouvriers affiliés au régime des pensions résultant du décret n° 2004-1056 du 5 octobre 2004 , les assistants l'éducation peuvent bénéficier d'un crédit d'heures leur permettant de disposer du temps nécessaire à leur formation universitaire ou professionnelle. Le volume maximum d'heures pouvant être attribué à ce titre, qui est fonction de la quotité de service de l'assistant d'éducation, est déterminé par référence à un volume annuel de deux cents heures maximum pour un temps plein. Ce crédit d'heures est attribué, sur demandes formulées par les assistants d'éducation, par l'autorité qui les recrute. Ils peuvent en sus bénéficier d'autorisations d'absence donnant lieu à compensation de service attribuées dans les mêmes conditions. Les dispositions de cet article ne s'appliquent pas aux assistants d'éducation ayant signé un contrat à durée indéterminée dans les conditions prévues à l'article 1er ter. "
8. Aux termes de l'article 2 de la directive n° 2003/88/CE du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail : " Aux fins de la présente directive, on entend par : / 1) " temps de travail " : toute période durant laquelle le travailleur est au travail, à la disposition de l'employeur et dans l'exercice de son activité ou de ses fonctions, conformément aux législations et/ou pratiques nationales ; () ". Et aux termes de l'article 2 décret du 25 août 2 000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature: " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles. ". Aux termes de l'article 3 du même décret: " Aucun temps de travail quotidien ne peut atteindre six heures sans que les agents bénéficient d'un temps de pause d'une durée minimale de vingt minutes. "
9. M. B soutient qu'il ne pouvait prendre sa pause méridienne puisqu'il assurait la surveillance de la cantine de 11h30 à 13h30. Il ressort toutefois des horaires quotidiens de travail de M. B que seule la journée du lundi comportait une amplitude horaire de plus de 6 heures. L'intéressé prenait son service à 7 heures 40 et pouvait ainsi prendre sa pause méridienne à 13 h 40, après le temps de restauration des élèves du lycée. A cet égard, il ne démontre ni même n'allègue avoir été dans l'impossibilité de prendre cette pause avant le début de l'après-midi. Par suite, aucune faute ne saurait être retenue à l'encontre de l'administration.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'éducation nationale
Copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille et au proviseur du lycée Jean Cocteau.
Délibéré après l'audience du 17 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Dyèvre, première conseillère,
Mme Le Mestric, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2002290
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026