jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2003714 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SINGER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 1907051 le 9 août 2019, Mme B A, représentée par Me Singer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la lettre du 18 juin 2019 par laquelle le recteur de l'Académie d'Aix-Marseille a informé Mme A de la date de consolidation de la pathologie intervenue à la suite de son accident de travail et de son placement en congé de maladie ordinaire à compter du 1er novembre 2017 ;
2°) d'annuler trois arrêtés en date du 18 juin 2019 par lesquels :
- pour le premier, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille l'a placée en congé de maladie à plein traitement du 1er novembre 2017 au 30 janvier 2018 puis à demi traitement du 31 janvier 2018 au 30 avril 2018,
- pour le deuxième, le même recteur demande l'avis du comité médical départemental pour une poursuite du congé de maladie de l'intéressée à demi-traitement sur la période du 1er mai 2018 au 31 août 2018 ;
- pour le troisième, le même recteur a poursuivi son congé de maladie à demi-traitement pour la période du 1er mai 2018 au 31 août 2018 sur avis du comité médical départemental en date du 18 juin 2019 ;
3°) d'annuler la lettre du 24 juin 2019 par laquelle le même recteur l'a informée de ce qu'un montant approximatif brut de 13 000 euros lui serait réclamé au titre d'un trop perçu pour la période du 31 janvier 2018 au 31 août 2018 ;
4°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de régulariser sa situation en la plaçant en congé de maladie à plein traitement jusqu'à la date de son départ à la retraite le 1er septembre 2018 ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'elle a été privée d'une garantie en n'étant pas informée de la tenue, le 22 janvier 2019, de la commission de réforme, au cours de laquelle elle aurait pu faire valoir l'incohérence de la date de consolidation préconisée par l'expert au regard de l'ensemble des autres avis médicaux ;
- la date de consolidation est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des avis médicaux ;
- à supposer même que son état de santé ait été consolidé, les décisions sont entachées d'une erreur de droit au regard des dispositions du 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984.
Par un mémoire, enregistré le 23 juin 2020, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, après avoir demandé la jonction de la requête avec l'instance 2003714, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 novembre 2020, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Deux mémoires, présentés pour Mme A, ont été enregistrés le 6 novembre 2020 et le 18 janvier 2021, après la clôture de l'instruction, et n'ont pas été communiqués.
Par une lettre du 1er juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés :
- pour le premier, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la lettre du 24 juin 2019, dès lors que cette lettre, qui se borne à informer Mme A de décisions à venir, tant sur le montant que sur les modalités de récupération du trop-perçu, selon l'administration, par Mme A, ne fait pas grief à cette dernière ;
- pour le second, de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté daté du 18 juin 2019 portant explicitement "demande d'avis du comité médical", dès lors que cet arrêté ne fait pas grief à Mme A.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2003714 le 15 mai 2020 et le
6 novembre 2020, ce dernier n'ayant pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, Mme B A, représentée par Me Singer, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 7 octobre 2019 et reçu le 30 janvier 2020, par lequel le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a mis à sa charge le reversement d'une somme de 7 898,75 euros, ensemble le rejet du recours gracieux formé contre ce titre de recettes ;
2°) de la décharger entièrement de la somme réclamée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre n'est pas légal dès lors qu'il est fondé sur les décisions illégales relatives à sa mise en congé maladie à demi-traitement, leur illégalité provenant de ce qu'elles ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière et de ce qu'elles sont entachées d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit.
Par un mémoire, enregistré le 23 juin 2020, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, après avoir demandé la jonction de la requête avec l'instance 1907051, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance en date du 30 septembre 2020, la clôture de l'instruction a été fixée 6 novembre 2020 à midi.
Un mémoire, présenté pour Mme A, a été enregistré le 18 janvier 2021, après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Jorda, rapporteur public,
- et les observations de Me Singer, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 octobre 2016, Mme A, professeure des écoles, a été victime d'un accident dont l'imputabilité au service a été reconnue par l'administration par une décision du 1er décembre 2016. Mise en arrêt de travail, Mme A n'a pas repris son activité professionnelle jusqu'au 1er septembre 2018, date à laquelle elle a été admise à la retraite pour ancienneté de service par un arrêté daté du 31 janvier 2018 faisant droit à la demande que l'intéressée avait déposée en ce sens en juin 2017. Cependant, par arrêtés du 18 juin 2019, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a procédé à une régularisation rétroactive de la situation de l'intéressée en la plaçant en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 1er novembre 2017 au 30 janvier 2018, puis en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 31 janvier 2018 jusqu'au 31 août 2018.
2. Par la requête enregistrée sous le n° 1907051, Mme A demande principalement l'annulation de ces arrêtés du 18 juin 2019. Par la deuxième requête enregistrée sous le n° 2003714, l'intéressée demande l'annulation du titre de perception par lequel l'administration lui a réclamé une somme de 7 898,75 euros représentant un trop-perçu découlant, selon l'administration, de la différence entre le traitement effectivement perçu par l'intéressée entre le 31 janvier 2018 et le 31 août 2018, et celui, à mi-traitement, qu'elle aurait dû percevoir.
Sur la jonction :
3. Les requêtes susvisées, présentées pour la même requérante, sont relatives à sa situation administrative durant la même période, et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions en annulation portant sur la lettre datée du 18 juin 2019 :
4. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
5. Si Mme A demande l'annulation de la lettre datée du 18 juin 2019, il ressort des termes mêmes de ce courrier que le recteur de l'académie d'Aix-Marseille y a répondu à un recours gracieux présenté par l'intéressée. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ce courrier doivent être regardées comme identiques aux conclusions tendant à l'annulation des décisions intervenues par arrêtés, que Mme A a également versées au dossier, et relatives, ainsi qu'il a été dit au point 1, à son placement en congé de maladie ordinaire du 1er novembre 2017 au 31 août 2018.
Sur les conclusions en annulation portant sur la lettre datée du 24 juin 2019 :
6. Il ressort des pièces du dossier que la lettre du 24 juin 2019 se borne à informer Mme A de décisions à venir, tant sur le montant que sur les modalités de récupération d'une partie du traitement de Mme A considéré par l'administration comme un trop-versé à l'intéressée. Cette lettre ne faisant ainsi pas grief à Mme A, les conclusions de la requérante tendant à son annulation sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
Sur les conclusions en annulation portant sur l'arrêté daté du 18 juin 2019 explicitement intitulé " demande d'avis du comité médical " :
7. L'arrêté précité se bornant à solliciter l'avis du comité médical, il ne fait ainsi pas grief à Mme A. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à son annulation sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
Sur les conclusions en annulation des deux autres arrêtés datés du 18 juin 2019 :
8. D'une part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction en vigueur à la date des arrêtés attaqués : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. // Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service.". D'autre part, en vertu de l'article 13 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable à la date des arrêtés attaqués, la commission de réforme est consultée sur l'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 dans les conditions prévues au titre VI bis de ce même décret. Enfin, aux termes de l'article 47-6 applicable du même décret : " La commission de réforme est consultée ://1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service ;// 2° Lorsqu'un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est potentiellement de nature à détacher l'accident de trajet du service ;// 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies. "
9. Il ressort des pièces du dossier que, dans ses conclusions émises suite à l'examen effectué le 12 mars 2018, le médecin agréé alors missionné par l'administration a estimé que " les congés et les soins sollicités étaient bien consécutifs à l'accident du 17 octobre 2016 et nous ne pouvons actuellement en fixer les limites. La date de consolidation ne peut être retenue actuellement du fait de l'évolution d'un syndrome neuro-algo-dystrophique dont il est difficile de déterminer l'évolution réelle ". Cet avis confirmait sur ces points les précédents examens effectués à la demande de l'administration l'année précédente, le 4 septembre et le 19 octobre 2017, et l'examen effectué le 12 décembre 2017 par le médecin mandaté par l'assurance de l'intéressée qui indiquait clairement qu'" en raison de la survenue de l'algo-neuro-dystrophie, l'état de santé de la blessée ne nous paraît pas stabilisé. ".
10. Certes, un autre médecin agréé, postérieurement missionné par l'administration, a estimé que l'état de santé de l'agent aurait pu permettre la reprise de son activité professionnelle à temps partiel thérapeutique à compter du 30 octobre 2017, et que " la date de consolidation peut être évaluée à compter du 30 octobre 2017 avec séquelles ". Cependant, alors que ces dires sont consécutifs à un examen pratiqué le 5 octobre 2018, très postérieur aux examens menés en octobre et décembre 2017 qui ont constaté l'inverse à une date plus proche de la date de consolidation avancée par ce dernier avis, l'administration a commis une erreur d'appréciation en retenant le 30 octobre 2017 comme date de consolidation, quand bien même la commission de réforme, après hésitation d'ailleurs, a également été d'avis de retenir cette date de consolidation. De plus, alors que la consolidation de l'état de santé d'un agent a seulement pour objet et pour effet de constater la stabilisation de cet état et ne concerne pas l'aptitude de l'agent à reprendre ses fonctions, il ne ressort ni de l'avis de la commission de réforme ni des autres pièces du dossier que les arrêts de travail délivrés à Mme A à partir de novembre 2017 auraient été nécessités par d'autres causes que les suites de l'accident de service subi par l'intéressée le 17 octobre 2016. D'ailleurs, il ne ressort des pièces du dossier ni qu'en application des dispositions précitées de l'article 47-6 du décret du 14 mars 1986, l'administration aurait saisi la commission de réforme d'une contestation des prolongations de congé pour accident de service que lui a adressées Mme A postérieurement au 30 octobre 2017, ni que la commission de réforme ou le comité médical se seraient prononcés sur l'aptitude de Mme A à reprendre ses fonctions. Dans ces conditions, en considérant que la date de consolidation proposée par la commission de réforme faisait perdre à Mme A le bénéfice du congé pour accident de service qui lui avait été précédemment accordé et en procédant à sa mise en congé de maladie ordinaire à compter du 1er novembre 2017, l'administration a également entaché d'une erreur de droit les arrêtés attaqués.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens tendant à l'annulation de ces deux arrêtés du 18 juin 2019, que Mme A est fondée à en demander l'annulation.
Sur les conclusions en injonction :
12. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. // ()".
13. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 8 à 11 du présent jugement que, les congés de travail délivrés à Mme A à compter du 30 octobre 2017 devant être regardés comme consécutifs à l'accident de service reconnu imputable au service par l'administration, elle doit être placée, jusqu'à la date de sa mise à la retraite, en congé pour invalidité temporaire imputable au service. Comme le demande la requérante, il y a lieu d'enjoindre au recteur, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de prendre les mesures procédant à cette régularisation.
Sur les conclusions relatives à l'annulation du titre de perception émis le 7 octobre 2019 et à la décharge de l'obligation de payer en résultant :
14. Il résulte de l'instruction que le titre de perception en litige a été émis pour réclamer à Mme A le reversement d'une somme de 7 898,75 euros représentant un trop-perçu découlant, selon l'administration, de la différence entre le plein traitement effectivement perçu par l'intéressée entre le 31 janvier 2018 et le 31 août 2018, et le mi-traitement qui aurait dû lui être versé à compter du 31 janvier 2018. Il résulte cependant de ce qui vient d'être dit aux points précédents qu'en application des dispositions précitées de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, Mme A a droit au plein traitement jusqu'à sa mise à la retraite. Par suite, le titre de recettes émis à son encontre n'est pas fondé et Mme A doit être déchargée de l'obligation de payer en résultant.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
16. Il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat (recteur de l'académie d'Aix-Marseille) le versement à Mme A d'une somme de 2 000 euros au titre des frais qu'elle a exposés dans les présentes instances et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les deux arrêtés datés du 18 juin 2019, mettant Mme A en congé de maladie ordinaire pour la période totale allant du 1er novembre 2017 au 31 août 2018, sont annulés.
Article 2 : Le titre de perception émis le 7 octobre 2019 à l'encontre de Mme A en vue du recouvrement de la somme de 7 898,75 euros est annulé et Mme A est déchargée de l'obligation de payer ladite somme.
Article 3 : Il est enjoint au recteur de l'académie d'Aix-Marseille, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de régulariser la situation de Mme A en la mettant en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la période totale allant du 1er novembre 2017 au 31 août 2018.
Article 4 : L'Etat (recteur de l'académie d'Aix-Marseille) versera à Mme A la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de Mme A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- M. Terras, premier conseiller,
assistés de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
H. BusidanLa présidente de la 2ème chambre,
Signé
I. Hogedez
Le greffier,
Signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/Le greffier en chef,
Le greffier.
N°s 1907051
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026