mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2004459 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RINGLE ROY & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 juin 2020 et le 30 septembre 2021, la société Eiffage génie civil, représentée par Me Cros, demande au tribunal :
1°) de fixer le montant du décompte général du marché pour la protection des routes départementales des Alpes-de-Haute-Provence contre les chutes de pierres à la somme de 3 899 707,20 euros ;
2°) de condamner le département des Alpes-de-Haute-Provence à lui verser la somme de 2 159 953,67 euros toutes taxes comprises, correspondant au solde de ce décompte, somme assortie des intérêts moratoires contractuels à compter du 13 décembre 2019, ainsi que de la capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge du département des Alpes-de-Haute-Provence la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient dans le dernier état de ses écritures, que :
- en premier lieu, le marché a été bouleversé par des bons de commande émis de manière incohérente et précipitée ;
- elle a ainsi subi, du fait d'une mauvaise définition du marché par le département des Alpes-de-Haute-Provence, des préjudices dus au non-amortissement des frais d'encadrement pour l'exercice 2017 pour un montant de 65 495 euros HT, au non-amortissement des frais d'encadrement pour l'exercice 2019 pour un montant de 9 176 euros HT et au non-amortissement des frais généraux pour l'exercice 2017 pour un montant de 211 220 euros HT ;
- elle a également subi du fait de la suractivité au cours de l'exercice 2018, en particulier de l'émission de quarante-huit commandes pour des travaux programmés, des surcoûts en matière de mobilisation des moyens humains, des moyens en matériels et des moyens internes en urgence se traduisant par une perte d'exploitation totale de 173 023 euros HT alors que le cahier des clauses techniques particulières prévoyait vingt-cinq commandes programmées par an ;
- enfin, elle a subi un surcoût de mobilisation de moyens en matériels et sur le poste achats et une perte d'efficience sur les moyens humains se traduisant par une perte d'exploitation globale de 634 368 euros HT en raison du refus systématique du département des Alpes-de-Haute-Provence de lui allouer la période de préparation de trente jours prévue par le cahier des clauses administratives particulières ;
- en second lieu, elle a engagé des frais pour des prestations supplémentaires qui n'ont pas été rémunérées par le département des Alpes-de-Haute-Provence, elle est donc fondée à être indemnisée des frais engagés sur bon de commandes pour mettre en œuvre des dispositifs de signalisation de chantier, pour la somme 53 010 euros, pour l'héliportage par petits porteurs, pour 19 200 euros, pour les prestations de purge par pelle araignée pour 7 120 euros, pour les prestations de purge par moyens mécaniques pour 3 265 euros, des frais engagés sur ordre du maître d'œuvre pour les essais de convenance de béton projeté pour 2 640 euros, pour des prestations d'étude géotechnique G3, dans le cadre de la purge d'urgence sur la RD4 secteur Volonne, pour 5 847 euros, pour des prestations d'étude géotechnique G3 et de suivi d'étude géotechnique G3, dans le cadre de l'opération RD908, pour 7 286 euros, pour la prestation d'installation de chantier sur la RD900 secteur Rochaille, pour 4 900 euros, pour les essais de contrôle sur boulons d'ancrages à scellement répartis, pour 2 340 euros ;
- en troisième lieu, elle a engagé des travaux supplémentaires ayant fait l'objet de demandes de prix nouveaux mais qui n'ont pas été rémunérés, elle est donc fondée à solliciter une plus-value appliquée aux prix 4.1 et 4.2 en raison des travaux réalisée en zone d'accès difficile pour 24 445 euros, elle est également fondée à être indemnisée des frais engagés pour la prestation d'héliportage par petit porteur pour pose de grillage pour 25 920 euros, des frais engagés sur ordre du maître d'œuvre pour la prestation de mise en station pour forage des barbacanes pour 6 432 euros ;
- en quatrième lieu, elle a subi des surcoûts induits par des demandes de travaux supplémentaires, elle est donc fondée à être indemnisée des frais engagés pour l'immobilisation des matériels de projection de béton pour 27 500 euros, pour les mesures d'astreinte pour interventions d'urgence pour 27 767 euros, des frais engagés du fait du surcoût de réalisation pour mise en sécurité secteur de Taulanne pour 15 520,31 euros, pour immobilisation des moyens secteur Taulanne pour 19 837, 44 euros, des frais engagés du fait du surcout consécutif à l'accélération du confortement aval de la RD4085 secteur Taulanne pour remise en circulation pour 7 105 euros, et à l'accélération du confortement secteur Rochaille pour 14 364 euros ;
- en cinquième lieu, le département des Alpes-de-Haute-Provence lui a appliqué abusivement des pénalités de retard, elle donc fondée à demander leur restitution pour la somme totale de 19 880,05 euros ;
- en effet, les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n° 1702PB016 pour 4 200 euros sont injustifiées dès lors que les travaux ont été terminés dans le délai contractuel de trois mois prévu par la commande ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18040BAOB pour 1 650 euros sont injustifiées dès lors que la commande lui a été notifiée sans délai de préparation et qu'elle a fait l'objet de travaux supplémentaires demandés par le conseil géotechnique ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18047BAOB pour 4 200 euros sont injustifiées dès lors que la commande lui a été notifiée sans délai de préparation et qu'elle a fait l'objet de travaux supplémentaires et de travaux modificatifs demandés par le conseil géotechnique ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18044BAOB pour 4 200 euros sont injustifiées dès lors que la commande lui a été notifiée sans délai de préparation, qu'elle a fait l'objet de travaux modificatifs demandés par le conseil géotechnique et que les travaux ont été retardés par des actes de vandalismes sur les installations de chantier et le matériels commis le 21 novembre 2018 et par plusieurs intempéries ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°030-18DIO pour 5 630,05 sont injustifiées ou doivent à tout le moins, être réduites à 33 jours de retard et non 46 dès lors que les travaux ont été interrompus à plusieurs reprises pour des raisons extérieures à sa volonté, notamment le 12 octobre 2018 pour intervention de purge d'urgence sur la RD 4 pendant quatre jours, le 3 décembre 2018 pour intervention d'urgence suite à la chute d'un bloc rocheux sur la RD107 pour trois jours, et le 23 novembre 2018 pendant cinq jours d'intempéries et qu'en outre elle avait sollicité une prolongation du délai des travaux pour tenir compte de l'accumulation de bons de commande et des travaux déjà en cours ;
- en sixième lieu, elle est fondée à solliciter la condamnation du département des Alpes-de-Haute-Provence au paiement des intérêts moratoires calculés au 30 avril 2019 sur la base des acomptes non payés des commandes n° 18040BAOB, n° 18044BAOB, n° 18047BAOB et n° 18058BAOB soit un montant total de 3 590,32 euros ;
- en septième lieu, elle est fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait de l'insuffisance ou de l'absence de rémunération de certains bons de commandes, elle est ainsi fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait de l'annulation du règlement du bon de commande n° 1706PB016 pour 1 106 euros, du préjudice subi du fait du refus de règlement du bon de commande n° 1803CIA16 pour 6 150 euros, des travaux d'urgence " purge d'urgence RD 900 PR62 " pour 1 840 euros, du bon de commande n° 1805FLA16 pour 5 953,80 euros, du bon de commande n° 1807STA16 pour 3 199,82 euros ;
- en huitième lieu, elle est fondée à solliciter la révision des prix sur les différents postes du mémoire de réclamation représentant la somme totale de 79 096 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 mars 2021 et le 28 octobre 2021, le département des Alpes-de-Haute-Provence conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que le montant du décompte général du marché pour la protection des routes départementales des Alpes-de-Haute-Provence contre les chutes de pierres soit fixé à la somme de 5 847 euros ;
3°) à ce que soit mis à charge de la société Eiffage génie civil la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les pièces, transmises en huit fichiers distincts, n'ont pas été communiquées dans les conditions prévues à l'article R. 414-3 du code de la justice administrative ;
- les demandes de la société requérante excédant les sommes de 3 630 291,25 euros HT au titre du décompte général et définitif et de 1 508 638 euros HT au titre du solde, sont irrecevables dès lors que dans son mémoire en réclamation ses demandes étaient limitées à ces sommes ;
Concernant les travaux bouleversés l'émission de bons de commande de manière incohérente et précipitée :
- la société Eiffage génie civil ne démontre pas en quoi la maîtrise d'ouvrage aurait commis une faute lui étant imputable, elle ne démontre pas non plus avoir été confrontée à des sujétions techniques imprévues ni avoir subi un préjudice direct et certain du fait des circonstances alléguées ;
- la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à être indemnisée au titre des prétendus préjudices dus au non-amortissement des frais d'encadrement pour l'exercice 2017, des frais d'encadrement pour l'exercice 2019 et des frais généraux pour l'exercice 2017 dès lors que le contrat en litige est un accord-cadre à bons de commande sans minimum ni maximum, que la société requérante n'était pas fondée à se prévaloir du montant estimatif de commandes mentionné dans le règlement de la consultation qui n'a pas de caractère contractuel, qu'en tout état de cause, elle n'établit pas en quoi elle aurait été dans l'impossibilité d'affecter ces moyens à d'autres tâches, en l'absence de commande et enfin elle n'apporte aucun justificatif permettant d'établir la réalité de son préjudice ;
- la société Eiffage génie civil n'est pas non plus fondée à être indemnisée au titre d'une prétendue suractivité au cours de l'exercice 2018, dès lors qu'aucun maximum n'était prévu par le contrat, que la société requérante ne peut se prévaloir des stipulations de l'article 1.4.4 du cahier des clauses techniques particulières ne mentionnant qu'un chiffre estimatif de commandes programmées et ne prenant pas en considération les travaux non programmés ni les travaux imprévus et urgents, que contrairement à ce qu'allègue la requérante, ce ne sont pas cinquante-quatre mais cinquante commandes qui ont été passées en 2018 dont seulement vingt-six correspondent à des opérations programmées, le reste correspondant à des régularisations de précédents bons de commande ou à des événements imprévus par définition imprévisibles, et qu'enfin la société requérante n'apporte aucun justificatif permettant d'établir la réalité de son préjudice et le lien de causalité avec le fait générateur allégué ;
- la société Eiffage génie civil n'est pas non plus fondée à être indemnisée au titre du prétendu surcoût consécutif au refus de lui allouer une période de préparation dès lors que l'article 9.1 du cahier des clauses administratives particulières prévoyait seulement une possibilité de fixer une période de préparation, qu'une partie des prestations prévues par le marché consistaient en des travaux " imprévus et urgents " pour lesquels le titulaire devait intervenir dans les 24 heures " sans supplément de prix dans les horaires normaux de services ", que la société requérante ne justifie ni avoir émis de réserves à propos des bons de commande concernés ni du caractère systématique de l'absence de période de préparation et qu'enfin elle n'apporte aucun justificatif permettant d'établir la réalité de son préjudice et le lien de causalité avec le fait générateur allégué ;
Concernant les prestations supplémentaires non rémunérées par le département des Alpes-de-Haute-Provence :
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour mettre en œuvre des dispositifs de signalisation de chantier dès lors que la mise en place de GBA provisoires n'a ni été commandée, ni mise en œuvre à l'exception du bon de commande n° 18040BAOB, pour laquelle la société Eiffage génie civil a mis en place des séparateurs en plastique en substitution des GBA provisoires comme il ressort du compte rendu de chantier du 6 février 2019 et qu'elle n'apporte aucune pièce justificative ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour l'héliportage par petits porteurs dès lors qu'elle ne produit aucune pièce justificative de son préjudice, que, comme la société requérante l'a reconnu lors de la réunion du 6 février 2019, un seul justificatif sur les trois fournis avait été jugé admissible concernant la commande 18040BAOB, et que concernant les commandes 18044BAOB et 18047BAOB aucun justificatif n'a jamais été fourni pour attester de l'héliportage de son matériel ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour les prestations de purge par pelle araignée dès lors que contrairement à ce que soutient la société requérante, la quantité retenue de 295,05 m3 rémunérée a été validée par elle lors de la réunion du 6 février 2019 ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour les prestations de purge par moyens mécaniques dès lors que seules les quantités justifiées soit 94,59 m3 ont été prises en compte, comme cela ressort du constat du 12 décembre 2018 ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des deux essais de convenance de béton projeté dès lors que ces essais n'ont pas été satisfaisants ;
- il consent à indemniser la société requérante pour les prestations d'étude géotechnique G3, dans le cadre de la purge d'urgence sur la RD4 secteur Volonne, pour 5 847 euros et d'étude géotechnique G3, dans le cadre de l'opération RD908, pour 5 847 euros dès lors qu'il reconnait que ces prestations ont été effectuées quand bien même elle n'avaient pas été commandées ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour la prestation d'installation de chantier sur la RD900 secteur Rochaille, pour 4 900 euros dès lors que cette prestation n'a pas été commandée au titre du bon de commande 18010BAMP et qu'elle a été rémunérée sur le bon de commande 18013BAMP comme il ressort de l'état d'acompte correspondant ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des essais de contrôle sur boulons d'ancrages à scellement répartis, pour 2 340 euros dès lors que ces essais ont été rendus nécessaires du fait des carence de la société Eiffage génie civil qui a fourni des rapports de coulis non-conformes comme l'a reconnu la société requérante lors de la réunion du 6 février 2019 ;
Concernant les travaux supplémentaires ayant fait l'objet de demandes de prix nouveaux et non rémunérés :
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée de la plus-value appliquée aux prix 4.1 et 4.2 en raison des travaux réalisés en zone d'accès difficile pour 24 445 euros dès lors que contrairement à ce qu'elle prétend, le maître d'ouvrage n'a pas reconnu le caractère anormal de la configuration des lieux, qu'elle ne justifie pas de la réalisation d'une prestation supplémentaire, qu'elle était parfaitement informée des contraintes particulières du site, qu'elle ne démontre pas que des prestations auraient été commandées par la maîtrise d'ouvrage, que le bon de commande de l'opération était conforme à la fiche signalétique établie par elle le 12 avril 2018 en amont des travaux et qu'enfin elle n'apporte aucune pièce justificative ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour la prestations d'héliportage par petit porteur pour pose de grillage pour 25 920 euros dès lors que cette prestation est comprise dans le prix n° 10 du bordereau des prix rémunérant les prestations de fourniture et pose de grillage et qu'elle n'apporte aucune pièce justificative ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés sur ordre du maître d'œuvre pour la prestation de mise en station pour forage des barbacanes pour 6 432 euros dès lors que cette prestation a déjà été prise en compte sur le prix 18-4 du marché du bon d'exécution n°8059BAMP ;
Concernant les surcoûts induits par des demandes de travaux supplémentaires :
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour l'immobilisation des matériels de projection de béton pour 27 500 euros dès lors que contrairement à ce qu'elle allègue, ni la maîtrise d'ouvrage ni la maîtrise d'œuvre n'ont prononcé un ajournement des travaux, que l'immobilisation des moyens ne peut être qualifiée de travaux supplémentaires, que c'est en raison des carences de la société requérante que les travaux n'ont pu être poursuivis et qu'enfin elle n'apporte aucune pièce justificative ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour les mesures d'astreinte pour interventions d'urgence pour 27 767 euros dès lors que ces prestations ne constituent pas des travaux supplémentaires, que le contrat prévoyait un délai maximum de vingt-quatre heures pour l'intervention de l'entreprise après la demande de la maîtrise d'ouvrage et hors des horaires normaux de service, que la société avait pris en compte ces contraintes, que ni la maîtrise d'ouvrage ni la maîtrise d'œuvre n'ont sollicité la mise en place d'une astreinte lors de la réunion du 25 avril 2018, et qu'enfin elle n'apporte aucune pièce justificative des moyens engagées ni de leur coût ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés du fait du surcoût de réalisation pour mise en sécurité secteur de Taulanne pour 15 520,31 euros dès lors qu'elle ne démontre nullement que cet ouvrage provisoire a été commandé par le maître d'ouvrage, qu'elle l'a mis en place de sa propre initiative, qu'elle ne démontre pas que cette prestation était indispensable à la réalisation de l'opération, et qu'enfin elle n'apporte aucune pièce justificative ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés du fait du surcout pour immobilisation des moyens secteur Taulanne pour 19 837, 44 euros dès lors que l'immobilisation de moyens ne saurait être qualifiée de travaux supplémentaires, que la société ne démontre pas que la maîtrise d'œuvre aurait décidé d'interrompre des travaux et qu'enfin elle n'apporte aucune pièce justificative ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés du fait du surcoût consécutif à l'accélération du confortement aval de la RD4085 secteur Taulanne pour remise en circulation pour 7 105 euros dès lors que ces demandes ne constituent pas des travaux supplémentaires, qu'elle ne justifie d'aucune demande de réalisation des travaux dans un délai de 8 jours au lieu de 15 jours, et qu'enfin elle n'apporte aucune pièce justificative permettant d'attester l'engagement de moyens supplémentaires ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés du fait du surcoût consécutif à l'accélération du confortement secteur Rochaille pour 14 364 euros dès lors que ces demandes ne constituent pas des travaux supplémentaires, qu'elle ne justifie d'aucune demande de réalisation des travaux dans un délai de 10 jours au lieu de 30 jours, et qu'enfin elle n'apporte aucune pièce justificative permettant d'attester l'engagement de moyens supplémentaires ;
Concernant les pénalités de retard :
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n° 1702PB016 pour 4 200 euros sont justifiées dès lors que la société requérante ne démontre pas une interruption des travaux par la maîtrise d'œuvre, qu'elle ne pouvait prétendre à une quelconque période de préparation, que les travaux ont été achevés le 28 février 2018 alors que le bon de commande n° 1702PB016 prévoyait un délai expirant au 31 janvier 2018, soit avec 28 jours de retard et qu'enfin elle ne justifie nullement avoir sollicité la prolongation de délai ni alerté quant à son dépassement ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18040BAOB pour 1 650 euros sont justifiées dès lors la fiche signalétique établie par la société requérante prévoyait un délai de travaux de 25 jours, que le bon de commande n° 18040BAOB lui a octroyé un délai d'un mois et 12 jours et que les travaux ont été achevés le 7 août 2018, soit avec 11 jours de retard ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18047BAOB pour 4 200 euros sont justifiées dès lors que la société requérante ne pouvait prétendre à une quelconque période de préparation, que les travaux ont été achevés avec 33 jours de retard alors que le bon de commande n°18047BAOB lui a octroyé un délai de 4 mois et 15 jours soit un délai plus long que celui proposé par la société requérante dans sa fiche signalétique et qu'enfin elle ne justifie nullement avoir sollicité la prolongation de délai ni alerté quant à son dépassement ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18044BAOB pour 4 200 euros sont justifiées dès lors que la société requérante ne pouvait prétendre à une quelconque période de préparation, qu'elle ne justifie pas de la réalité des actes de vandalisme et des intempéries alléguées, que les travaux ont été achevés avec 33 jours de retard alors que le bon de commande n°17044BAOB lui a octroyé un délai de 4 mois et 15 jours soit un délai plus long que celui proposé par la société requérante dans sa fiche signalétique ;
- les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°030-18DIO pour 5 630,05 sont justifiées dès lors que la société requérante ne justifie pas de la réalité des interruptions de travaux allégués et qu'il était fondé à ne pas tenir compte de sa demande de prolongation de délai, celle-ci étant parvenue postérieurement à la date d'achèvement des travaux ;
Concernant le paiement des intérêts moratoires sur la base des acomptes non payés des commandes n° 18040BAOB, n° 18044BAOB, n° 18047BAOB et n° 18058BAOB :
- la société requérante n'est pas fondée à solliciter le paiement de la somme de 3 590,32 euros correspondant aux intérêts moratoires des commandes n° 18040BAOB, n° 18044BAOB, n° 18047BAOB et n° 18058BAO dès lors qu'elle ne démontre pas avoir droit au paiement de ces intérêts moratoires, que ces bons de commande ont été réglés sur le fondement de quantités estimées à la fin de l'année 2018 en l'absence de justificatifs fournis par la société et qu'enfin le bon de commande 18058BAOB n'a pas été utilisé et a été annulé ;
Concernant l'insuffisance ou de l'absence de rémunération de certains bons de commandes :
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait de l'annulation du règlement du bon de commande n° 1706PB016 pour 1 106 euros dès lors que celle-ci n'a pas pris en compte ce bon de commande dans son projet de décompte final, et qu'en tout état de cause, ce montant avait été versé au titre de l'acompte n°12 sur la base des quantités estimées, mais les prestations n'ayant pas été réalisées, la rectification a été faite dans le décompte général ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement du bon de commande n°18058BAOB pour 20 061,95 euros dès lors que le bon de commande 18058BAOB n'a pas été utilisé et a donc été annulé ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement du bon de commande n° 1803CIA16 pour 6 150 euros dès lors que la somme réglée est conforme à celle prévue par le bon de commande n° 1803CIA16 et qu'elle ne justifie pas qu'un complément lui soit versé ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement des travaux d'urgence " purge d'urgence RD 900 PR62 " pour 1 840 euros dès lors qu'elle ne justifie pas que ces travaux auraient été commandés par la maîtrise d'ouvrage, et qu'en tout état de cause ces prestations réalisées en urgence ont été réglées au titre du bon de commande n°18040BAOB comme en atteste le décompte général ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement du bon de commande n° 1805FLA16 pour 5 953,80 euros dès lors que ces prestations supplémentaires ont été réalisées sans l'accord des représentants du maitre d'ouvrage ;
- la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement du bon de commande n° 1807STA16 pour 3 199,82 euros dès lors qu'elle ne justifie pas que ces travaux auraient été commandés par la maîtrise d'ouvrage, que ces prestations supplémentaires ont été réalisées sans l'accord du maître de l'ouvrage ;
Concernant la révision des prix :
- la société requérante n'est pas fondée à solliciter la révision des prix sur les différents postes du mémoire de réclamation pour 79 096 euros dès lors que la clause de révision ne peut s'appliquer à l'ensemble de l'assiette alléguée, la majeure partie de ses demandes ne constituent pas directement la rémunération d'une prestation individualisée et qu'elle ne justifie pas du calcul effectué.
- enfin la société requérante n'est pas fondée à solliciter l'application de la taxe sur la valeur ajoutée sur l'ensemble ses demandes indemnitaires.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Devictor ;
- les conclusions de Mme Simeray, rapporteure publique ;
- les observations de Mme A, élève avocate, en présence de Me Cros, représentant la société Eiffage génie civil et de Me Costantini, représentant le département des Alpes-de-Haute-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement conclu le 8 septembre 2016, le département des Alpes-de-Haute-Provence a attribué à la société Eiffage génie civil un marché à bons de commande sans minimum ni maximum, portant sur la protection des routes départementales contre les chutes de pierres. Par un courrier du 13 mai 2019, le titulaire a adressé au département des Alpes-de-Haute-Provence son projet de décompte général, en arrêtant le montant final du marché à la somme de 3 861 396,20 euros HT et en fixant le solde restant dû, à son crédit, à la somme de 2 113 980,46 euros HT. Par un courrier du 4 septembre 2019, la société Eiffage génie civil a mis en demeure le maître d'ouvrage de lui adresser, dans un délai de trente jours, le décompte général du marché. Par un courrier du 10 octobre 2019, le département des Alpes-de-Haute-Provence a notifié à l'entreprise les décomptes généraux correspondant au marché initial ainsi qu'à la première année de reconduction de l'accord-cadre faisant apparaître un solde nul. Par un courrier du 12 novembre 2019, la société Eiffage génie civil a adressé au maître d'ouvrage un mémoire en réclamation d'un montant de 1 508 638,00 euros HT. La société requérante demande que le décompte général et définitif du marché soit arrêté à la somme de 3 899 707, 20 euros HT et que le département des Alpes-de-Haute-Provence du Rhône soit condamné à lui verser le solde du marché soit la somme de 1 799 961,39 euros HT.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le département :
2. Aux termes de l'article R. 414-5 du code de justice administrative : " () Le requérant transmet chaque pièce par un fichier distinct, à peine d'irrecevabilité de sa requête. Cette obligation est applicable à la transmission des pièces jointes aux mémoires complémentaires, sous peine pour le requérant de voir ces pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. / Chaque fichier transmis au moyen de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 porte un intitulé commençant par le numéro d'ordre affecté à la pièce qu'il contient par l'inventaire détaillé. Lorsque le requérant recourt à la génération automatique de l'inventaire permise par l'application, l'intitulé du fichier décrit également le contenu de cette pièce de manière suffisamment explicite. Chaque pièce transmise au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 porte un intitulé décrivant son contenu de manière suffisamment explicite. / Les obligations fixées au précédent alinéa sont prescrites au requérant sous peine de voir la pièce écartée des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet () ".
3. Ces dispositions organisent la transmission par voie électronique des pièces jointes à la requête ou aux écritures des parties à partir de leur inventaire détaillé. Cet inventaire doit s'entendre comme une présentation exhaustive des pièces par un intitulé comprenant, pour chacune d'elles, un numéro dans un ordre continu et croissant ainsi qu'un libellé suffisamment explicite. Ces dispositions imposent également de désigner chaque pièce dans l'application Télérecours au moins par le numéro d'ordre qui lui est attribué par l'inventaire détaillé, que ce soit dans l'intitulé du signet la répertoriant, dans le cas de son intégration dans un fichier unique global comprenant plusieurs pièces, ou dans l'intitulé du fichier qui lui est consacré, dans le cas où celui-ci ne comprend qu'une seule pièce. Dès lors, la présentation des pièces jointes est conforme à leur inventaire détaillé lorsque l'intitulé de chaque signet au sein d'un fichier unique global ou de chaque fichier comprenant une seule pièce comporte au moins le même numéro d'ordre que celui affecté à la pièce par l'inventaire détaillé. En cas de méconnaissance de ces prescriptions, la requête est irrecevable si le requérant n'a pas donné suite à l'invitation à régulariser que la juridiction peut, en ce cas, lui adresser par un document indiquant précisément les modalités de régularisation de la requête.
4. La société Eiffage génie civil a joint, en annexe à sa requête enregistrée le 12 juin 2020 un inventaire présentant de manière exhaustive les pièces jointes à ces écritures et comprenant, pour chacune d'elles, un numéro dans un ordre continu et croissant ainsi qu'un libellé suffisamment explicite. De plus, si la société requérante a transmis via l'application Télérecours, huit fichiers regroupant l'ensemble des pièces, chaque pièce est accessible par un signet et désignée par le numéro d'ordre et le libellé qui lui a été attribuée par l'inventaire détaillé. Ainsi, la société Eiffage génie civil n'a pas méconnu les dispositions précitées. La fin de non-recevoir doit par suite être écartée.
Sur le décompte général :
En ce qui concerne les demandes sur le fondement de la responsabilité contractuelle pour faute de l'administration :
5. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés trouvent leur origine dans des sujétions imprévues ayant eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique commise notamment dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle et de direction du marché, dans l'estimation de ses besoins, dans la conception même du marché ou dans sa mise en œuvre, en particulier dans le cas où plusieurs cocontractants participent à la réalisation de travaux publics.
Sur les préjudices liés au non-amortissement des frais d'encadrement pour l'exercice 2017, des frais d'encadrement pour l'exercice 2019 et des frais généraux pour l'exercice 2017 :
6. Il résulte d'une part de l'article 1.1 bis du cahier des clauses administratives particulières du marché en litige que celui-ci a été conclu sans minimum ni maximum et, d'autre part, de l'article 2 du cahier des clauses administratives particulières que le montant estimatif de commandes mentionné dans le règlement de la consultation n'avait pas de caractère contractuel. Ainsi le département des Alpes-de-Haute-Provence n'était tenu par aucune obligation de passer des commandes à la société Eiffage génie civil. Par suite, la société Eiffage génie civil ne peut être indemnisée au titre des préjudices allégués dus au non-amortissement des frais d'encadrement pour l'exercice 2017, des frais d'encadrement pour l'exercice 2019 et des frais généraux pour l'exercice 2017 qui aurait pour cause un montant de commandes insuffisant.
Sur le surcoût consécutif à la suractivité 2018 :
7. Aux termes de l'article 1.4.4 du cahier des clauses techniques particulières du marché en litige relatif à la programmation des travaux : " 1.4.4.1 Travaux programmés. En début d'année, chaque Maison Technique au nombre de 5 invite le titulaire du marché à visiter environ cinq lieux relatifs aux chutes de pierres. L'entreprise dressera un devis dans les meilleurs délais en fournissant une fiche signalétique (§ 1.3.1 Travaux compris à l'entreprise). Lorsque les devis sont acceptés par le CD04, le titulaire dressera le planning prévisionnel de ses interventions et sera tenu de le respecter sauf circonstances exceptionnelles. / 1.4.4.2 Travaux non programmés. L'entrepreneur pourra être amené à se déplacer à la demande du maître d'oeuvre pour estimer s'il y a lieu ou pas d'engager des travaux. / 1.4.4.3 Travaux Imprévus et Urgents (TIU). Lors d'un éboulement, d'un risque majeur pour les usagers d'une route départementale ou tout autre événement exceptionnel lié aux chutes de pierres, le titulaire interviendra dans les 24 heures sans supplément de prix dans les horaires normaux de services. Exceptionnellement, les travaux pourront avoir lieu les week-end et jours fériés. Dans ce cas-là, une plus-value dédommagera l'entreprise ".
8. D'une part, comme il a été dit au point 6, aucun maximum n'était prévu par le contrat. D'autre part, la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir des stipulations de l'article 1.4.4 du cahier des clauses techniques particulières ne mentionnant qu'un chiffre estimatif de commandes programmées, hors travaux non programmés ou travaux imprévus et urgents. Enfin, le département des Alpes-de-Haute-Provence fait valoir, sans que cela ne soit contesté par la société requérante, que cinquante commandes ont été passées en 2018 dont seulement vingt-six correspondaient à des travaux programmés, le reste correspondant à des régularisations de précédents bons de commande ou à des travaux imprévus. Dans ces conditions, la société Eiffage génie civil n'établit pas qu'une faute contractuelle serait imputable au département des Alpes-de-Haute-Provence au regard de ses obligations en tant que maître d'ouvrage et n'est donc pas fondée à être indemnisée au titre d'une suractivité alléguée au cours de l'exercice 2018.
Sur le préjudice lié au refus d'allouer une période de préparation de 30 jours :
9. Aux termes de l'article 9.1 du cahier des clauses administratives particulières : " Il pourra être fixé une période de préparation qui n'est pas comprise dans le délai d'exécution des travaux (dérogation à l'article 19.1 du CCAG - Travaux). Sa durée sera alors de 30 jours à compter de la date de notification du bon de commande. ". Aux termes de l'article 6.1 bis du même cahier relatif aux travaux urgents : " En cas d'urgence concernant les travaux de purges de falaises (en cas de risque pour les personnes et/ou les biens, nécessité d'intervention rapide pour éviter des contraintes trop importantes au niveau de l'exploitation de la route, etc.), le titulaire doit être en mesure de répondre à la demande du maître d'œuvre dans les 24 heures () ". Enfin aux termes de l'article 1.4.4.3 du cahier des clauses techniques particulières : " Lors d'un éboulement, d'un risque majeur pour les usagers d'une route départementale ou tout autre événement exceptionnel lié aux chutes de pierres, le titulaire interviendra dans les 24 heures sans supplément de prix dans les horaires normaux de services. Exceptionnellement, les travaux pourront avoir lieu les week-end et jours fériés. Dans ce cas-là, une plus-value dédommagera l'entreprise ".
10. D'une part, le marché en litige prévoit seulement la possibilité de fixer une période de préparation et qu'une partie des prestations prévues consistaient en des travaux " imprévus et urgents " pour lesquels le titulaire devait intervenir dans un délai de vingt-quatre heures. D'autre part, la société requérante n'établit pas que le département des Alpes-de-Haute-Provence aurait systématiquement refusé de lui allouer une période de préparation et ne justifie pas davantage avoir émis des réserves aux bons de commande concernés. Dès lors la société Eiffage génie civil n'établit pas qu'une faute contractuelle serait imputable au département des Alpes-de-Haute-Provence au regard de ses obligations de maître d'ouvrage et, par suite sa demande à hauteur de la somme de 634 368 euros HT en raison du refus du département des Alpes-de-Haute-Provence de lui allouer une période de préparation de trente jours doit être rejetée.
Sur le préjudice lié à l'immobilisation des matériels de projection de béton :
11. Aux termes de l'article 9.1 du cahier des clauses administratives générales travaux de 2009 modifié en 2014 : " L'ajournement des travaux peut être décidé par le représentant du pouvoir adjudicateur ". Aux termes du prix 13.4 relatif à l'immobilisation du matériel de projection : " Ce prix rémunère, à la journée, l'immobilisation du matériel en cas d'arrêt du chantier sur ordre du maître d'œuvre ".
12. Il ne résulte pas de l'instruction que deux ateliers de béton projeté auraient été immobilisés en raison d'une décision du maître d'ouvrage d'ajourner des travaux alors qu'en revanche il apparait que ces travaux ont été retardés du fait de la société requérante qui n'avait pas proposé la bonne formule de béton et ni envoyé les documents complémentaires attendus sur la granulométrie du béton. Dans ces conditions, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à invoquer une quelconque faute supposément commise par le département des Alpes-de-Haute-Provence et ne peut, par suite, être indemnisée des frais engagés pour l'immobilisation des matériels de projection de béton à hauteur de 27 500 euros.
Sur le préjudice lié à l'immobilisation des moyens secteur Taulanne :
13. Si la société Eiffage génie civil soutient que ses effectifs ont été immobilisés sur la période du 7 au 14 novembre 2017, puis du 27 janvier au 5 février 2018 en raison de l'attente de directives du maître d'œuvre, elle n'établit toutefois pas que la maîtrise d'ouvrage aurait commis une faute dans ses pouvoirs de contrôle et direction. Dès lors, sa demande tendant à être indemnisée à hauteur de la somme de 19 837,44 euros au titre des frais engagés du fait du fait de l'immobilisation de ses moyens doit être rejetée.
Sur le surcoût consécutif à l'accélération du confortement aval de la RD4085 secteur Taulanne :
14. Il résulte du bon de commande n°1802PBA16 portant sur la sécurisation et le confortement de la RD4085, qu'un délai de deux mois et vingt-deux jours était prévu pour l'exécution de cette commande complémentaire. Dès lors, la société Eiffage génie civil ne démontre pas que la maîtrise d'œuvre aurait ordonné la réalisation de ces travaux dans un délai de huit jours au lieu de quinze jours normalement prévus. En outre, la société requérante ne produit aucune pièce permettant d'établir qu'elle aurait engagé des frais supplémentaires et ne démontre pas qu'une quelconque faute ait été commise par le maître d'ouvrage. Par suite, la demande de la société Eiffage génie civil au titre du surcoût allégué dû à l'accélération du confortement aval de la RD4085 doit être rejetée.
Sur le surcoût consécutif à l'accélération du confortement secteur Rochaille :
15. Il ne résulte pas de l'instruction que les commandes n°18013BAMP et n°18028BAMP auraient fait l'objet de délais raccourcis. En outre, la société requérante ne produit aucune pièce permettant d'établir qu'elle aurait engagé des frais supplémentaires et ne démontre pas qu'une quelconque faute ait été commise par le maitre d'ouvrage. Par suite, la demande de la société Eiffage génie civil au titre du surcoût allégué dû à l'accélération du confortement secteur Rochaille doit être rejetée.
Dispositifs de signalisation de chantier, prix 5.3 " Mise en place de GBA provisoires " :
16. Aux termes de l'article 3.5.2 du cahier des clauses techniques particulières relative à l'alternat par feux tricolores : " La circulation est maintenue sur une 1/2 chaussée en alternat, ce dernier étant géré par deux feux tricolores. Cette procédure s'envisage pendant les heures de travail quand il n'y a pas de risque pour les usagers de la route qui sont par ailleurs protégés par un écran provisoire. Ce dernier est constitué par au moins une rangée continue de GBA provisoire, signalé correctement de jour comme de nuit. Le trafic doit être rétabli en moins de 10mn pour le passage de véhicules prioritaires. Toute remise en circulation est précédée par un nettoyage de la chaussée ce qui impose à l'entreprise d'avoir en permanence les moyens adaptés ".
17. Si la société Eiffage génie civil soutient avoir mis en œuvre des dispositifs de signalisation de chantier type " GBA provisoires en plastique K16 " dans le cadre de quatorze bons de commande, elle ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations. En outre, il résulte de l'instruction que dans le cadre des bons de commande et bons d'exécution correspondants aux commandes n°1805FLA16, n°18-031SIRV, n°1807STA16, n°18047BAOB et n°18044BAOB, aucune prestation de GBA provisoire n'a été commandée ni réalisée. En revanche, il apparaît que la société requérante a mis en œuvre ces prestations dans le cadre de la commande n°18040BAOB, comme en attestent les bons de commande et bons d'exécution afférents. Si le département soutient que la société requérante n'a pas mis en place les dispositifs attendus mais " des séparateurs en plastique ", comme en atteste le compte rendu de chantier du 6 février 2019, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que ces séparateurs n'étaient pas conformes à la prestation attendue. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande de la société Eiffage génie civil d'être indemnisée à ce titre correspondant à 80 unités au prix unitaire de 38 euros soit la somme de 3 040 euros.
Héliportage par petits porteurs :
18. Aux termes du bordereau des prix unitaires relatif au prix 17.2 " Héliportage par petit porteur " : " Ce prix rémunère à l'heure les prestations d'héliportage, hors pose de grillage, par un appareil petit porteur permettant au minimum le levage d'une charge de 750 kg à 2 000 ni d'altitude par une température moyenne de 15 °C. Ce prix comprend : - la mise à disposition de l'appareil, du pilote et du co-pi1ote ainsi que toutes les fournitures nécessaires au vol y compris le matériel d'élingage. L'Heure : mille neuf cent vingt euros ".
19. Si la société requérante fait valoir qu'elle a engagé des frais pour l'héliportage par petits porteurs hors pose de grillage qui n'ont pas été intégralement rémunérés dans le cadre de trois bons de commande, il résulte de l'instruction que cette dernière avait reconnu lors de la réunion du 6 février 2019 qu'un seul justificatif sur les trois fournis était admissible concernant la commande 18040BAOB. De plus, la société Eiffage génie civil ne produit aucune pièce permettant d'établir que pour cette commande et les commandes n°18044BAOB et 18047BAOB, les prestations d'héliportage alléguées auraient servi au transport de matériel et non à la pose de grillage. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à être indemnisée de la somme demandée de 19 200 euros à ce titre.
Sur la demande de prix nouveau pour la prestation d'" héliportage par petit porteur pour pose de grillage " :
20. Aux termes du prix 10.1 du bordereau des prix unitaires rémunérant la fourniture et pose de grillage : " Ces prix rémunèrent au mètre carré la fourniture et la pose de grillage métallique (). Ils comprennent : - la fourniture, le transport et la mise en œuvre () ". Aux termes du prix 17.2 rémunérant la prestations d'héliportage par petit porteur : " Ce prix rémunère à l'heure les prestations d'héliportage, hors pose de grillage () ".
21. D'une part, il résulte de ces stipulations que la prestation d'héliportage par petit porteur prévue par le prix 17.2 du bordereau des prix unitaires ne comprenait pas la pose de grillage, cette dernière étant incluse dans le prix 10 du même bordereau comprenant notamment le transport. D'autre part il ne résulte pas de l'instruction, et notamment pas des bons de commande 18013BAMP, 18040BAOB, 18044BAOB et 18047BAOB, que les prestations d'héliportage mentionnées sur ces bons n'auraient pas été payées ou que des prestations d'héliportage nécessaires auraient été effectuées en sus de celles commandées. Dès lors, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à demander le versement de la somme de 25 920 euros au titre d'un prix nouveau pour " héliportage par petit porteur pour pose de grillage ".
Purge par pelle araignée :
22. Si la société Eiffage génie civil fait valoir que les quantités réalisées de prestations de purge par pelle araignée ont été abattues de 160 m3 sans motif, il résulte de l'instruction que la quantité retenue de 295,05 m3, et déjà rémunérée, avait été validée par elle lors de la réunion du 6 février 2019. Par suite, elle n'est pas fondée à être indemnisée de la somme demandée de 7 120 euros à ce titre.
Purge par moyens mécaniques :
23. Si la société Eiffage génie civil fait valoir que les quantités réalisées de prestations de purge par moyens mécaniques ont été arbitrairement abattues de 100 m3 sans motif, il résulte de l'instruction que seules les quantités justifiées soit 94,59 m3 ont été prises en compte, comme cela ressort du constat du 12 décembre 2018. De plus, la société Eiffage génie civil ne démontre pas avoir réalisé 250 m3 de purge mécanique par la seule production d'un dossier de récolement qui n'a pas été approuvé par le maître d'ouvrage. Par suite, elle n'est pas fondée à être indemnisée de la somme demandée de 53 010 euros à ce titre.
Essais de convenance de béton projeté :
24. Aux termes du prix 13.3 et suivant du bordereau des prix unitaires relatif au béton projeté : " 13. 3 Installation et repliement du matériel de projection. Ce prix rémunère, au forfait, l'installation générale, le démontage, le repliement des installations de projection et la remise en état des lieux. () 13.4 Immobilisation du matériel de projection. Ce prix rémunère, à la journée, l'immobilisation du matériel en cas d'arrêt du chantier sur ordre du maître d'œuvre. () 13.5 Préparation du support avant projection. Ce prix rémunère, au m2, la préparation du support avant projection de béton projeté. Ce prix s'applique aux surfaces en béton de toutes natures ayant été préalablement piquées et sablées. () 13.6 Béton projeté avec fibres. Ce prix rémunère au m3, la fourniture et la mise en œuvre de béton projeté par voie sèche avec fibres () ". Aux termes de l'article 4.3 du cahier des clauses techniques particulières du marché en litige portant sur le béton projeté : " () Pour l'ensemble des contrôles en cours d'exécution, l'Entrepreneur doit tenir à disposition du Maître d'œuvre, les moyens d'accès à l'ensemble des parties traitées. Les contrôles réalisés à la charge du titulaire du marché sont : - La granulométrie (), - La consistance (), - La teneur en air (), - La résistance à la compression à 7 et 28 jours (). Le Maître d'œuvre s'assurera de l'absence de parties friables ou altérées (utilisation d'un marteau), de la propreté du support et de son humidification, de l'absence des venues d'eau et de la bonne fixation des armatures de renfort et des coffrages. () Le contrôle des épaisseurs minimales à mettre en œuvre sera effectué par le Maître d'œuvre, au moyen de piges ou de tout autre dispositif analogue installé par l'Entrepreneur, à ses frais ".
25. Il résulte de ces stipulations que le contrôle du béton projeté était à la charge de l'entreprise titulaire des travaux et du maître d'œuvre et que ni le cahier des clauses techniques particulières ni le bordereau des prix unitaires du marché ne prévoyait la rémunération pour les essais de béton projeté. Dans ces conditions, et alors que le maître d'ouvrage a accepté de rémunérer l'essai de convenance de béton projeté concluant, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à être indemnisée de la somme de 2 640 euros au titre des deux autres essais qui n'ont pas été satisfaisants.
Installation de chantier sur la RD900 secteur Rochaille :
26. Si la société Eiffage génie civil soutient avoir procédé à une prestation d'installation de chantier sur la RD900 secteur Rochaille, sur ordre de la maîtrise d'œuvre, objet de la commande n°18010BAMP, elle ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations. Il résulte toutefois de l'instruction que les travaux de " purges et minage de blocs " et " mise en place de grillages " effectués respectivement au titre des bons de commande n°18010BAMP et n°18013BAMP ont été effectuées sur le même site de la RD900 et que la société requérante a été rémunérée pour une prestation d'installation de chantier au titre du bon de commande n°18013BAMP ainsi qu'il ressort de l'état d'acompte correspondant. Dans ces conditions, alors que la société Eiffage génie civil ne démontre pas qu'une prestation similaire aurait été nécessaire ou réalisée dans le cadre du bon de commande 18010BAMP, elle n'est pas fondée à être indemnisée de la somme de 4 900 euros à ce titre.
Essais de contrôle sur boulons d'ancrages à scellement répartis :
27. Aux termes de l'article 3.12.2 du cahier des clauses techniques particulières : " () L'entrepreneur sera tenu de réaliser : Un ou des essais de convenance sur boulon d'ancrage à scellement réparti et de contrôle sur boulon d'ancrage à scellement réparti sont obligatoires () ". Aux termes de l'article 4.2.1.2 du même cahier s'agissant des coulis de scellement : " Les mortiers ou coulis de scellement feront l'objet d'essais de contrôle aux frais de l'entrepreneur. () Dans le cas où les essais montreraient que la résistance à la compression simple à 7 jours serait inférieure à la valeur prévue dans la demande d'agrément acceptée par le maître d'œuvre, celui-ci se réserve la possibilité de demander à l'entrepreneur de modifier en conséquence les conditions de mise en œuvre ou la nature des produits de scellement afin d'obtenir des résultats satisfaisants. Les modifications sont à la charge de l'entrepreneur et devront faire l'objet d'un agrément par le maître d'œuvre () ".
28. Il résulte de ces stipulations qu'il incombait à la société Eiffage génie civil de prendre en charge les essais de contrôle sur boulons d'ancrage. Dans ces conditions, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à être indemnisée de la somme de 2 340 au titre de trois essais supplémentaires de contrôle sur boulons d'ancrages réalisés dans le cadre du bon de commande n°18059BAMP.
Sur la demande de prix nouveau " Plus-value aux prix 4.1 et 4.2 pour intervention en zone d'accès difficile " :
29. Aux termes de l'article 1.3 du cahier des clauses techniques particulières applicable au marché en litige : " Les travaux à réaliser au titre du présent marché sont situés en paroi ou en versant escarpé () ". Aux termes de l'article 1.3.1 du même cahier relatif aux travaux compris à l'entreprise : " Ils comprennent : - La fourniture d'une fiche signalétique pour chaque chantier détaillant : () - Le détail estimatif de l'opération, - Le devis détaillé () ". Aux termes de l'article 1.4.4 du même cahier relatif à la programmation des travaux : " Travaux programmés. En début d'année, chaque Maison Technique au nombre de 5 invite le titulaire du marché à visiter environ cinq lieux relatifs aux chutes de pierres. L'entreprise dressera un devis dans les meilleurs délais en fournissant une fiche signalétique () / Travaux non programmés. L'entrepreneur pourra être amené à se déplacer à la demande du maître d'œuvre pour estimer si il y a lieu ou pas d'engager des travaux. / Travaux Imprévus et Urgents (TIU). Lors d'un éboulement, d'un risque majeur pour les usagers d'une route départementale ou tout autre événement exceptionnel lié aux chutes de pierres, le titulaire interviendra dans les 24 heures sans supplément de prix dans les horaires normaux de services () ". Aux termes de l'article 3.1 du même cahier : " Documents à fournir avant la passation d'une commande. Au préalable à la passation d'une commande de travaux, le Maître d'oeuvre informera le titulaire du marché par tous les moyens disponibles () qu'il envisage de passer une commande de travaux. Une visite des lieux où les travaux doivent être exécutés sera organisée entre le Maître d'Oeuvre et l'entrepreneur, elle ne pourra pas être organisée dans un délai supérieur à 15 jours depuis la date de l'information. Cette visite a pour but de montrer à l'entrepreneur les travaux envisagés, ainsi que l'environnement de ces lieux. A l'issue de cette visite, l'entrepreneur a quinze jours maximum pour proposer au Maître d'oeuvre ou à son représentant la fiche signalétique décrite au paragraphe 1.3.1 Travaux compris à l'entreprise. Au vu de ces éléments le maître d'oeuvre ou son représentant passera ou non commande des travaux ou éventuellement demandera des éléments complémentaires qu'il jugera utile. ". Aux termes du prix 1.1 du bordereau des prix unitaires relatif aux études d'exécution : " Ces prix rémunèrent au forfait toutes les études effectuées préalablement à l'exécution d'un bon de commande de travaux. Ils comprennent : () - la définition des moyens et méthodes et envisagés compte tenu des contraintes particulières liées au site () ". Aux termes du prix 4 du même bordereau des prix unitaires relatif à l'installation de chantier : " Ce prix rémunère au forfait les frais d'installations, de protections, de fonctionnement du chantier, et de repliements pour la totalité du chantier et la remise en état des lieux () ".
30. D'une part, il résulte de ces stipulations que l'entreprise Eiffage génie civil était informée des contraintes du site et était tenue d'établir en amont de chaque chantier une fiche signalétique mentionnant notamment le détail estimatif et le devis détaillé de l'opération. D'autre part, il résulte de l'instruction que la société requérante a établi une fiche signalétique le 12 avril 2018 pour les travaux de confortement d'une falaise sur la RD107 comportant le devis estimatif et le devis détaillé de l'opération, sur la base duquel le maître d'ouvrage a émis le bon de commande n°030-18DIO. Dans ces conditions, dès lors que le bon de commande a été établi conformément au devis émis par l'entreprise sur la base des travaux à réaliser et au regard des contraintes du site, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à être indemnisée de la somme de 24 445 euros correspondant à la plus-value appliquée aux prix 4.1 et 4.2 au motif que les travaux ont été réalisés en zone d'accès difficile.
Sur l'application abusive de pénalités de retard :
31. Aux termes de l'article 6.3 du cahier des clauses administratives particulières applicable au marché en litige relatif aux pénalités de retard : " Le titulaire subira, par jour de retard dans l'achèvement des travaux, une pénalité journalière de 150,00 Euros. Le titulaire du marché ne pourra pas se voir infliger des pénalités de retard dans le cas, où le retard dans l'exécution des travaux fait suite soit à l'absence de réponse aux déclarations d'intention de commencement des travaux (DICT) des exploitants de réseaux, soit à l'arrêt des travaux après la constatation d'une différence notable entre l'état du réseau et les plans fournis par les exploitants de réseaux ".
32. Il résulte de l'instruction que les travaux effectués dans le cadre de la commande n° 1702PB016 ont été achevés avec vingt-huit jours de retard. En outre, la société Eiffage génie civil ne justifie ni que le retard était consécutif à l'absence de réponse aux déclarations d'intention de commencement des travaux de la part des exploitants de réseaux, ni à l'arrêt des travaux après la constatation d'une différence notable entre l'état du réseau et les plans fournis par les exploitants de réseaux. Dès lors, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à contester les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°1702PB016 pour 4 200 euros.
33. Il résulte de l'instruction que les travaux effectués dans le cadre de la commande n°18040BAOB ont été achevés avec onze jours de retard. En outre, la société Eiffage génie civil ne justifie ni que le retard était consécutif à l'absence de réponse aux déclarations d'intention de commencement des travaux de la part des exploitants de réseaux, ni à l'arrêt des travaux après la constatation d'une différence notable entre l'état du réseau et les plans fournis par les exploitants de réseaux. Dès lors, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à contester les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18040BAOB pour 1 650 euros.
34. Il résulte de l'instruction que les travaux effectués dans le cadre de la commande n°18047BAOB pour 4 200 euros ont été achevés avec trente-trois jours de retard. En outre, la société Eiffage génie civil ne justifie ni que le retard était consécutif à l'absence de réponse aux déclarations d'intention de commencement des travaux de la part des exploitants de réseaux, ni à l'arrêt des travaux après la constatation d'une différence notable entre l'état du réseau et les plans fournis par les exploitants de réseaux. Dès lors, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à contester les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18047BAOB pour 4 200 euros.
35. Il résulte de l'instruction que les travaux effectués dans le cadre de la commande n°18044BAOB ont été achevés avec trente-trois jours de retard. En outre, la société Eiffage génie civil ne justifie ni que le retard était consécutif à l'absence de réponse aux déclarations d'intention de commencement des travaux de la part des exploitants de réseaux, ni à l'arrêt des travaux après la constatation d'une différence notable entre l'état du réseau et les plans fournis par les exploitants de réseaux. Dès lors, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à contester les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°18044BAOB pour 4 200 euros.
36. Il résulte de l'instruction que les travaux effectués dans le cadre de la commande n°030-18DIO ont été achevés avec quarante-six jours de retard. En outre, la société Eiffage génie civil ne justifie ni que le retard était consécutif à l'absence de réponse aux déclarations d'intention de commencement des travaux (DICT) des exploitants de réseaux, ni à l'arrêt des travaux après la constatation d'une différence notable entre l'état du réseau et les plans fournis par les exploitants de réseaux. Dès lors, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à contester les pénalités de retard infligées dans le cadre de la commande n°030-18DIO pour 5 630,05 euros.
Sur les intérêts moratoires sur bons de commande n°18040BAOB, 18044BAOB, 18047BAOB et 18058BAOB au titre d'acomptes non payés :
37. Les intérêts moratoires dus par le maître de l'ouvrage en cas de retard dans les paiements d'acomptes sont un élément du décompte définitif.
38. La société requérante ne démontre pas avoir subi un retard dans le paiement des acomptes des commandes n° 18040BAOB, n° 18044BAOB, n° 18047BAOB et n° 18058BA, dès lors elle n'est pas fondée à solliciter le paiement de la somme de 3 590,32 euros correspondant aux intérêts moratoires des acomptes de ces commandes.
En ce qui concerne les demandes sur le fondement de la responsabilité sans faute au titre de travaux supplémentaires non rémunérés :
39. Le cocontractant de l'administration peut demander à être indemnisé, sur la base du contrat, des travaux supplémentaires prescrits par un ordre écrit. Il en va de même pour les travaux réalisés sans ordre écrit, dès lors que ces travaux ont été indispensables à l'exécution du contrat dans les règles de l'art. Dans le cas où les travaux supplémentaires n'ont fait l'objet d'aucun accord écrit et préalable, et n'étaient pas indispensables à l'exécution du contrat dans les règles de l'art, ils peuvent également, dans l'hypothèse où ils ont été faits sur l'ordre verbal du maître d'ouvrage ou du maître d'œuvre, donner lieu à l'indemnisation de celles des dépenses engagées qui ont été utiles au maître de l'ouvrage. Si les travaux ont été nécessités par des manquements imputables au titulaire du marché, celui-ci n'a droit à aucune indemnité.
Prestations d'études géotechniques G3, dans le cadre de la purge d'urgence sur la RD4 secteur Volonne et dans le cadre de l'opération RD908 :
40. Le département des Alpes-de-Haute-Provence reconnait que les prestations d'étude géotechnique G3, dans le cadre de la purge d'urgence sur la RD4 secteur Volonne, et d'étude géotechnique G3, dans le cadre de l'opération RD908, ont été effectuées quand bien même elles n'avaient pas été commandées, et lui devoir à ces titres les sommes de 5 847 euros pour chacune de ces prestations, soit 11 694 euros. En revanche, la société Eiffage génie civil ne justifie pas avoir engagé de prestation supplémentaire de suivi d'étude géotechnique G3 dans le cadre de l'opération RD908, et n'est dès lors pas fondée à solliciter la somme de 1 439,66 euros à ce titre. Par suite, la société Eiffage génie civil est seulement fondée à être indemnisée de la somme de 11 694 euros.
Sur la demande de prix nouveau pour la prestation " Mise en station pour forage des barbacanes " :
41. Il résulte de l'instruction que la prestation de mise en station pour forage des barbacanes a déjà été prise en compte sur le prix 18-4 du marché du bon d'exécution n°18059BAMP, dès lors la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à être indemnisée de la somme de 6 432 euros à ce titre.
Sur la demande de prix nouveau pour " mesures d'astreinte pour interventions d'urgence " :
42. Aux termes de l'article 6.1 bis du cahier des clauses administratives particulières : " En cas d'urgence concernant des travaux de purge de falaise () le titulaire doit être en mesure de répondre à la demande du maitre d'œuvre dans les 24 heures ". Aux termes de l'article 1.4.4.3 du cahier des clauses techniques particulières : " () Travaux Imprévus et Urgents (TIU). Lors d'un éboulement, d'un risque majeur pour les usagers d'une route départementale ou tout autre événement exceptionnel lié aux chutes de pierres, le titulaire interviendra dans les 24 heures sans supplément de prix dans les horaires normaux de services. Exceptionnellement, les travaux pourront avoir lieu les week-end et jours fériés. Dans ce cas-là, une plus-value dédommagera l'entreprise ".
43. Il résulte de ces stipulations que l'entreprise titulaire des travaux était tenue d'intervenir dans les vingt-quatre heures en cas de travaux imprévus et urgents sans supplément de prix et donc de mettre en œuvre les moyens humains et matériels adéquats pour répondre à cette exigence. De plus, il résulte du compte-rendu de la réunion du 25 avril 2018 et du courrier de la société requérante du 29 mai 2018 que, pour répondre aux critiques émises par le maitre d'ouvrage sur le manque de réactivité lors des interventions urgentes, les parties se sont accordées pour établir une procédure d'astreinte. En outre, il apparaît que la société Eiffage génie civil avait d'ailleurs proposé, dans son mémoire technique, une astreinte pour les week-end et jours fériés. Dès lors, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés pour les mesures d'astreinte pour interventions d'urgence pour 27 767 euros.
Sur le surcoût de réalisation pour mise en sécurité secteur Taulanne :
44. La société Eiffage génie civil ne démontre pas que l'ouvrage provisoire de sécurisation de la RD4085 aurait été commandé par le maitre d'ouvrage ni que cette prestation aurait été indispensable à la réalisation de l'opération. En outre, le département des Alpes-de-Haute-Provence conteste le caractère indispensable de cet ouvrage provisoire et fait valoir qu'il a été mis en place à l'initiative de l'entreprise et que son enlèvement en urgence dans la nuit du 9 au 10 avril 2018 a nécessité une coupure de la circulation et une intervention des agents du département. Dès lors, elle n'est pas fondée à être indemnisée des frais engagés du fait du surcoût de réalisation pour mise en sécurité secteur de Taulanne pour 15 520,31 euros.
Annulation du règlement du bon de commande n° 1706PB016 :
45. Il ressort de l'instruction que les prestations prévues par la commande n°1706PB016 n'ont pas été réalisées ainsi qu'il ressort du bon d'exécution n°1706PB016. Par suite, la société Eiffage génie civil n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait de l'annulation du règlement du bon de commande n° 1706PB016 pour 1 106 euros.
Refus de règlement du bon de commande n° 1803CIA16 :
46. La société Eiffage génie civil ne justifie pas avoir réalisé de prestations supplémentaires à celles qui ont été rémunérées au titre du bon d'exécution n°1803CIA16 et du constat afférent. Par suite, elle n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement du bon de commande n° 1803CIA16 pour 6 150 euros.
Refus de règlement des travaux d'urgence " Purge d'urgence RD 900 PR62 " :
47. Il résulte de l'instruction qu'une prestation " purge d'urgence RD 900 PR62 " consécutive à un éboulement rocheux du 10 mai 2018 a été réglée au titre du bon de commande n°18040BAOB ainsi qu'en atteste le décompte général. Dès lors que la société requérante n'établit pas qu'une prestation distincte de celle rémunérée ait été réalisée, elle n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement de ces travaux pour 1 840 euros.
Refus de règlement du bon de commande n° 1805FLA16 :
48. La société Eiffage génie civil ne justifie par aucune pièce avoir engagé des travaux supplémentaires à ceux déjà rémunérés. Par suite, elle n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement complémentaire du bon de commande n° 1805FLA16 pour 5 953,80 euros.
Refus de règlement du bon de commande n° 1807STA16 :
49. La société Eiffage génie civil ne justifie par aucune pièce avoir engagé des travaux supplémentaires à ceux déjà rémunérés. Par suite, elle n'est pas fondée à être indemnisée du préjudice subi du fait du refus de règlement du règlement complémentaire du bon de commande n° 1807STA16 pour 3 199,82 euros.
50. Il résulte de tout ce qui précède que la société Eiffage Génie civil est fondée à être indemnisée au titre des prestations effectuées et non rémunérée " mise en place de GBA provisoires " pour 3 040 euros, " étude Géotechnique G3-RD4 Volonne " pour 5 847 euros et " étude Géotechnique G3-RD908 " pour 5 847 euros, soit la somme totale de 14 734 euros HT.
S'agissant de la révision de prix :
51. Aux termes de l'article 3.5.1 du cahier des clauses administratives particulières applicable au litige : " Les prix du marché sont ferme jusqu'au 31 décembre 2016. Une révision annuelle s'effectuera tous les premiers janvier à partir de l'année 2017 ". Aux termes de l'article 3.5.2 du même cahier relatif aux modalités des variations des prix : " La révision annuelle est effectuée par application aux prix du marché d'un coefficient Cn donné par la formule : Cn = 12,50% + 87,50% (In/Io) dans laquelle lo est la valeur de référence I du marché au mois de janvier 2016 et In la valeur de l'index : - d'octobre 2016 pour la révision du premier janvier 2017- d'octobre 2017 pour la révision du premier janvier 2018- d'octobre 2018 pour la révision du premier janvier 2019. / Les prix du bordereau ainsi révisés seront fermes et invariables pour toutes commandes passées pendant la période de validité annuelle concernée. La date prise en compte pour la révision éventuelle du bon de commande considéré est la date de constatation des travaux ".
52. Il résulte de ces dispositions qu'il y a lieu d'appliquer le mécanisme de la révision de prix aux sommes dues par le département des Alpes-de-Haute-Provence au titre de la prestation effectuée et non rémunérée 4.2.A - " mise en place de GBA provisoires " pour 3 040 euros et des prestations supplémentaires effectuées 4.2.F - RD4 Volonne " étude Géotechnique G3 " pour 5 847 euros et 4.2.G - RD908 " étude Géotechnique G3 " pour 5 847 euros. Il résulte de ce qui précède que le montant total des sommes restant dues à la société Eiffage génie civil en exécution du marché, après application de la clause de révision de prix, s'élève à 16 060,06 euros HT.
En ce qui concerne le solde du marché :
53. Il résulte de l'instruction que les soldes du décompte général du contrat initial et du décompte général du contrat reconduit ont été arrêtés par le département à la somme de 0 euros. Toutefois, il résulte du présent jugement que la somme de 16 060,06 euros HT euros hors taxes doit être réintégrée dans le décompte général du marché, au profit de la société requérante, incluant la révision des prix. En outre, l'exigibilité de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) intervenant pour un marché à la date du règlement du solde, soit en l'espèce après la détermination de la rémunération par le juge du contrat, il y a lieu d'appliquer un taux de TVA à 20 % sur la somme précitée de 16 060,06 euros. La somme à réintégrer dans le décompte général du marché au profit de la société requérante s'établit donc à la somme de 19 272,07 euros toutes taxes comprises, révision de prix incluse.
54. Il résulte de ce qui précède que le solde du marché doit être arrêté à la somme de 19 272,07 euros toutes taxes comprise au crédit de la société requérante.
55. Il suit de là, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions en tant qu'elles excèdent les sommes demandées par la société requérante dans son mémoire en réclamation, que la société Eiffage génie civil est fondée à demander la condamnation du département des Alpes-de-Haute-Provence à lui verser la somme de 19 272,07 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
56. Aux termes de l'article 5.1 B du cahier des clauses administratives particulières : " Les sommes dues au(x) titulaire(s) et au(x) sous-traitant(s) de premier rang éventuel(s) du marché, seront payées dans un délai global de 30 jours à compter de la date de réception des factures ou des demandes de paiement équivalentes. / En cas de retard de paiement, le titulaire a droit au versement d'intérêts moratoires, ainsi qu'à une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d'un montant de 40 €. Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage ". Par ailleurs, l'article 1343-2 du code civil dispose que " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".
57. Il est constant que le mémoire de réclamation a été notifié au département des Alpes-de-Haute-Provence le 13 novembre 2019. En application des dispositions précitées, les intérêts moratoires ont ainsi commencé à courir à compter du 13 décembre 2019. La société Eiffage génie civil a donc droit aux intérêts moratoires au taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de huit points, à compter du 13 décembre 2019.
58. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. Dans cette hypothèse, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
59. La capitalisation des intérêts a été demandée dans la présente requête enregistrée le 12 juin 2020. Toutefois à cette date, les intérêts n'étaient pas encore dus pour une année. Il y a donc lieu de prononcer leur capitalisation à compter du 13 décembre 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
60. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département des Alpes-de-Haute-Provence une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas non plus lieu de mettre à la charge de Eiffage génie civil, une somme à verser au département des Alpes-de-Haute-Provence au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Le département des Alpes-de-Haute-Provence est condamné à verser à la société Eiffage génie civil la somme de 19 272,07 euros TTC au titre du solde du marché, assortie des intérêts au taux appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de huit points, à compter du 13 décembre 2019 et de la capitalisation des intérêts à compter du 13 décembre 2020 et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Eiffage génie civil et au département des Alpes-de-Haute-Provence.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
É. DevictorLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026