LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2005874

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2005874

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2005874
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL ANDREANI-HUMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 août 2020, et un mémoire enregistré le 25 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Semeriva, demande au tribunal :

1°) de condamner La Poste à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il a subi du fait de la difficulté éprouvée à se voir restituer deux jours de congés acquis en 2016 et écrêtés au 30 avril 2017 ;

2°) de condamner La Poste à lui verser une somme de 20 000 euros en réparation des préjudices financier et moral qu'il a subis du fait de la difficulté éprouvée à se voir restituer six jours de congés retirés de son compte de congés en novembre 2017 ;

3°) de condamner La Poste à lui verser, en réparation des préjudices moral et financier subis du fait du retrait fautif, en mars 2018, de jours de congés de son compte de congés, une somme correspondant à onze jours de congés, ainsi qu'une somme de 20 000 euros ;

4°) de condamner La Poste à lui verser une somme de 25 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il a subi pour avoir été empêché de prendre des congés annuels en 2018, et d'abonder son compte épargne temps en novembre 2018 ;

5°) de mettre à la charge de La Poste une somme de 1 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'écrêtement des deux jours de congés au 30 avril 2017 et la nécessité de solliciter à plusieurs reprises leur restitution avant qu'ils ne lui soient finalement réattribués en décembre 2017 lui ont causé un préjudice moral qui doit être évalué à 5 000 euros ;

- le retrait injustifié de six jours de congés de son compte de congés et la nécessité de solliciter à plusieurs reprises leur restitution avant qu'ils ne lui soient finalement réattribués lui ont causé un préjudice moral et pécuniaire qui doit être évalué à 20 000 euros ;

- le retrait non justifié de jours de congés de son solde de congés constitue une faute engageant la responsabilité de La Poste et il est fondé à demander, en réparation des préjudices moral et financier qui en ont résulté, une somme correspondant à onze jours de congés, ainsi qu'une somme de 20 000 euros ;

- en portant par erreur sur son relevé de solde de congés annuel en date du 12 juin 2018 un solde de congé de 3,5 jours, La Poste l'a empêché de prendre des congés annuels en 2018 et d'abonder son compte épargne temps en novembre 2018, ce qui lui a causé un préjudice moral qui doit être évalué à 25 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2021, la société La Poste, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B d'une somme de 2 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret du 26 octobre 1984 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Charpy,

- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public ;

- les observations Me Semeriva, représentant M. B ;

- les observations de Me Tosi substituant Me Andreani, représentant la société La Poste.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, fonctionnaire de l'Etat employé au service de La Poste depuis le 19 octobre 1978, expose qu'il a subi les agissements fautifs de son employeur consistant en des erreurs de calculs de ses congés annuels. Sa demande préalable indemnitaire réceptionnée le 3 février 2020 étant restée sans réponse, il demande au tribunal de condamner La Poste à lui verser la somme totale de 70 000 euros en réparation des divers préjudices qu'il estime avoir subis.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

2. En premier lieu, M. B expose, sans être contesté en défense, que La Poste a supprimé de son compte de congés, d'abord deux jours acquis au titre de l'année 2016 qui ont été écrêtés le 30 avril 2017, ensuite 6 jours de congés annuels dont il a constaté le retrait de son compte de congés en novembre 2017. Si l'intéressé demande au tribunal de condamner La Poste à l'indemniser en réparation des préjudices qu'il a subis en raison de ces erreurs constitutives de fautes de nature à engager sa responsabilité, il ressort toutefois de l'instruction qu'il est constant que l'intégralité des jours de congés litigieux lui ont été restitués à la fin de l'année 2017. Dans ces conditions, le requérant, qui se borne à se prévaloir des difficultés rencontrées pour obtenir la restitution des jours qui lui avaient été retirés à tort, n'établit pas le caractère certain des préjudices moral et financier dont il se prévaut du fait des erreurs commises dans la détermination des congés susmentionnés. Il s'ensuit que sa demande d'indemnisation de ce poste de préjudices doit être rejetée.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : 1° A un congé annuel avec traitement () " ; aux termes de l'article 1er du décret du 26 octobre 1984 : " Tout fonctionnaire de l'Etat en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés. () Les congés prévus à l'article 34 et à l'article 53, 3è alinéa, de la loi du 11 janvier 1984 susvisée sont considérés, pour l'application de ces dispositions, comme service accompli ". Par suite, un agent ayant une obligation hebdomadaire de cinq jours a droit à un congé annuel de vingt-cinq jours.

4. M. B expose qu'il a constaté, en mars 2018, que 5 jours de congés avaient à tort été retirés de son compte de congés et ne lui ont pas été réattribués. La Poste soutient que c'est à bon droit qu'elle a réduit le nombre de congés de l'intéressé dès lors que ce dernier a exercé ses fonctions à temps partiel du 1er octobre au 31 décembre 2017, en fondant le calcul de cet ajustement sur le " guide mémento des règles de gestion RH " relatif aux " congés annuels des agents de la Poste ".

5. Toutefois, d'une part, La Poste ne saurait utilement se prévaloir des énonciations de ce document, et notamment de ses annexes explicitant des exemples de calcul, qui sont dépourvus de toute valeur réglementaire. D'autre part, selon la circulaire du 23 juin 2005 portant dispositions applicables aux fonctionnaires et agents contractuels de droit public en matière d'exercice des fonctions à temps partiel, publiée au bulletin des ressources humaines, M. B a acquis, au cours de la période en litige où il travaillait à temps partiel, 3,75 droits à congés annuels, arrondis à 4 (" (5X3X3) : 12 "). Dès lors qu'il résulte de l'instruction qu'il est constant qu'au 30 septembre 2017, il restait à M. B un reliquat de 11,5 jours de congés annuels acquis en 2017, l'intéressé disposait, au 1er octobre 2017, d'un reliquat de 15,5 congés annuels arrondi à 16 congés annuels et non, comme le soutient La Poste en défense, 10 jours de congé annuels. Il en résulte que M. B est fondé à soutenir que La Poste a commis une erreur de calcul du nombre de congés annuels dont il disposait et l'a, à tort, privé de 6 jours de congés annuels. Il sera fait une juste évaluation du préjudice financier qui en résulte en condamnant La Poste à lui verser une somme de 720 euros (6x120).

6. En troisième lieu, M. B soutient qu'en portant par erreur sur son relevé de solde de congés annuel en date du 12 juin 2018 un solde de congé de 3,5 jours, La Poste aurait commis une erreur qui l'a empêché de prendre des congés annuels en 2018.

7. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le reliquat de congés annuels non pris en 2017 de M. B était de 16 jours. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. B a épargné sur son compte épargne temps 6 jours de congés le 6 novembre 2017, et a posé 4 jours de congés annuels entre le 29 janvier et le 23 avril 2018. Par suite, son reliquat pour 2017 s'élevait à 6 jours de congés annuels (16-6-4) qui ont été écrêtés au 30 avril 2018, conformément aux règles en vigueur. Par ailleurs, au 1er janvier 2018, M. B a généré, au titre de l'année 2018, 15 droits à congés annuels (6x5x50%), en conformité avec le relevé de solde établi par La Poste le 12 juin 2018. Il résulte en outre de l'instruction que l'intéressé a posé 5 jours de congés entre le 15 et le 19 mai 2018, si bien qu'à la date du 12 juin 2018, il disposait d'un reliquat de congés payés de 10 jours. En portant sur le relevé de solde de M. B qu'il ne disposait que de 3,5 jours de congés, La Poste a ainsi commis une erreur.

8. Il résulte de tout ce qui précède que La Poste a commis des erreurs fautives dans la gestion des congés de M. B de nature à engager la responsabilité de La Poste. Comme il a été dit, M. B est fondé à demander une indemnité de 720 euros au titre de son préjudice financier. En outre et dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en condamnant La Poste à lui verser une indemnité de 2 000 euros.

9. Enfin, il n'appartient pas au tribunal d'abonder le compte épargne temps de novembre 2018 de M. B alors, au demeurant, que l'indemnisation à hauteur de 720 euros qui lui a été allouée au point 5 a pour objet de réparer le préjudice financier causé par l'erreur de détermination de son solde de congés annuels l'ayant privé à tort des 6 jours de congés annuels dont il demande l'épargne sur son compte épargne temps. Les conclusions en ce sens doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La Poste est condamnée à verser à M. B une indemnité de 2 720 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par La Poste sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à La Poste.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Charpy, conseillère,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

La rapporteure,

Signé

C. Charpy

Le président,

Signé

J.B. Brossier

La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions