vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2005989 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 août 2020 et 22 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Maillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis du comité technique en date du 1er février 2018 validant la réorganisation de la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, le projet d'organigramme et les décisions qui en ont découlé ;
2°) d'annuler la décision du 15 octobre 2019 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud l'a affectée sur le poste de contrôleur de gestion et a classé son poste dans le groupe de fonctions 3 de son corps pour l'application du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), à compter du 1er mars 2018, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux reçu le 30 janvier 2020 par l'administration ;
3°) d'enjoindre à l'administration, d'une part, de prendre un nouvel arrêté portant classement du poste de travail qu'elle occupe dans le groupe de fonctions 2, revalorisant son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et conservant son ancienneté sur son ancien poste, d'autre part, de reconstituer sa carrière, le tout dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son changement d'affectation doit être considéré comme une mutation au titre de l'article 60 de la loi 84-16 du 11 janvier 1984, prononcée d'office à l'initiative de son employeur ;
- dès lors, la décision l'affectant sur le poste de contrôleur de gestion est entachée d'un vice de procédure car la commission administrative paritaire n'a pas été saisie et que seul le comité technique s'est prononcé ;
- en outre l'information des membres du comité technique sur le projet de réorganisation n'a pas été complète, notamment, les membres n'ont pas été consultés sur les projets de transformation de postes ;
- les créations et vacances de postes n'ont pas été portées à la connaissance du personnel du service et n'ont pas fait l'objet d'une publicité destinée à l'ensemble des fonctionnaires, en méconnaissance des dispositions de l'article 61 de la loi 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- les délais laissés aux agents pour faire leurs vœux ont été trop courts pour leur permettre de faire un choix éclairé ;
- la décision du 15 octobre 2019 qui la nomme au poste de contrôleur de gestion et classe son poste en groupe de fonctions 3 est entachée d'un défaut de motivation ;
- les fiches de postes ont été diffusées sans mention du niveau RIFSEEP, contrairement à ce qu'exige la circulaire 17-000407-I du 22 mai 2017 paragraphe 1.5 ;
- son classement en groupe de fonctions 3 méconnaît les dispositions de l'article 62 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 qui disposent que le fonctionnaire dont l'emploi est supprimé doit se voir proposer une nouvelle affectation correspondant à son grade, un autre corps ou un cadre d'emploi au moins équivalent ;
- il y a eu des inégalités de traitement entre fonctionnaires ;
- le classement du poste de contrôleur de gestion dans le groupe de fonctions 3 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; il ne tient pas compte des dispositions de la circulaire du 22 mai 2017 § 1.3 et son annexe 1, ni de celles de la note ministérielle du 19 février 2018 annexe 15, portant directives pour une nouvelle gestion des attachés d'administration de l'État exerçant en préfectures et sous-préfectures ;
- la mutation de la requérante dissimule une sanction en l'absence de toute faute avérée et sans respect des procédures ;
- cette mutation d'office, qui aboutit à un déclassement de la requérante, a porté à celle-ci un préjudice financier et moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2021, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud conclut à l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'avis du comité technique en date du 1er février 2018 et au rejet du surplus des conclusions comme non fondé.
Il fait valoir que :
- l'avis du comité technique est un acte préparatoire insusceptible de recours ;
- la commission administrative paritaire n'avait pas à être saisie dès lors que la situation de la requérante, qui n'a pas fait l'objet de changement de résidence administrative, n'a pas été modifiée puisqu'elle a été affectée à un poste correspondant à son grade ;
- le fait que les créations et vacances de postes n'aient pas été publiées en externe ne porte pas grief à la requérante qui a pu émettre des vœux sur différents postes et a obtenu son premier choix ;
- la fiche de poste présentée à la requérante ne mentionnait pas le niveau RIFSEEP car elle était provisoire ;
- aucune disposition législative ni réglementaire ne précise les délais de prise de décision en matière de mobilité interne, et les délais laissés aux agents étaient en tout état de cause raisonnables ;
- l'absence de réception d'une note individuelle d'affectation, purement informative, ne porte pas grief à la requérante ;
- la décision du 15 octobre 2019 portant changement d'affectation n'était pas soumise aux exigences de motivation car elle ne fait pas grief à la requérante ;
- la cotation en groupe de fonctions 3 du poste de la requérante peut totalement se justifier au regard de la création de ce poste de chargé de mission et de l'absence de management direct ;
- le changement d'affectation de la requérante ne saurait être regardé comme une sanction déguisée, dans la mesure où il ne prive pas l'intéressée d'un élément de sa situation administrative et qu'il valide son vœu de mobilité ;
- la requérante ne démontre pas que son changement de groupe de fonctions va entraîner une diminution de traitement, ni que sa nouvelle affectation va entraîner un préjudice au titre du déroulement de sa carrière ;
- la requérante ne démontre pas la réalité de son préjudice moral ;
- dans le cadre d'un changement de poste, la requérante ne peut prétendre à la fois à la revalorisation de son IFSE et à la conservation de son ancienneté.
Par une ordonnance du 28 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 juillet 2022 à 12 heures.
Par un courrier du 3 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur deux moyens relevés d'office tirés :
- d'une part, de ce que la décision contestée de changement d'affectation de Mme A est une mesure d'ordre intérieur qui ne fait pas grief et par conséquent insusceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir ;
- d'autre part, de la tardiveté des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant changement d'affectation de Mme A.
Une réponse aux deux moyens d'ordre public, présentée pour Mme A, a été enregistrée le 6 novembre 2023 et a été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Charpy,
- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'une réorganisation de service, Mme A, attachée d'administration de l'État affectée à la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, a vu la suppression de son poste de chef du bureau de l'administration générale de la préfecture de police, qui était classé dans le groupe de fonctions 2 de son corps d'attachée d'administration au regard du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP). L'intéressée a été affectée, à compter du 1er mars 2018, sur le poste de contrôleur de gestion correspondant à son premier vœu lors du mouvement de mobilité interne. Par une décision en date du 15 octobre 2019, qui lui a été notifiée le 4 décembre 2019, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud lui a notifié le classement de ce poste dans le groupe de fonctions 3 de son corps. Son recours gracieux formé le 21 janvier 2020 et reçu en préfecture le 30 janvier 2020 n'ayant pas reçu de réponse, Mme A demande au tribunal d'annuler, d'une part, l'avis du comité technique en date du 1er février 2018 validant la réorganisation de la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, le projet d'organigramme et les décisions qui en ont découlé, d'autre part, la décision du 15 octobre 2019 du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud en tant qu'elle l'a affectée sur le poste de contrôleur de gestion et a classé son poste dans le groupe de fonctions 3, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux. La requérante demande également que soit enjoint à l'administration, d'une part, de prendre un nouvel arrêté portant classement du poste de travail qu'elle occupe dans le groupe de fonctions 2, revalorisant son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et conservant son ancienneté sur son ancien poste, d'autre part, de reconstituer sa carrière.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'avis du comité technique et de la décision portant affectation au poste de contrôleur de gestion :
2. En premier lieu, l'avis du comité technique du 1er février 2018 sur le projet de réorganisation de la préfecture de police des Bouches-du-Rhône ne constitue qu'un acte préparatoire qui n'est pas susceptible d'être contesté devant le juge de l'excès de pouvoir. La fin de non-recevoir soulevée en défense doit ainsi être accueillie et les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation de cet avis ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
3. En second lieu, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. En l'espèce, dès lors qu'il est constant que Mme A occupe le poste de contrôleur de gestion de manière effective depuis le 1er mars 2018, elle avait nécessairement connaissance, à cette date, de la décision l'affectant sur ce poste. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision, présentées dans la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille le 7 août 2020, soit après le délai raisonnable d'un an durant lequel elles auraient été recevables, et qui avait déjà expiré à la date de la formation par l'intéressée de son recours gracieux le 21 janvier 2020, sont tardives. À cet égard, l'arrêté du 15 octobre 2019 portant classement de ce poste en groupe de fonctions 3 à compter du 1er mars 2018, purement confirmatif en ce qui concerne l'affectation de Mme A, n'a pas eu pour effet de faire courir un nouveau de délai de recours. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision affectant la requérante sur le poste de contrôleur de gestion ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant classement du poste dans le groupe de fonctions 3 :
5. En premier lieu, la décision attaquée du 15 octobre 2019, fixant le groupe de fonctions dans lequel Mme A a été classée au titre du RIFSEEP, n'entre dans aucune des catégories de décisions mentionnées à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et, par suite, n'a pas à être motivée en application de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
6. En deuxième lieu, si Mme A se prévaut des lignes directrices de l'instruction n° 17-000407-1 du ministre de l'intérieur du 22 mai 2017 relatives aux modalités de gestion de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise pour les personnels administratifs du ministère de l'intérieur, il ne résulte toutefois pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs ni soutenu ni même allégué, que ces lignes directrices auraient été publiées, ce qui fait obstacle à ce que la requérante puisse s'en prévaloir, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1.5 de ladite instruction, dont il ressort que " le groupe de fonction doit impérativement figurer sur les fiches de poste " doit être écarté. En tout état de cause, la circonstance que la cotation du groupe de fonctions ne soit pas mentionnée sur la fiche de poste temporaire établie pour l'emploi de contrôleur de gestion au moment de la restructuration de la préfecture de police des Bouches du Rhône est sans incidence sur la légalité de la décision portant classement de ce poste en groupe de fonction 3.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 62 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 applicable aux faits de l'espèce : " " I. - En cas de restructuration d'un service de l'Etat ou de l'un de ses établissements publics, l'administration met en œuvre, dans un périmètre et pour une durée fixés dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, les dispositifs prévus au présent article en vue d'accompagner le fonctionnaire dont l'emploi est supprimé vers une nouvelle affectation correspondant à son grade, vers un autre corps ou cadre d'emplois de niveau au moins équivalent ou, à sa demande, vers un emploi dans le secteur privé. ". Mme A ne saurait utilement invoquer ces dispositions, lesquelles ne garantissent en aucun cas le maintien du fonctionnaire dans le groupe de fonctions dont ressortait son précédent emploi qui aurait été supprimé dans le cadre d'une réorganisation du service.
8. En quatrième lieu, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que l'avis du comité technique départemental aurait été requis avant la décision de classement du poste de contrôleur de gestion nouvellement créé dans le cadre de la réorganisation de la préfecture des Bouches-du-Rhône dans le groupe de fonctions 3, et la circonstance que le comité technique n'ait pas disposé de la connaissance de la cotation de ce nouveau poste, décidée ultérieurement, demeure sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) dans la fonction publique de l'État : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 () peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret () ". Selon l'article 2 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Ce même arrêté fixe les montants minimaux par grade et statut d'emplois, les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions et les montants maximaux applicables aux agents logés par nécessité de service. / Le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est mensuel. ". L'arrêté susvisé du 3 juin 2015, pris pour l'application au corps interministériel des attachés d'administration de l'État des dispositions du décret du 20 mai 2014, a fixé à quatre le nombre des groupes permettant de répartir les fonctions occupées selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis pour leur exercice.
10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A exerce des fonctions de contrôleur de gestion. Au regard de la fiche de poste produite en défense, cet emploi de catégorie A comporte des missions de contrôle interne de suivi de l'activité du service et de la conformité aux objectifs fixés, d'établissement de diagnostics, d'analyse des dysfonctionnements et proposition de pistes d'amélioration afin de concourir à l'amélioration du fonctionnement du service, ainsi que des missions de contrôle qualité de l'activité du service dans le cadre de l'amélioration du lien préfecture de police/partenaires institutionnels.
11. Pour procéder au classement dans le groupe de fonctions 3 au titre du RIFSEEP, l'administration fait valoir qu'il s'agit d'un poste de chargé de mission dépourvu de fonctions de management direct. À cet égard, la circonstance que le tableau RIFSEEP de l'annexe 1 de la circulaire du 22 mai 2017 relative aux modalités de gestion de l'indemnité de fonctions de sujétions et d'expertise, à la supposer opposable, mentionne expressément, pour le corps des administrateurs d'État affectés en administration centrale, le classement du poste de contrôleur de gestion en groupe de fonctions 2, ne fait pas obstacle à ce que ce poste soit classé en groupe de fonctions 3 pour le corps des administrateurs d'État affectés en service déconcentrés, de telles différences de cotations pouvant se justifier par des différences dans le périmètre des missions et les effectifs de structures. Le tableau RIFSEEP de ladite circulaire, concernant le corps des attachés d'administration d'État affectés en service déconcentré, ne mentionne d'ailleurs pas en groupe de fonctions 2 le poste de contrôleur de gestion.
12. Par suite, et quand bien même sa fiche de poste mentionne qu'elle doit être regardée comme un cadre transversal rattaché à la direction et que son emploi nécessite un niveau de technicité particulière, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. La requérante ne saurait par ailleurs utilement invoquer, au soutien de sa position, la méconnaissance de la note ministérielle du 19 février 2018, portant directives pour une nouvelle gestion des attachés d'administration de l'État exerçant en préfectures et sous-préfectures, dont il n'est ni soutenu, ni même allégué, qu'elle aurait fait l'objet d'une publication.
13. En sixième et dernier lieu, Mme A qui se borne à faire valoir, sans au demeurant en justifier, que la plupart des autres fonctionnaires ont vu leur emploi maintenu dans le même groupe de fonctions, n'apporte aucun élément de fait susceptible de faire présumer l'existence d'une discrimination à son égard et n'établit pas davantage que la décision attaquée serait constitutive d'une sanction disciplinaire déguisée.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A aux fins d'annulation de la décision portant classement du poste qu'elle occupe dans le groupe de fonctions 3 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais du litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, au titre des frais d'instance non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. Charpy
Le président,
Signé
J.B. Brossier
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026