lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006035 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET PREZIOSI-CECCALDI-ALBENOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 août 2020, Mme C F, représentée par Me Ceccaldi, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'ordonner une expertise aux fins d'évaluer ses préjudices consécutifs à la chute dont elle a été victime le 22 mars 2016 dans les locaux de l'hôpital de La D ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) à lui verser la somme de 680 550,64 euros, assortie des intérêts au taux légal capitalisés à compter de sa demande indemnitaire préalable, et à défaut de la date de sa requête, en réparation de ses préjudices ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
4°) de dire qu'à défaut d'exécution du jugement à intervenir, l'exécution forcée devra être réalisée par l'intermédiaire d'un huissier et que le montant des sommes retenues par celui-ci par application du décret du 12 décembre 1996 n° 96/1080 modifié devra être supporté par la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM).
Elle soutient que :
- sa chute ayant été causée par le sol défectueux de l'établissement de santé, elle engage la responsabilité de l'AP-HM du fait du mauvais entretien de ses locaux ;
- l'expertise diligentée par l'assureur de l'hôpital à titre amiable ne présente pas toutes les garanties d'une expertise juridictionnelle et notamment pas des garanties suffisantes d'objectivité ; le rapport d'expertise, qui ne reflète pas la réalité du préjudice qu'elle a subi, est erroné et incomplet ; le besoin en tierce personne est sous-évalué ; le lien de causalité entre les lésions initiales et les chutes successives n'a pas été discuté ; le préjudice scolaire est négligé ;
- elle a droit à être indemnisée de ses préjudices à hauteur de 7 215 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire, 20 000 euros au titre des souffrances endurées,
4 000 euros au titre de son préjudice esthétique temporaire, 58 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent évalué à 20 %, 5 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent, 1 200 euros au titre des frais divers, 555 135,64 euros à parfaire au titre de l'assistance d'une tierce personne, et 30 000 euros au titre de l'incidence scolaire.
Par un mémoire, enregistré le 28 août 2020, la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône informe le tribunal qu'elle n'entend pas intervenir dans l'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2021, l'AP-HM, représentée par
Me Carlini, conclut au rejet de la demande d'expertise et à la réduction des prétentions indemnitaires de la requérante dans la limite de ses propres propositions.
Elle fait valoir que :
- la demande d'expertise n'est pas utile ;
- elle-même ne conteste pas sa responsabilité ;
- l'état antérieur de la requérante doit être pris en compte et les demandes indemnitaires doivent être réduites à de plus justes proportions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Ricard, rapporteur public,
- et les observations de Me Bazin, pour Mme F, et de Me Dochler-Gaté, pour l'AP-HM.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 mars 2016, Mme F, alors qu'elle se rendait à une consultation médicale de suivi de sa pathologie neuro-cérébrale congénitale, a chuté sur le sol de l'hôpital des enfants de A D et a été prise en charge par le service des urgences pour une fracture des plateaux tibiaux du genou gauche et une thrombose poplitée. L'intéressée a été opérée le jour même pour une ostéosynthèse de la fracture du plateau tibial et a subi une intervention vasculaire pour réparation artérielle poplitée gauche. Après avoir été autorisée à regagner son domicile, Mme F a été ré-hospitalisée du 14 au 16 avril 2016 pour un contrôle cicatriciel et du 10 mai au 15 septembre 2016 pour sa rééducation fonctionnelle. A la suite du dépôt du rapport d'expertise du docteur G, mandaté par la SHAM, assureur de l'AP-HM, Mme F, estimant que ce rapport ne prenait pas complètement en compte l'étendue de ses préjudices, a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille d'ordonner une expertise médicale. Cette requête a été rejetée par une ordonnance n° 1806435 du 7 janvier 2019 qui a été confirmée par la cour administrative d'appel de Marseille par ordonnance n°19MA00232 du 20 mars 2019. L'intéressée a ensuite sollicité de l'AP-HM l'indemnisation de ses préjudices par courrier reçu le 2 juin 2020 qui a donné lieu à une décision implicite de rejet. Mme F demande au tribunal, à titre principal, d'ordonner une expertise et, à titre subsidiaire, de condamner l'AP-HM à l'indemniser des préjudices résultant de sa chute sur le sol défectueux de l'hôpital de La D.
Sur la demande d'expertise :
2. En premier lieu, la requérante, en se bornant à soutenir que le rapport d'expertise du docteur G, réalisé le 6 septembre 2017 à la demande de l'assureur de l'AP-HM, ne présente pas des garanties suffisantes d'objectivité, n'établit pas, au regard de ce seul fait, le défaut d'impartialité de celui-ci. En outre, la circonstance que ce rapport a été établi à la demande de la SHAM ne fait pas obstacle à l'utilisation par le juge des éléments d'informations contenus dans cette expertise qui a été réalisée au contradictoire de la requérante.
3. En second lieu, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'entre elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision ". Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge l'existence d'une faute et la réalité du préjudice subi. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
4. Il résulte des termes du rapport d'expertise que le docteur G a, en prenant effectivement en compte l'état antérieur à l'accident de Mme F, qui est atteinte d'une pathologie neuro-cérébrale congénitale, évalué le besoin d'assistance par tierce personne de celle-ci durant les périodes de déficit fonctionnel temporaire de classe trois puis de classe deux ainsi que sur une période postérieure de trois mois. Si l'expert n'a pas indiqué la nécessité d'une aide viagère par tierce personne imputable à la chute de la victime du
22 mars 2016, la circonstance que l'intéressée bénéficiait d'une telle assistance avant cette chute, en raison de sa pathologie, et la description précise de sa prise en charge actuelle dans le cadre de sa vie courante et de ses déplacements permet au tribunal de statuer sur ce poste de préjudice. De même, la circonstance que l'expert n'a pas retenu d'incidence scolaire postérieurement à la date du 17 novembre 2016 ne fait pas obstacle à l'appréciation par le tribunal de ce chef de préjudice au regard des indications de l'expert et des pièces du dossier. Si la requérante soutient, en outre, que l'expert n'a pas tenu compte de l'instabilité de son genou et de ses chutes successives, il ressort des termes du rapport d'expertise que celles-ci ont été analysées au plan médico-légal. Enfin, l'expert a fixé une date de consolidation qui est éclairée par le contenu du rapport d'expertise et les pièces médicales versées au dossier. Par suite, le dossier comporte des éléments d'information suffisants pour statuer sur l'étendue des préjudices de Mme F et une seconde expertise sur ce point n'apparaît pas nécessaire.
Sur la responsabilité de l'AP-HM :
5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, ainsi que de l'attestation du 22 mars 2016 établie par le professeur E que Mme F a chuté ce même jour sur le sol du hall de l'hôpital pour enfants de A D alors qu'elle y circulait pour se rendre à une consultation programmée. A l'endroit de sa chute, le tapis se trouvant au sol était surélevé. Dans ces conditions, la chute de l'intéressée, causée par l'aménagement inadapté des locaux de l'établissement de santé, résulte d'une faute dans l'organisation et le fonctionnement du service. Par suite, Mme F est fondée soutenir que la responsabilité de l'AP-HM est entièrement engagée, ce que ne conteste pas au demeurant cet établissement.
Sur les préjudices :
7. Si la requérante soutient que la date de consolidation de son état de santé retenue par l'expert au 23 mars 2017 est incohérente, il résulte toutefois de l'instruction qu'à cette date les examens médicaux ont mis en évidence un état vasculaire stabilisé du greffon poplité du membre inférieur gauche et que le 3 février 2017, Mme F ne présentait ni de lésion osseuse traumatique du genou ni d'impotence. Dès lors, Mme F n'est pas fondée, en l'absence de documents médicaux étayant ses allégations, à remettre en cause la date de consolidation fixée par l'expert au 23 mars 2017.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux temporaires :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel temporaire de Mme F, en lien direct et exclusif avec la faute de l'hôpital, a été total du 22 mars au 15 septembre 2016, soit durant 178 jours. Son déficit fonctionnel temporaire a ensuite été partiel de 50 % jusqu'au 15 novembre 2016 puis de 25 % jusqu'à la date de consolidation de son état de santé. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en en fixant la réparation à la somme de 3 200 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme F a enduré des souffrances, comprenant la douleur physique mais également les souffrances psychiques et morales liées à la faute de l'hôpital, qui doivent être évaluées à 4 sur une échelle allant de 1 à 7. En l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 7 500 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
10. Mme F sollicite l'indemnisation d'un préjudice esthétique temporaire résultant du port d'attelles, d'une plaie ouverte et de sa prise de poids de 13 kilos. S'il n'est pas établi que cette dernière circonstance soit imputable au fait générateur, il résulte de l'instruction que la requérante a subi un préjudice esthétique temporaire résultant du port d'attelles et d'une plaie ouverte au cours de la période durant laquelle elle n'était pas hospitalisée, soit du 15 septembre 2016 au 22 mars 2017, veille de la date de la consolidation de son état de santé. Il y a lieu de faire une juste appréciation de ce préjudice esthétique temporaire en l'évaluant à la somme de 1 500 euros.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux temporaires :
S'agissant des frais d'assistance par une tierce personne :
11. L'affirmation de Mme F, qui se borne à soutenir, sans l'établir, avoir eu besoin de trois heures par jour d'assistance par une tierce personne durant la période de déficit fonctionnel temporaire de classe trois, puis d'une heure trente par jour durant la période de classe deux, n'est pas de nature à remettre en cause les conclusions du rapport d'expertise, dont il résulte que l'intéressée a eu besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les gestes de la vie courante à raison de deux heures par jour du 16 septembre au 15 novembre 2016, soit durant deux mois. Compte tenu des indications de l'expert, qui estime que Mme F avait besoin par la suite, sur une période de deux à trois mois, d'une surveillance davantage soutenue que celle dont elle bénéficiait antérieurement au fait générateur, il convient de retenir que celle-ci a eu besoin d'une assistance par une tierce personne à raison de 3 heures par semaine, durant la période au cours de laquelle elle souffrait d'un déficit fonctionnel temporaire de 25 %, soit durant quatre mois. Il convient, dès lors que la requérante ne justifie pas de circonstances particulières permettant d'évaluer à la somme demandée de 25 euros par heure l'aide dont elle a eu besoin, en tenant compte du salaire minimum interprofessionnel de croissance, augmenté des charges sociales, de 13 euros pour une aide non spécialisée, pour une année évaluée à 412 jours pour tenir compte des congés payés, de mettre à la charge de l'AP-HM la somme de 2 700 euros. Toutefois, dès lors qu'il résulte de l'instruction que
Mme F a perçu la prestation de compensation du handicap concernant la période considérée pour un montant supérieur à cette somme, sa demande indemnitaire présentée à ce titre doit être rejetée.
S'agissant de l'incidence scolaire :
12. Il résulte de l'instruction que Mme F n'a pu reprendre sa scolarité au sein de l'institut médico éducatif " Les Amandiers " en raison des difficultés d'accessibilité de l'établissement pour l'intéressée, qui se déplace régulièrement en fauteuil roulant. Aux termes du rapport d'expertise, si le retour au sein de l'établissement était possible sur un plan médico-légal à compter du 17 novembre 2016, la famille de Mme F a toutefois dû envisager d'autres solutions pour sa scolarité en raison des difficultés de mobilité de l'intéressée, laquelle a subi de ce fait une désocialisation. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 10 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux permanents :
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
13. Il résulte de l'instruction que Mme F, née le 1er février 1997, présente un taux de déficit fonctionnel permanent de 15 % en lien exclusif avec la faute dont elle a été victime. Eu égard à ce taux et à son âge à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 25 871 euros.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
14. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que
Mme F a subi un préjudice esthétique temporaire permanent devant être évalué à 2 sur une échelle allant de 1 à 7, eu égard à ses cicatrices et à sa gêne pour la marche. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en en fixant la réparation à la somme de 2 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux permanents :
S'agissant des frais d'assistance aux opérations d'expertise :
15. Mme F demande le remboursement des frais qu'elle a engagés et dont elle justifie pour un montant de 1 200 euros au titre de l'assistance à expertise. Il y a lieu de condamner l'AP-HM à lui verser cette somme.
S'agissant de l'assistance par une tierce personne :
16. Si Mme F soutient qu'elle a besoin d'une assistance par une tierce personne à raison d'une heure par jour à titre viager en raison des difficultés qu'elle éprouve dans ses déplacements depuis sa chute, il ne résulte pas de l'instruction que ces difficultés nécessitent une aide supplémentaire au regard de l'aide dont elle bénéficiait antérieurement à la consolidation de son état de santé en raison de son handicap. Par suite, sa demande présentée à ce titre doit être rejetée.
17. Il résulte de tout ce qui précède que l'AP-HM doit être condamnée à verser à Mme F la somme de 51 271 euros, dont il convient de déduire la somme de
5 000 euros déjà versée par la SHAM. Cette somme doit être assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de la réclamation préalable, soit le 2 juin 2020, et ces intérêts portant eux-mêmes intérêts un an après cette date ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette même date.
Sur la déclaration de jugement commun :
18. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône mise en cause, a déclaré ne pas intervenir à l'instance. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais d'instance :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HM le versement à Mme F d'une somme de 2 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'AP-HM est condamnée à payer à Mme F la somme de 51 271 euros, dont il convient de déduire la somme de 5 000 euros déjà versée par la SHAM. Cette somme devra être assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de la réclamation préalable, soit le 2 juin 2020, ces intérêts portant eux-mêmes intérêts un an après cette date ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette même date.
Article 2 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 3 : L'AP-HM versera à Mme F une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, au directeur de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes agissant pour le compte de la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère,
Assistées de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
E. B La présidente,
signé
K. JORDA-LECROQ
La greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026