jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006361 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AKACHA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 23 août 2020 et 20 avril 2022, Mme B C, représentée par Me Akacha, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation des préjudices subis suite aux agissements de harcèlement et de discrimination dont elle a été victime ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de procéder au réexamen de sa candidature au poste de conseiller pédagogique d'éducation musicale référent ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- elle a subi des agissements constitutifs de harcèlement et de discrimination commis par une inspectrice de l'éducation nationale ;
- la responsabilité sans faute de l'Etat est engagée à ce titre sur le fondement de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 ;
- la responsabilité pour faute de l'Etat est en outre engagée en raison de sa carence fautive à assurer sa protection ; la protection fonctionnelle qui lui a été octroyée n'a pas empêché la continuation des agissements de harcèlement ;
- sa responsabilité est enfin engagée en raison des faits de discrimination dont elle a été victime dans ses candidatures à un poste d'inspectrice par intérim et à un poste de référent conseiller pédagogique en éducation musicale dans la circonscription de Salon-de-Provence ;
- les préjudices subis du fait des agissements de harcèlement doivent être évalués à la somme de 50 000 euros à parfaire ;
- les préjudices subis du fait des agissements de discrimination doivent être évalués à la somme de 10 000 euros.
Par un mémoire, enregistré le 13 octobre 2021, la défenseure des droits a présenté des observations devant le tribunal administratif en application de l'article 33 de la loi organique du 29 mars 2011.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2022, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est tardive et par suite irrecevable et, à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
12 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011, notamment son article 33 ;
- l'ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- et les observations de Me Akacha pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C exerce les fonctions de conseillère pédagogique départementale en éducation musicale (CPEM) au sein de l'académie d'Aix-Marseille. Elle demande la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité de 60 000 euros en raison des agissements fautifs constitutifs selon elle de harcèlement et de discrimination subis dans l'exercice de ses fonctions.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article 15 de l'ordonnance n°2020-305 du 25 mars 2020 : " I.- Les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 susvisée relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif. () ". L'article 1er de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 précise que : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Aux termes de l'article 2 de cette ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a présenté sa demande indemnitaire préalable au recteur de l'académie d'Aix-Marseille le 23 décembre 2019. En l'absence de réponse expresse, une décision implicite de rejet est née le 23 février 2020. Conformément aux dispositions précitées, le délai de recours contentieux de deux mois ouvert à l'encontre de cette décision implicite de rejet expirait, en principe, le 24 avril 2020. Cependant, ce délai a, en application des dispositions dérogatoires de l'article 2 de l'ordonnance du 25 mars 2020 citées au point 2, été prorogé jusqu'au 24 août 2020. Dans ces conditions, la requête, introduite le 23 août 2020, n'est pas tardive. La fin de non-recevoir opposée par le recteur doit dès lors être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
S'agissant du harcèlement moral :
4. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; () ".
5. D'une part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de caractériser l'existence de tels agissements. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au regard de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. En outre, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte de l'ensemble des faits qui lui sont soumis, y compris des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
6. D'autre part, lorsqu'un agent est victime, dans l'exercice de ses fonctions, d'agissements répétés de harcèlement moral visés à l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 précité, il peut demander à être indemnisé par l'administration de la totalité du préjudice subi, alors même que ces agissements ne résulteraient pas d'une faute qui serait imputable à celle-ci.
7. Mme C a été affectée le 1er septembre 2015 dans la circonscription du 1er degré de Salon-de-Provence. Elle fait valoir que, dès son installation, l'inspectrice de l'éducation nationale dont elle dépendait a eu à son égard des agissements constitutifs de harcèlement. Cette inspectrice l'aurait notamment informée qu'elle se réservait la place du parking réservée aux handicapés. Elle aurait par ailleurs révélé le handicap de la requérante à ses collègues, ce que l'intéressée lui avait formellement interdit. Mme C précise qu'à la suite de son témoignage en mai 2016 en faveur de collègues de la circonscription en situation de souffrance en relation avec le comportement de son inspectrice, cette dernière l'a accusée, lors d'un entretien s'étant déroulé le 31 mai 2016, de faire circuler une pétition contre elle. A la suite de cet entretien, elle a été mise en congé maladie et a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle. Elle fait valoir que, afin de ne plus être soumise aux agissements de cette inspectrice, elle a été affectée à titre provisoire à compter de septembre 2016 dans la circonscription de Saint-Martin-de-Crau, mais que cette mesure de protection n'a pas empêché la réitération des comportements malveillants de l'inspectrice. Notamment, Mme C, qui réalisait un dispositif de diffusion de concerts jeune public permettant à plusieurs communes d'accueillir des concerts scolaires, indique avoir appris, le 21 mars 2017, lors d'un entretien avec un élu d'une commune accueillant ce dispositif, que son concert était annulé à la suite d'un appel de son ancienne inspectrice qui aurait affirmé que le projet était illégal et que la requérante poursuivait un enrichissement personnel dans le cadre de la diffusion de ces concerts. Elle indique en outre avoir appris que cette inspectrice affirmait que son changement de circonscription constituait une mesure de mutation d'office. Ces révélations ont provoqué un malaise sur son lieu de travail, puis son placement en congé maladie.
8. Le recteur de l'académie d'Aix-Marseille soutient quant à lui que les faits allégués ne sont pas constitutifs d'un harcèlement moral de la part de l'inspectrice de l'éducation nationale en cause mais caractériseraient une souffrance au travail en raison des mauvaises relations entretenues par la requérante avec elle. Il fait valoir que l'administration a en outre mis en œuvre des mesures de protection pour faire face aux difficultés rencontrées par Mme C, accédant notamment à sa demande d'affectation dans une nouvelle circonscription, mais aussi lui allouant le bénéfice de la protection fonctionnelle. Enfin, le recteur fait état du propre comportement de la requérante qui, dans ses fonctions antérieures mais aussi dans ses nouvelles fonctions depuis lors exercées, a fait l'objet de nombreux signalements.
9. Contrairement à ce que fait valoir le recteur, Mme C doit être regardée en l'espèce comme établissant l'existence d'actes répétés se traduisant par une dégradation de ses conditions de travail et constitutifs d'un harcèlement moral. Il ressort en effet des différentes attestations versées au débat que l'intéressée a fait l'objet d'un comportement malveillant de la part de son inspectrice de l'éducation nationale. L'enquête administrative réalisée par le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) le 30 juin 2017 indique que " malgré le changement de circonscription, les interventions publiques de l'inspectrice à l'encontre de Mme C n'ont pas cessé et font qu'elle justifie d'un motif raisonnable de penser que sa situation de travail actuelle continue de générer des risques psycho-sociaux qui représentent un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé ". L'administration ne pouvait ignorer la situation de l'intéressée, tout comme celle de plusieurs agents placés sous la responsabilité de l'inspectrice de l'éducation nationale de la circonscription de Salon-de-Provence, pour lesquels le tribunal administratif de Marseille a, par un jugement du 18 novembre 2018 devenu définitif, enjoint au recteur de prendre toutes les mesures appropriées pour faire cesser " les risques en matière de sécurité et de santé physique et mentale encourus par les agents de la circonscription de Salon-de-Provence placés sous l'autorité de l'inspectrice de l'éducation nationale concernée ". Le recteur ne peut utilement soutenir être exonéré de sa responsabilité en précisant avoir affecté la requérante dans une autre circonscription à compter de septembre 2016 ou encore lui avoir accordé le bénéfice de la protection fonctionnelle en janvier 2017, de telles mesures n'ayant au demeurant pas empêché la continuation des agissements subis par l'intéressée, et notamment le 21 mars 2017, date à laquelle les faits tels que relatés par la requérante ne sont pas contestés. Enfin, le propre comportement de la requérante, invoqué par le recteur, concerne des circonstances de temps et de lieu distinctes des faits reprochés par Mme C. Par suite, la requérante est fondée à mettre en cause la responsabilité de l'Etat, d'une part en raison de la faute personnelle commise par l'inspectrice de l'éducation nationale, non dépourvue de tout lien avec le service et, d'autre part, en raison de la faute distincte constituée par sa carence à la prémunir de tels agissements.
S'agissant de la discrimination :
10. Aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 précitée : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race. () Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'évaluation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : 1° Le fait qu'il a subi ou refusé de subir des agissements contraires aux principes énoncés au deuxième alinéa du présent article () ".
11. Le juge, lors de la contestation d'une décision dont il est soutenu qu'elle serait empreinte de discrimination ou de harcèlement discriminatoire, doit attendre du requérant qui s'estime lésé par une telle mesure qu'il soumette au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. Il incombe alors au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
12. D'une part, si Mme C se prévaut de sa qualité de travailleur handicapé, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait fait l'objet de mesures de discrimination à ce titre.
13. D'autre part, Mme C soutient que sa candidature au poste d'inspectrice par intérim sur la circonscription de Salon-de-Provence, laissé vacant par le départ de l'auteur des agissements de harcèlement reprochés, a été écartée par le rectorat sans même avoir été instruite, en représailles de ses alertes sur les souffrances au travail subies par les agents de cette circonscription. Elle indique que, pour les mêmes motifs, sa candidature au poste de référent " conseiller principal en éducation musicale " de la même circonscription n'a pas été retenue. Il ne ressort cependant pas des pièces versées au dossier que ses candidatures n'auraient pas été retenues pour un autre motif que celui tiré de l'intérêt du service et la qualité des autres candidatures. Au demeurant, si la requérante soutient que d'autres candidatures ultérieures ont été rejetées, il est constant que le recteur a procédé, à la suite de son affectation temporaire à la circonscription de Saint-Martin-de-Crau en septembre 2016, à une nouvelle affectation de l'intéressée, en accord avec celle-ci, à la circonscription de Vitrolles puis à celle de Marignane. En outre, sa demande d'affectation provisoire en cours préparatoire dédoublé a été acceptée, mais l'intéressée y a finalement renoncé le 13 mai 2020. Il ressort enfin des pièces du dossier que Mme C est depuis affectée à la circonscription de Marseille L'Estaque, à proximité de son domicile. Il en résulte que les agissements de discrimination à l'affectation soutenus par la requérante ne sont pas établis.
En ce qui concerne les préjudices :
14. Ainsi qu'il a été dit plus haut, le harcèlement moral dont l'intéressée a été victime est à l'origine de la dégradation de son état de santé et Mme C verse au dossier de nombreux témoignages faisant état de son mal-être. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral de l'intéressée et des conséquences sur son état de santé en lui allouant à ce titre, dans les circonstances de l'espèce, une somme globale de 6 000 euros.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
15. Le présent jugement, qui condamne l'Etat à réparer le préjudice moral subi par la requérante en raison du harcèlement moral qu'elle a subi dans ses fonctions n'implique pas que la candidature de Mme C au poste de CPEM de la circonscription de Salon-de-Provence soit réexaminée. Par suite, et en tout état de cause, les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante, une somme de 1 500 euros à verser à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser la somme de 6 000 euros à Mme C.
Article 2 : L'Etat versera à Mme C une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller.
Assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
P. A
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026