mercredi 25 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006415 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SEMERIVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 août 2020, et un mémoire en réplique non communiqué, enregistré le 8 juin 2022, M. A B, représenté par Me Semeriva, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune d'Aubagne a implicitement rejeté sa demande présentée le 9 avril 2020 tendant à l'octroi de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ;
2°) d'enjoindre à la commune de lui attribuer la NBI ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aubagne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- il n'y a pas d'identité d'objet avec la chose jugée au titre de sa précédente demande d'octroi de la NBI ;
- les fonctions d'agent d'exploitation des équipements sportifs qu'il exerce en périphérie du quartier du Charrel le mettent en relation directe avec les usagers résidant dans ce quartier et lui ouvrent donc droit au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, la commune d'Aubagne, représentée par Me Anton, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif de Marseille par jugement du 31 décembre 2019 et par la cour administrative d'appel de Marseille par arrêt du 17 novembre 2020 portant sur les mêmes parties, le même objet et la même cause juridique est manifestement acquise à l'égard des demandes présentées par le requérant ;
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n°93-863 du 18 juin 1993 ;
- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n° 2006-780 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Felmy, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- et les observations de Me Semeriva représentant M. B, et de Me Anton, représentant la commune d'Aubagne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjoint technique de deuxième classe employé par la commune d'Aubagne, occupant l'emploi d'agent d'exploitation des équipements sportifs et affecté au complexe sportif du quartier du Charrel, demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune d'Aubagne sur sa demande formulée le 10 mars 2020 et reçue le 9 avril 2020 tendant à l'octroi de la nouvelle bonification indiciaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il résulte des dispositions de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales, désormais codifiées aux articles L. 712-12 et L. 712-13 du code général de la fonction publique, de l'article 1er du décret n°93-863 du 18 juin 1993 et des articles 1ers des décrets du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale, dans leur version applicable au litige, que le fonctionnaire occupant un emploi comportant une responsabilité ou une technicité particulières peut se voir attribuer à ce titre une nouvelle bonification indiciaire. Il en découle que le bénéfice de cet accessoire de la rémunération est lié non au corps d'appartenance ou au grade des fonctionnaires ou encore à leur lieu d'affectation, mais aux seules caractéristiques des emplois occupés, au regard des responsabilités qu'ils impliquent ou de la technicité qu'ils requièrent.
3. M. B exerce les fonctions d'agent d'exploitation des équipements sportifs de la commune, affecté sur le complexe sportif du quartier du Charrel à Aubagne. Ces fonctions comportent une mission d'accueil des usagers, des missions relatives à la propreté des installations à savoir le contrôle de la propreté des abords, le nettoyage quotidien des vestiaires et des sanitaires, le passage du balai ciseau, au contrôle des installations à savoir la vérification des matériels sportifs, l'installation et le rangement du matériel, ainsi qu'à la sécurité des usagers et des installations et enfin, à la petite maintenance.
4. En premier lieu, le point 33 de l'annexe du décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 désigne, parmi les fonctions ouvrant droit au versement d'une nouvelle bonification indiciaire de dix points majorés, les " fonctions d'accueil exercées à titre principal () dans les communes de plus de 5 000 habitants () ". Ces dispositions doivent être interprétées comme réservant ce droit aux agents dont l'emploi implique qu'ils consacrent plus de la moitié de leur temps de travail total à des fonctions d'accueil du public. Pour l'application de cette règle, il convient de prendre en compte les heures d'ouverture au public du service, l'affectation de l'agent dans des fonctions d'accueil du public, ainsi que, le cas échéant, le temps passé par l'agent au contact du public en-dehors de ces périodes, notamment à l'occasion de rendez-vous avec les administrés.
5. M. B soutient qu'il assure principalement l'accueil du public, et fait état de l'amplitude des horaires d'ouverture au public du complexe sportif qui jouxte le quartier du Charrel, du temps réduit, d'une à deux heures, qu'il consacre quotidiennement aux missions de propreté, et du contact permanent qu'il entretient avec les usagers des équipements sportifs, en journée et en soirée, en disposant d'un bureau d'accueil pour les usagers. Toutefois, eu égard aux autres missions qui sont assignées à M. B telles qu'elles figurent sur sa fiche de poste, ces seuls éléments ne suffisent pas à établir qu'il consacrerait, ainsi qu'il le soutient, plus de la moitié de son temps de travail à des fonctions d'accueil des usagers, nonobstant la circonstance que les enfants et adolescents du quartier se rendent quotidiennement sur le stade pour y pratiquer diverses activités, en-dehors de la présence des éducateurs sportifs, ou des associations sportives. Par suite, M. B n'entre pas dans le champ d'application des dispositions du paragraphe 33 de l'annexe au décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er du décret n°2006-780 du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale exerçant dans des zones à caractère sensible modifié par le décret n° 2015-1386 du 30 octobre 2015 : " Les fonctionnaires territoriaux exerçant à titre principal les fonctions mentionnées en annexe au présent décret dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville dont la liste est fixée par le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains () et dans les services et équipements situés en périphérie de ces quartiers et assurant leur service en relation directe avec la population de ces quartiers bénéficient de la nouvelle bonification indiciaire. ". Il résulte de ces dispositions que les fonctionnaires territoriaux qui exercent leurs fonctions à titre principal au sein d'une zone urbaine sensible ou dans un service situé en périphérie d'une telle zone, sous réserve que l'exercice des fonctions assurées par l'agent concerné le place en relation directe avec des usagers résidant dans cette zone urbaine sensible, ont droit à une nouvelle bonification indiciaire. Le point 28 de l'annexe de ce décret mentionne les " fonctions polyvalentes liées à l'entretien, à la salubrité, à la conduite de véhicule et tâches techniques ". L'annexe au décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains désigne notamment le quartier du Charrel à Aubagne.
7. M. B soutient qu'il occupe des fonctions éligibles à la nouvelle bonification indiciaire dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans les équipements situés en périphérie. Toutefois, d'une part, la commune d'Aubagne fait valoir que les usagers de l'installation sportive sont accueillis et pris en charge par des éducateurs sportifs, par le service des sports et évènementiel de la commune ou encore par des associations qui assurent la tenue des évènements sportifs - compétitions et entrainements - et culturels se déroulant sur l'installation. D'autre part, nonobstant ses interventions ponctuelles auprès de la population du quartier du Charrel notamment pour assurer la sécurité des élèves et enseignants devant utiliser l'équipement sportif, il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier de sa fiche de poste, que M. B exerce ces fonctions de manière significative en relation directe avec des usagers résidant dans la zone urbaine sensible, le complexe sportif n'étant pas ouvert à la libre utilisation par les résidents du quartier dans lequel il se situe et la fiche de poste de M. B impliquant en majeure partie et de manière prépondérante la surveillance et l'exploitation du bien que constitue l'équipement sportif dont il a la charge. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que ses fonctions entrent dans le champ d'application des dispositions du paragraphe 28 de l'annexe au décret n° 2006-780 du 3 juillet 2006.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception d'autorité de chose jugée et la fin de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions de M. B à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par M. B sur leur fondement soit mise à la charge de la commune d'Aubagne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée au même titre par la commune.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Aubagne présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Aubagne.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
E. Felmy
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
Le greffier,
signé
C. Alves
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026