LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2006613

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2006613

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2006613
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL ABEILLE & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant-dire droit du 5 novembre 2021, rendu sur la requête n° 2006613 présentée par Mme B A, représentée par Me Reynaud, tendant à la condamnation de la métropole d'Aix-Marseille-Provence à réparer les préjudices subis suite à sa chute sur la voie publique, le tribunal a désigné un expert chargé de déterminer la nature et l'étendue de ses préjudices.

Par une ordonnance du 5 janvier 2022, la première vice-présidente du tribunal a désigné M. C D en qualité d'expert.

Par une ordonnance du 18 janvier 2022, la première vice-présidente du tribunal a accordé à M. D une allocation provisionnelle de 700 euros.

Le 6 décembre 2023, l'expert a déposé un rapport de carence qui a été communiqué aux parties pour observations.

Par un courrier du 25 janvier 2024, le conseil de Mme A a fait savoir au tribunal que la requérante était dans l'incapacité de se déplacer et a demandé au tribunal de se prononcer au regard des pièces du dossier.

La clôture de l'instruction a été fixée au 28 janvier 2024.

Vu :

- le jugement avant-dire droit n° 2006613 du tribunal administratif de Marseille du 5 novembre 2021;

- l'ordonnance n° 2006613 du 5 janvier 2022 par laquelle la première vice-présidente du tribunal administratif a désigné le docteur D en qualité d'expert ;

- l'ordonnance n° 2006613 du 18 janvier 2022 accordant au docteur D une allocation provisionnelle de 700 euros à valoir sur le montant des frais d'expertise ;

- le rapport de carence établi par le docteur D et déposé au greffe du tribunal le 6 décembre 2023 ;

- la lettre du 4 janvier 2024 par laquelle M. D informe le tribunal de ce qu'il n'a aucun frais à faire valoir au titre de l'expertise prescrite par l'ordonnance du 5 janvier 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ollivaux,

- et les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, née le 30 mars 1962, expose avoir été victime le 2 septembre 2019 d'une chute sur la voie publique, à l'angle des rues du Coteau et Chateaubriand dans le 7ème arrondissement de Marseille, en raison d'une excavation située sur le trottoir. Sa demande d'indemnisation des préjudices résultant de cet accident a été implicitement rejetée par la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Mme A demande au tribunal de déclarer cette dernière responsable de cet accident et d'ordonner une expertise médicale aux fins d'évaluation des préjudices en résultant. Elle demande également que lui soit octroyée une indemnité provisionnelle à valoir sur l'indemnisation de son préjudice corporel dans l'attente des résultats de cette expertise.

2. Par un jugement avant-dire droit rendu le 5 novembre 2021, le tribunal, statuant sur cette requête, a jugé responsable la métropole d'Aix-Marseille-Provence à l'égard de Mme A en sa qualité d'usagère de la voie à raison du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public et a limité la part de responsabilité incombant à la métropole d'Aix-Marseille-Provence à la moitié des conséquences dommageables de cet accident, le défaut d'attention de la requérante étant de nature à atténuer la responsabilité encourue par la collectivité. Il a ordonné, en outre, une expertise médicale aux fins de déterminer la nature et l'étendue de ses préjudices.

Sur les conclusions de Mme A :

En ce qui concerne la réparation de son préjudice :

3. Il résulte de l'instruction que l'expert judiciaire a déposé un rapport de carence le 6 décembre 2023, consécutivement à deux rendez-vous d'expertise les 14 avril 2022 et 14 avril 2023 avec Mme A qu'elle n'a pu honorer, en raison de son état de santé, rendant impossible tout déplacement. Compte tenu de cette situation, il appartient au tribunal de faire une juste appréciation du préjudice de Mme A au regard des pièces du dossier.

4. D'une part, à l'appui de sa demande d'indemnisation de son préjudice corporel, Mme A verse un certificat d'un médecin de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille du 2 septembre 2019 diagnostiquant une " entorse grave de la cheville droite avec arrachement osseux " et fixant l'ITT de l'intéressée à 10 jours. Une telle pathologie a été corroborée par un certificat médical initial du 3 septembre 2019 faisant état d'une entorse de la cheville droite avec arrachement osseux, cervicalgies, un scanner du 9 septembre 2019 confirmant des " fractures arrachements corticaux du rostre du calcanéum et de la face supérieure de l'os naviculaire en rapport avec une entorse bifocale du CHOPART " et un certificat médical ultérieur du 17 mars 2020 décrivant une " entorse de la cheville droite avec un arrachement osseux, ainsi que des cervicalgies avec probablement une entorse cervicale suite au choc et des nausées et céphalées accompagnatrices, () des douleurs de l'épaule gauche avec suspicion de tendinopathie lésionnelle ". En outre, il résulte de l'instruction que la requérante a fait l'objet de trente séances de kinésithérapie le 19 mai 2020, D'autre part, il résulte de celle-ci, notamment d'un courrier d'un psychiatre du 29 avril 2019 adressé au médecin conseil de la commune que Mme A faisait l'objet, avant la survenance de sa chute, le 2 septembre 2019, d'un suivi par ses soins depuis le 4 mars précédent, à la demande de son médecin référent, pour un état algique somatique induit par une discopathie osseuse. Le certificat médical du même psychiatre du 9 mars 2020note ainsi " une accentuation de sa souffrance morale en relation avec l'épisode traumatique vécu ", requérant une " adaptation du traitement " et enfin la prescription de médicaments par ce praticien.

5. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que la consolidation de son état de santé consécutif à la chute en cause, telle que retenue par le médecin contrôleur du service médico-social de la commune est fixée à la date du 20 juillet 2020, correspondant à la fin de l'arrêt de travail de Mme A. En outre, seuls les préjudices consécutifs à l'accident subi par l'intéressée peuvent être regardés comme présentant un lien de causalité direct et certain avec la chute, à la différence de la pathologie psychologique. A supposer ce chef de préjudice soulevé, les éléments produits à l'instance sont en tout état de cause insuffisants pour caractériser un tel lien. Dès lors, dans les circonstances très particulières de l'espèce, au regard des seules pièces versées aux débats, de la persistance des douleurs et de l'impotence au niveau de la cheville constatée médicalement six mois après l'accident, il sera fait une juste appréciation des souffrances physiques endurées par Mme A, compte tenu du partage de responsabilité à hauteur de 50% décidé par le jugement avant-dire droit du 5 novembre 2021, en condamnant la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser une indemnité de 4 000 euros, dont devra être déduite la somme de 2 000 euros qui lui avait été allouée à titre de provision.

En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :

6. Mme A a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 4 000 euros à compter du 31 décembre 2019, date de réception de sa demande par la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

7. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 31 août 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 31 décembre 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les conclusions de la commune de Marseille :

8. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024 ".

9. D'une part, la commune de Marseille fait valoir sans être contredite qu'en conséquence de son accident, Mme A agente publique, a été dans l'incapacité de travailler entre le 3 septembre 2019 et le 20 juillet 2020 inclus, période au cours de laquelle la commune a versé une somme de 36 785,61 euros à titre de traitements et charges patronales. La commune fait en outre état d'une somme de 1 834,47 euros qu'elle a prise en charge au titre des frais médicaux et pharmaceutiques consécutifs à l'accident. Subrogée dans les droits de la victime, la commune sollicite une somme globale de 38 620,08 euros. La réalité de la période d'incapacité au travail de Mme A et des dépenses ainsi énumérées est établie par les pièces versées, qui ne sont au demeurant pas contestées. Dans ces conditions, la métropole d'Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à la commune, par application du partage de responsabilité évoqué au point 2, une somme de 19 310,04 euros à ce titre.

10. D'autre part, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 susvisé et eu égard à la somme dont elle obtient le remboursement dans le présent jugement, la commune de Marseille est en droit d'obtenir le versement d'une indemnité forfaitaire de gestion d'un montant de 1 191 euros. Cette indemnité doit être mise à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

Sur la charge définitive des dépens :

11. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais et honoraires de l'expertise à la charge définitive de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, sous déduction des sommes provisionnelles allouées en exécution de l'ordonnance n° 2006613 du 18 janvier 2022.

Sur les frais de l'instance :

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La métropole d'Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à Mme A une indemnité de 4 000 euros, dont devra être déduite la somme de 2 000 euros allouée à titre de provision par jugement avant-dire droit, assortie des intérêts au taux légal à compter du 31 décembre 2019, date de réception de la demande préalable. Les intérêts échus à la date du 31 décembre 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : La métropole d'Aix-Marseille-Provence est condamnée à verser à la commune de Marseille une somme de 19 310,04 euros au titre des traitements et charges patronales versées, ainsi qu'une somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise sont mis à la charge définitive de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

Article 4 : La métropole d'Aix-Marseille-Provence versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à la métropole d'Aix-Marseille-Provence, à la commune de Marseille et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.

Copie en sera adressée au docteur D, expert, et à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Niquet, première conseillère,

Mme Ollivaux, première conseillère,

Assistées de M. Giraud, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 février 2024.

La rapporteure,

Signé

J. Ollivaux

La présidente,

Signé

M. Lopa Dufrénot

Le greffier,

Signé

P. Giraud

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions