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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2006781

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2006781

vendredi 29 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2006781
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSEMERIVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 septembre 2020, 19 décembre 2022, 21 mars 2023 et deux mémoires récapitulatifs produits en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistrés les 30 mai et 3 juillet 2023, Mme A C, représentée par la SELARL Noûs avocats, demande dans le dernier état de ses écritures au tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet née du silence gardé par la métropole Aix-Marseille-Provence sur sa demande indemnitaire préalable du 5 mai 2020 réceptionnée le 12 mai 2020 ;

2°) de condamner la métropole Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 50 000 euros au titre de son préjudice moral ;

3°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'attitude de la métropole Aix-Marseille-Provence à son égard depuis l'année 2013 relève du harcèlement moral ;

- la métropole a par ailleurs méconnu son obligation de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous son autorité ;

- elle a subi un important préjudice moral du fait de la dégradation de ses conditions de travail et de son état de santé qui doit être indemnisé par l'allocation d'une somme de 50 000 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 7 octobre 2022, 27 février et 21 avril 2023 et deux mémoires récapitulatifs produits en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistrés les 29 mai et 22 juin 2023, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Semeriva, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les sommes réclamées au titre des préjudices ne sont pas dues, en application de la prescription quadriennale prévue par l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968, pour la période antérieure au 31 décembre 2015 ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 6 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 21 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;

- le décret n° 2005-1785 du 30 décembre 2005

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,

- les conclusions de Mme Birsen Sarac-Deleigne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Ravestein, représentant Mme C et de Me Semeriva, représentant la métropole Aix-Marseille-Provence.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, adjointe administrative territoriale, a intégré les services de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole en 2004. En juin 2013, elle a pris le poste de responsable de la division Documentation Archives. Elle a notamment été placée en congé de maladie le 25 février 2020 pour " " burn-out " - dépression ", arrêt prolongé jusqu'au 10 avril 2020. Considérant avoir subi des agissements constitutifs de harcèlement moral au sein de la métropole Aix-Marseille Provence depuis 2013, elle a formé une demande indemnitaire préalable auprès de cette dernière le 5 mai 2020, réceptionnée le 12 mai 2020, restée sans réponse. Mme C demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande et de condamner la métropole Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 50 000 euros au titre de son préjudice moral.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande indemnitaire préalable :

2. La décision implicite de rejet née de l'absence de réponse à la demande indemnitaire adressée par Mme C à la métropole Aix-Marseille-Provence a pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante qui, en formulant les conclusions précédemment visées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les conclusions qu'elle présente à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de la métropole Aix-Marseille-Provence à raison de l'existence d'un harcèlement moral :

3. Aux termes des articles L. 133-2 et L. 133-3 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération :/ 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / () ".

4. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.

5. Au soutien de son affirmation selon laquelle elle subit des agissements de la part de son employeur de nature à faire présumer une situation de harcèlement depuis le milieu de l'année 2013, au moment où elle a pris ses fonctions de responsable de la division documentation archives, Mme C expose, en premier lieu, avoir fait l'objet de mises en cause publiques de sa personne et de ses compétences, subi des attitudes humiliantes et dégradantes tant de la part de Mme D, aide documentaliste membre de son équipe jusqu'à la fin du mois de novembre 2014, que de la part de ses supérieures hiérarchiques Mmes B et de Palma qui soutenaient Mme D, puis de la part de ses nouveaux supérieurs hiérarchiques à l'exception de l'un d'entre eux. Il résulte de l'instruction que, si Mme C a adressé de nombreux courriers électroniques les 21 mars, 22 avril, 14, 16 et 20 mai 2014, 29 janvier et 27 novembre 2015, à la psychologue du travail, faisant état de son mal être au travail, ils ne relatent pas de faits précis et identifiés à l'exception d'une altercation verbale avec Mme D le 21 mars 2014. Les difficultés relationnelles entre les intéressées sont établies notamment par le courrier électronique de Mme C à sa hiérarchie relatant cette altercation verbale intervenue lors de l'entretien annuel de Mme D. Le compte rendu de réunion établi par sa hiérarchie après un entretien avec chacune des protagonistes puis les deux ensemble en juillet 2014 indique " depuis ces dernières semaines, les rapports professionnels entre A et Julie sont conflictuels et ne permettent plus en l'état actuel le bon fonctionnement de la division documentation " - " problème de compréhension sur le rendu du travail et les attentes professionnelles de l'une vis-à-vis de l'autre ", " problème de communication entre Julie et A ", " problème au niveau des pauses de Julie ", " entretien interrompu chacune restant sur ses positions ". Il résulte toutefois de l'instruction que Mme D a décidé en accord avec ses supérieurs hiérarchiques N+2 et N+3 dès septembre 2014 de quitter le service, ce qu'elle a effectivement fait à la fin du mois de novembre 2014. Par ailleurs, si le redéploiement de la mission de bulletinage qui relevait initialement du service de Mme C a pu créer des tensions avec le service courrier à qui il avait été confié, ces tensions ne ressortent que d'un simple échange de courriers électroniques sans que la durée de ces difficultés ne soit évoquée. La mise en place tardive d'un équipement informatique professionnel en février 2023 au domicile de Mme C est expliquée par la métropole Aix-Marseille-Provence, sans être utilement contredite, par le faible nombre d'ordinateurs portables disponibles en raison de la pandémie de Covid 19 et de ses suites, et par un déploiement en priorité auprès des agents dépourvus d'ordinateur personnel ce qui n'était pas le cas de la requérante. Si Mme C fait état d'un isolement et d'un dénigrement par sa hiérarchie, le contenu du seul courrier électronique qu'elle produit à cet égard, daté du 26 novembre 2015, entre ses supérieurs N+1 et N+ 2 faisant allusion à ses capacités de management est insuffisant à démontrer à lui seul la matérialité des faits allégués. Il résulte enfin des explications non utilement contredites de la métropole Aix-Marseille-Provence, assorties de plusieurs attestations circonstanciées, que, si Mme C a de grandes qualités professionnelles et est très investie, son comportement est néanmoins source de difficultés relationnelles tant avec sa hiérarchie qu'avec ses collègues depuis 2006 du fait de son propre positionnement et d'un sentiment d'insatisfaction. Dès lors, Mme C ne démontre pas avoir été victime de faits répétitifs sur la période débutant en 2013 jusqu'à ce jour de nature à faire présumer un harcèlement moral à ces titres.

6. Mme C expose, en deuxième lieu, que les effectifs de son service étaient sous-dimensionnés, ce qui a entraîné pour elle une surcharge de travail significative, accrue par la gestion de dégâts des eaux survenus dans les caves des archives. Il résulte de l'instruction que, si par deux courriers électroniques adressé par M. E, supérieur direct de Mme C à sa hiérarchie les 17 novembre 2017 et 31 décembre 2018, celui-ci indique " cette division est en souffrance, il nous manque des bras () l'activité est très riche et cela ne m'étonne pas de voir des agents s'épuiser tant il y a de travail () nous avons un besoin réel et urgent de personnel sur cette division ", " la charge de travail qui pèse sur cette division est trop importante pour être qualitative () deux renforts sont nécessaires pour cette division ", cette surcharge de travail temporaire résultait notamment de la démission de l'aide-documentaliste et de l'absence de Mme C, en congé de maladie jusqu'en octobre 2017. Au courrier électronique de Mme C du 6 juin 2018 adressé au chef de la mission " prévention des risques et bien-être au travail ", lui faisant part d'une surcharge de travail, celui-ci a immédiatement apporté une réponse et proposé un suivi avec la psychologue du travail et une reprise de " coaching ", la requérante n'ayant pas fait de nouveau état par la suite d'une surcharge de travail. Par ailleurs, si Mme C indique avoir dû effectuer de nombreuses heures supplémentaires non payées, elle ne produit aucun élément à ce titre. En outre, et contrairement à ce que soutient la requérante, il ne résulte pas de l'instruction que Mme F, qui a succédé à Mme D en qualité d'aide-documentaliste, ait démissionné en raison d'une surcharge de travail au sein du service, alors qu'elle a indiqué au cours d'un entretien avec ses supérieurs hiérarchiques N+2 et N+3 avoir de grandes difficultés relationnelles avec Mme C et ne pas trouver que le service était particulièrement débordé. De surcroît, des fermetures du service ont été autorisées par la hiérarchie de l'intéressée pour permettre le recollement des fonds en 2016, et une aide lui a également été proposée pour la gestion des marchés publics. Enfin, Mme C ne produit aucun élément concernant la gestion de dégâts des eaux ayant affecté les archives qui aurait entraîné une surcharge de travail spécifique. Dès lors, les éléments avancés par Mme C sont insuffisants pour caractériser l'existence d'une surcharge de travail susceptible de constituer un harcèlement moral.

7. Mme C expose, en troisième lieu, que la métropole Aix-Marseille-Provence aurait entravé son déroulement de carrière en l'empêchant de postuler sur un autre poste, en prenant plus de trois ans pour statuer sur sa demande de modification du compte-rendu de son entretien d'évaluation pour l'année 2015, en refusant de valider son évaluation pour l'année 2017, en ne faisant pas droit à ses demandes de mobilité interne, en la rétrogradant sur un poste de documentaliste, en la plaçant à l'échelle BG3 alors qu'au regard de son poste de responsable de division elle aurait dû a minima être placée à l'échelle BG2, et en ne suivant pas les préconisations du médecin de prévention. Il résulte de l'instruction que, s'agissant du retard pris dans le traitement de son recours relatif à son évaluation au titre de l'année 2015, la métropole indique qu'il n'y a pas eu de commission administrative paritaire en 2016 en raison des élections professionnelles, qu'en 2017 le recours de Mme C n'a pas été mis à l'ordre du jour, qu'en 2018 il a été retiré de l'ordre du jour au motif d'un dossier incomplet et qu'il a été traité lors de la commission administrative paritaire du 18 juin 2019. Si Mme C est passée en novembre 2019 d'un poste de responsable de division à un poste de documentaliste, il résulte des explications non sérieusement contestées de la métropole Aix-Marseille-Provence que cette modification est la conséquence de la réorganisation d'ensemble des services de la métropole en 2019, présentée en comité technique le 4 juin 2019 et entrée en vigueur le 1er juillet 2019, qui prévoyait que les postes d'encadrement soient confiés à des agents titulaires de catégorie A. S'agissant de la recherche de mobilité de la requérante, dans un courrier électronique du 6 octobre 2022 la chargée de mission maintien dans l'emploi qui a traité le dossier de Mme C depuis août 2020 a indiqué " je lui ai expliqué qu'étant donné son grade elle n'aurait que des postes techniques opérationnels et elle a répondu qu'elle préférait la gestion de la connaissance, la documentation et la bibliothèque, quitte à partir (). Nous avons suivi ses restrictions médicales sans poste possible pour l'instant ". Par ailleurs, Mme C ne démontre pas avoir de son côté présenté sa candidature à des postes en interne qui lui auraient été refusés, ni avoir sollicité de sa hiérarchie d'être placée à l'échelle BG2 ou BG1. Enfin, s'agissant des recommandations du médecin de prévention, la métropole Aix-Marseille-Provence établit avoir proposé à la requérante plusieurs actions de formation ainsi qu'un bilan de compétence qu'elle ne conteste pas avoir suivis. Dans ces conditions, Mme C ne fait pas état d'éléments susceptibles de caractériser une volonté des services de la métropole Aix-Marseille-Provence d'entraver le déroulement de sa carrière.

8. Il résulte de ce qui précède qu'aucune des circonstances invoquées par Mme C, prises isolément ou cumulativement, n'est de nature à faire présumer l'existence d'agissements de harcèlement moral dont elle aurait été victime de la part notamment de ses supérieurs hiérarchiques.

En ce qui concerne la responsabilité de la métropole à raison de la méconnaissance de son obligation de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous son autorité :

9. Aux termes de l'article 23 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires codifié à l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail ".

10. En vertu de ces dispositions, les autorités administratives ont l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents. Il leur appartient à ce titre, sauf à commettre une faute de service, d'assurer la bonne exécution des dispositions législatives et réglementaires qui ont cet objet.

11. La requérante soutient que son employeur a failli à son obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité et protéger sa santé physique et morale, entrainant une dégradation de son état de santé. Toutefois, comme cela a été précédemment exposé, Mme C a reçu le soutien de sa hiérarchie pour la gestion de son conflit avec sa première aide-documentaliste, ses supérieurs ayant décidé d'écarter la subordonnée du service et n'a démontré ni l'existence de mesures vexatoires à son encontre ni une surcharge de travail qui n'aurait pas été prise en compte lorsqu'elle a eu lieu. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la requérante, il résulte de l'instruction et notamment du courrier du 27 février 2014 de sa hiérarchie que celle-ci a tenu compte de ses doléances et pris des mesures pour assurer la sécurité des caves à la suite des inondations survenues dans les locaux. Enfin, si la requérante reproche à sa hiérarchie une absence de mise en sécurité par le biais d'une mutation ainsi que préconisée par le médecin du travail, il n'est pas établi par les pièces du dossier, et notamment par la seule attestation non circonstanciée de son médecin traitant, que la dégradation de son état de santé aurait été causé par ses conditions de travail alors que la requérante a été placée en arrêt de travail pour une durée prolongée en raison d'évènements ou de pathologies sans lien avec son activité professionnelle, et qu'elle a été autorisée à reprendre ses fonctions à mi-temps thérapeutique lors de sa réintégration suite à son congé de maladie et à travailler deux jours en télétravail par semaine. Mme C ne démontre pas en outre, ainsi qu'il a été indiqué précédemment, avoir effectué des demandes de mobilité dans d'autres services que sa hiérarchie l'aurait empêchée d'obtenir. Dans ces conditions, la métropole Aix-Marseille-Provence ne peut pas être regardée comme ayant manqué à son obligation de sécurité et de protection à l'égard de l'intéressée. Par suite, aucune faute résultant de la méconnaissance des dispositions susmentionnées de la loi du 13 juillet 1983 ne peut être caractérisée.

12. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence de faute de nature à engager la responsabilité la métropole Aix-Marseille-Provence sur les deux fondements invoqués par la requérante, ses conclusions à fin d'indemnisation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un préjudice moral ni l'exception de prescription quadriennale soulevée par la métropole Aix-Marseille-Provence.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par la métropole Aix-Marseille-Provence au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la métropole Aix-Marseille-Provence.

Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Fabre, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Hétier-Noël

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2006781

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