mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006785 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL FAVAREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 septembre 2020 et 4 octobre 2021, la société Sameplait, représentée par Me Goulet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la ville de Marseille à lui verser la somme de 49 980,26 euros en réparation du préjudice résultant selon elle de la carence de son maire à faire usage de son pouvoir de police ;
2°) d'enjoindre à la ville de Marseille de démolir les immeubles situés 78, 80 et 82 rue Bernard du Bois à Marseille, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour connaitre du litige dans la mesure où la responsabilité de la ville de Marseille est recherchée pour carence fautive dans l'exercice du pouvoir de police du maire et non en qualité de propriétaire des immeubles mitoyens ;
- alors qu'elle-même est copropriétaire de plusieurs lots dans l'immeuble situé 84 rue Bernard du Bois, le maire a par un arrêté de péril imminent du 1er août 2019 ordonné l'évacuation de cet immeuble et en a interdit l'occupation au vu de la dangerosité des immeubles mitoyens situés aux 78, 80 et 82 ; or, alors que les travaux de démolition des immeubles mitoyens devaient être achevés au plus tard le 15 octobre 2019, le maire n'a pris aucune mesure pour remédier aux désordres constatés par l'expert ;
- outre la responsabilité pour faute du fait de la carence du maire dans l'exercice de son pouvoir de police, elle est fondée à se prévaloir de la responsabilité sans faute de la ville du fait de la non-exécution de travaux publics ;
- son préjudice financier tenant aux loyers non versés depuis le mois de juillet 2019 s'élève à 44 980,26 euros et elle estime les préjudices de toute nature causés par cette situation à la somme de 5 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 juin et 27 octobre 2021, la ville de Marseille, représentée par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est portée devant une juridiction incompétente pour en connaître dès lors que les immeubles mitoyens situés au 78, 80 et 82 de la rue Bernard du Bois relèvent de son domaine privé ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par la société Sameplait ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction immédiate a été prononcée par ordonnance du 16 décembre 2021.
Des mémoires présentés pour la société Sameplait ont été enregistrés les 10 et 23 mars 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 1906856 du 5 août 2019 par laquelle le juge des référés a ordonné une expertise en vue d'apprécier l'état de l'immeuble situé au 84, rue Bernard du Bois à Marseille ;
- le rapport de l'expert enregistré le 23 août 2019 ;
- l'ordonnance du 17 septembre 2019 par laquelle la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 723,62 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- les observations de Me Goulet, représentant la société Sameplait.
Une note en délibéré présentée pour la société Sameplait a été enregistrée le 6 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière Sameplait est copropriétaire de plusieurs lots dans un immeuble situé 84, rue Bernard du Bois à Marseille. Du fait de la dangerosité des immeubles mitoyens situés aux 78, 80 et 82 de cette rue, qui sont la propriété de la ville de Marseille, le maire a, par un arrêté de péril grave et imminent du 1er août 2019, ordonné l'évacuation des immeubles situés au 76 et 84 de la même rue et en a interdit l'occupation. A la suite de la demande de la ville, un expert désigné par ordonnance n° 1906856 du 5 août 2019 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille a conclu à l'état de péril grave et imminent de l'immeuble situé 84 rue Bernard du Bois en raison du risque d'effondrement des trois immeubles mitoyens et a préconisé les mesures propres à mettre fin à l'imminence du péril. Par une demande préalable du 8 juin 2020, la société requérante, par l'intermédiaire du syndicat de copropriétaires, a demandé à la ville de Marseille de l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'arrêté de péril grave et imminent du 1er août 2019. Cette demande a été rejetée par décision du 24 juillet 2020. Par la présente requête, la société Sameplait demande la condamnation de la ville de Marseille à lui verser une somme globale de 49 980,26 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la carence fautive de l'autorité territoriale ainsi que sur le fondement de la responsabilité sans faute de la collectivité.
Sur l'exception d'incompétence opposée en défense :
2. S'il n'appartient pas au juge administratif de connaître d'un litige se rapportant à la gestion du domaine privé d'une collectivité, et s'il est constant que les immeubles situés au 78, 80 et 82 de la rue Bernard du Bois relèvent du domaine privé de la ville de Marseille, les conclusions de la société requérante, qui tendent, dans le dernier état de ses écritures, à l'engagement de la responsabilité de cette collectivité, d'une part, sur le fondement de la faute, du fait d'une carence du maire à faire usage de ses pouvoirs de police, et, d'autre part, sans faute, à raison des dommages qu'un ouvrage public dont elle a la garde causerait à des tiers, en l'absence de réalisation de travaux publics, ne se rapportent pas à la gestion de son domaine privé. Par suite, l'exception d'incompétence opposée en défense doit être écartée.
Sur la responsabilité pour faute de la ville de Marseille :
3. Aux termes de l'article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation : " En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. / Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais () ".
4. Le maire, qui est titulaire des pouvoirs de police, ne peut s'adresser à lui-même, en qualité de représentant de la collectivité publique, des injonctions de police. Il lui appartient donc d'agir de lui-même en qualité de gérant des biens en cause, qui appartiennent au domaine privé de la ville ainsi que cela a été exposé au point 2. Par suite, la procédure, organisée par les dispositions citées au point précédent du code de la construction et de l'habitation, entre le maire, chargé de veiller à la sécurité publique, et le propriétaire d'un immeuble menaçant ruine, situé dans la commune, est, par sa nature même, sans application lorsque l'immeuble dont il s'agit est la propriété de cette commune. Il en résulte que la société requérante n'est pas fondée à mettre en jeu la responsabilité de la ville de Marseille du fait de la carence fautive de son maire dans la mise en œuvre de ses pouvoirs de police afin de mettre fin aux désordres des immeubles situés aux n° 78, 80 et 82 rue Bernard du Bois.
Sur la responsabilité sans faute de la ville de Marseille :
5. Il ne résulte pas de l'instruction que les immeubles en cause situés rue Bernard du Bois appartenant à la ville de Marseille constituent des ouvrages publics. Par suite, la responsabilité sans faute de celle-ci à raison des dommages qu'un ouvrage public dont elle a la garde causerait à des tiers, en l'absence de réalisation de travaux publics, n'est pas engagée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la société Sameplait doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les conclusions à fin d'injonction présentées par la société Sameplait doivent être rejetées.
Sur les dépens :
8. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 723,62 euros, à la charge définitive de la ville de Marseille.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Sameplait est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la ville de Marseille sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 723,62 euros, sont mis à la charge définitive de la ville de Marseille.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Sameplait et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
M. Ouillon, premier conseiller,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Assistés de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
F. A
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2601156
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a été saisi par M. A... d’une requête en plein contentieux visant à contester le rejet implicite de sa demande de communication des listes électorales des communes du Puy-de-Dôme et à obtenir une injonction de transmission. Le requérant s’est désisté de son instance par un mémoire du 25 avril 2026, désistement pur et simple. Par ordonnance du 1er juin 2026, la présidente du tribunal a donné acte de ce désistement en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Aucune décision au fond n’a donc été rendue sur la légalité du refus préfectoral.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2601189
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté l'opposition formée par Mme A... contre une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d'un indu d'allocation solidarité spécifique de 3 463,33 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation de précarité financière, mais ces moyens ont été jugés inopérants dans le cadre d'une opposition à contrainte. En application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans débat contradictoire.
01/06/2026