lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2006991 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SEKLY-LIVRATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2020, M. G K, Mme E K, M. H K et Melle Anaé I K représentée par M. H K, représentés par Me Livraki, agissant tant en leur nom personnel qu'en leur qualité d'ayant droit de Mme L C épouse K, demandent au tribunal :
1°) de condamner solidairement l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), le centre hospitalier d'Aubagne et l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) à leur verser la somme de 336 068,06 euros, en réparation du préjudice résultant de la prise en charge de Mme L C épouse K à l'hôpital d'Aubagne à compter du 21 juillet 2015 ;
2°) d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter du jugement à intervenir et capitalisés chaque année ;
Ils soutiennent que :
- Mme L K a été victime d'une infection nosocomiale à staphylocoque à compter du 19 octobre 2015 résultant de l'absence d'antibioprophylaxie lors de l'intervention du 11 août 2015 réalisée à l'hôpital de La Timone ;
- dès lors, ils ont droit à être indemnisés du préjudice de Mme K en leur qualité d'ayants droit de celle-ci, décédée le 1er octobre 2018, à hauteur de : 12 621 euros au titre de l'assistance d'une tierce personne, de 3 157,94 euros au titre des dépenses de santé, 5 157 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire total durant 191 jours, 8 282,25 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire partiel de classe IV durant 409 jours, de 3 400 euros au titre de son préjudice esthétique temporaire, 7 500 euros au titre des souffrances endurées, 215 841 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent évalué à 25%, 3 000 euros au titre du préjudice sexuel, 15 108,87 euros au titre du préjudice d'agrément ;
- M. K a droit à être indemnisé de son préjudice moral en raison de l'accident de son épouse à hauteur de 25 000 euros ;
- les deux enfants de A K ont droit à être indemnisés de leur préjudice moral à hauteur de 15 000 euros chacun et sa petite fille B I à hauteur de 7 000 euros au même titre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2021, l'ONIAM, représenté par Me de la Grange, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'ONIAM doit être mis hors de cause dès lors que les conditions de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale ne sont pas remplies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2021, l'AP-HM conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la réduction des prétentions indemnitaires des requérants.
Vu :
- l'ordonnance n°1706159 du 27 février 2018 par laquelle le juge des référés du Tribunal a désigné les docteurs Laurence J et Thierry F en qualité d'experts ;
- le rapport d'expertise remis le 12 juillet 2018 ;
- les ordonnances du président du tribunal administratif de Marseille du 24 juillet 2018 taxant les frais et honoraires du Docteur J à la somme de 925 euros et ceux du docteur F à la somme de 1 014 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public,
- et les observations de Me Sekly pour les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Mme K a fait l'objet d'une ostéosynthèse le 21 juillet 2015 à l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne à la suite d'une fracture de la malléole externe droite. Les suites ont été marquées par l'infection du matériel d'ostéosynthèse, à l'origine d'une ostéo-arthrite de la cheville avec destruction articulaire progressive. Le 11 août 2015, elle a fait l'objet d'une nouvelle ostéosynthèse percutanée par broche de la malléole externe avec parage. Le 11 septembre 2015, des prélèvements mettent en évidence la présence d'un staphylocoque doré et du germe pseudomonas aéruginosa. Suite à l'inflammation de sa cicatrice, Mme K est hospitalisée au sein du service de chirurgie orthopédique du même hôpital le 5 novembre 2015 au cours de laquelle son matériel d'ostéosynthèse sera retiré et sur lequel la présence de bactérie staphylocoque est retrouvée. Un traitement antibiotique est administré à la patiente qui développe cependant une tricytopénie. A la suite du rapport d'expertise diligentée par le tribunal, les ayants droits de Mme K, décédée le 1er octobre 2018, ont sollicité l'ONIAM par courrier du 27 février 2020 ainsi que l'AP-HM et l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne par courriers reçus les 25 et 27 février 2020 aux fins d'indemnisation du préjudice de Mme K. Suite au refus explicite de l'ONIAM du 28 février 2020 et au rejet implicite des sollicitations de l'AP-HM et de l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne, les consorts K demandent au tribunal l'indemnisation des préjudices subis par Mme K en leur qualité d'ayant droit en raison de sa prise en charge par l'hôpital de La Timone à compter du 21 juillet 2015 et l'indemnisation de leur préjudice personnel.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. () ". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; () ".
3. Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise que Mme K a fait l'objet d'une intervention d'ostéosynthèse le 21 juillet 2015 au centre hospitalier d'Aubagne pour une fracture de la malléole péronière, à la suite de laquelle une nécrose cutanée est apparue au niveau de la cicatrice opératoire. Cette nécrose est à l'origine d'une désunion cutanée précoce post opératoire des voies d'abord de l'intervention chirurgicale du 21 juillet 2015 qui doit être regardée comme constituant la porte d'entrée de germes présents sur la peau entrainant une infection secondaire par contamination du foyer de fracture. A la suite de l'apparition, le 19 octobre 2015, d'un abcès provoqué par le germe staphylocoque et, selon le rapport d'expertise, favorisé par l'ouverture cutanée chronique, la broche a été retirée le 6 novembre 2015. Ce même jour, l'infection du matériel de broche a été constatée au cours l'intervention chirurgicale du 6 novembre 2015 et les germes à staphylocoque hominis et à staphylocoque lugdunensis responsables de cette infection ont été isolés par prélèvements per opératoires ce même jour. Cette désunion cutanée post opératoire a ainsi crée les conditions de la contamination du matériel de broche et celles de l'apparition d'une infection responsable des séquelles d'ostéo arthrite de la cheville de l'intéressée. Ainsi, quand bien même que la contamination ait pu être favorisée par l'état antérieur de la patiente et la localisation de la fracture, l'infection présentée, qui est survenue au cours de la prise en charge de Mme K à compter du 21 juillet 2015 par le centre hospitalier d'Aubagne, doit être regardée comme une infection nosocomiale. A cet égard, la circonstance, à la supposer même établie, que cette infection ait pu résulter d'un accident médical non fautif est sans incidence sur la qualification d'infection nosocomiale au sens et pour l'application des dispositions précitées. Par suite, Mme K, qui présente un déficit fonctionnel évalué à 25%, est fondée à engager la responsabilité du centre hospitalier d'Aubagne et à solliciter l'indemnisation intégrale de son préjudice en lien direct et exclusif avec cette infection. Il suit de là que l'ONIAM et l'AP-HM doivent être mis hors de cause.
Sur les préjudices:
En ce qui concerne les préjudices de Mme K ;
5. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article 724 du code civil : " Les héritiers désignés par la loi sont saisis de plein droit des biens, droits et actions du défunt ". Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers.
6. D'autre part, le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède sans que ses droits aient été définitivement fixés, c'est-à-dire, en cas de litige, avant qu'une décision juridictionnelle définitive ait fixé le montant de l'indemnisation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Cependant, le préjudice subi par la victime, ayant cessé au moment du décès, doit être évalué à la date de cet événement, y compris lorsque le décès est lié au fait ouvrant droit à indemnisation, auquel cas d'ailleurs ce décès peut être pris en compte au titre du droit à réparation des proches de la victime.
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire ;
7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel temporaire de Mme K, en lien direct et exclusif avec l'infection nosocomiale, a été total du 4 août 2015 au 28 janvier 2016 soit pendant 178 jours, dès lors que, si l'infection a été contractée au cours de l'hospitalisation du 21 au 30 juillet 2015, cette période d'hospitalisation n'était pas imputable à l'infection mais à la fracture initiale. Son déficit fonctionnel temporaire a ensuite été partiel de 75 % du 29 janvier 2016 jusqu'à la date de consolidation de son état de santé fixée au 13 mars 2017 soit pendant 410 jours. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 6 500 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire ;
8. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que Mme K a fait l'objet de la pose d'un picc-line le 16 novembre 2015 en lien avec l'infection nosocomiale. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 850 euros.
S'agissant des souffrances endurées ;
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme K a enduré des souffrances évaluées à 3 sur 7 comprenant la douleur physique mais également les souffrances psychiques et morales liées à l'infection nosocomiale. En l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 600 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent ;
10. Il résulte de l'instruction que Mme K, né le 11 septembre 1951, a présenté un taux de déficit fonctionnel permanent de 25 % en lien exclusif avec l'infection nosocomiale dont elle a été victime. Le préjudice subi par la victime ayant cessé au moment de son décès, il doit être évalué à la date de cet événement, soit au 1er octobre 2018. Eu égard à ce taux, à l'âge de Mme K à la date de consolidation de son état de santé et à la date de survenue de son décès, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 800 euros.
S'agissant du préjudice sexuel ;
11. Il ne résulte pas de l'instruction que le préjudice de baisse de libido évoquée par Mme K, au demeurant non retenu par l'expert, serait directement imputable à l'infection nosocomiale dont elle a souffert. Partant, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.
S'agissant du préjudice d'agrément ;
12. Si les requérants soutiennent que Mme K, dont l'état de santé était altéré avant l'infection, aimait danser, sortir, aller au restaurant et s'occuper de ses petits-enfants, ils ne justifient pas que la limitation qu'elle aurait subie dans l'exercice de ces activités serait directement imputable à son infection nosocomiale. Par suite, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.
S'agissant des frais d'assistance d'une tierce personne ;
13. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que Mme K a eu besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les gestes de la vie courante à raison de 2 heures par jour pendant toutes les périodes où elle n'a pas été hospitalisée, soit du 28 janvier 2016 au 16 juillet 2016, soit durant 170 jours, puis du 6 août 2016 au 13 mars 2017 date de consolidation, soit durant 220 jours. Dès lors, il convient, en tenant compte du salaire minimum interprofessionnel de croissance, augmenté des charges sociales, de 13 euros pour une aide non spécialisée, pour une année évaluée à 412 jours pour tenir compte des congés payés, de mettre à la charge du centre hospitalier d'Aubagne la somme de 11 442,60 euros, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que Mme K ait perçu, au cours de cette période, la prestation de compensation du handicap ou l'allocation personnalisée d'autonomie déductibles.
S'agissant des dépenses de santé ;
14. Si les requérants soutiennent que Mme K a engagé des frais de couches, ceux-ci n'ont pas été retenus par le rapport d'expertise et n'ont pas de lien direct démontré avec les séquelles de l'infection nosocomiale présentée par l'intéressée. Par suite, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.
15. Il résulte de ce qui précède que l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne doit être condamné à verser à M. G K, à Mme E K et à M. H K la somme de 26 192,60 euros en leur qualité d'ayants droit de Mme L K. Ces sommes seront assorties des intérêts au taux légal à compter de la notification du jugement et capitalisés chaque année.
En ce qui concerne les préjudices personnels des consorts K ;
16. En premier lieu, il n'est pas contesté que M. G K, époux de la victime, a subi un bouleversement de son mode vie en raison des hospitalisations de son épouse et un préjudice moral lié à l'infection contractée. Il en sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 2 500 euros.
17. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral de Mme E et de M. H K, enfants majeurs de la victime directe ne résidant plus au domicile familial, en le fixant à la somme de 1 000 euros chacun.
18. En dernier lieu et en revanche, compte tenu de son âge à la date de la consolidation de la victime, le préjudice moral d'Anaé I, petite fille de Mme K née le 28 mars 2016, n'est pas établi. Par suite, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.
19. Il résulte de ce qui précède que l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne doit être condamné à verser à M. G K la somme de 2 500 euros, à Mme E K et à M. H K la somme de 1 000 euros chacun au titre de leur préjudice personnel. Ces sommes seront assorties des intérêts au taux légal à compter de la notification du jugement et capitalisés chaque année.
Sur la déclaration de jugement commun :
20. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, mise en cause, n'a pas produit de mémoire. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur la charge des frais d'expertise :
21. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, qui ont été liquidés et taxés à la somme totale de 1 939 euros par ordonnances du président du tribunal du 24 juillet 2018, à la charge définitive de l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne.
D É C I D E :
Article 1er : L'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne est condamné à verser M. G K, à Mme E K et à M. H K la somme de 26 192,60 euros en leur qualité d'ayants droit de Mme L K en réparation des préjudices subis par cette dernière.
Article 2 : L'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne doit être condamné à verser à M. G K la somme de 2 500 euros et à Mme E K et à M. H K la somme de 1000 euros à chacun en réparation de leur préjudice personnel.
Article 3 : Les sommes précitées sont assorties des intérêts au taux légal à compter de la notification du jugement et capitalisés chaque année.
Article 4 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme totale de 1 939 euros sont mis à la charge définitive de l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne.
Article 5 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. G K, premier requérant dénommé, à l'hôpital Edmond Garcin d'Aubagne, à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Simon, présidente,
M. Ricard, premier conseiller,
Mme Fabre, première conseillère,
Assistés de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
E. D La présidente,
signé
F. SIMON
La greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière
N°2006991
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026