mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007065 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | FRANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2020, M. C A et Mme D E épouse A, représentés par Me Franc, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer les avis de mise en recouvrement du 30 avril 2016 relatifs aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu des contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils n'ont été destinataires d'aucun avis de vérification ;
- l'administration ne leur a pas adressé de réponse aux observations qu'ils ont présentées sur la proposition de rectification ;
- les rehaussements des bases d'impositions retenues par l'administration au titre des revenus distribués par la SARL Sotradis auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 sont exagérés dès lors que la reconstitution de recettes de cette société sur la base de ses encaissements bancaires à laquelle l'administration a procédé comptabilise dans ses recettes le règlement de créances par ses débiteurs dont le montant a été également comptabilisé au titre des avances faites par l'établissement bancaire auquel ces créances avaient été cédées en application de l'article L. 313-23 du code monétaire et financier ;
- les rehaussements de revenus distribués par la SARL Sotradis auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2013 sont exagérés dès lors qu'il ressort de la balance générale de l'exercice clos au 31 décembre 2013 que cet exercice est déficitaire et que des remboursements de frais ont été considérés comme du chiffre d'affaires ;
- les rehaussements de revenus distribués par la SARL Ile-de-France transport auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 sont exagérés dès lors qu'il ressort de la balance générale des deux exercices clos les 30 septembre 2013 et 2014 que le premier d'entre eux est déficitaire et le second est bénéficiaire à hauteur de 119 820 euros et que, s'agissant de l'exercice clos le 30 septembre 2013, l'administration a comptabilisé des virements et des indemnités d'assurance qui ne constituent pas des produits et que, s'agissant de l'exercice clos le 30 septembre 2014, l'administration n'a comptabilisé aucune charge.
Par un mémoire, enregistré le 12 mai 2021, le directeur du contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 août 2022.
Par courrier du 2 septembre 2022, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées par les requérants contre des impositions qui ont été dégrevées à la suite de la décision portant admission partielle de la réclamation préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Claudé-Mougel, rapporteur,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite des vérifications de comptabilité des SARL Sotradis et IFT, dont M. A était gérant et associé, M. et Mme A ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel ils ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôts sur leurs revenus des années 2012 à 2014 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, au titre des revenus distribués par ces deux sociétés, sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. M. et Mme A doivent être regardés comme demandant la décharge de ces impositions supplémentaires.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à obtenir la décharge des sommes correspondant à la majoration de 1,25 appliquée, sur le fondement de l'article du 7 de l'article 158 du code général des impôts, aux contributions sociales mises à la charge de M. et Mme A au titre des années 2012, 2013 et 2014 :
2. Il résulte de l'instruction que, par sa décision du 8 juillet 2020 d'admission partielle de la réclamation de M. et Mme A, antérieure à l'enregistrement de la requête, l'administration a prononcé un dégrèvement de 11 646 euros en droits et 1 397 euros en pénalités, de 37 933 euros en droit et 2 731 euros en pénalités et de 14 162 euros en droits et 339 euros en pénalités, correspondant aux cotisations sociales supplémentaires auxquelles les requérants ont été assujettis au titre respectivement des années 2012, 2013 et 2014. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, irrecevables.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. () ".
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, M. et Mme A ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces. Ils ne peuvent donc utilement soutenir que cette procédure serait irrégulière faute de l'envoi préalable d'un avis de vérification qui, suivant les dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, n'est requis qu'en cas d'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu.
5. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () / Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".
6. Si M. et Mme A soutiennent qu'ils n'ont pas reçu de réponse à leurs observations à la proposition de rectification dont ils ont été destinataires, l'administration produit en défense la réponse à ces observations, accompagnée de l'accusé de réception du pli contenant cette réponse qui lui a été retourné avec la mention " Pli avisé non réclamé ", et mentionnant une date de présentation le 17 février 2016. Ce moyen, qui manque en fait, doit également être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
7. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ".
En ce qui concerne les revenus distribués par la SARL Sotradis :
S'agissant de l'année 2012 :
8. Il résulte de la proposition de rectification du 13 octobre 2015 adressée à la SARL Sotradis qu'à défaut de toute réponse de la part des représentants de cette société aux propositions d'intervention sur place afin de procéder à la vérification de sa comptabilité, l'administration a évalué d'office ses résultats des exercices clos les 31 décembre 2012 et 31 décembre 2013 objets de ce contrôle, sur la base des encaissements bancaires figurant sur les relevés obtenus à la suite de l'exercice d'un droit de communication auprès des établissements bancaires où cette société détenait un compte. Il ressort de la liste de ces crédits sur le compte détenu par la société dans l'un de ces établissements, recensés en annexe III à cette proposition de rectification, que les crédits suivants sont mentionnés à deux reprises, pour des montants identiques, en tant que " escompte Daily " et " chèques remise ", et ont été comptabilisés ensemble pour aboutir à un total d'encaissement de 2 734 020,95 euros que l'administration a considéré comme constituant le chiffre d'affaires réalisés par la société au cours de l'exercice clos le 31 décembre 2012 :
Escompte B
Montant
chèques remises
4/0122 100,5231/0111/0113 368,418/0225/0117 198,3622/036/02 6 654,901/0314/0212 032,247/0315/0217 190,5914/0322/0217 257,3222/0329/0217 016,0928/032/03 9 213,8630/0314/0323 361,7113/0422/0321 326,5918/0428/0317 566,2526/044/0417 620,794/051/0621 616,7427/064/0720 711,7331/0711/07 21 527,168/0820/07 17 636,8116/0824/08 16 721,7519/0929/08 21 953,4227/097/09 27 236,9910/104/10 23 358,1231/1011/10 22 606,917/1117/10 22 459,5614/1129/10 22 270,7721/1116/1122 674,8412 /12Total :472 682,43
L'affirmation des requérants selon laquelle ces crédits ont fait l'objet d'une double comptabilisation est corroborée, pour un montant total de 472 682,43 euros, par les relevés bancaires qu'ils produisent, qui font mention de ces mêmes montants au titre de deux crédits et d'un débit. Il est ainsi établi que les bases d'imposition des impositions supplémentaires auxquelles la SARL Sotradis a été assujettie ont été exagérées par l'administration à hauteur de ce montant. A cet égard, la circonstance que le bordereau dit " B " de cession des créances en cause n'aurait pas été notifié à l'administration fiscale en application de l'article L. 313-28 du code monétaire et financier est sans incidence sur cette double comptabilisation. En appliquant le taux de charge retenu par l'administration, en référence à un taux moyen, estimé sur la base de ceux constatés pour des entreprises similaires, de 87,61%, qui n'est pas contesté par la société, le surplus de bénéfices résultant de cette double comptabilisation s'établit à la somme de 48 967,68 euros, qu'il convient de déduire du bénéfice reconstitué par l'administration à hauteur de 300 582 euros et, par suite, de ce même montant de revenus considérés comme distribués aux époux A. Ces derniers sont ainsi fondés à demander la réduction des impositions, en base, à un montant arrondi à la somme de 251 614 euros, et la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu correspondant à la différence entre celles auxquelles ils ont été assujettis au titre des revenus distribués en 2012 par la SARL Sotradis et celles correspondant à cette réduction.
S'agissant de l'année 2013 :
9. Si, pour contester la reconstitution des résultats de la SARL Sotradis à laquelle a procédé à l'administration, qui a abouti à un bénéfice de 384 304 euros, qui a été réintégré dans leurs revenus de l'année 2013 en tant que revenus distribués, M. et Mme A se prévalent des soldes de la balance générale de la SARL Sotradis, pour les comptes de produits et de charges, et soutiennent que le compte de l'exercice clos en 2013 était en réalité déficitaire à hauteur de 149 167 euros, ils se bornent à produire, sans davantage d'explications, un extrait du grand livre général, lequel n'est appuyé par aucun justificatif, ni par aucun autre document comptable permettant notamment d'établir la réalité des écritures qui y figurent. S'ils soutiennent également que l'administration aurait intégré au chiffre d'affaire de cet exercice des remboursements de frais, ils n'assortissent pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, ni même n'en précisent le montant.
En ce qui concerne les revenus distribués par la société IFT :
10. Il résulte de l'instruction que la SARL IFT n'ayant déposé aucune déclaration de résultats au titre des exercices clos les 31 septembre 2013 et 2014, l'administration fiscale a, comme elle l'a fait pour la reconstitution des résultats de la SARL Sotradis, évalué d'office ceux de la SARL IFT sur la base des encaissements bancaires constatés sur les comptes bancaires de cette société. Les requérants soutiennent, là encore, que les bases d'imposition à l'impôt sur les sociétés retenues sont exagérées, de même, par conséquent, que les suppléments d'imposition auxquels ils ont été assujettis. Toutefois, à l'appui de la balance générale des deux exercices clos les 30 septembre 2013 et 2014, qui, selon leurs allégations, démontrerait que le premier est déficitaire et le second bénéficiaire à hauteur de 119 820 euros, ils se bornent à produire des extraits de la balance générale faisant apparaître le solde des comptes de produits et de charges sans davantage d'explications, ni l'appuyer d'aucun justificatif ou autre document comptable de nature à établir la réalité des écritures qui y figurent. S'ils soutiennent, par ailleurs, que l'administration a comptabilisé des virements, dont ils ne précisent ni la nature le montant, ils n'assortissent pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
11. Si M. et Mme A soutiennent également que l'administration a pris en compte des indemnités d'assurance qui ne peuvent être regardées comme des recettes imposables, ils n'établissent pas, en produisant des copies de chèques de remboursement et des lettres d'accompagnement émanant des compagnies d'assurance Gras Savoye, Axa et Helvetia, que ces indemnités ne viendraient pas compenser des préjudices commerciaux se rapportant à son activité et, dès lors, ne constitueraient pas des recettes imposables.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A sont seulement fondés à demander la décharge partielle des suppléments d'impositions résultant de la double comptabilisation des escomptes dans la détermination du bénéfice imposable de la SARL Sotradis au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2012.
Sur les frais liés au litige :
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demandent M. et Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les bases des impositions supplémentaires auxquelles M. et Mme A ont été assujettis au titre de l'année 2012 sont réduites à la somme de 251 614 euros.
Article 2 : M. et Mme A sont déchargés des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012, et des pénalités correspondantes, à raison de la réduction de la base d'imposition définies à l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme D A et au directeur du contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rousselle, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Claudé-Mougel La présidente,
signé
P. RousselleLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026