mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007213 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BOUSQUET SOULAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2020, M. B A, représenté par Me Bousquet, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 28 875,36 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il a subi un préjudice dès lors qu'après l'annulation de la délibération lui refusant la délivrance du brevet d'Etat d'éducateur sportif (BEES) du premier degré dans l'option football au motif de l'irrégularité de la composition du jury, il n'a jamais pu ni voir sa demande de validation des acquis de l'expérience (VAE) examinée par ce jury dans une composition régulière ni obtenir son diplôme en raison de ce vice de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 3 août 2012 modifiant l'arrêté du 26 avril 2012 portant création de la mention " football " du diplôme d'Etat supérieur de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport spécialité " performance sportive " ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a présenté une demande tendant à l'obtention, par VAE, des groupes B et C, correspondant aux épreuves pédagogiques et pratiques, de la partie spécifique du BEES du premier degré dans l'option football. Cette demande a été rejetée le 7 juin 2013 par le jury chargé de l'évaluation des compétences des candidats. Après le rejet de la demande d'annulation de cette délibération par jugement n° 1400163 du 6 avril 2016 du tribunal administratif de Marseille, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé cette même délibération par un arrêt n° 16MA02187 du 27 novembre 2017 devenu irrévocable au motif de l'irrégularité de la composition du jury et a enjoint à ce même jury, dans une composition régulière, de se prononcer à nouveau sur la demande du requérant. Les dispositions relatives aux examens de formation spécifique du BEES option football ayant été abrogées à compter du 31 décembre 2013 par l'article 2 de l'arrêté du 3 août 2012 modifiant l'arrêté du 26 avril 2012 portant création de la mention " football " du diplôme d'Etat supérieur de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport spécialité " performance sportive " (DESJEP), la cour administrative d'appel, saisie par le requérant d'une demande d'exécution de l'arrêt du 27 novembre 2017, a constaté dans son arrêt n° 18MA03160 du 8 octobre 2018 également devenu irrévocable que le diplôme convoité ne pouvait plus être délivré à M. A. Par ailleurs, elle a considéré que l'invitation adressée par l'administration au requérant à présenter soit un dossier de VAE au titre des diplômes d'Etat permettant l'encadrement rémunéré soit une demande de délivrance par la fédération française de football de l'un des diplômes dont elle a la charge et permettant l'exercice d'une telle activité, permettait de considérer que l'arrêt du 27 novembre 2017 avait été entièrement exécuté.
2. Estimant avoir subi un préjudice financier du fait de l'absence de validation de ses compétences au terme de cette procédure, M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 28 875,36 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité, pour un vice de procédure, d'une décision administrative, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer, en premier lieu, la nature de cette irrégularité procédurale puis, en second lieu, de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise dans le cadre d'une procédure régulière. Dans ce cas, le préjudice allégué ne peut alors être regardé comme la conséquence directe du vice de procédure qui entachait la décision administrative illégale.
4. Si M. A soutient que l'irrégularité de la composition du jury qui s'est prononcé sur sa candidature par VAE, des groupes B et C, correspondant aux épreuves pédagogiques et pratiques, de la partie spécifique du brevet d'Etat d'éducateur sportif (BEES) du premier degré dans l'option football lui a fait perdre une chance sérieuse d'obtenir la validation sollicitée et par suite un emploi avec un salaire plus élevé que le sien, il ne l'établit aucunement en se bornant à faire état des diplômes qu'il a déjà obtenus et de son expérience. Dans ces conditions, alors que la même décision aurait pu être légalement prise dans le cadre d'une procédure régulière, le préjudice allégué ne peut pas être regardé comme la conséquence directe de l'irrégularité de la composition du jury entachant la délibération du jury du 7 juin 2013. Par ailleurs, le requérant ne saurait utilement soutenir que l'absence de réexamen de sa demande par le jury constitue une faute dès lors que les dispositions afférentes au BEES ont été abrogées à compter du 31 décembre 2013. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques.
Copie en sera adressée à la direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
E.-M. C
La présidente,
Signé
K. Jorda-LecroqLa greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne à la ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026