jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007553 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AARPI FRECHE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2020 le centre hospitalier d'Allauch, représenté par Me Tomas-Bezer, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement le groupement conjoint de maîtrise d'œuvre composé de M. B D, Mme E, les sociétés IGTech, ID-Tique, Alpha-I et Garcia ingénierie, ainsi que la société Dekra, le Crédit agricole immobilier entreprise et la société GTM méditerranée à lui verser la somme de 197 574 euros TTC au titre des travaux de réfection des façades du bâtiment maison d'accueil spécialisée (MAS), du bâtiment Alzheimer et de l'espace mortuaire, somme à indexer sur l'indice BT01 du bâtiment à compter du 5 juin 2020, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter de cette même date ;
2°) de condamner ces personnes au paiement des frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge du groupement conjoint de maîtrise d'œuvre, de la société Dekra, du Crédit agricole immobilier entreprise et de la société GTM méditerranée la somme de 8 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la garantie décennale de ces intervenants est engagée ;
- les désordres présentent un caractère décennal ;
- la responsabilité contractuelle des constructeurs est engagée dès lors qu'ils ont manqué à leur obligation de résultat ;
- la responsabilité des maîtres d'œuvre est engagée au titre des vices de conception, du défaut de surveillance des travaux et du défaut de conseil au moment de la réception ;
- il a subi un préjudice s'élevant à la somme de 197 574 euros TTC correspondant au montant des travaux de reprise de façades.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2021, la société GTM Sud, représentée par Me Taillan, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que M. D et la société Dekra industrial la garantissent des condamnations prononcées à son encontre, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du centre hospitalier d'Allauch en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- les désordres en cause ne présentent pas de caractère décennal ;
- elle n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle des constructeurs dès lors que les ouvrages ont été réceptionnés ;
- à titre subsidiaire, elle n'a commis aucune faute dès lors que l'enduit de finition responsable des dommages a été imposé par le maitre d'œuvre ;
- M. D doit la garantir à hauteur de 50 % minimum de la condamnation qui serait prononcée contre elle et Dekra industrial à hauteur d'au moins 15 %.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2021, la SAS Dekra industrial, venant aux droits de la SAS Dekra construction, représentée par Me Lombardo, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, ce que la société Campenon Bernard la garantisse des condamnations prononcées à son encontre et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du centre hospitalier d'Allauch en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, sa responsabilité ne peut être recherchée en qualité que contrôleur technique ;
- à titre subsidiaire, la garantie décennale ne peut être engagée en l'absence de caractère décennal des désordres ;
- la responsabilité contractuelle ne peut davantage être engagée dès lors que les ouvrages ont été réceptionnés sans réserve ;
- les désordres étaient apparents à la réception ;
- elle n'a commis aucune faute ;
- à titre subsidiaire, il y a lieu de limiter sa part de responsabilité à 5 % ;
- la société Campenon Bernard doit la garantir à hauteur de des condamnations prononcées à son encontre excédant une part de 5 %.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, la société Garcia ingénierie représentée par Me Bouty, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du centre hospitalier d'Allauch en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier n'est pas fondé à solliciter la condamnation du groupement de maîtrise d'œuvre, lequel n'a pas de qualité à agir dès lors que la mission du mandataire du groupement a cessé à l'expiration de la garantie de parfait achèvement ;
- elle n'est pas concernée par les désordres litigieux en sa qualité de coordonnateur SSI ;
- elle n'a commis aucune faute.
Par un mémoire, enregistré le 1er septembre 2022, le centre hospitalier d'Allauch déclare renoncer à la condamnation du groupement de maîtrise d'œuvre et ne plus solliciter que la condamnation solidaire de M. B D, de la société Dekra, du Crédit agricole immobilier entreprise et de la société GTM méditerranée.
Il maintient les moyens présentés dans sa requête et ajoute que " l'intervention volontaire " de la société Garcia est irrecevable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, M. D, représenté par Me Malarde, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la société GTM Sud, la société Dekra, la société Crédit agricole promotion et la société Garcia ingénierie le garantissent des condamnations prononcées à son encontre ;
3°) à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de toute partie perdante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, le centre hospitalier n'est pas fondé à solliciter la condamnation du groupement de maîtrise d'œuvre, lequel n'a pas de qualité à agir dès lors qu'il n'a pas de personnalité morale et qu'il s'agit, en tout état de cause, d'un groupement conjoint ;
- aucune responsabilité ne peut être retenue contre lui sur le fondement de la garantie décennale ni de la responsabilité contractuelle dès lors que les désordres sont la conséquence de défauts d'exécution de la société GTM Sud ;
- il n'a commis aucune faute ;
- aucune condamnation solidaire des maîtres d'œuvre ne peut être prononcée à son encontre puisqu'il n'est pas à l'origine des dommages et que le groupement n'est pas solidaire ;
- à titre subsidiaire, la demande d'assortir la somme demandée des intérêts au taux légal doit être rejetée.
Par ordonnance du 6 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, enregistré pour la société ID-Tique le 10 février 2023, représentée par Me Guillet, n'a pas été communiqué.
Vu :
- le rapport de M. A, expert désigné par ordonnance du juge des référés n°1701612 15 du 15 mai 2017, daté du 5 juin 2020 ;
- l'ordonnance du 16 septembre 2020 liquidant les frais et honoraires de l'expertise de M. A à la somme de 15 436,73 euros TTC. ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Grimmaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Cecere, représentant la société requérante, de Me Rambaud, représentant le Crédit agricole immobilier entreprise, de Me Martinez, représentant la SAS Dekra industrial, de Me Louarn, représentant la société Garcia ingénierie, de Me Guillet, représentant la société ID-Tique et Me Sabates, représentant la société GTM Sud.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre hospitalier d'Allauch a lancé, en 2007, une opération de réalisation d'un bâtiment maison d'accueil spécialisée (MAS), d'une unité Alzheimer d'une part, et de restructuration de ses services de soins de longue durée et de construction d'un nouvel espace mortuaire d'autre part. Ces travaux devaient être réalisés suivant deux phases successives, une phase 1 pour le bâtiment MAS et Alzheimer et une phase 2 pour la construction d'un nouvel espace mortuaire de 180 m2 et la réhabilitation-extension du service de soins de longue durée. La coordination des travaux a été confiée à la société Aeprim, aux droits de laquelle est venue la société Unimo, la société Crédit agricole immobilier entreprise puis la société Crédit agricole immobilier promotion. La maîtrise d'œuvre a été confiée, par un marché signé le 10 avril 2005, à un groupement conjoint composé de M. D, architecte mandataire, de Mme E, paysagiste, des sociétés IGTech, bureau d'étude fluide, ID-Tique, bureau d'études courant fort et courant faible, Alpha-I, bureau d'étude structure/économiste/VRD et Garcia ingénierie, un coordinateur SSI.
La mission d'OPC et celle de coordinateur en matière de sécurité et de protection de la santé a été confiée à la société Cobat ingénierie, la mission de contrôle technique a été confiée à la société Dekra construction, aux droits de laquelle est venue la société Dekra industrial. La société Campenon Bernard, aux droits de laquelle est venue la société GTM Sud s'est vue confier le lot n°2 " gros œuvre " du marché de travaux contracté pour cette opération. Par ordonnance du 15 mai 2017, le tribunal a fait droit à la demande d'expertise sollicitée par le centre hospitalier d'Allauch concernant les désordres relatifs au lot n°2. L'expert a dépose son rapport le 5 juin 2020. Le centre hospitalier demande au tribunal de condamner solidairement M. B D, la société Dekra, le Crédit agricole immobilier entreprise et la société GTM méditerranée à lui verser la somme de 197 574 euros TTC au titre des travaux de réfection des façades du bâtiment MAS, de l'unité Alzheimer et de l'espace mortuaire.
Sur la responsabilité contractuelle :
2. La réception, qui est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve, met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. En l'absence de stipulations particulières prévues par les documents contractuels, lorsque la réception de l'ouvrage est prononcée avec réserves, les rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs ne se poursuivent qu'au titre des travaux ou des parties de l'ouvrage ayant fait l'objet des réserves.
3. Il résulte de l'instruction que les travaux relatifs au lot n° 2 pour le bâtiment MAS et à l'unité Alzheimer, correspondant à la phase 1 de l'opération, ont fait l'objet, le 13 juillet 2011, d'une réception prononcée sans réserve avec effet à la date du 18 décembre 2009. Les travaux relatifs au lot n° 2 pour le bâtiment espace mortuaire, correspondant à la phase 2, ont quant à eux fait l'objet d'une réception prononcée le 15 mars 2010 avec réserves, avec effet au 30 juin 2009. Il est constant que les réserves ne portaient pas sur les désordres en litige. Dès lors, la réception a mis fin aux rapports contractuels entre les parties et le centre hospitalier ne saurait rechercher la responsabilité contractuelle de M. D, du Crédit agricole immobilier promotion, de la société Dekra et de la société GTM Sud en raison d'un défaut de conception ou de réalisation de l'ouvrage.
Sur la responsabilité contractuelle de M. D pour défaut de conseil :
4. La responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil peut être engagée dès lors qu'ils se sont abstenus d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont ils pouvaient avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves.
5. Il résulte de l'instruction que M. D a demandé, le 3 juillet 2009, la reprise des façades et a imposé à la société Campenon Bernard l'application d'un enduit, non prévu à l'origine, afin de pallier à des griefs relatifs à l'esthétique, au calfeutrement des fissures et à la protection des armatures en acier des bâtiments.
Il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert, que M. D aurait pu avoir connaissance durant le chantier d'un risque de décollement de l'enduit, qui n'était pas apparent au moment de la réception. Par suite, le centre hospitalier n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de M. D du fait d'un manquement à son devoir de conseil lors de la réception.
Sur la garantie décennale :
6. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, engagent la responsabilité de ces constructeurs s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expert que les façades de l'ensemble des bâtiments sont dégradées en raison d'un décollement d'enduit appliqué sur les voiles béton extérieur. L'expert constate des épaufrures de toute la peinture des façades, à l'exception des façades Nord et rez-de-jardin qui n'ont pas reçu de revêtement de façade et ont été laissées en béton brut. Ces désordres ont été constatés lors d'une réunion de chantier le 27 novembre 2013.
8. Il n'est pas contesté que ces désordres ne sont pas de nature à rendre les ouvrages impropres à leur destination. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 5, que cet enduit, non prévu à l'origine, a été imposé par l'architecte à la société Campenon Bernard pour suppléer à des non-conformités par rapport au plan de calepinage, à une coloration non uniforme, à un défaut de planimétrie, d'une part, et à la présence de fissures sur des parois bétons ainsi que la présence de spectre dû à des armatures non suffisamment enrobées, d'autre part. L'expert constate que si les trois premiers points sont liés à l'esthétique des bâtiments, en revanche les deux derniers sont en rapport avec la pérennité de la structure. Il estime que l'enduit choisi, s'il peut avoir un effet positif sur la pérennité de la structure, n'a, au vu de sa notice technique, pas d'action quant à la conservation des parois et la préservation des aciers mais a seulement une fonction esthétique. L'expert constate d'ailleurs qu'aucun élément ne lui a été communiqué s'agissant de l'insuffisance d'enrobage des parois qui avait été relevée par l'architecte ainsi que par la société Dekra et ne l'a ensuite plus été à la suite de la reprise des façades. Ainsi, il s'infère que le décollement de l'enduit ainsi observé ne porte pas, en l'état, atteinte à la solidité de l'ouvrage mais a seulement des conséquences esthétiques. Dès lors, la responsabilité des constructeurs n'est pas susceptible d'être engagée à raison des désordres liés au décollement de l'enduit des façades sur le fondement de la garantie décennale.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires du centre hospitalier d'Allauch doivent être rejetées.
Sur les appels en garantie :
10. Aucune condamnation n'ayant été prononcée contre le Crédit agricole immobilier promotion, la société GTM Sud et M. D, leurs conclusions en appel en garantie doivent être rejetées
Sur les frais d'expertise :
11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens. ".
12. Il y a lieu de laisser à la charge du centre hospitalier d'Allauch, partie perdante, les frais et honoraires de l'expertise de M A, liquidés et taxés à la somme de 15 436,73 euros TTC par une ordonnance du tribunal du 16 septembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B D, du Crédit agricole immobilier promotion, de la société Dekra Industrial et de la société Garcia ingénierie, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, au titre des frais d'instance non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier d'Allauch la somme de 700 euros chacun au titre des frais exposés par M. D, le Crédit agricole immobilier promotion, la société Dekra Industrial, la société Garcia et la société GTM Sud et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Centre Hospitalier d'Allauch est rejetée.
Article 2 : Les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 15 436,73 euros TTC sont mis à la charge du centre hospitalier d'Allauch.
Article 3 : Le centre hospitalier d'Allauch versera la somme de 700 euros chacun à M. D, au Crédit agricole immobilier promotion, à la société Dekra Industrial, à la société Garcia ingénierie et à la société GTM Sud en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié au centre hospitalier d'Allauch, à M. B D, à Mme E, aux sociétés IGTech, ID-Tique, Alpha-I et Garcia ingénierie au Crédit agricole immobilier promotion, à la société Dekra Industrial, à la société Garcia ingénierie et à la société GTM Sud.
Copie en sera adressée à M. A, expert.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
C. CLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026