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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2007647

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2007647

lundi 3 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2007647
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantLAFFLY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2020 et des mémoires complémentaires enregistrés le 13 janvier 2022, le 12 avril 2022, le 28 avril 2022, le 26 juillet 2022 et le 2 janvier 2023, Mme H et M. A, représentés par Me Poyet, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) à verser à Mme H la somme de 15 000 euros en réparation de son préjudice moral d'impréparation résultant du défaut d'information fautif préalable à l'intervention du 13 juin 2010, et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter de la date de la demande préalable, avec capitalisation à compter de la date de l'enregistrement de la requête ;

2°) de condamner l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser la somme globale de 862 388,40 euros en réparation des préjudices subis par Mme H du fait de l'accident médical non fautif survenu lors de l'intervention du 13 juin 2010, et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter de la date de la demande préalable, avec capitalisation à compter de la date de l'enregistrement de la requête ;

3°) à titre subsidiaire, d'ordonner la désignation d'un expert médical aux fins d'évaluer les besoins en tierce personne temporaire et définitive de Mme H ;

4°) de condamner l'ONIAM à indemniser le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence de M. A à hauteur de 30 000 euros ;

5°) de mettre à la charge de l'AP-HM et de l'ONIAM le remboursement des frais d'expertise judiciaire taxés et liquidés à hauteur de 1 500 euros ;

6°) de mettre à la charge de l'AP-HM et de l'ONIAM une somme de 3 000 euros à verser à Mme H et à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- si l'AP-HM n'a pas commis de faute médicale, elle est responsable d'un défaut d'information fautif en amont de l'intervention du 13 juin 2010, entrainant un préjudice d'impréparation dont Mme H doit obtenir réparation à hauteur de 15 000 euros ;

- la survenue d'un syndrome de la queue de cheval en suite directe de l'intervention du 13 juin 2010 résulte d'un accident médical non fautif qui remplit les critères de gravité et d'anormalité susceptibles d'ouvrir droit à l'indemnisation de ses préjudices au titre de la solidarité nationale par l'ONIAM ;

- Mme H est fondée à solliciter l'indemnisation par l'ONIAM de la totalité de ses préjudices, à savoir : le déficit fonctionnel temporaire total à hauteur de 4 784 euros, le déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 4 588,50 euros, les frais divers à hauteur de 3 207,50 euros, le déficit fonctionnel permanent à hauteur de 100 000 euros, les souffrances endurées à hauteur de 25 000 euros, le préjudice esthétique à hauteur de 20 000 euros, le préjudice d'agrément à hauteur de 30 000 euros, l'incidence professionnelle évaluée à 75 000 euros, le préjudice sexuel à hauteur de 30 000 euros, les dépenses de santé futures à hauteur de 24 469,40 euros établies par un devis, les frais de véhicule adapté à hauteur de 44 388 euros, les frais de logement adapté à hauteur de 8 313,94 euros prenant en compte le renouvellement du fauteuil de douche tous les deux ans, l'assistance par une tierce personne à hauteur de 500 951 euros ;

- son compagnon, M. A, est fondé à solliciter l'indemnisation de son préjudice moral et des troubles subis dans ses conditions d'existence à hauteur de 30 000 euros.

Par un mémoire en intervention enregistré le 7 décembre 2020, la caisse de retraite et de prévoyance des personnels de la SNCF demande le remboursement de ses débours s'élevant à 87 810,26 euros auxquels s'ajoutent une évaluation forfaitaire des dépenses de santé futures à hauteur de 2 157,94 euros.

Par un mémoire en intervention enregistré le 18 juin 2021 et un mémoire complémentaire enregistré le 16 août 2022, la mutuelle Gan assurances demande le remboursement de sa créance s'élevant à 2 162,22 euros s'agissant de la prise en charge de Mme H.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2022, l'AP-HM, représentée par Me Carlini, conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce que les prétentions indemnitaires de la requérante soient réévaluées et à ce que la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit intégralement mise à la charge de l'ONIAM.

Elle soutient que :

- il ressort du rapport d'expertise du Dr C que l'AP-HM n'a commis aucune faute dans la prise en charge de Mme H ;

- si l'expert relève un défaut d'information, il confirme également que la requérante ne disposait pas d'alternative thérapeutique à l'intervention du 13 juin 2010 et qu'elle n'a perdu aucune chance de se soustraire à l'intervention ;

- en conséquence aucun préjudice d'impréparation ne peut lui être imputable dès lors qu'en tout état de cause la prise en charge de Mme H au centre hospitalier de la Timone est intervenu en urgence ;

- si le tribunal venait à reconnaitre sa responsable pour défaut d'information, le préjudice d'impréparation qui en découlerait ne saurait être indemnisé au-delà de 3 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés le 18 janvier 2022, le 12 mai 2022 et le 12 septembre 2022, l'ONIAM, représenté par Me Fitoussi, prend acte de son obligation indemnitaire envers Mme H et sollicite le rejet des conclusions indemnitaires de M. A.

Il soutient que :

- l'évaluation du déficit fonctionnel temporaire total de la requérante doit être revue, dès lors qu'il débute au 17 juin 2010 et que son état de santé a été consolidé au 13 mai 2012 et que sur la base du référentiel il convient de retenir une indemnisation à hauteur de 16 euros par jour ;

- les frais divers d'assistance à expertise peuvent être pris en charge dans la limite de 700 euros ;

- toutefois, les frais d'ergothérapeute à hauteur de 1 407,50 euros résultent d'un choix personnel de la requérante qui intervient huit ans après la date de consolidation et doivent par conséquent être rejetés ;

- l'évaluation du déficit fonctionnel permanent à 35 % par l'expert ne saurait donner lieu à une indemnisation supérieure à 67 151 euros compte tenu de l'âge de la requérante et de sa date de consolidation ;

- les souffrances endurées évaluées à 4,5 sur une échelle de 7 par l'expert ne sauraient donner lieu à une indemnisation supérieure à 11 459 euros sur la base du référentiel ;

- l'indemnisation du préjudice esthétique évalué à 4 sur une échelle de 7 par l'expert ne saurait excéder la somme de 8 281 euros sur la base du référentiel ;

- la demande au titre du préjudice d'agrément lié aux activités sportives antérieures de la requérante sera réduite à de plus justes proportions dans la limite de 10 000 euros ;

- s'agissant du préjudice professionnel la requérante ne justifie pas de la somme sollicitée et ne produit aucun élément sur la réalité de l'exploitation du gîte qu'elle aurait ouvert avec son compagnon M. A ;

- il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel invoqué à hauteur de 5 000 euros dès lors qu'il ne recouvre que le préjudice lié à l'acte sexuel seul ;

- il serait fait une juste appréciation de la prise en charge des frais de véhicule adapté à hauteur de 6 671,83 euros dès lors que la base de renouvellement d'un véhicule doit être de 7 ans et non de 5 ans ;

- s'agissant des frais de logement adapté, la requérante ne produit qu'un devis qui ne permet pas de justifier des frais effectivement engagés pour une douche à l'italienne et des WC adaptés, toutefois seuls les frais de mise en place de la douche sont susceptibles d'être pris en charge à hauteur de 2 379,81 euros, dès lors que les autres demandes ne sont justifiées par aucune pièces ;

- s'agissant de l'assistance par une tierce personne, le rapport d'expertise a écarté de façon circonstanciée cette nécessité, il conviendra de rejeter les éventuelles demandes de la requérante sur ce poste et de rejeter sa demande d'expertise complémentaire ;

- les prétentions indemnitaires de M. A, conjoint de Mme H, sont irrecevables dès lors que le régime d'indemnisation par la solidarité nationale prévu par les dispositions du II de l'article L.1142-1 du code de la santé publique, ne s'applique aux victimes indirectes que lorsque la victime directe est décédée, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;

- la caisse de prévoyance et de retraite des personnels de la SNCF et la mutuelle GAN assurances ne disposent d'aucun recours subrogatoire à l'encontre de l'ONIAM.

Vu :

- l'ordonnance n° 1508714 du 6 janvier 2016 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a désigné le docteur C, neurochirurgien, en qualité d'expert ;

- le rapport d'expertise définitif du Dr C remis au greffe du tribunal le

15 février 2017 ;

- l'ordonnance du président du tribunal administratif de Marseille du 26 avril 2017 taxant les frais d'expertise à hauteur de 1 500 euros et les mettant à la charge de

Mme H.

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des assurances ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme F E,

- les conclusions de M. Gilles Ricard, rapporteur public,

- et les observations de Me Geiger substituant Me Carlini et représentant l'AP-HM.

Considérant ce qui suit :

1. Mme H, née en 1963, a été suivie et traitée pour des douleurs lombaires depuis décembre 2008 à Nancy où elle résidait avant de déménager dans le sud de la France. Elle a fait l'objet de deux interventions chirurgicales pour une hernie discale en L4/L5 en juillet et septembre 2009. C'est dans ce contexte que Mme H a été hospitalisée en urgence à compter du 11 juin 2010 au centre hospitalier de la Timone, dépendant de l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), pour une chirurgie d'exérèse d'une hernie suivie d'une ostéosynthèse arthrodèse L4/L5, en récidive d'une hernie discale avec migration de fragments discaux, réalisée le 13 juin 2010. La requérante a déclenché un syndrome de la queue de cheval immédiatement à la suite de cette intervention se manifestant par des troubles sphinctériens et un déficit en L5 et impliquant une longue période de rééducation. Mme H a dû faire l'objet de quatre nouvelles interventions les 14 mai et 13 juin 2012, puis le 12 décembre 2012 et enfin le 4 février 2013. Elle présente aujourd'hui de lourdes séquelles et notamment, outre un déficit du membre inférieur droit et une sciatalgie droite, une incontinence impliquant des auto-sondages urinaires toutes les 4 heures et des lavements évacuateurs tous les deux jours. La requérante et son compagnon M. A soutiennent qu'ils ont subi plusieurs préjudices, d'une part, du fait d'un défaut d'information fautif imputable à l'AP-HM et, d'autre part, du fait d'un accident médical non fautif réunissant les conditions permettant une prise en charge au titre de la solidarité nationale par l'ONIAM. Les requérants ont adressé deux demandes indemnitaires préalables à l'AP-HM et à l'ONIAM le 22 juillet 2020, reçues respectivement les 27 et 28 juillet suivants. Ils saisissent le tribunal après la naissance de deux décisions implicites de rejet.

Sur la responsabilité de l'AP-HM :

En ce qui concerne l'existence d'une faute médicale :

2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du Dr C remis le 15 février 2017, que l'intervention subie par Mme H le 13 juin 2010, telle que pratiquée, apparaît adaptée à l'état de la patiente, réalisée par un opérateur entraîné, conforme aux données acquises de la science médicale, sans qu'aucune faute médicale, de soins dans l'organisation ou le fonctionnement du service ne puisse être retenue à l'encontre tant du praticien opérateur que du service de l'établissement concerné. Par suite, la responsabilité pour faute de l'AP-HM ne saurait être engagée sur ce terrain.

En ce qui concerne l'existence d'un défaut d'information :

4. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus.() Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. ". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.

5. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le risque de syndrome de la queue de cheval est une grave complication normalement prévisible bien qu'exceptionnelle, survenant dans moins de 5 % des cas, de l'intervention d'arthrodèse. L'expert indique dans son rapport que Mme H n'a pas été suffisamment informée des risques de l'intervention, et l'AP-HM ne produit aucun document écrit permettant d'attester que la requérante ait bien été informée du risque spécifique du syndrome de la queue de cheval encouru. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'il n'existait aucune alternative thérapeutique à la chirurgie, l'existence d'un trouble neurologique faisant du cas de la patiente une indication chirurgicale formelle représentant dans la communauté chirurgicale un des rares cas où ce type de traitement n'entraîne aucune opposition et fait l'objet d'un large consensus. Par suite et ainsi que l'admet la requérante elle-même, le défaut d'information n'a fait perdre à Mme H aucune chance de se soustraire au risque de survenance du syndrome de la queue de cheval qui s'est réalisé.

7. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques encourus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point 6 que Mme H n'a pas bénéficié d'une information suffisante entraînant pour elle un préjudice moral d'impréparation. Il sera fait une juste appréciation de la réparation de ce poste de préjudice en condamnant l'AP-HM à le réparer à hauteur de 3 000 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 juillet 2020 avec capitalisation à compter du 27 juillet 2021.

Sur la responsabilité sans faute et l'indemnisation au titre de la solidarité nationale :

8. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient () au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire ". Et aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; / 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".

9. En premier lieu, il résulte des conclusions du rapport d'expertise du docteur C, d'une part, que l'AP-HM n'a commis aucune faute dans le choix et l'administration des traitements dont a bénéficié la requérante, lors de sa prise en charge au centre de la Timone à partir du 11 juin 2010, et, d'autre part, que le syndrome de la queue de cheval dont elle a été victime, avec notamment une insuffisance sphinctérienne importante, lequel présente un lien de causalité direct et certain avec l'intervention du 13 juin 2010, constitue un accident médical non fautif.

10. En second lieu, il résulte des dispositions du II de l'article L. 1142-1 précité que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage. Pour apprécier le caractère faible ou élevé du risque dont la réalisation a entraîné le dommage, il y a lieu de prendre en compte la probabilité de survenance d'un événement du même type que celui qui a causé le dommage et entraînant une invalidité grave ou un décès.

11. D'une part, en ce qui concerne la condition de gravité, il résulte du rapport d'expertise du Dr C que Mme H est atteinte d'un déficit fonctionnel permanent évalué à 35 % directement corrélé à l'accident médical non fautif, avec association d'un trouble moteur persistant incomplet dans le territoire L5 droit avec des troubles sensitifs, une anesthésie périnéale avec trouble du contrôle sphinctérien urinaire et anal nécessitant le recours à des auto sondages pluriquotidiens et des lavages évacuateurs fréquents. Le critère de gravité posé par les dispositions précitées est, dès lors, rempli. D'autre part, en ce qui concerne l'anormalité du dommage, il résulte également du rapport d'expertise que la survenance du syndrome de la queue de cheval se produit dans moins de 5 % des cas d'intervention chirurgicale pour le traitement des hernies discales, comme dans le cas de Mme H. Le critère d'anormalité posé par les dispositions précitées est, dès lors, également rempli.

12. Il résulte de ce qui précède que Mme H est bien fondée à solliciter l'indemnisation des préjudices résultant de l'accident médical non fautif dont elle a été victime, au titre de la solidarité nationale par l'ONIAM.

Sur l'évaluation des préjudices de Mme H, victime directe :

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

13. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que

Mme H a présenté un déficit fonctionnel temporaire total durant les périodes du

13 juin au 4 décembre 2010 puis du 9 octobre au 10 novembre 2011, soit 204 jours après le retrait de 4 jours de convalescence post-opératoire, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe III, soit 50 %, du 5 décembre 2010 au 8 octobre 2011, soit 13 mois ou 397 jours, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe II de 25 %, du 11 novembre 2011 au

13 mai 2012, soit 6 mois ou 183 jours après déduction du jour de consolidation. Il sera fait une juste évaluation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire de Mme H, en le fixant, sur une base de 13,33 euros par jour, à la somme de 6 000 euros

S'agissant des souffrances endurées :

14. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que

Mme H endure des souffrances évaluées à 4,5 sur une échelle de 1 à 7 comprenant la douleur physique mais également les souffrances psychiques et morales liées à l'accident médical non fautif dont elle a été victime. En l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 10 400 euros.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents :

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

15. Il résulte de l'instruction que Mme H, née le 3 mai 1963, présente un taux de déficit fonctionnel permanent de 35 % en lien exclusif avec l'accident médical non fautif dont elle a été victime le 13 juin 2010. Eu égard à ce taux et à son âge à la date de consolidation de son état de santé le 13 mai 2012, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 69 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique :

16. Il résulte du rapport d'expertise que Mme H présente un préjudice esthétique directement corrélé au geste incriminé, caractérisé par l'existence d'une cicatrice de lombotomie médiane, la nécessité d'utiliser une canne de marche, la nécessité du port d'une orthèse de relèvement au pied droit, et les troubles induits sur le schéma de marche. Ce préjudice a été évalué par l'expert à 4 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de la réparation due au titre de ce poste de préjudice en la fixant à la somme de 7 000 euros

S'agissant du préjudice d'agrément :

17. Mme H établit par la production de deux attestations qu'elle avait une pratique du tennis et du golf à un niveau amateur en compétition durant plusieurs années. L'expert indique que le préjudice d'agrément est constant et total et que Mme H n'est plus en mesure de poursuivre ses activités sportives antérieures du fait des séquelles invalidantes de l'accident médical dont elle a été victime. Toutefois, Mme H présentait une pathologie lombaire antérieure à l'intervention litigieuse du 13 juin 2010. En conséquence, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à un montant de 3 450 euros, en lien avec l'accident médical dont elle a été victime.

S'agissant du préjudice sexuel :

18. L'expert retient un préjudice sexuel dû à des troubles sensitifs vulvo-périnéaux avérés à l'examen clinique et constamment évoqués dans l'évolution de la patiente, entrainant une gêne dans les possibilités d'avoir des relations sexuelles satisfaisantes, ce qui correspond à une seule des trois composantes du préjudice sexuel. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice à hauteur de 9 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des frais de médecin-conseil :

19. Mme H demande le remboursement des frais qu'elle a engagés en s'adjoignant le concours du Dr B et dont elle justifie pour un montant de 1 800 euros au titre de l'assistance à expertise. Par suite, il y a lieu de condamner l'ONIAM à lui verser cette somme au titre des frais exposés pour les besoins de l'expertise. Mme H n'est en revanche pas fondée à solliciter le remboursement des frais d'ergothérapeute qu'elle a engagés et qui ne concourent pas à la solution du litige dès lors que le rapport produit ne distingue pas les conséquences et les préconisations qui en découlent, selon qu'il s'agisse de l'intervention du 13 juin 2010 et de l'accident médical en litige ou des interventions chirurgicales postérieures que Mme H a subies.

S'agissant de l'incidence professionnelle :

20. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que

Mme H n'exerçait pas d'activité professionnelle au moment des faits et que son état actuel, s'il n'est pas compatible avec la reprise sans limitation de n'importe quelle activité professionnelle, reste accessible à un poste en position assise, nécessitant peu de déplacement et proche des toilettes. Mme H soutient que l'accident médical non fautif dont elle a été victime a eu pour conséquence de l'empêcher de développer son activité de gîte touristique avec son compagnon. S'il résulte de l'instruction que les requérants ont effectivement vendu leur propriété située dans le Vaucluse, la requérante n'établit pas la réalité du préjudice d'incidence professionnelle dont elle se prévaut. Par suite, l'intéressée, qui ne justifie par ailleurs d'aucune qualification professionnelle, n'est pas fondée à faire valoir une dévalorisation sur le marché du travail et à en demander l'indemnisation.

S'agissant des dépenses de santé futures :

21. Mme H sollicite l'indemnisation de dépenses de santé futures englobant l'achat de fournitures d'hygiènes, d'une canne, d'un fauteuil électrique de confort, d'un oreiller et d'un coussin de confort. Toutefois, Mme H fonde ses demandes sur les conclusions du rapport qu'elle a sollicité auprès d'un ergothérapeute 8 ans après la date du fait générateur et qui, comme cela a été dit au point 19, ne distingue pas les préconisations qui en découlent, selon qu'il s'agisse de l'intervention du 13 juin 2010 et de l'accident médical en litige ou des interventions chirurgicales postérieures que Mme H a subies. Il résulte de ce qui précède que Mme H n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation de ce poste de préjudice dont le lien de causalité direct et certain avec l'intervention du 13 juin 2010 n'est pas établi.

S'agissant des frais de véhicule adapté :

22. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que les séquelles que présente Mme H nécessitent le recours à un véhicule automobile doté d'une boîte automatique permettant une conduite uniquement avec le pied gauche. La requérante établit que le surcoût lié à l'installation d'un tel dispositif se chiffre à 1 975 euros. Par ailleurs,

Mme H fait valoir un devis de mise en place d'un dispositif d'accélération et de freinage par les mains à hauteur de 5 499 euros, dispositif qui n'apparaît cependant pas indispensable au terme des conclusions de l'expert. Il résulte de ce qui précède que

Mme H est seulement fondée à solliciter l'indemnisation de l'installation de la boîte automatique sur son véhicule à hauteur de 1 975 euros. Ce montant doit être porté à 9 016 euros pour tenir compte de la nécessité de renouveler le véhicule tous les 7 ans avec application d'un taux de capitalisation de rente viagère pour une femme de 60 ans, à la date du présent jugement, de 31,958 sur la base du barème de la gazette du palais pour 2022.

S'agissant des frais de logement adapté :

23. Mme H a produit un devis chiffré à l'appui de ses écritures s'agissant de ses frais de logement adapté, préconisés par l'expert, évalués à un total de 4 612,94 euros dont 2 379,81 euros pour l'aménagement de la douche, 813,33 euros pour l'aménagement des sanitaires et 1 000,44 euros pour la mise en place de cloisons et de portes. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que seul l'aménagement d'une douche à l'italienne, éventuellement avec un fauteuil de douche, apparaît nécessaire. Par ailleurs, si la requérante produit un devis de l'aménagement de ladite douche à l'italienne avec fauteuil, elle n'établit pas la nécessité du renouvellement du fauteuil de douche tous les deux ans. Par suite, Mme H est seulement fondée à obtenir l'indemnisation de ce poste de préjudice à hauteur de 4 612,94 euros.

S'agissant des frais d'assistance par une tierce personne :

24. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que

Mme H est autonome dans la réalisation des actes de la vie courante et que son état ne nécessite pas l'attribution de l'assistance d'une tierce personne, spécialisée ou non, dès lors qu'elle s'administre seule les auto sondages multi quotidiens et les lavements réguliers que ses séquelles impliquent. Il résulte également de l'instruction que la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de Vaucluse lui a attribué une prestation de compensation du handicap d'un montant moyen mensuel de 315,56 euros entre le 1er décembre 2010 et le 20 novembre 2015, puis d'un montant moyen mensuel de 288,35 euros entre le 1er septembre 2014 et le 31 août 2017, puis d'un montant moyen mensuel de 123,09 euros entre le

1er septembre 2017 et le 31 août 2019 et d'un montant moyen mensuel de 113,10 euros du

1er septembre 2019 au 31 décembre 2019. Mme H produit également un justificatif indiquant que la MDPH de Vaucluse lui attribue une prestation de compensation du handicap d'un montant moyen mensuel de 306,41 euros du 1/01/2020 au 31/08/2029, dont un service prestataire d'aide à domicile à hauteur de 13 heures par mois. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation de ce poste de préjudice qui n'est en tout état de cause pas retenu par l'expert.

25. Il résulte de ce qui précède que Mme H est seulement fondée à solliciter l'indemnisation de ses préjudices par l'ONIAM à hauteur de 120 278,94 euros.

26. Mme H a droit, conformément à l'article 1231-6 du code civil, à ce que la somme qui doit lui être payée soit assortie des intérêts à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable présentée à l'ONIAM et reçue le 28 juillet 2020. La capitalisation des intérêts a été demandée dès l'enregistrement de la requête le 7 octobre 2020. Par suite, la demande présentée par l'intéressée tendant à ce que les intérêts dus soient capitalisés doit être accueillie à la date du 28 juillet 2021 pour celle due par l'ONIAM et, à chaque échéance annuelle ultérieure.

Sur les conclusions indemnitaires de M. A, victime indirecte :

27. Les dispositions précitées du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ne prévoient d'indemnisation au titre de la solidarité nationale que pour les préjudices du patient et, en cas de décès, de ses ayants droit. Par suite, ces dispositions excluent, lorsque la victime n'est pas décédée, l'indemnisation des victimes " par ricochet ". Dès lors, les conclusions présentées par M. G A, au titre de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, doivent être rejetées.

Sur les débours de la caisse de prévoyance et de retraite du personnel de la SNCF et de la société de mutuelle GAN Assurance :

28. L'ONIAM, qui prend en charge l'indemnisation des dommages subis au titre de la solidarité nationale, ne peut, en tout état de cause, être condamné à rembourser à la caisse de prévoyance et de retraite du personnel de la SNCF et à la mutuelle GAN Assurances les frais exposés pour le compte de Mme H, dès lors que l'action subrogatoire organisée par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour la caisse de prévoyance et de retraite du personnel de la SNCF, et par l'article L. 121-12 du code des assurances s'agissant de la mutuelle GAN Assurances, ne peut être exercée qu'à l'encontre de l'auteur responsable du dommage. Par suite, les conclusions de ces deux organismes tiers payeurs doivent être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 6 janvier 2016 par le juge des référés du tribunal, taxés et liquidés à hauteur de 1 500 euros par ordonnance du 26 avril 2017, à la charge de l'ONIAM sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme H et non compris dans les dépens.

31. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de l'AP-HM en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge tant de l'ONIAM que de l'AP-HM, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: L'AP-HM versera la somme de 3 000 euros à Mme H en réparation de son préjudice moral d'impréparation, assortie des intérêts au taux légal à compter du

27 juillet 2020, avec capitalisation à compter du 27 juillet 2021.

Article 2 : L'office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales versera la somme totale de 120 278,94 euros à Mme H au titre de la solidarité nationale, assortie des intérêts au taux légal à compter du 28 juillet 2020, avec capitalisation à compter du 28 juillet 2021.

Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros, sont mis à la charge définitive de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Article 4 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales versera à Mme H la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D H, à M. G A, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse de prévoyance et de retraite des personnels de la SNCF et à la mutuelle GAN assurances.

Copie en sera délivrée au docteur I C.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Anne Menasseyre, présidente,

Mme Elisa Fabre, première conseillère,

Mme Ludivine Journoud, conseillère,

Assistées de Mme Ibram, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.

La rapporteure,

signé

L. E La présidente,

signé

A. MENASSEYRE

La greffière,

signé

S. IBRAM

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en cheffe,

La greffière,

N°2007647

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