mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007670 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 8 octobre 2020 et le 13 janvier 2022, M. C A, représenté par la SELARL Lelièvre Saint-Pierre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat et l'office national des accidents médicaux, des affectations iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser une provision de 725 500,72 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception des demandes indemnitaires préalables, après déduction de la provision de 34 770 euros qu'il a déjà perçue ;
2°) d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale complémentaire pour fixer la date de consolidation de son état et déterminer l'étendue de ses préjudices à la suite de l'infection nosocomiale qu'il a contracté le 12 août 2017 à l'hôpital d'instruction des armées de Lavéran ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de l'ONIAM les frais d'expertise taxés et liquidés à hauteur de 2 020 euros et de consigner les frais d'expertise à venir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat et de l'ONIAM une somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- ayant contracté une infection nosocomiale au décours de l'intervention qu'il a subi en urgence à l'hôpital d'instruction des armées de Lavéran le 12 août 2017, il est en droit de prétendre à la réparation intégrale de ses préjudices ;
- une expertise complémentaire est indispensable à la fixation de la date de consolidation de son état de santé, inconnue à ce jour et à l'évaluation de ses préjudices, notamment le déficit fonctionnel permanent permettant de caractériser la gravité de l'infection et le déclenchement d'une indemnisation au titre de la solidarité nationale ;
- il peut prétendre à l'octroi d'une provision complémentaire à hauteur de 725 500,72 euros à valoir sur l'indemnisation définitive de ses préjudices, sous déduction de la provision perçue, correspondant à une somme de 2 700 euros relative aux frais d'assistance à expertise, à une somme de 340 038,72 euros relative aux frais d'assistance par une tierce personne, une somme de 300 000 euros au titre du besoin en logement adapté, une somme de 15 000 euros au titre du préjudice esthétique, une somme de 25 000 euros relative aux souffrances endurées, une somme de 20 000 relative au préjudice d'agrément et une somme de 22 762 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
- ses préjudices économiques et notamment ses pertes de gains professionnels actuels et futurs et son préjudice d'incidence professionnelle devront être déterminés à l'issue de l'expertise médicale complémentaire demandée.
Par un mémoire enregistré, le 16 octobre 2020, la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, représentée par la SCP Vinsonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision à valoir sur ses débours définitifs à hauteur de 92 430,62 euros ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 1 091 euros à valoir sur le montant définitif de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2022, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par la SELARL de la Grange et Fitoussi Avocats, conclut à sa mise hors de cause, à des réserves s'agissant de la mesure d'expertise sollicitée par le requérant et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2022, le ministère des armées conclut à ce que les demandes indemnitaires de M. A soient réduites à de plus justes proportions et à ce que les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône soit rejetées en l'absence d'attestation d'imputabilité.
Par une ordonnance du 6 juillet 2023, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Un mémoire, présenté pour la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes venant aux droits de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, a été enregistré le 20 septembre 2023, après clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu :
- l'ordonnance n° 2003116 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille du 15 juin 2020 ;
- l'ordonnance n° 2007038 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille du 25 février 2021 ;
- le rapport d'expertise enregistré au greffe du tribunal le 27 septembre 2021 ;
- les ordonnances de la présidente du tribunal administratif de Marseille du 23 novembre 2021 taxant et liquidant les honoraires du Dr B et du Dr D à hauteur de 2 020 euros, mis à la charge de M. A.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ludivine Journoud, rapporteure,
- les conclusions de Mme Amélie Lourtet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Boucharat pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A manœuvre maçon alors âgé de 36 ans au moment des faits, a été victime le 11 août 2017 d'un accident de la voie publique à l'origine d'une fracture de la jambe gauche. En traitement de cette fracture, l'intéressé a été opéré en urgence, le 12 août 2017, à l'hôpital d'instruction des armées Lavéran, pour mise en place d'une plaque au niveau du tiers inférieur de la jambe gauche. Ultérieurement, devant la constatation d'un retard de cicatrisation avec lâchage des sutures, M. A a fait l'objet d'une nouvelle hospitalisation dès le 26 septembre 2017 à l'hôpital de la Timone (AP-HM) où a été, le 27 septembre suivant, la réalisation d'une couverture cutanée par lambeau chirurgical, la jambe ayant été stabilisée par un fixateur externe, avec parage des tissus contus de la désunion cicatricielle et lavage. Il a été mis en place un système VAC (vacuum assisted closure) ainsi qu'une antibiothérapie par Tazocilline et Vancomycine. Dans leur rapport, des experts désignés par la commission de conciliation d'indemnisation (CCI) Provence-Alpes-Côte d'Azur ont confirmé qu'une infection nosocomiale était à l'origine des préjudices subis par le requérant fait suite à l'intervention du 12 août 2017. La CCI a émis son avis le 19 septembre 2019. M. A sollicite le versement d'une provision à valoir sur la réparation du préjudice subi consécutif à l'infection nosocomiale dont il a été victime et, dans l'attente d'une expertise complémentaire à celle ordonnée par ordonnance n° 2007038 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille du 25 février 2021, suivie du dépôt, le 6 septembre 2021, du rapport des experts judiciaires.
Sur la réparation :
2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Par ailleurs, aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Enfin, l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique prévoit que : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; (°)"
3. Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial, au sens du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient, et qui n'était, ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment des rapports des docteurs
B et D, experts judiciaires et de l'avis de la CCI Provence-Alpes-Côte-d'Azur et il n'est pas contesté que M. A a contracté une infection nosocomiale dans les suites de l'opération de la jambe gauche réalisée le 12 août 2017 à l'hôpital d'instruction des armées de Lavéran. Les prélèvements effectués le 26 septembre 2017 au sein de l'hôpital de la Timone ont permis d'isoler un staphylocoque doré sensible à l'origine de lourdes complications infectieuses. En outre, cette infection survenue dans le mois suivant la prise en charge de l'intéressé par l'hôpital d'instruction des armées de Lavéran n'était, ni présente, ni en incubation avant ou au début de celle-ci. Enfin, le ministre des armées n'établit aucune autre origine ou aucune cause étrangère permettant d'exonérer ou d'amoindrir sa responsabilité.
Sur les conclusions tendant à l'organisation d'une expertise :
5. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. La mission confiée à l'expert peut viser à concilier les parties ".
6. Eu égard à ce qui a été indiqué, M. A est fondé à soutenir qu'il a contracté une infection nosocomiale au décours de l'opération du 12 août 2017 et ainsi a droit à la réparation intégrale de ses préjudices. Il résulte toutefois de l'instruction et notamment du dernier rapport d'expertise remis le 27 septembre 2021, que l'état de santé de M. A n'était, à cette date, pas consolidé. Par suite, le tribunal n'est pas en mesure de déterminer avec certitude la date de consolidation de l'état de santé du requérant et l'étendue de ses préjudices, notamment permanents, permettant le cas échéant d'ouvrir droit à une indemnisation au titre de la solidarité nationale en fonction de la gravité de l'infection établit par le pourcentage de déficit fonctionnel permanent. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale confiée à un collège d'experts, qui devra comporter un médecin spécialiste en chirurgie orthopédique et un médecin spécialiste en infectiologie, sur ces points, et de réserver, jusqu'en fin d'instance, les droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
7. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini, l'absence de consolidation, impliquant notamment l'impossibilité de fixer définitivement un taux d'incapacité permanente, ne fait toutefois pas obstacle à ce que soient mises à la charge du responsable du dommage les dépenses futures dont il est d'ores et déjà certain qu'elles devront être exposées à l'avenir, ainsi que la réparation de l'ensemble des conséquences déjà acquises de la détérioration de l'état de santé de l'intéressé.
8. Il suit ce qui a été dit précédemment que M. A a contracté une infection nosocomiale au décours d'une intervention qu'il a subi en urgence à l'hôpital d'instruction des armées de Lavéran le 12 août 2017, soit il y a près de six ans. Par ordonnance n° 2003116 du juge des référés du tribunal administratif du 15 juin 2020, l'intéressé a obtenu une provision d'un montant de 34 770 euros.
9. Eu égard aux conclusions des experts judiciaires aux termes de leur dernier rapport déposé le 6 septembre 2021, et à la gravité du dommage subi du fait du délai de guérison de l'infection nosocomiale dont il a été victime, il y a lieu, en l'état de l'instruction, de faire droit à la demande de M. A de manière partielle et de mettre à la charge de l'Etat une indemnité provisionnelle d'un montant de 3 726 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire à 50% dont la période afférente a été réévaluée jusqu'au 31 décembre 2020. En outre, les souffrances endurées évaluées à 4,5 sur une échelle ouvrent droit à une indemnité complémentaire d'un montant de 400 euros. Enfin, M. A justifie avoir engagé des frais d'assistance à l'expertise réalisée le 6 septembre 2021 pour un montant de 2 700 euros. Dès lors, l'Etat est condamné à verser à M. A, la somme de 6 826 euros, à titre de provision.
10. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction le besoin en assistance par une tierce personne, ni la réalité d'un préjudice d'agrément ou de frais de logement adapté. Enfin, les experts dans leur rapport ont néanmoins réservé l'évaluation du préjudice esthétique permanent de M. A. Par suite, en l'absence de justificatif par le requérant permettant de remettre sérieusement en cause les conclusions expertales s'agissant du besoin en assistance par une tierce personne, du préjudice d'agrément et des frais de logement adapté, les conclusions de M. A tendant au versement d'une provision sur ces postes de préjudices ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les intérêts :
11. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.
12. M. A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 6 826 euros à compter du 17 septembre 2020, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par le ministère des armées. Dès lors qu'il a demandé la capitalisation des intérêts dans le cadre de sa requête introductive d'instance enregistrée le 6 octobre 2020, il a droit à la capitalisation des intérêts à compter du 6 octobre 2021 puis à chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur les frais d'expertise :
13. D'une part, en l'absence de date de consolidation et de confirmation du taux de déficit fonctionnel permanent de M. A permettant de déterminer si l'indemnisation de ses préjudices relève le cas échéant de la solidarité nationale, les conclusions du requérant tendant à ce que les frais d'expertise taxés et liquidés à hauteur de 2 020 euros par deux ordonnances de la présidente du tribunal administratif du 23 novembre 2021 soient mis à la charge de l'Etat et de l'ONIAM, ne peuvent, en l'état de l'instruction, qu'être rejetées.
14. D'autre part, en vertu de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. En vertu de l'article R. 761-4 du même code, la liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par une ordonnance du président de la juridiction, après consultation, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué. L'article R. 621-13 du même code dispose que lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Cette ordonnance est ainsi prise après le dépôt du rapport d'expertise. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions de M. A tendant à ce que les frais d'expertise à venir soient consignés, cette demande étant, en l'état, prématurée.
Sur le surplus des conclusions de la CPAM :
15. En l'état de l'instruction, il y a lieu de réserver les conclusions de la CPAM des Hautes-Alpes tendant au versement d'une provision au titre des débours engagés et de l'indemnité forfaitaire de gestion
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 6 826 euros à titre de provision, assortie des intérêts aux taux légal à compter du 17 septembre 2020 avec capitalisation à compter du 6 octobre 2021.
Article 2 : Il sera, avant de statuer sur la requête de M. A, procédé à une expertise médicale confiée à un collège d'experts en présence des parties à l'instance.
Article 3 : Ce collège d'experts sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : Ce collège d'experts, qui devra être composé d'un médecin spécialiste en chirurgie orthopédique et d'un médecin spécialisé en infectiologie, aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
2°) procéder à l'examen médical de M. A, décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur à son admission à l'hôpital des Armées de Laveran, à compter du 12 août 2017, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec les soins dispensés ;
3°) compte tenu de la première expertise déposée le 27 juin 2019 et de la seconde expertise du 6 septembre 2021, préciser la date exacte de consolidation de son état ; indiquer précisément les séquelles en relation directe et exclusive avec l'infection nosocomiale contractée par M. A, déterminer, dans le cas où cette infection ne serait pas la cause directe des préjudices subis mais aurait fait perdre à M. A des chances de les éviter, l'importance de cette perte de chance, en pourcentage, et préciser, notamment, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, la date de consolidation, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de l'intéressé, l'importance des souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel, ainsi que tout autre élément de nature à permettre au Tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par M. A du fait desdits manquements ;
4°) dégager en les spécifiant tous les éléments de préjudice, notamment ceux propres à justifier une indemnisation ; le cas échéant, donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. A, y compris économiques liés à une perte de revenu ou une incidence professionnelle ; s'il y a lieu, évaluer le besoin d'assistance à une tierce personne et dans l'affirmative en définir les conditions, décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap de la victime (dépenses de santé, logement adapté, frais divers, appareillage spécifique, véhicule adapté), en précisant la fréquence de leur renouvellement ;
5°) dire si l'état de M. A est susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration, et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;
6°) indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des dommages subis par la victime.
Article 5 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 7 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 8 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre des armées, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Hautes-Alpes agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Micheline Lopa Dufrénot, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Journoud
La présidente,
signé
M. ELa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre des Armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026