lundi 26 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2007963 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LIZEE PETIT TARLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et un mémoire, enregistrés le 19 octobre 2020 et le 22 août 2022, Mme C B, représentée par Me Tarlet, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille
(AP-HM) à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice résultant de sa prise en charge médicale par l'hôpital de La Timone à compter du 23 février 2020 ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner la désignation d'un expert afin de déterminer le préjudice subi ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Elle a fait l'objet de maltraitances de la part du personnel du service des urgences de La Timone dès lors qu'elle n'a pas été examinée par un médecin alors qu'elle y avait été conduite par les pompiers qui l'avaient retrouvée dévêtue et inconsciente sur la voie publique et qu'elle a été invitée à quitter l'hôpital sans ménagement ; ces faits constituent une atteinte à sa dignité et une absence de soins fautifs dès lors que des analyses toxicologiques et gynécologiques auraient dû être réalisées ;
- elle a droit à être indemnisée de ses préjudices à hauteur de 15 000 euros au titre des traumatismes psychologiques liés à ses conditions de réveil à l'hôpital de La Timone, de ses frais médicaux et de son préjudice d'agrément ; un expert pourra être désigné à titre subsidiaire pour évaluer ses préjudices.
Par un mémoire, enregistré le 2 novembre 2020, la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône informe le tribunal qu'elle n'entend pas intervenir dans l'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2020, l'AP-HM, représentée par Me Deguitre, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à titre subsidiaire au sursis à statuer dans le cas où le tribunal ordonnerait la réalisation d'une expertise.
Elle fait valoir que les fautes alléguées par la requérante ne sont pas établies.
Vu :
- l'ordonnance n° 2008019 du 8 janvier 2021 par laquelle le juge des référés du tribunal a rejeté la demande d'expertise de Mme B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Ricard, rapporteur public,
- et les observations de Me Tarlet, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Victime d'un malaise alors qu'elle participait à une fête privée dans un appartement à Marseille le 23 février 2020, Mme B a été transportée par les marins- pompiers de Marseille au service des urgences de l'hôpital de La Timone à Marseille à 5h30 et en est sortie à 8h45. Estimant que l'hôpital a commis une faute dès lors qu'elle a été invitée à quitter l'hôpital sans ménagement et sans examen médical, Mme B a saisi l'AP-HM d'une demande indemnitaire préalable par courrier reçu le 1er juillet 2020. En l'absence de réponse de l'établissement, elle demande au tribunal de condamner l'AP-HM à l'indemniser de l'ensemble des préjudices ayant résulté de sa prise en charge médicale.
Sur la responsabilité de l'AP-HM :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme B a été conduite, le 23 février 2020, vers 5 heures 30, inconsciente, aux urgences de l'hôpital de la Timone. Si elle soutient qu'elle n'a fait l'objet d'aucun examen médical ni d'aucune analyse toxicologique et gynécologique alors qu'elle aurait pu avoir été droguée et victime d'un viol, il résulte de l'instruction que Mme B, en état d'ébriété, a été secourue par les marins-pompiers au sein d'un appartement situé dans le 6ème arrondissement de Marseille et qu'elle a fait l'objet d'un examen clinique par le service des urgences de l'hôpital de La Timone le 23 février 2020 à 5h32, lequel a mis en évidence un état d'ivresse aigue sans complication, l'absence de stigmate de traumatisme et l'absence de nécessité de procéder à un examen complémentaire. L'intéressée a fait l'objet d'une surveillance simple jusqu'à ce qu'elle soit autorisée à quitter le service à 8h45 alors qu'elle était consciente et capable de s'orienter et de marcher seule. Si Mme B soutient que le personnel médical a cru, à tort, qu'elle était en état d'ébriété alors qu'elle a été, selon elle, droguée et victime ensuite d'un viol, aucun élément du dossier n'établit ces allégations et en particulier la plainte déposée par Mme B au commissariat de police le 30 mai 2020 qui ne concerne que des faits de vol de sa carte bancaire et de ses clés. Enfin, si l'intéressée soutient que le personnel de l'hôpital a été désobligeant avec elle et notamment qu'il ne souhaitait pas lui prêter un vêtement lui permettant de sortir du service en tenue décente, celle-ci reconnait toutefois qu'une blouse lui a été prêtée. Dans ces conditions, l'intéressée n'établit ni que le personnel du service des urgences a manqué à son obligation de respect de sa dignité ni qu'il a commis une faute en s'abstenant de lui prodiguer les soins nécessaires à son état de santé. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, Mme B n'est pas fondée à engager la responsabilité de l'AP-HM.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Josset, présidente,
M. Grimmaud, premier conseiller,
Mme Fabre, première conseillère,
Assistés de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
E. A La présidente,
signé
M. D
La greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au Ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N°2007963
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026