lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2008213 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | HORVAT |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 13 juin 2022, le tribunal a, avant de statuer sur la requête présentée par M. et Mme D C et A, ordonné avant dire droit une expertise médicale.
Le Dr B a déposé son rapport d'expertise le 2 novembre 2022.
Par un mémoire, enregistré le 31 janvier 2024, M. et Mme D, représentés par Me Horvat, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de La Ciotat à verser à Mme D la somme de 29 760 euros à titre de dommages et intérêts ;
2°) de condamner le centre hospitalier de La Ciotat à verser à M. D la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de La Ciotat le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Mme D n'a pas été informée du risque de révision utérine sans anesthésie avant de choisir de refuser l'analgésie péridurale ;
- le centre hospitalier de La Ciotat a commis une faute en refusant de mettre en place une analgésie efficace pour la soulager lors de la réalisation des gestes de révision utérine à la suite de son accouchement le 2 septembre 2018 ;
- le préjudice de Mme D doit être réparé à hauteur de 1 260 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire partiel de 10 % du 1er décembre 2018 au 30 septembre 2020, 10 000 euros au titre des souffrances endurées et 18 500 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent évalué entre 5 et 10 % ;
- le préjudice moral de M. D doit être réparé à hauteur de 5 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 janvier et 19 mars 2024, le centre hospitalier de la Ciotat, représenté par Me Carlini, conclut au rejet de la requête et à ce que les dépens soient mis à la charge des requérants.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La requête a été régulièrement communiquée au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qui n'a pas produit de mémoire.
La caisse primaire d'assurance maladie du Var n'a pas produit de mémoire après la remise du rapport d'expertise.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 7 novembre 2022, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le Dr E B à hauteur de 1 820 euros.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Baverel, substituant Me Carlini, pour le centre hospitalier de la Ciotat.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a été prise en charge au centre hospitalier de La Ciotat pour l'accouchement de son troisième enfant né le 2 septembre 2018, durant lequel elle a présenté, dans ses suites immédiates, une hémorragie de la délivrance conduisant à la réalisation d'une révision utérine sans anesthésie. Imputant à ce geste divers préjudices, les époux D recherchent la responsabilité pour faute du centre hospitalier. Par un jugement du 13 juin 2022, le tribunal a ordonné avant-dire droit une expertise médicale.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Le I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique dispose que : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ". Aux termes de l'article L.1111-2 du même code : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus () ". L'article L.1111-4 du même code dispose que : " Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions concernant sa santé. / Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. () Le médecin a l'obligation de respecter la volonté de la personne après l'avoir informée des conséquences de ses choix et de leur gravité () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme D a bénéficié, le 23 juillet 2018, d'une consultation de pré-anesthésie. Lors de celle-ci, le médecin anesthésiste a constaté un risque d'intubation difficile, Mme D a pu faire état de son souhait de ne pas bénéficier d'analgésie péridurale le jour de l'accouchement, sauf nécessité, dès lors qu'elle n'en avait pas ressenti d'effet lors de son premier accouchement et a pu aborder avec le médecin anesthésiste les éventuelles interventions nécessaires post-partum, notamment la révision utérine, geste nécessaire suite à son deuxième accouchement. A son arrivée en salle de naissance, l'information concernant la possibilité d'une mise en place d'un cathéter de péridurale sans injection de produits anesthésiques en anticipation d'un risque hémorragique accru a été délivrée à Mme D, laquelle n'a pas souhaité ce geste. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à demander l'engagement de la responsabilité du centre hospitalier de la Ciotat au titre d'un manquement à son devoir d'information.
4. En second lieu, il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'hémorragie brutale qui touchait Mme D suite à son accouchement le 2 septembre 2018, avec une perte sanguine très conséquente de l'ordre de 24% du volume sanguin en l'espace de quelques minutes, rendait nécessaire une prise de décision rapide et efficace par la sage-femme, laquelle a dû réaliser en urgence une révision utérine sans attendre une analgésie efficace, analgésie alors limitée à l'inhalation de protoxyde d'azote. Alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que deux révisions utérines aient été réalisée, les requérants ne sont pas fondés à demander l'engagement de la responsabilité pour faute du centre hospitalier de la Ciotat du fait d'un refus de mettre en place une analgésie efficace.
5. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité du Centre hospitalier de la Ciotat n'est pas engagée et que les conditions d'une indemnisation au titre de la solidarité nationale ne sont, en tout état de cause, pas remplies.
Sur la déclaration de jugement commun :
6. Le CNRS, mis en cause, n'a pas produit à l'instance et la caisse primaire d'assurance maladie du Var n'a pas entendu produire à l'instance. Il y a lieu de leur déclarer commun le présent jugement.
Sur les dépens :
7. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge définitive de M. et Mme D, parties perdantes, les frais de l'expertise ordonnée le 13 juin 2022, taxés et liquidés à la somme de 1 820 euros par ordonnance du 7 novembre 2022.
Sur les frais d'instance :
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme D doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise sont mis à la charge définitive de M. et Mme D.
Article 3 : Le présent jugement est déclaré commun au centre national de la recherche scientifique et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie du Var.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D C et A, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var, au centre hospitalier de la Ciotat et au centre national de la recherche scientifique.
Copie en sera adressée au docteur B, expert.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
A. Derollepot
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026