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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2008396

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2008396

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2008396
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantFAYOLLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 octobre 2020 et 28 février 2022, M. A D et Mme C D, représentés par Me Fayolle, demandent au Tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à titre principal, de constater la transaction intervenue le 23 juillet 2020 et de les décharger du surplus de droits, pénalités et majorations au-delà de la somme de 11 700 euros.

2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 20 février 2020 par laquelle l'administration fiscale a rejeté leur réclamation du 23 octobre 2017 et de prononcer la décharge des prélèvements sociaux mis en recouvrement par une décision du 28 septembre 2017.

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la transaction intervenue le 23 juillet 2020 s'oppose à ce que l'intégralité des droits, pénalités et majorations fixés par l'avis de mise en recouvrement du 28 septembre 2017 et confirmés par la décision du 20 février 2020 soient mis à leur charge ;

- l'imposition due au titre du prélèvement forfaitaire et des prélèvements sociaux est infondée dès lors qu'elle constitue une double imposition.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est tardive et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,

- les observations de Me Fayolle pour M. et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme D sont associés de la SARL Mafer créée le 30 avril 2010 et qui exerce une activité d'organisation, de pilotage et de coordination de chantiers ainsi que toutes opérations annexes. Ils ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle, initié par un avis n° 3929 du 26 février 2016, portant sur leurs revenus perçus en 2013 et 2014. A l'issue de cet examen, leur a été notifiée une proposition de rectification en date du 6 décembre 2016, selon la procédure contradictoire, en application de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, pour les rappels en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales et, selon la procédure de taxation d'office, pour les crédits financiers restant injustifiés. Une seconde proposition de rectification leur a été adressée le 16 décembre 2016 par laquelle des rehaussements en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ont été effectués, selon la procédure contradictoire précédemment évoquée, au titre de l'année 2015. Les impositions supplémentaires en résultant ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2017 par les rôles n° 927Z au titre de l'année 2013 pour la somme totale de 50 868 euros et 927A au titre des années 2014 pour la somme de 4 509 euros et 2015 pour la somme de 2 310 euros. La réclamation contentieuse du 23 octobre 2017 formée par les requérants ayant fait l'objet d'une décision de rejet par l'administration fiscale le 20 février 2020, les époux D, demandent au Tribunal, à titre principal, de les décharger du surplus des droits et pénalités au-delà de la somme de 11 700 euros, à titre subsidiaire, de prononcer la décharge du prélèvement forfaitaire et des prélèvements sociaux mis en recouvrement le 28 septembre 2017.

Sur l'existence d'une transaction :

2. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : () 3' Par voie de transaction, une atténuation d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent ne sont pas définitives. ". Aux termes de l'article L. 251 du même livre : " Lorsqu'une transaction est devenue définitive après accomplissement des obligations qu'elle prévoit et approbation de l'autorité compétente, aucune procédure contentieuse ne peut plus être engagée ou reprise pour remettre en cause les pénalités qui ont fait l'objet de la transaction ou les droits eux-mêmes.". Aux termes de l'article 2044 du code civil : " La transaction est un contrat par lequel les parties terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître. ".

3. M. et Mme D soutiennent avoir proposé, conjointement avec la SARL Mafer, dont M. D est le gérant, par un courrier du 15 juillet 2020 adressé à l'administration fiscale, de solder leurs dettes fiscales respectives en demandant à être reconnus seuls débiteurs des prélèvements sociaux en litige, de fixer en conséquence la dette de la société à 9 611 euros et de pouvoir se libérer des sommes en litige par dix paiements mensuels. Il résulte de ce courrier que le conseil des requérants s'étonnait également de l'absence de déduction, dans l'avis de mise en recouvrement qui avait été adressé aux époux D, de la somme de 40 000 euros versée par ces derniers à titre de constitution de garantie. L'administration, dans sa réponse adressée par courriel aux époux D le 23 juillet 2020 s'est bornée à confirmer " la bonne ré-imputation des 40 000 euros versés par M. et Mme D " et a également accordé les délais de paiement sollicités. Cette réponse ne saurait, ainsi que le fait valoir l'administration, être regardée comme constituant une transaction sur la fixation des dettes respectives. Dans ces conditions, M. et Mme D ne peuvent se prévaloir d'aucun droit à bénéficier d'une transaction au-delà de la somme de 11 700 euros.

Sur le bien-fondé des impositions :

4. Aux termes de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale : " I. Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B du code général des impôts sont assujetties à une contribution sur les revenus du patrimoine assise sur le montant net retenu pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, à l'exception de ceux ayant déjà supporté la contribution au titre des articles L. 136-3, L. 136-4 et L. 136-7 : () c) Des revenus de capitaux mobiliers () ".

5. Aux termes de l'article 1600-0 C du code général des impôts : " La contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine est établie, contrôlée et recouvrée conformément aux dispositions de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale. ".

6. Aux termes de l'article 1600-0 G du code général des impôts : " La contribution pour le remboursement de la dette sociale assise sur les revenus du patrimoine est établie, contrôlée et recouvrée conformément à l'article 15 de l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale. ". Aux termes de l'article 15 de l'ordonnance du 24 janvier 1996 susvisée relative au remboursement de la dette sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Il est institué une contribution perçue à compter de 1996 et assise sur les revenus du patrimoine définis au I de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale perçus par les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B du code général des impôts. Sont également soumis à cette contribution les revenus désignés au I bis de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale. () Elle est établie, recouvrée et contrôlée dans les conditions et selon les modalités prévues au III de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale, à l'exception du troisième alinéa ".

7. Aux termes de l'article 1600-0F bis du code général des impôts : " I. - Le prélèvement social sur les revenus du patrimoine est établi conformément aux dispositions de l'article L. 245-14 du code de la sécurité sociale () III. Le taux des prélèvements mentionnés aux I et II est fixé par l'article L. 245-16 du code de la sécurité sociale. ". Aux termes de l'article L. 245-14 du même code " () les dispositions du III de l'article L. 136-6 sont applicables à ce prélèvement. ".

8. Il résulte de l'instruction que l'assemblée générale ordinaire de la société Mafer a décidé, par procès-verbal du 31 mars 2013, la distribution de dividendes d'un montant total de 40 000 euros réparti pour 20 000 euros pour M. D et 20 000 euros pour Mme D au titre de l'exercice clos en juin 2013. Il est constant que ce prélèvement à la source forfaitaire et non libératoire, dont M. et Mme D sont redevables, et qui représente au total un montant de 8 400 euros, alors que seuls 840 euros ont été déclarés ultérieurement par la société, n'a été acquitté, ni par la société Mafer, ni par les requérants. Les époux D ne peuvent ainsi, et en tout état de cause, en déduire que l'imposition au titre des prélèvements sociaux des dividendes perçus en 2013 constituerait une double imposition. Il résulte de ce qui précède que l'administration fiscale a pu, à bon droit, réclamer aux époux D les montants dus au titre des prélèvements sociaux.

Sur les pénalités :

9. Les rectifications afférentes aux prélèvements sociaux étant fondées et aucune transaction n'ayant été conclue, les requérants ne sont pas fondés à demander la décharge, par voie de conséquence, des intérêts de retard réclamés en application de l'article 1727 du code général des impôts, lesquels ont pour objet de compenser forfaitairement le préjudice financier subi par le Trésor du fait de l'encaissement tardif de sa créance, ni des majorations appliquées en vertu des dispositions des articles 1728-1 et 1729 du code général des impôts.

10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale, que les requérants ne sont pas fondés à être déchargés des prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2013, ainsi que des pénalités y afférentes.

Sur les frais du litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse aux époux D la somme que ces derniers demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme C D et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Markarian, présidente,

M. Secchi, premier conseiller,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

L. BLa présidente,

Signé

G. Markarian

La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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