mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2008691 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GASMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 novembre 2020, l'association Amicale Zibeline, représentée par Me Gasmi, demande au tribunal de prononcer le remboursement du crédit d'impôt pour dépenses de recherche dont elle estime qu'elle disposait au titre de l'année 2019 pour un montant de 12 376 euros.
Elle soutient que :
- son activité de recherche et développement présentant un caractère novateur, elle est éligible au crédit d'impôt recherche même si elle est relative au domaine des sciences humaines et sociales ;
- les recherches éligibles au crédit d'impôt recherche peuvent être accomplies indifféremment par des personnes salariées et bénévoles ;
- les temps de recherche effectués par ses techniciens et chercheurs sont suffisamment justifiés pour lui permettre d'obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 6 mai 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 1er septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Amicale Zibeline a pour objet principal l'édition d'un magazine culturel ainsi que de son site de presse et pour activités secondaires l'éducation à la presse, l'organisation de colloques et la modération de débats. Elle a demandé le remboursement d'un crédit d'impôt recherche, prévu par les dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts, afférent à des dépenses engagées au cours de l'exercice clos en 2019, pour un montant de 12 376 euros. L'administration ayant le 10 septembre 2020 rejeté sa réclamation en considérant que ce crédit d'impôt était injustifié tant dans son principe que dans la nature des dépenses que la société a considérées comme éligibles, l'association requérante demande au tribunal de prononcer le remboursement du crédit litigieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 244 quater B du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " II. - Les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : / () / b) Les dépenses de personnel afférentes aux chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés à ces opérations ". Aux termes de l'article 49 septies F de l'annexe III du même code : " Pour l'application des dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts, sont considérées comme opérations de recherche scientifique ou technique : a. Les activités ayant un caractère de recherche fondamentale, qui pour apporter une contribution théorique ou expérimentale à la résolution des problèmes techniques, concourent à l'analyse des propriétés, des structures, des phénomènes physiques et naturels, en vue d'organiser, au moyen de schémas explicatifs ou de théories interprétatives, les faits dégagés de cette analyse ; b. Les activités ayant le caractère de recherche appliquée qui visent à discerner les applications possibles des résultats d'une recherche fondamentale ou à trouver des solutions nouvelles permettant à l'entreprise d'atteindre un objectif déterminé choisi à l'avance. Le résultat d'une recherche appliquée consiste en un modèle probatoire de produit, d'opération ou de méthode. ". Enfin, aux termes de l'article 49 septies G de cette même annexe : " Le personnel de recherche comprend : / 1. Les chercheurs qui sont les scientifiques ou les ingénieurs travaillant à la conception ou à la création de connaissances, de produits, de procédés, de méthodes ou de systèmes nouveaux. Sont assimilés aux ingénieurs les salariés qui, sans posséder un diplôme, ont acquis cette qualification au sein de leur entreprise ".
3. D'une part, il résulte des dispositions précitées qu'ouvrent droit au crédit d'impôt recherche les dépenses de personnel afférentes aux chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés à la réalisation d'opérations de recherche scientifique et technique. Si les recherches dans le domaine des sciences sociales et humaines ne sauraient par principe en être exclues, c'est à la condition que ces recherches présentent un caractère novateur et innovant de nature à constituer le résultat d'une recherche au sens de ces dispositions. D'autre part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si des dépenses sont éligibles au dispositif du crédit d'impôt prévu par les dispositions précitées du code général des impôts.
4. L'association Amicale Zibeline soutient que les travaux de recherche et développement qu'elle a menés en 2019 avaient pour objectif l'identification et le développement d'une innovation technique sur les marchés de la presse culturelle. Toutefois, elle se cantonne à une argumentation de principe tenant à l'éligibilité au dispositif en litige des recherches effectuées dans le domaine des sciences sociales et humaines, sans apporter aucune précision sur la nature et les contours de son projet de recherche, et sur son caractère innovant. Il résulte des quelques éléments versés au dossier par les parties que ce projet apparaît, par ses éléments constitutifs, se rapprocher d'une étude de marché, doublée d'une réflexion sur le positionnement d'un journal qui tenterait de répondre à la question de l'ajustement entre les moyens de diffusion existants pour la presse que sont le papier, le numérique ou les deux possibilités afin de répondre au mieux aux attentes de son lectorat. Ces éléments ne permettent pas de considérer que le projet de l'association Amicale Zibeline présentait un caractère innovant de sorte qu'elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a considéré qu'il ne constituait pas une opération de recherche scientifique ou technique au sens des dispositions précitées de l'article 49 septies F de l'annexe III au code général des impôts.
5. En second lieu, l'association Amicale Zibeline, qui se prévaut du travail de recherche exercée par Mme A admet explicitement que cette dernière exerçait bénévolement pour elle un travail de veille et de rédaction en externe lors de l'année 2019, au cours de laquelle elle était chargée d'enseignement à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence. Ainsi et par définition, elle a nécessairement travaillé à titre gratuit pour la requérante, laquelle n'a pas exposé de dépenses de personnel, correspondant à son temps de travail. Or, il résulte des dispositions précitées du II de l'article 244 quater B du code général des impôts qu'ouvrent droit au crédit d'impôt sollicité les dépenses de personnel afférentes aux chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés à ces opérations, ce qui ne correspond pas au cas de Mme A. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que l'association Amicale Zibeline, qui se borne à indiquer les proratas de temps de travail qu'elle a retenus pour les personnels qui ont participé au projet concerné, et dont elle donne la liste et les missions, aurait produit des documents chiffrés faisant ressortir avec une précision la part effective du temps consacré par chaque salarié au projet de recherche qu'elle estimait éligible. Par suite, et en toute hypothèse le moyen tiré du fait que les recherches éligibles au crédit d'impôt recherche pourraient être accomplies indifféremment par des personnes salariées et bénévoles doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que l'association Amicale Zibeline n'est pas fondée à demander le remboursement de la somme de 12 376 euros au titre du crédit d'impôt recherche de l'année 2019.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Amicale Zibeline est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Amicale Zibeline et à la directrice des finances publiques de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Zarrella, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
A-D B
La présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2008691
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026