jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2008705 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LELIEVRE SAINT-PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 12 novembre 2020,
5 janvier 2022 et 17 mars 2023, Mme D A, représentée par la SELARL Lelièvre et
Saint-Pierre, agissant par Me Lelièvre-Boucharat, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner avant-dire droit une nouvelle expertise médicale contradictoire par désignation d'un collège d'experts pour évaluer l'étendue de ses préjudices ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Briançon et la société Relyens Mutual Insurance, venant aux droits de la SHAM, à lui verser in solidum la somme totale de
1 715 724,39 euros, à parfaire, outre une rente trimestrielle de 18 980 euros à compter de la décision à intervenir jusqu'au 26 août 2036 et une rente trimestrielle au titre de la tierce personne à compter du 27 août 2036 et de manière viagère, cette somme étant à parfaire, et assortie des intérêts à compter de la demande préalable avec capitalisation ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Briançon à lui verser une somme de
20 000 euros à titre de provision sur les aides techniques et domotiques dont elle a besoin ;
4°) de condamner le centre hospitalier de Briançon et la société Relyens Mutual Insurance, venant aux droits de la SHAM, à rembourser les frais d'expertise qui ont été mis à sa charge à hauteur de 2 900 euros ;
5°) de mettre à la charge in solidum du centre hospitalier de Briançon et de la société Relyens Mutual Insurance, venant aux droits de la SHAM, une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute du centre hospitalier de Briançon et de la SHAM son assureur doit être engagée à la suite de la faute dans le geste technique commise par le Dr G durant l'intervention chirurgicale dont elle a fait l'objet le 8 novembre 2012 dans cet établissement ;
- le lien de causalité entre cette faute et les dommages allégués de troubles neurologiques, apparus dans les suites de la chirurgie du 8 novembre 2012, est suffisamment direct et certain et aucune cause exonératoire liée à un état antérieur ne peut lui être opposée ;
- les complications et douleurs qu'elle présente n'existaient pas avant l'intervention du 8 novembre 2012 qui n'était justifiée que par une instabilité chronique et des luxations répétées de l'épaule ;
- il n'y a pas de lien psychologique ou psychiatrique entre les douleurs et son passif de sportif de haut-niveau dès lors qu'elle a mis un terme à sa carrière sportive dès 2008 en changeant d'orientation professionnelle et qu'elle a arrêté toute compétition de judo dès 2005, soit bien avant l'intervention litigieuse ;
- sa demande d'expertise complémentaire est justifiée par le fait que l'expert ne retient que des préjudices temporaires et qu'il convient d'établir ses préjudices permanents ;
- elle sollicite l'indemnisation de ses préjudices temporaires à hauteur de 28 000 euros pour son déficit fonctionnel temporaire, de 51 000 euros pour les souffrances endurées, de
3 000 euros pour le préjudice esthétique temporaire, de 184 860 euros pour les frais d'assistance par tierce personne, de 885,94 euros de frais de santé en reste à charge, de 3 124,72 euros en frais divers, de 29 084,48 euros pour les pertes de gains professionnels actuels ;
- si le tribunal ne désignait pas d'expert, elle sollicite l'indemnisation de ses préjudices permanents à hauteur de 350 000 euros pour son déficit fonctionnel permanent, de 20 000 euros pour son préjudice esthétique permanent, de 15 000 euros pour son préjudice sexuel, de
30 000 euros pour son préjudice d'agrément, de 15 000 euros pour son préjudice d'établissement, de 128 054,50 euros pour son préjudice professionnel, de 120 000 euros pour l'incidence professionnelle, de 28 208,75 euros pour ses frais de véhicule adapté,
- au titre du préjudice professionnel, de la somme de 15 983,76 euros au 1er avril 2023 à compter du 1er octobre 2016 jusqu'à la décision à intervenir et la somme de 112 070,74 euros à parfaire pour l'avenir, de la somme de 246 870 euros au titre de la tierce personne du 8 novembre 2012 au 19 janvier 2018, la somme de 61 880 euros au titre de la tierce personne du 1er octobre 2016 au 19 janvier 2018, et la somme de 394 576 euros du 20 janvier 2018 au
31 mars 2023, outre une rente trimestrielle de 18 980 euros au titre de la tierce personne à compter de la décision à intervenir jusqu'au 26 août 2026 et une rentre trimestrielle au titre de la tierce personne à compter du 27 août 2036 et de manière viagère.
Par un mémoire enregistré le 17 juin 2021, la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes, représentée par la SCP Vonseonneau-Paliès Noy Gauer et Associés, agissant par Me Constans, demande au Tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Briançon et la SHAM, son assureur, à lui verser une provision d'un montant de 48 587,52 euros à valoir sur son indemnisation définitive à venir au titre des débours exposés ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Briançon et la SHAM, son assureur, à verser la somme de 1 098 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnité forfaitaire de gestion ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Briançon et de la SHAM une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2022, le centre hospitalier de Briançon et son assureur, la SHAM, représentés par la SELARL Carlini et associés, agissant par Me Carlini, concluent que l'indemnisation allouée à Mme A ne pourra excéder la somme de 4 550,05 euros et que les débours accordés à la caisse primaire d'assurance maladie des
Hautes-Alpes n'excèdent pas la somme de 4 598,16 euros, à ce que l'indemnité forfaitaire de gestion soit réduite et au rejet du surplus des conclusions de la requérante.
Ils font valoir que :
- la faute commise dans la mise en place d'une vis trop longue lors de l'intervention du 8 novembre 2012 n'a eu que des conséquences limitées ;
- l'indemnisation de la requérante en conséquence ne saurait excéder la somme de 4 550,05 euros correspondant à l'évaluation des préjudices réalisée par l'expert judiciaire désigné ;
- le surplus des conclusions indemnitaires de la requérante doit être rejeté dès lors que seul le centre hospitalier de Briançon est visé par la requête et que sa responsabilité n'est que partielle ;
- la nouvelle demande d'expertise sollicitée par la requérante n'est pas fondée ;
- les débours de la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes ne sauraient excéder la somme de 4 598,16 euros ;
- le montant de l'indemnité forfaitaire de gestion est excessif et ne saurait dépasser
910 euros ;
- les frais de justice sollicités ne sauraient excéder la somme de 1 500 euros.
Vu :
- l'ordonnance n°1601537 du 21 juillet 2016 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a désigné le professeur C exerçant au centre hospitalier Lyon Sud, en qualité d'expert ;
- l'ordonnance n° 1702768 du 16 mai 2017 par laquelle le juge des référés du tribunal a étendu le périmètre de l'expertise à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et au docteur F du centre orthopédique Alpes Annecy ;
- l'ordonnance du 7 février 2018 par laquelle le président du tribunal administratif de Marseille a désigné le docteur B en qualité de sapiteur du Pr C ;
- le rapport d'expertise remis le 23 janvier 2019 ;
- les deux ordonnances du président du tribunal administratif de Marseille du
18 juillet 2019 taxant les frais et honoraires de l'expert le Pr C à hauteur de 2 150 euros et les frais et honoraires de son sapiteur le Dr B à la somme de 750 euros et les mettant à la charge de Mme A ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ludivine Journoud,
- les conclusions de M. Gilles Ricard, rapporteur public,
- les observations de Me Lelièvre-Boucharat, représentant Mme A, et les observations de Me Geiger, substituant Me Carlini, et représentant l'AP-HM et la SHAM.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, née le 6 juillet 1982, qui est une ancienne judoka
semi-professionnelle, a connu plusieurs épisodes de luxation de l'épaule droite à partir de 2004. Après avoir arrêté la pratique du judo en compétition, elle a fait l'objet en 2005 d'une intervention chirurgicale sous arthroscopie de type Bankart, de retente capsulaire. En dépit de cette intervention, Me A connaît des épisodes mensuels de luxation de l'épaule droite. Le 8 novembre 2012, elle est opérée au centre hospitalier de Briançon par le Dr G qui procède à la mise en place d'une butée permettant de réduire l'instabilité de son épaule droite. Toutefois, Mme A se plaint rapidement après cette intervention et, depuis lors, de douleurs et de raideurs croissantes du bras droit, particulièrement invalidantes. Elle a fait ensuite l'objet de quatre interventions chirurgicales, la première consistant en l'ablation d'une vis trop longue de 15 millimètres posée durant l'intervention du 8 novembre 2012. Mme A soutient qu'elle a été victime d'une faute commise durant l'intervention du 8 novembre 2012 lui ayant causé des préjudices dont elle demande réparation au Tribunal après avoir saisi le centre hospitalier de Briançon, d'une demande préalable en indemnisation le 9 septembre 2020.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité et le lien de causalité :
2. D'une part, aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise remis le 23 janvier 2019, qu'en raison de l'instabilité de l'épaule droite de la requérante, le Dr G a réalisé une butée à partir de la coracoïde, a bien assuré le triple verrouillage de l'intervention, la mise en place de la butée ayant pour but de diminuer les possibilités de passage de la tête en bas et en avant et a réalisé une retente capsulaire ainsi qu'un verrouillage musculaire assuré par la bride du coraco-biceps qui vient sangler la partie inférieure du sub-scapulaire. L'expert désigné par le Tribunal relève toutefois que, sur le plan technique, la chirurgie s'est avérée imparfaite en raison d'une vis trop longue pointant de 15 millimètres dans la fosse infra-épineuse et la butée ayant été posée trop bas. Selon l'expert, si le choix thérapeutique est conforme aux règles de l'art et de bonne pratique, l'excès très important de longueur de la vis constitue un élément fautif, que l'expert considère toutefois comme mineur dès lors qu'il s'agit habituellement d'un incident sans conséquence grave si ce n'est qu'il faut enlever la vis douloureuse, qui a été explantée le
16 mai 2013. Si la requérante s'est plainte, à la suite de l'intervention du 8 novembre 2012, d'une grande raideur articulaire associée à des phénomènes douloureux et a ensuite subi d'autres interventions chirurgicales, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la vis n'est pas à l'origine des troubles fonctionnels de la requérante, lesquels résultent selon l'expert d'une arthropathie dégénérative antérieure, déjà visible sur les résultats du scanner réalisé le 15 avril 2013. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit nécessaire de diligenter une nouvelle expertise médicale qui n'apparaît pas utile en l'espèce, qu'en présence d'un état antérieur, sans rapport avec la faute commise, et l'existence d'interventions chirurgicales postérieures, la responsabilité du CH de Briançon ne peut être engagée qu'à raison des seuls dommages directement et uniquement causés par la mise en place d'une vis trop longue, jusqu'à l'ablation effective de celle-ci.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
4. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. En l'espèce, l'expert retient, d'une part, une journée de déficit fonctionnel temporaire total, correspondant au jour de l'intervention en ambulatoire du 16 mai 2013 visant à retirer la vis trop longue, et une période de déficit fonctionnel temporaire partiel à 15% du 17 mai 2013, lendemain de l'intervention, au
5 juin 2013 inclus, soit 20 jours compte-tenu de la date de consolidation fixée au 6 juin 2013. En référence au barème de l'ONIAM, et sur la base d'un déficit fonctionnel temporaire évalué entre 300 et 500 euros par mois, soit environ 13,33 euros par jour, il convient d'évaluer ce poste à la somme de 53 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
5. Les souffrances endurées par Mme A sont évaluées à 2 sur une échelle de 7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce poste à hauteur de 1 800 euros en référence au barème de l'office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
S'agissant des frais divers :
6. Mme A sollicite le remboursement de frais divers et notamment des frais de constitution de son dossier médical et de reprographie, lesquels sont établis par la production de justificatifs et directement en lien avec le litige en cause à l'exception des frais de cartouches d'encre. Elle sollicite également le remboursement des frais de déplacement aux réunions d'expertises et aux rendez-vous avec son médecin-conseil dument justifiés également. Par suite, le CH de Briançon versera à la requérante une somme de 1 840 euros en remboursement des frais divers allégués sur la base des justificatifs produits.
S'agissant des frais d'assistance à expertise :
7. Mme A établit ses frais d'assistance à expertise auprès du Dr E par la production de quatre factures acquittées. Par suite, le CH de Briançon versera à Mme A la somme de 6 180 euros en remboursement de ces frais dument justifiés.
S'agissant des autres postes de préjudices allégués :
8. Si Mme A invoque d'autres postes de préjudices, il résulte toutefois de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'expert ne retient que des préjudices temporaires, dont l'étendue de la réparation est limitée à la seule faute imputable au CH de Briançon dès lors qu'en présence d'un état antérieur et des interventions chirurgicales postérieures, les postes de préjudices invoqués, à les supposer établis, ne sont pas liés à la faute imputable au CH de Briançon. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à l'indemnisation de ses préjudices liés au déficit fonctionnel permanent, au préjudice esthétique permanent, au préjudice sexuel, au préjudice d'agrément, au préjudice d'établissement, aux divers préjudices économiques et professionnels, aux frais de véhicule adapté et à l'assistance par une tierce personne avant et après sa consolidation et notamment des frais de déplacements, ne peuvent qu'être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à solliciter la condamnation du CH de Briançon et solidairement de la SHAM, son assureur, au versement de la somme de 9 873 euros en réparation des seuls préjudices imputables à la faute retenue à l'encontre de l'établissement hospitalier.
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
10. Mme A sollicite le versement d'une provision de 20 000 euros à valoir sur les aides techniques et domotiques dont elle aurait besoin compte tenu de son atteinte au bras droit. Toutefois, l'expert dans son rapport ne retient aucune aide de ce type, qui ne sont d'ailleurs pas justifiées par la requérante et dont le lien de causalité avec la faute retenue à l'encontre du centre hospitalier de Briançon n'est ni direct ni certain. Par suite, les conclusions de Mme A tendant au versement d'une provision à hauteur de 20 000 euros ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
11. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil alors en vigueur : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire. " ;
12. Mme A a demandé le versement des intérêts au taux légal à compter de sa demande préalable. Elle a droit, conformément à l'article 1231-6 du code civil, à ce que la somme qui doit lui être versée soit assortie des intérêts à compter de la réception de la demande indemnitaire préalable présentée au centre hospitalier de Briançon soit le 24 octobre 2020.
13. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée lors de l'enregistrement de la requête le 12 novembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du
24 octobre 2021 et, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle.
Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes :
En ce qui concerne les débours de la caisse :
14. La caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes demande le versement de la somme totale de 48 857,52 euros. Toutefois, et dès lors que la responsabilité du centre hospitalier de Briançon n'est engagée, ainsi qu'il a été dit précédemment, qu'à raison de la mise en place d'une vis trop longue, seule l'intervention consistant en l'ablation de cette vis réalisée le 16 mai 2013 doit être prise en compte dans les débours de la Caisse. Compte-tenu de ce qui précède et la consolidation de Mme A étant fixée au 6 juin 2013, il y a lieu de mettre solidairement à la charge du centre hospitalier de Briançon et de la SHAM, son assureur, la somme globale de 4 598,16 euros correspondant aux frais hospitaliers du 16 mai 2013 au
6 juin 2013, à hauteur de 3 922,76 euros, ainsi que les indemnités journalières sur la même période à hauteur de 675,40 euros.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
15. En application de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale, le montant maximum de l'indemnité a été porté à 1 162 euros. En l'espèce, compte-tenu du remboursement obtenu, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Briançon et la SHAM, son assureur, à verser solidairement à la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes cette indemnité à hauteur de 1 162 euros.
Sur les dépens :
16. Les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 2 900 euros par deux ordonnances de la présidente du tribunal administratif de Marseille du 18 juillet 2019. Dans les circonstances de l'espèce, il convient de mettre les frais d'expertise à la charge définitive du centre hospitalier de Briançon et de la SHAM, son assureur.
Sur les frais du litige :
17. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du centre hospitalier de Briançon et de la SHAM son assureur, d'une part, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens, d'autre part, une somme de 800 euros au titre des frais exposés par la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Briançon et la société hospitalière d'assurance mutuelle, son assureur, sont solidairement condamnés à verser à Mme A la somme 9 873 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter du 24 octobre 2020 et de la capitalisation des intérêts à compter du 24 octobre 2021 et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Article 2 : Le CH de Briançon et la SHAM, son assureur, sont solidairement condamnés à verser à la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes la somme de 4 598,16 euros au titre des débours qu'elle a engagés ainsi qu'une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 3 : Les frais d'expertise d'un montant de 2 900 euros sont mis à la charge définitive du CH de Briançon et de la SHAM.
Article 4 : Le CH de Briançon et la société hospitalière d'assurance mutuelle verseront solidairement à Mme A une somme de 1 500 euros et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes une somme de 800 euros en application de l'article L. 761 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, au centre hospitalier de Briançon, à la société hospitalière d'assurances mutuelles et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes.
Copie en sera adressée aux docteurs C et B.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ghislaine Markarian, présidente,
Mme Elisa Fabre, première conseillère,
Mme Ludivine Journoud, conseillère,
Assistées de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
signé
L. JOURNOUD
La présidente,
signé
G. MARKARIANLa greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
N°2008705
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026