jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2008982 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MANENTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 novembre 2020, M. A B et Mme D B, représentés par Me Manenti, demandent au tribunal:
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017 et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la surface de l'appartement dont ils sont propriétaires a été incorrectement établie par l'administration et ne correspond pas à sa surface réelle ;
- le montant du loyer appliqué était en réalité inférieur au seuil légal des loyers de la catégorie, en zone B 2 et ils étaient fondés à déduire de leur revenu imposable les amortissements de leur appartement ;
- les années vérifiées doivent faire apparaître des déficits de revenus fonciers reportables, du fait de la réintégration des amortissements de leur appartement à partir de l'année 2009 ;
- ils étaient fondés à déduire des mêmes revenus la taxe d'enlèvement des ordures ménagères dès lors qu'ils n'avaient pu la mettre à la charge de leurs locataires ;
- les remboursements de frais professionnels tels que les repas en escale, transport, essence, blanchissage, chaussures, indemnités kilométriques et découchés en escales ne constituent pas des salaires ;
- le montant des salaires annuels perçus par M. B et retenu par l'administration au titre de l'année 2017 diffère de celui communiqué par son employeur, la compagnie aérienne Corsair ;
- le coût de la main d'œuvre relative à l'installation d'une pompe à chaleur en 2017 ne devait pas être déduit du crédit d'impôt pour la transition énergétique auquel ils pouvaient prétendre.
Par un mémoire, enregistré le 1er avril 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zarrella, rapporteur,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique,
- et les observations de Me Manenti, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et Mme D B ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre des années 2015, 2016 et 2017. À l'issue du contrôle, une proposition de rectification leur a été notifiée le 30 novembre 2018. L'administration a remis en cause les amortissements déduits de leurs revenus fonciers pour un appartement dont ils sont propriétaires à Salon-de-Provence acquis le 23 juin 2008 dans le cadre du dispositif loi C " recentré ", ainsi que les déficits fonciers en résultant, a également exclu des charges déductibles déclarées par les requérants la taxe d'enlèvement des ordures ménagères sur les années vérifiées, et a réintégré à ses salaires les remboursements de frais professionnels perçus par M. B, dans le cadre de sa profession de pilote de ligne. À la suite de leurs observations, les rectifications ont été maintenues partiellement par réponse aux observations du contribuable le 25 septembre 2019. M. et Mme B demandent la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles leur foyer fiscal a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne les revenus fonciers des années 2015, 2016 et 2017 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 31 du code général des impôts : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : () h) Pour les logements situés en France, acquis neufs ou en l'état futur d'achèvement entre le 3 avril 2003 et le 31 décembre 2009, et à la demande du contribuable, une déduction au titre de l'amortissement égale à 6 % du prix d'acquisition du logement pour les sept premières années et à 4 % de ce prix pour les deux années suivantes. La période d'amortissement a pour point de départ le premier jour du mois de l'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. / () / Le bénéfice de la déduction est subordonné à une option qui () comporte l'engagement du propriétaire de louer le logement nu pendant au moins neuf ans à usage d'habitation principale à une personne autre qu'un membre de son foyer fiscal. () Cet engagement prévoit, en outre, que le loyer ne doit pas excéder un plafond fixé par décret. () / Le revenu net foncier de l'année au cours de laquelle l'un des engagements définis au présent h n'est pas respecté est majoré du montant des amortissements déduits. (). Le présent h s'applique aux logements situés dans des communes classées dans des zones géographiques se caractérisant par un déséquilibre entre l'offre et la demande de logements. Un arrêté des ministres chargés du budget et du logement, révisé au moins tous les trois ans, établit le classement des communes par zone ". Aux termes de l'article 2 terdecies B de l'annexe III au code général des impôts, dans sa version applicable à la date d'achèvement du bien : " Pour l'application du troisième alinéa du h du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts, les plafonds de loyer mensuel, charges non comprises, sont fixés, pour les baux conclus en 2008, à 21,02 euros par mètre carré en zone A,14,61 euros en zone B 1,11,95 euros en zone B 2 et 8,76 euros en zone C. Les plafonds sont relevés chaque année, au 1er janvier, selon les mêmes modalités que les plafonds de loyer prévus à l'article 2 duodecies. / Pour l'application du présent article, les zones A, B 1, B 2 et C sont définies par arrêté des ministres chargés du budget et du logement. La surface à prendre en compte pour l'appréciation du plafond de loyer est la même que celle prévue pour l'application de l'article 2 duodecies. ". Il ne résulte ni des dispositions du h) du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts, ni d'ailleurs d'aucune autre disposition législative ou réglementaire, que le bénéfice du dispositif d'amortissement dit " C recentré ", soit subordonné à un montant minimum du loyer du bien donné en location.
3. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version applicable à l'espèce : " La surface et le volume habitables d'un logement doivent être de 14 mètres carrés et de 33 mètres cubes au moins par habitant prévu lors de l'établissement du programme de construction pour les quatre premiers habitants et de 10 mètres carrés et 23 mètres cubes au moins par habitant supplémentaire au-delà du quatrième. / La surface habitable d'un logement est la surface de plancher construite, après déduction des surfaces occupées par les murs, cloisons, marches et cages d'escaliers, gaines, embrasures de portes et de fenêtres ; le volume habitable correspond au total des surfaces habitables ainsi définies multipliées par les hauteurs sous plafond. / Il n'est pas tenu compte de la superficie des combles non aménagés, caves, sous-sols, remises, garages, terrasses, loggias, balcons, séchoirs extérieurs au logement, vérandas, volumes vitrés prévus à l'article R*. 111-10, locaux communs et autres dépendances des logements, ni des parties de locaux d'une hauteur inférieure à 1,80 mètre. ". Aux termes des articles R. 353-16 et R.331-10 de ce code : " (). La surface utile est égale à la surface habitable du logement, telle qu'elle est définie à l'article R. 111-2, augmentée de la moitié de la surface des annexes définies par un arrêté du ministre chargé du logement. (). "
4. Pour remettre en cause les amortissements pratiqués au titre des dispositions précitées, l'administration a relevé que la comparaison entre le loyer auquel l'appartement a été loué en 2008, soit 662 euros, et le loyer maximal théorique calculé à partir du prix au m² et de la surface habitable, soit 634,42 euros démontrait que les propriétaires n'avaient pas respecté le plafond de loyer prévu par le dispositif dit " C recentré ". Il résulte de l'instruction que M. et Mme B ont acquis, le 23 juin 2008, un appartement en état futur d'achèvement situé boulevard Louis Pasquet, Résidence Les comtes de Provence, dans la commune de Salon de Provence, en zone B 2. Il est constant que ce bien, achevé le 1er août a été donné en location à la date du 15 août 2008. La surface à prendre en compte pour l'appréciation du plafond de loyer s'entend de la surface habitable en vertu des dispositions précitées de l'article R.111-2 du code de la construction et de l'habitation, augmentée de la moitié, dans la limite de 8 mètres carrés par logement, de la surface des annexes mentionnées aux articles R. 353-16 et R. 331-10 du même code cités au point précédent. Il ressort du relevé de surface, établi par la société Athome Diagnostics immobiliers, produit par les requérants que la surface habitable de l'appartement, établie conformément aux dispositions précitées s'élève à 48,57 m², à laquelle doit s'ajouter la moitié des surfaces annexes. L'administration précise, sans être contredite, qu'elle a rajouté, dans le calcul de la surface utile, la loggia alors même que l'acte d'acquisition mentionnait une terrasse qui ne devait pas être retenue dans ce calcul. Il en ressort une surface utile s'élevant à 53,09 m², correspondant à 48,57 m² de surface habitable, auxquels s'ajoute la moitié des surfaces annexes de 9,04 m², soit 4,52 m². En se bornant à produire un plan intitulé " relevé des cotes réelles ", faisant état d'une surface réelle de l'appartement de 55,49 m², dont la méthode de calcul n'est pas précisée, et en soutenant que le relevé des cotes devait être établi en 2008 selon la loi Carrez, laquelle est inapplicable à l'espèce dès lors qu'elle concerne les seules ventes de biens immobiliers, avec une marge d'erreur de l'ordre de 5 %, les requérants ne démontrent pas que la surface utile retenue par l'administration pour déterminer le montant du prix au mètre carré de la location et le comparer au plafond règlementaire serait erronée.
5. En deuxième lieu le service vérificateur a considéré, par la proposition de rectification du 27 novembre 2018, que, compte tenu d'une surface utile de 53,09 m² et d'un loyer mensuel de 662 euros le montant du loyer s'élevait à 12,47 euros par mètre carré, alors que le plafond de loyer mensuel, charges non comprises en zone B 2, s'élevait à 11,95 euros par mètre carré, pour les baux conclus en 2008, selon les dispositions précitées de l'article 2 terdecies B de l'annexe III au code général des impôts applicables à l'espèce. Si M. et Mme B soutiennent que l'administration ne se fonde que sur un seul contrat de location alors que huit contrats se seraient succédés jusqu'à la date de leur requête, les obligeant à réduire le montant du loyer, ils ne le démontrent par la production d'aucun document. Ils ne démontrent pas davantage, par la seule production d'un tableau, faisant état des différentes surfaces de l'appartement retenues et des montants de loyers qui se seraient succédés de 2008 à 2017, que le montant du loyer était déjà inférieur au plafond légal dès 2008, et qu'ils ont subi des pertes mensuelles de l'ordre de 60 à 80 euros, de surcroît estimées à partir du calcul de la surface de leur appartement effectuée par les requérants. Dans ces conditions, et alors que le dispositif dont ils se prévalent suppose que le montant du loyer soit inférieur au plafond fixé par les textes sur l'ensemble de la période concernée, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause la déduction des amortissements prévus par le dispositif C recentré.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé eu égard aux propriétés et aux capitaux que possèdent les membres du foyer fiscal désignés aux 1 et 3 de l'article 6, aux professions qu'ils exercent, aux traitements, salaires, pensions et rentes viagères dont ils jouissent ainsi qu'aux bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles ils se livrent, sous déduction : I. - Du déficit constaté pour une année dans une catégorie de revenus ; si le revenu global n'est pas suffisant pour que l'imputation puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté successivement sur le revenu global des années suivantes jusqu'à la sixième année inclusivement. Toutefois, n'est pas autorisée l'imputation : () / 3° Des déficits fonciers, lesquels s'imputent exclusivement sur les revenus fonciers des dix années suivantes ; (). L'imputation exclusive sur les revenus fonciers n'est pas non plus applicable aux déficits fonciers résultant de dépenses autres que les intérêts d'emprunt. L'imputation est limitée à 10 700 €. La fraction du déficit supérieure à 10 700 € et la fraction du déficit non imputable résultant des intérêts d'emprunt sont déduites dans les conditions prévues au premier alinéa.
7. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un contribuable entend imputer, en vertu des dispositions du I de l'article 156 du code général des impôts, sur les revenus d'une année déterminée, un solde déficitaire déclaré par lui au titre d'années antérieures couvertes par la prescription, l'administration est en droit d'étendre à ces années son pouvoir de vérification. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'administration ne pouvait imputer les rehaussements opérés sur l'intégralité des amortissements déduits depuis l'année 2009 sur les déficits fonciers.
En ce qui concerne la déduction de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères des revenus fonciers des années 2015 à 2017 :
8. Aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. " Aux termes de l'article 29 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles 33 ter et 33 quater, le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location, est constitué par le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires. Les subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles sont comprises dans le revenu brut. Il n'est pas tenu compte des sommes versées par les locataires au titre des charges leur incombant. () ". Aux termes de l'article 31 de ce code : " I. - Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : () a ter) Le montant des dépenses supportées pour le compte du locataire par le propriétaire dont celui-ci n'a pu obtenir le remboursement, au 31 décembre de l'année du départ du locataire ; () ". Aux termes de l'article 1523 du code général des impôts, relatif à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères : " La taxe est imposée au nom des propriétaires ou usufruitiers et exigible contre eux et leurs principaux locataires ". Il résulte également des termes de l'annexe III du décret n° 87-713 du 26 août 1987 pris en application de l'article 18 de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 tendant à favoriser l'investissement locatif, l'accession à la propriété de logements sociaux et le développement de l'offre foncière et fixant la liste des charges récupérables que la taxe d'enlèvement sur les ordures ménagères figure au nombre des impositions et redevances récupérables par le bailleur auprès de son locataire. Cette taxe est une charge déductible pour la détermination des revenus fonciers du propriétaire si celui-ci n'a pu en obtenir le remboursement auprès du locataire au 31 décembre de l'année de son départ. Il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et par suite du caractère déductible des charges de la propriété qu'il entend déduire de ses revenus fonciers, en produisant des pièces justificatives permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.
9. M. et Mme B n'établissent pas avoir été dans l'impossibilité de récupérer les taxes en cause auprès de leurs locataires, ni même l'absence de location à la suite du départ d'un locataire en 2015. Par suite, l'administration était fondée à remettre en cause les montants de taxe sur les ordures ménagères déduits au titre des années 2015, 2016 et 2017.
En ce qui concerne le montant des traitements et salaires et les frais réels au titre des années 2015, 2016 et 2017 :
10. Aux termes de l'article 12 du code général des impôts : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année. ". Aux termes de l'article 81 du même code : " Sont affranchis de l'impôt; 1°: les allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi et effectivement utilisées conformément à leur objet. (). ". Aux termes du 1 de l'article 13 de ce code : " 1. Le bénéfice ou revenu imposable est constitué par l'excédent du produit brut, y compris la valeur des profits et avantages en nature, sur les dépenses effectuées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu. " Aux termes de l'article 83 de ce code : " Le montant net du revenu imposable est déterminé en déduisant du montant brut des sommes payées et des avantages en argent ou en nature accordés : () / 3° Les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi lorsqu'ils ne sont pas couverts par des allocations spéciales. ().". Selon les dispositions de l'article 170 du code général des impôts : " 1. En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, toute personne imposable audit impôt est tenue de souscrire et de faire parvenir à l'administration une déclaration détaillée de ses revenus et bénéfices, de ses charges de famille et des autres éléments nécessaires au calcul de l'impôt sur le revenu (). / Lorsque le contribuable n'est pas imposable à raison de l'ensemble de ses revenus ou bénéfices, la déclaration est limitée à l'indication de ceux de ces revenus ou bénéfices qui sont soumis à l'impôt sur le revenu. "
11. Il résulte de ces dispositions que les salariés qui appartiennent aux professions mentionnées au 3° de l'article 83 ne peuvent bénéficier de la déduction supplémentaire prévue à leur profit que dans la mesure ou les frais particuliers dont elle est destinée à tenir compte ne sont pas déjà couverts par des allocations spéciales affranchies de l'impôt en application du 10 de l'article 81 ou ne sont pas directement pris en charge par l'employeur ou par des tierces personnes. Dans le cas où ces frais font, en tout ou en partie, l'objet d'une telle prise en charge, et à condition qu'ils soient de la même nature que ceux que la déduction supplémentaire a pour objet de couvrir, ils doivent être retranchés de la somme qui est obtenue en appliquant le taux de la déduction supplémentaire au revenu brut des contribuables intéressés, diminué préalablement de la déduction de 10 %. Seul l'excèdent éventuel de cette somme sur les frais pris en charge par l'employeur ou par les tiers peut être déduit du revenu brut pour le calcul du revenu net.
12. Il résulte de l'instruction qu'en réponse à la demande de justificatifs du service du 2 octobre 2018, M. B a déclaré avoir perçu les sommes de 6 283 euros, 4 492 euros et 3 444 euros correspondant aux découchés en escale au titre des années 2015, 2016 et 2017. Il ressort également des déclarations annuelles de salaires délivrées par son employeur, la compagnie aérienne Corsair, qu'il a perçu des remboursements de frais professionnels pour des montants de 3 451 euros, 3 943 euros et 2 590 euros respectivement au titre des années 2015, 2016 et 2017. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées des articles 81 et 83 du code général des impôts que le contribuable peut procéder à la déduction de ses frais réels, dès lors que ceux-ci n'étaient pas déjà couverts par les allocations spéciales perçues par le salarié, dans le but d'éviter une double déduction. Ainsi, lorsqu'il opte pour la déduction des frais réels, le contribuable se doit de réintégrer à ses salaires les allocations pour frais d'emploi qu'il a perçues de son employeur, notamment les indemnités forfaitaires et les remboursements sur justificatifs. En l'espèce, le service vérificateur a considéré que, dès lors que M. B avait demandé à bénéficier de la déduction des frais réels, il aurait dû déclarer en traitements et salaires, non seulement son salaire imposable mais encore le versement de ces primes et indemnités, ainsi que la somme correspondant à ses découchés en escales, soit au total 171 209 euros. Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration a réintégré à tort dans la base de ses salaires imposables les indemnités de nuitées et les remboursements de frais professionnels perçus au titre des années vérifiées.
13. Par ailleurs, ainsi que le fait valoir l'administration, seul un justificatif de l'employeur permettrait de rectifier le montant des salaires perçus par M. B au titre de l'année 2017. En l'absence de production d'un document de cette nature, l'administration était fondée à maintenir la base de salaires imposables que la société Corsair lui a déclarée, en l'occurrence la somme de 131 545 euros. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la somme de 131 397 euros, correspondant au montant net imposable figurant sur la déclaration annuelle de salaires de l'année 2017 qu'ils produisent à l'instance, est à substituer à celle déclarée à l'administration par la société Corsair.
En ce qui concerne les dépenses exposées pour la transition énergétique dans l'habitation principale au titre de l'année 2017 :
14. Aux termes du c de l'article 200 quater du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt sur le revenu au titre des dépenses effectivement supportées pour la contribution à la transition énergétique du logement dont ils sont propriétaires, locataires ou occupants à titre gratuit et qu'ils affectent à leur habitation principale. / À la condition que le logement soit achevé depuis plus de deux ans à la date de début d'exécution des travaux, ce crédit d'impôt s'applique : () / c) Aux dépenses, payées entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2017, au titre de l'acquisition : () / 3° De pompes à chaleur, autres que air/air, dont la finalité essentielle est la production de chaleur ou d'eau chaude sanitaire, ainsi qu'au coût de la pose de l'échangeur de chaleur souterrain des pompes à chaleur géothermiques ; () / 1 ter. Les dépenses d'acquisition d'équipements, de matériaux ou d'appareils mentionnés au 1 n'ouvrent droit au crédit d'impôt que si elles sont facturées par l'entreprise : a) Qui procède à la fourniture et à l'installation des équipements, des matériaux ou des appareils ; b) Ou qui, pour l'installation des équipements, des matériaux ou des appareils qu'elle fournit ou pour la fourniture et l'installation de ces mêmes équipements, matériaux ou appareils, recourt à une autre entreprise, dans le cadre d'un contrat de sous-traitance régi par la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance. (). / 3. Le crédit d'impôt s'applique pour le calcul de l'impôt dû au titre de l'année du paiement de la dépense par le contribuable. "
15. Il résulte des dispositions précitées du c. du 1 de l'article 200 quater du code général des impôts, éclairées par les travaux parlementaires qui ont précédé leur adoption, et de l'article 18 bis de l'annexe IV à ce code que le crédit d'impôt institué par l'article 200 quater est limité au coût des seuls équipements de production d'énergie, à l'exclusion de leurs accessoires et de la main d'œuvre correspondant à leur pose.
16. Il résulte de l'instruction que les requérants ont fait installer, dans leur habitation principale, une pompe à chaleur pour un montant total de 8 482 euros TTC dont 6 289 euros TTC concernaient le seul équipement, au vu de la facture du prestataire Fabrice Carbonnel en date du 6 avril 2017. Par suite, conformément aux dispositions précitées, les requérants ne sont pas fondés à demander la réintégration du coût de la main d'œuvre dans la base du crédit d'impôt accordé en raison de l'installation dans leur résidence principale d'une pompe à chaleur en 2017.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à Mme D B et à la directrice des finances publiques de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Zarrella, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
A-D Zarrella
La présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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