mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2009760 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BELAHOUANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2020, Mme A B, représentée par Me Belahouane, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de pension du 31 août 2020 en tant qu'il refuse de lui accorder une rente d'invalidité ;
2°) d'annuler la décision du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 13 octobre 2020 rejetant son recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 17 août 2020 portant admission à faire valoir ses droits à retraite, à compter du 1er septembre 2016, en tant qu'il refuse de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de réexaminer sa situation administrative dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinq cents euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 13 octobre 2020 ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées en fait ;
- l'auteur de la décision du 13 octobre 2020 s'est approprié les motifs des avis rendus par les médecins agrées et s'est cru à tort lié par les avis rendus par la commission de réforme ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors les pathologies dont elle souffre sont imputables au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2021, le service des retraites de l'Etat conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2023, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Belahouane représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, titularisée dans le corps des instituteurs le 22 janvier 1990, puis dans celui de professeur des écoles le 19 mai 2009, exerçait ses fonctions d'enseignante en classe élémentaire dans une école publique à La Ciotat. Son état de santé s'étant dégradé, le comité médical départemental a estimé, le 7 juin 2017, que l'intéressée, qui présentait une surdité avec perte de 70 % de son audition et souffrait d'un syndrome anxio-dépressif et de dorso-lombalgies aggravées, était inapte de manière absolue et définitive à toute fonction. Par un arrêté du recteur de l'académie d'Aix-Marseille du 17 août 2020, Mme B a été admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 1er septembre 2016, en application des dispositions de l'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Un titre de pension de retraite au titre de l'invalidité lui a ensuite été concédé par un arrêté du chef du service des retraites de l'Etat (SRE) du 31 août 2020. Par un recours administratif du 5 octobre 2020, Mme B a contesté le titre de pension en tant qu'il ne prenait pas en compte l'imputabilité au service de ses pathologies. Ce recours a été rejeté par une décision du ministre chargé de l'éducation nationale du 13 octobre 2020, refusant de lui accorder une rente d'invalidité en sus de sa pension. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation du titre de pension du 31 août 2020 en tant qu'il refuse de lui accorder une rente d'invalidité, ainsi que la décision du ministre en tant qu'il refuse de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie.
Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux ou hiérarchique n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours administratif doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours administratif, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours administratif, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a formé un recours hiérarchique le 5 octobre 2020 contre l'arrêté du 17 août 2020. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante doivent être regardées comme dirigées à la fois contre l'arrêté du 17 août 2020 et contre la décision du 13 octobre 2020 rendue sur recours hiérarchique, en application du principe énoncé au point précédent.
Sur les conclusions aux fin d'annulation et d'injonction :
4. Ainsi qu'il a été dit au point 2, les moyens relatifs aux vices propres dont la décision de rejet du recours administratif serait entachée, ne peuvent être utilement invoqués. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire et de la motivation insuffisante de la décision du 13 octobre 2020 sont inopérants et doivent être écartés.
5. A le supposer soulevé, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du titre de pension du 31 août 2020 doit également être écarté comme inopérant, dès lors que ce titre ne constitue pas une décision refusant un avantage à l'intéressée.
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre chargé de l'éducation nationale aurait méconnu sa compétence et se serait abstenu d'examiner et de porter une appréciation sur la situation de Mme B. Par suite, le moyen tiré de ce que le ministre a commis une erreur de droit en s'estimant lié par l'avis des médecins experts et de la commission de réforme, manquant en fait, doit être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office ; dans ce dernier cas, la radiation des cadres est prononcée sans délai si l'inaptitude résulte d'une maladie ou d'une infirmité que son caractère définitif et stabilisé ne rend pas susceptible de traitement, ou à l'expiration d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé si celle-ci a été prononcée en application de l'article 36 (2°) de l'ordonnance du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires ou à la fin du congé qui lui a été accordé en application de l'article 36 (3°) de ladite ordonnance. () ". Les articles L. 27 et L. 28 du même code disposent respectivement que " Le fonctionnaire qui a été mis dans l'impossibilité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées, () en service, () peut être mis à la retraite par anticipation soit sur sa demande, soit d'office, () " et que le fonctionnaire qui a été mis à la retraite dans ces conditions " a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies à l'article L. 30 ter, avec la pension rémunérant les services. / () ". L'article L. 31 du même code prévoit quant à lui que la commission départementale de réforme examine " la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions " et que " le pouvoir de décision appartient, dans tous les cas, au ministre dont relève l'agent et au ministre des finances ".
8. Mme B soutient que les décisions litigieuses sont entachées d'une erreur d'appréciation, dès lors que les pathologies au niveau lombaire et des genoux dont elle souffre, pour lesquelles le médecin expert a retenu un taux d'incapacité permanente évalué à 6 % au niveau du rachis lombaire et à 3 % pour chaque genou, sont imputables au service. Il résulte de l'instruction que la demande de Mme B tendant au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite a été rejetée, suivant en cela les avis de la commission de réforme lors de ses séances des 13 février 2018 et 21 janvier 2020 et les conclusions d'expertises médicales. En se bornant à soutenir que la station debout durant ses activités d'enseignante, sans même produire de certificats médicaux, a entraîné les pathologies précitées, la requérante ne démontre pas l'existence de l'erreur alléguée au regard de son état de santé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par Mme B soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Copie en sera adressée au service des retraites de l'Etat.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026