vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100143 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | D'HERBOMEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 7 janvier 2021, 29 octobre 2021 et 12 septembre 2022, M. B C, représenté par la SCP ST avocats, agissant par Me Sardin, demande au Tribunal :
1°) de condamner le département des Bouches-du-Rhône à lui verser la somme de 5 030 euros en réparation du préjudice qu'il a subi du fait de l'accident de circulation dont il a été victime dans la nuit du 17 novembre 2016 ;
2°) de majorer cette somme des intérêts au taux légal à compter du 21 octobre 2020 avec capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône les dépens ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son accident est dû à un défaut d'entretien normal de la voie publique départementale et en particulier à un défaut de signalisation des travaux publics qui étaient en cours ;
- la matérialité des faits, le lien de causalité entre son préjudice matériel et l'ouvrage public, et le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public sont établis ;
- il n'a commis aucune faute d'imprudence ;
- il est fondé à obtenir la somme de 5 030 euros en réparation des préjudices qu'il a subis et qui n'ont pas encore été indemnisés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 juin 2021 et 21 juillet 2021, le département des Bouches-du-Rhône, représenté par la SELURL Phelip, agissant par Me Phelip, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la minoration des sommes allouées, et à ce que la société Colas Midi Méditerranée soit condamnée à le relever et à le garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signalisation mise en place était suffisante et conforme à la réglementation applicable ;
- le requérant a commis une faute d'inattention ;
- il sera fait une juste appréciation des préjudices subis par le requérant en ramenant à 2 000 euros la somme qui lui sera allouée ;
- dans l'hypothèse où un défaut de signalisation du chantier devait être reconnu, la faute incombe à la société Colas Midi Méditerranée qui était en charge des travaux litigieux.
Par un mémoire enregistré le 8 juillet 2022, la société Colas France, venant aux droits de la société Colas Midi Méditerranée, représentée par l'AARPI d'Herbomez Lagrenade et Associés, agissant par Me Legrenade, conclut, à titre principal, au rejet des conclusions prononcées à son encontre, à titre subsidiaire, à la minoration de la somme allouée en réparation de son préjudice, à ce que le département des Bouches-du-Rhône soit condamné à la relever et à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre et à ce que les dépens et la somme de 3 000 euros soient mis à la charge du département des Bouches-du-Rhône au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du tribunal administratif du 15 octobre 2021 s'oppose à la mise hors de cause du département des Bouches-du-Rhône ;
- les préjudices dont le requérant demande réparation ne sont ni certains, ni directs ;
- la réparation du déficit fonctionnel total du requérant ne saurait excéder la somme de 1 900 euros ;
- le département des Bouches-du-Rhône a commis une faute en méconnaissant ses obligations de surveillance prévues aux articles L. 3221-4 et suivants du code général des collectivités territoriales.
La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes agissant pour la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, mise en cause, n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 16 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 décembre 2022 à 12 heures.
Vu :
- le jugement du tribunal administratif de Marseille n° 1901275 du 15 octobre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a été victime d'un accident de la route le 17 novembre 2016 aux alentours de 4 heures 20, alors qu'il circulait à bord de son véhicule sur la route départementale (RD) n° 9 entre Sausset-les-Pins et Carry-le-Rouet. Il expose que des travaux étaient en cours sur la route départementale et qu'il a perdu le contrôle de son véhicule en voulant contourner un obstacle placé, dans le cadre d'une opération de travaux publics, pour fermer l'accès à l'une des voies de circulation. M. C a adressé au département des Bouches-du-Rhône, le 21 octobre 2020, une demande d'indemnisation des préjudices résultant de cet accident qui a été rejetée implicitement par ce dernier. Le requérant demande au Tribunal de condamner le département des Bouches-du-Rhône à lui verser la somme totale de 5 030 euros en réparation des préjudices non indemnisés par son assureur.
Sur la responsabilité :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu à raison d'un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de causalité entre cet ouvrage et le dommage dont il demande réparation. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage faisait l'objet d'un entretien normal ou démontrer que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction et notamment de l'audition de l'intéressé par la gendarmerie nationale que celui-ci a été surpris par la présence d'un obstacle installé récemment sur la chaussée afin de limiter l'emprise du chantier d'aménagement de la RD n° 9 entre Martigues et Ensuès-la-Redonne et matérialiser le rétrécissement de la voie de circulation. Il est constant que les lieux de l'accident ne disposaient d'aucun éclairage et que plusieurs accidents similaires de la circulation se sont produits à cet endroit au cours de la même nuit, les auditions des victimes concernées étant également versées au débat. Ces témoignages concordent avec le rapport de la gendarmerie nationale du 25 novembre 2016, lequel confirme que le véhicule appartenant à M. C a heurté un bloc de béton sur la chaussée puis le rail de sécurité séparant les voies de circulation, que " les deux voies de circulation sens Sausset-Les-Pins-Marignane sont coupées ", que " la signalisation des travaux ne semble pas suffisante ", que " seul un triangle lumineux est posé devant la fermeture de la voie ", aucune signalisation n'étant présente en amont, que l'éclairage public est inexistant, et que les " automobilistes venant de Sausset-les-Pins se retrouvent subitement face à une chicane les obligeant à circuler sur l'autre voie de circulation ". En se bornant à affirmer que la signalisation du chantier était conforme à l'instruction interministérielle du 7 juin 1977 relative à la signalisation des routes et autoroutes et au dossier d'exploitation sous chantier réalisé par la société Midi Traçage, sous-traitante de la société Colas Midi Méditerranée en charge des travaux litigieux, le département des Bouches-du-Rhône n'établit pas que cette signalisation suffisait à prévenir utilement les usagers de la route de la présence d'un obstacle sur la chaussée et pouvait ainsi tenir lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'une signalisation appropriée de la chicane. L'accident dont a été victime M. C est ainsi imputable à un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public en cause. Par suite, M. C est fondé à demander la condamnation du département des Bouches-du-Rhône, maître d'ouvrage des travaux litigieux, à l'indemniser des conséquences qui en ont résulté.
Sur les causes exonératoires :
4. Le département des Bouches-du-Rhône soutient que M. C a commis une faute de nature à l'exonérer de sa responsabilité en faisant preuve d'un défaut de vigilance. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé aurait roulé à une vitesse excessive et inadaptée. En outre, l'accident est survenu de nuit, alors que l'éclairage public était inexistant. La circonstance que le système d'éclairage du véhicule du requérant lui permettait d'anticiper le danger ne suffit pas à caractériser un manque d'attention et de prudence lors du trajet. Enfin, si, ainsi que le fait valoir le département, M. C se rendait à son lieu de travail et connaissait les lieux, il ne résulte pas de l'instruction qu'il était déjà passé par cette zone de travaux avant l'accident, le procès-verbal de la gendarmerie nationale du 8 mai 2017 précisant d'ailleurs que l'accident s'est produit " la première nuit des travaux " et que d'autres accidents ont eu lieu la même nuit. Par suite, le département des Bouches-du-Rhône n'est pas fondé à soutenir que l'accident de M. C serait imputable à son imprudence.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
5. En premier lieu, M. C demande le remboursement de la franchise contractuelle d'un montant de 250 euros qui a été déduite de l'indemnisation versée par son assureur, les assurances du crédit mutuel, au titre de la réparation des dommages causés à son véhicule. Il produit, à l'appui de sa requête, des captures d'écran de pages internet de son compte sur le site de son assureur, récapitulant les indemnités qui lui ont été versées et détaillant la valeur estimée du véhicule et le montant de la franchise déduite ainsi qu'un procès-verbal de transaction établi le 30 juin 2020 attestant de l'indemnisation de son préjudice matériel à hauteur de 13 500 euros sous déduction de la franchise contractuelle de 250 euros. Par suite, M. C est fondé à demander le remboursement de la somme de 250 euros.
6. En deuxième lieu, M. C demande également le remboursement de 240 euros de frais d'ostéopathie qui ont été laissés à sa charge par son assureur. À cet égard, l'intéressé produit un récapitulatif d'honoraires pour sept séances d'ostéopathie réalisées entre le 22 novembre 2016 et le 4 mai 2017, pour un montant total de 420 euros, et affirme que son assureur n'a pris en charge que la somme de 210 euros. Toutefois, le procès-verbal de transaction du 30 juin 2020 relatif à l'accident du 17 novembre 2016 fait état du versement d'une somme de 284,45 euros au titre des frais divers, incluant l'ostéopathie, et sans qu'il soit possible d'identifier le montant alloué à M. C en remboursement de frais d'ostéopathie. Dans ces conditions, M. C ne peut être regardé comme établissant le caractère certain du préjudice dont il demande réparation.
7. En troisième lieu, si M. C demande le remboursement de la somme de 540 euros au titre des honoraires du médecin conseil et produit une note d'honoraires de ce montant établie par ce praticien, il résulte toutefois de l'instruction, et en particulier de la capture d'écran produite par le requérant lui-même, qu'une somme de 300 euros a été versée par son assureur au médecin conseil. Dans ces conditions, il y a lieu de verser à M. C la différence, soit une somme de 240 euros en réparation des honoraires du médecin conseil restés à sa charge.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
8. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, d'une part, que M. C, dont l'état a été considéré par l'expert comme étant consolidé au 11 juin 2017, connaît, du fait de l'accident dont il a été victime, un déficit fonctionnel permanent de 2 %, d'autre part, que ce poste de préjudice n'a pas été indemnisé par son assureur, le contrat les liant excluant l'indemnisation d'un déficit fonctionnel permanent évalué à moins de 10 %. Enfin, il ne ressort pas des écritures de la société Colas France, qui se borne à mettre en cause le caractère non-contradictoire de l'expertise, que la société défenderesse appelée en garantie contesterait utilement les arguments de l'expert, au demeurant mandaté par l'assureur de la victime et non par la victime elle-même, relatifs à l'évaluation du déficit fonctionnel permanent dont est atteint M. C. Compte tenu du taux retenu et de l'âge de l'intéressé à la date de consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 2 500 euros.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le département des Bouches-du-Rhône doit être condamné à verser à M. C la somme totale de 2 990 euros au titre des préjudices résultant de l'accident de circulation dont il a été victime le 17 novembre 2016.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
10. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Par suite, M. C a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 2 990 euros à compter du 23 octobre 2020, date de réception par le département des Bouches-du-Rhône de sa demande indemnitaire préalable datée du 21 octobre 2020.
11. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée pour la première fois le 23 octobre 2020 date de réception par le département des Bouches-du-Rhône de sa demande indemnitaire préalable datée du 21 octobre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 23 octobre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les appels en garantie :
12. En premier lieu, la fin des rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et l'entrepreneur, consécutive à la réception sans réserve d'un marché de travaux publics, fait obstacle à ce que, sauf clause contractuelle contraire, l'entrepreneur soit ultérieurement appelé en garantie par le maître d'ouvrage pour des dommages dont un tiers demande réparation.
13. Aux termes de l'article 10.8 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) applicable au marché de travaux d'aménagement de la RD n° 9 entre Martigues et Ensuès-la-Redonne, attribué à la société Colas Midi Méditerranée : " Le maître d'ouvrage se réserve la possibilité d'appeler en garantie l'entrepreneur et/ou de rechercher sa responsabilité, pour les dommages causés aux tiers, y compris après la réception sans réserve des travaux ".
14. Il résulte des stipulations contractuelles précitées du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché de travaux, dont la société Colas Midi Méditerranée était titulaire, que les parties ont entendu déroger à la règle définie au point 1 selon laquelle la réception des travaux sans réserve fait obstacle à la mise en cause ultérieure de la responsabilité contractuelle de l'entrepreneur vis-à-vis du maître d'ouvrage. Dès lors, en application de ces stipulations, et sans qu'ait d'incidence la circonstance que le marché de travaux en cause a fait l'objet d'une réception définitive et sans réserve, les conclusions aux fins d'appel en garantie présentées par le département des Bouches-du-Rhône à l'encontre de la société Colas Midi Méditerranée sont recevables.
15. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que le département des Bouches-du-Rhône a confié à la société Colas Midi Méditerranée, par un acte d'engagement conclu le 13 septembre 2016, les travaux de reprise du revêtement de la chaussée et des accotements de la RD 9 entre Martigues et Ensuès-la-Redonne. Il est constant que la société était chargée, conformément aux articles 1-02.1 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) et 9-4.4 du CCAP, de la signalisation du chantier et de prendre toute mesure destinée à assurer la sécurité des opérations de travaux. Par ailleurs, l'arrêté de circulation temporaire de la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône du 9 novembre 2016 précisait, à son article 4, que " la mise en place, la pose, l'enlèvement et les frais de signalisation provisoire seront assurés par l'entreprise Colas ". L'article 5 ajoute que " la responsabilité du pétitionnaire sera substituée à celle de l'administration si celle-ci venait à être recherchée pour tout accident qui serait la conséquence de l'inobservation de la présente réglementation et du dossier d'exploitation sous chantier. ". Il incombait ainsi à la société Colas Midi Méditerranée, attributaire du marché de travaux, de procéder à la sécurisation du chantier en cours et notamment de mettre en place une signalisation adaptée des zones affectées à la circulation publique, telle que celle concernée par l'accident litigieux. À cet égard, la société Colas France se borne à préciser que la prestation de signalisation a été sous-traitée à la société Midi-Traçage et qu'elle a respecté l'ensemble de ses engagements contractuels et les normes réglementaires applicables, sous le contrôle du service entretien et exploitation de la direction des routes de l'arrondissement de l'Etang de Berre. Cependant, ces seules affirmations ne permettent pas, eu égard aux éléments exposés au point 3 du présent jugement, d'établir que la société Colas Midi Méditerranée a mis en place un dispositif adapté de signalisation du chantier et conforme aux prescriptions de l'instruction ministérielle sur la signalisation routière. Par suite, le département des Bouches-du-Rhône est fondé à demander que la société Colas France soit condamnée à le garantir de l'intégralité des condamnations prononcées à son encontre.
16. En dernier lieu, eu égard aux éléments exposés au point précédent et notamment à l'arrêté de circulation pris par la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et aux stipulations précitées du marché de travaux, la société Colas France ne démontre l'existence d'aucune faute qu'aurait commise, sur le fondement de l'article L. 3221-4 du code général des collectivités territoriales, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône dans l'exercice de ses pouvoirs de police de circulation. Par suite, celle-ci n'est pas fondée à demander à être garantie par le département des Bouches-du-Rhône de toutes les condamnations prononcées à son encontre.
Sur la déclaration de jugement commun :
17. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes agissant pour le compte de la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, mise en cause, n'a pas produit d'observations. Il y a lieu, dès lors, de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les dépens :
18. En l'absence de dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. C et la société Colas France ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le département des Bouches-du-Rhône demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône la somme demandée par la société Colas France au même titre. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône le versement à M. C d'une somme de 1 500 euros en application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Le département des Bouches-du-Rhône est condamné à verser à M. C une somme de 2 990 euros. Cette somme est majorée des intérêts au taux légal à compter du 23 octobre 2020. Les intérêts seront capitalisés à compter du 23 octobre 2021 et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Article 2 : La société Colas France est condamnée à garantir le département des Bouches-du-Rhône de l'intégralité de la condamnation prononcée à l'article 1er.
Article 3 : Les conclusions d'appel en garantie présentées par la société Colas France contre le département des Bouches-du-Rhône sont rejetées.
Article 4 : Le département des Bouches-du-Rhône versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au département des Bouches-du-Rhône, à la société Colas France, et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Délibéré après l'audience du 24 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Markarian, présidente,
M. Secchi, premier conseiller.
Mme Charpy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
C. A
La présidente,
Signé
G. Markarian
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
7
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026