jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100351 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 janvier 2021, des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés les 16 décembre 2022, et 10 et 11 mars 2023, Mme B D, représentée par Me Martins-Mestre, demande au Tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale contradictoire permettant de déterminer l'étendue des préjudices qu'elle a subis durant l'intervention du 22 septembre 2009 ;
2°) de condamner l'assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), son assureur, ou à défaut l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), à lui verser la somme globale de 660 900 euros en réparation des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge de la partie perdante, une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'AP-HM et la SHAM, son assureur, sont responsables de la faute médicale dans le geste technique commise par le Dr A qui l'a opérée le 22 et le 24 septembre 2009 ; la faute dans le geste technique a entraîné une bèche durale à l'origine des séquelles post-opératoires graves qu'elle subit ;
- les séquelles d'anesthésie, d'insuffisance sphinctérienne invalidante et d'incontinence sévère entraînent des préjudices corporels, économiques, moraux et matériels dont elle sollicite l'indemnisation ;
- la responsabilité de l'AP-HM doit être engagée, d'une part, sur la base d'un défaut d'information fautif s'agissant des risques inhérents à l'intervention du 22 septembre 2009 et, d'autre part, sur la base d'une faute médicale dans le geste technique qui n'a pas été réalisé dans les règles de l'art ;
- si la responsabilité pour faute de l'AP-HM n'était pas retenue, il conviendrait de considérer qu'elle a été victime d'un aléa thérapeutique non fautif que l'ONIAM devrait indemniser au titre de la solidarité nationale dès lors que les critères de gravité et d'anormalité sont remplis ;
- le tribunal ordonnera une expertise médicale contradictoire avant-dire droit afin d'identifier et d'évaluer les préjudices qu'elle a subi.
Par un mémoire, enregistré le 13 avril 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Var a indiqué qu'elle n'entendait pas produire de débours.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 mars 2022 et 12 septembre 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), représenté par la
SELARL de la Grange et Fitoussi, agissant par Me de la Grange, conclut au rejet de la requête et, à défaut, demande au tribunal d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale contradictoire par désignation d'un médecin-expert.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) et la SHAM, son assureur, représentées par Me Carlini concluent au rejet de la requête.
Elles font valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ludivine Journoud, conseillère,
- les conclusions de M. Gilles Ricard, rapporteur public,
- et les observations de Me Geiger substituant Me Carlini et représentant l'AP-HM et la SHAM.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D souffrait d'arthrose lombaire entraînant une claudication radicalaire intermittente sévère l'empêchant de marcher correctement. Afin de traiter cette pathologie, Mme D a été admise le 21 septembre 2009 au centre hospitalier de La Timone, qui dépend de l'assistance publique - hôpitaux de Marseille, et a subi une intervention chirurgicale consistant en une cure de sténose canalaire lombaire L4/L5 sous anesthésie générale le 22 septembre suivant. Toutefois, une complication de brèche durale est intervenue durant l'opération et immédiatement après cette intervention, et Mme D s'est plainte d'une anesthésie périnéale et d'une insuffisance sphinctérienne importante entraînant une incontinence invalidante, caractéristique du syndrome dit de la " queue de cheval ". Après avoir fait l'objet d'une IRM pour rechercher un éventuel hématome, la requérante a subi une reprise chirurgicale le 24 septembre 2009 avec les mêmes séquelles médicales invalidantes à son réveil. Elle a été transférée au centre de rééducation héliomarin le 2 octobre 2009 avant de regagner son domicile le 12 décembre suivant. Mme D a sollicité, par courrier du 31 octobre 2018, auprès de l'AP-HM, la désignation d'un médecin-expert et le versement d'une provision de 20 000 euros. Une expertise amiable non contradictoire a été menée par le Dr C, désigné par la SHAM et qui a établi un rapport le 7 octobre 2019 concluant à un aléa thérapeutique en l'absence de faute médicale. L'AP-HM a rejeté la demande indemnitaire préalable de Mme D le
16 novembre 2020. Mme D demande au Tribunal, à titre principal, de condamner
l'AP-HM et la SHAM, à titre subsidiaire, l'ONIAM, à lui verser la somme globale de
660 900 euros en réparation de ses préjudices.
Sur la responsabilité pour faute de l'AP-HM :
En ce qui concerne la faute médicale :
2. D'une part, aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du Dr C produit en défense, que l'intervention réalisé le 22 septembre 2009 par le Dr A a été réalisée dans les règles de l'art et conforme aux données acquises de la science à l'époque des faits, que
Mme D a reçu des soins consciencieux et attentifs au CH de la Timone et qu'aucun manquement ne peut être retenu à l'encontre de l'AP-HM et de la SHAM concernant les soins fournis. Par suite, en l'absence de toute faute médicale constatée, et alors que la requérante ne produit aucune pièce de nature à remettre en cause la complétude des conclusions expertales, Mme D n'est pas fondée à soutenir que les responsabilités de l'AP-HM et de la SHAM, son assureur, doivent être engagées en raison d'une faute médicale.
En ce qui concerne le défaut d'information :
4. Mme D soutient qu'elle n'a pas bénéficié d'une information préalable s'agissant des risques inhérents à l'intervention du 22 septembre 2009 et notamment les risques de brèche durale et ceux de complications post-opératoires liés au syndrome de la queue de cheval. Il résulte de l'instruction, principalement du rapport d'expertise, que le dossier médical de l'intéressée ne comporte aucune trace concernant une quelconque information préalable. L'expert conclut en conséquence au défaut d'information fautif. L'AP-HM en défense n'apporte aucune preuve de la délivrance de cette information à Mme D.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à demander l'engagement de la responsabilité pour faute de l'AP-HM au titre du défaut d'information. Toutefois il ne résulte pas de l'instruction que la requérante sollicite l'indemnisation d'un préjudice moral résultant des conséquences post-opératoires auxquelles elle n'était pas préparée en l'absence d'information éclairée sur les risques inhérents à l'intervention chirurgicale qu'elle a subie.
Sur le droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale :
6. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.
7. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du Dr C, que les séquelles présentées par Mme D sont en lien direct et certain avec l'intervention du
22 septembre 2009 réalisée au CH de la Timone par le Dr A, et sont consécutives à un accident médical non fautif, une brèche durale, dont les complications post-opératoires,
c'est-à-dire le syndrome de la queue de cheval avec une incontinence sévère, impliquent une atteinte à l'intégrité physique permanente de 30% et surviennent dans moins de 1% des cas. Par suite, les conditions de gravité et d'anormalité du dommage sont remplies en l'espèce.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit nécessaire de diligenter une nouvelle expertise médicale qui n'apparaît pas utile en l'espèce, que Mme D a été victime d'un accident médical non fautif et qu'elle est fondée à obtenir l'indemnisation de ses préjudices au titre de la solidarité nationale.
Sur l'évaluation des préjudices :
9. En l'espèce, le rapport d'expertise médicale du Dr C fixe la date de consolidation de l'état de santé de Mme D au 1er septembre 2012. Cette date n'est pas contestée par la requérante qui sollicite l'indemnisation de préjudices temporaires et permanents.
En ce qui concerne les préjudices avant consolidation :
S'agissant des souffrances endurées :
10. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme D ont été évaluées par l'expert à 3,5 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice à hauteur de 5 400 euros.
S'agissant du préjudice moral :
11. Il résulte de l'instruction qu'au regard des conséquences de l'acte chirurgical qu'elle a subi, la requérante a subi un préjudice moral, dont il sera fait une juste appréciation en lui allouant une somme de 2 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
12. Il résulte de l'instruction, principalement du rapport d'expertise, que l'accident médical non fautif dont Mme D a été victime, est à l'origine pour l'intéressée d'un préjudice esthétique temporaire évalué à 3 sur une échelle de 7 eu égard aux conséquences de l'incontinence qui découlent du syndrome de la queue de cheval, à savoir des odeurs constantes fécales et urinaires et ce, jusqu'à la pose d'un modulateur en avril 2012, puis évalué à 1 sur une échelle de 7 à partir d'avril 2012 jusqu'à la date de consolidation. Il sera fait une juste appréciation de ce poste en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.
S'agissant des pertes de gains professionnels actuels
13. Le principe de la réparation intégrale du préjudice doit conduire le juge à déterminer, au vu des éléments de justification soumis à son appréciation, le montant de la perte de revenus dont la victime ou ses ayants droit ont été effectivement privés du fait du dommage qu'elle a subi. Ce montant doit en conséquence s'entendre comme correspondant aux revenus nets perdus par elle.
14. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme D était en arrêt de travail du 1er septembre 2009 au 31 août 2012, soit durant 3 ans. Elle a ensuite été reconnue invalide de catégorie 2 à compter du 1er septembre 2012, date de consolidation de son état de santé. Mme D soutient qu'elle a subi des pertes de revenus à hauteur de
150 000 euros durant cette période. Toutefois, les avis d'imposition produits sur les revenus des années 2009, 2010, 2011 et 2012, postérieurs à l'intervention chirurgicale en litige, ne permettent pas d'établir une perte de revenus imputable à l'accident médical non fautif dont la requérante a été victime le 22 septembre 2009. Par suite, Mme D n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation de ce poste de préjudice qui n'est pas établi.
En ce qui concerne les préjudices après consolidation :
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
15. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du Dr C, que Mme D présente un déficit fonctionnel permanent significatif évalué à 30 %. Mme D étant âgée de 56 ans à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice à hauteur de 51 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
16. Il résulte de l'instruction, qu'outre le préjudice esthétique temporaire évalué au point 13, l'accident médical non fautif dont Mme D a été victime est également à l'origine pour l'intéressée d'un préjudice esthétique permanent évalué par l'expert à 1 sur une échelle de 7. Ce préjudice découle, malgré la pose d'un modulateur, en la persistance d'émissions rares mais possibles de matière fécale et urinaire. Il sera fait une juste appréciation de ce poste en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
17. Mme D soutient qu'elle pratiquait la course, la danse et le pilate avant l'intervention chirurgicale litigieuse et que l'accident médical non fautif dont elle a été victime lui cause un préjudice d'agrément. Toutefois, la requérante ne produit aucun élément, ni aucun justificatif permettant d'établir la réalité de ce poste de préjudice et la demande d'indemnisation ne peut qu'être rejetée.
S'agissant du préjudice sexuel :
18. Il résulte de l'instruction que l'expert retient un préjudice sexuel complet pour
Mme D découlant d'une anesthésie périnéale, sans toutefois en faire une évaluation chiffrée précise. Il sera fait une juste appréciation de ce poste à hauteur de 10 000 euros.
S'agissant des frais de logement adapté :
19. Mme D soutient que du fait des conséquences dommageables de l'intervention du 23 septembre 2009, elle a dû supporter des frais de logement adapté en lien direct et certain avec les séquelles invalidantes dont elle souffre. Ce poste de préjudice n'est pas retenu par l'expert et Mme D ne produit aucun justificatif à l'appui de sa demande. Par suite, la demande d'indemnisation de ce poste de préjudice doit être rejetée.
S'agissant des pertes de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle :
20. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que Mme D, initialement formatrice itinérante, n'a pu reprendre qu'une activité toutefois moins rémunératrice de naturopathe et réflexologue qu'à partir de 2015 et ce, jusqu'à sa mise à la retraite en novembre 2017. Mme D produit ses avis d'imposition sur les revenus des années 2013, 2014, 2015 et 2016, tous postérieurs à la date de l'intervention en litige. Or, il résulte de l'instruction que les revenus de la requérante, combinés à la pension d'invalidité qu'elle perçoit, sont supérieurs à ceux qu'elle percevait sur les années précédentes. Par suite, Mme D n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation de pertes de gains professionnels futurs. Par ailleurs, si le déficit fonctionnel permanent de la requérante de 30 % a impacté son activité professionnelle, il résulte de l'instruction, d'une part, que Mme D a bien repris une activité professionnelle, et d'autre part, qu'elle est partie à la retraite au 1er novembre 2017. Par suite, l'intéressée n'est pas non plus fondée à faire valoir un préjudice lié à l'incidence professionnelle de l'accident médical non fautif dont elle a été victime, en lien avec une dévalorisation sur le marché du travail.
21. Il résulte de tout ce qu'il précède que Mme D est fondée à obtenir une somme de 72 400 euros en réparation de ses préjudices au titre de la solidarité nationale.
Sur la déclaration de jugement commun :
22. La caisse primaire centrale d'assurance maladie du Var et la mutuelle Aviva Direct, mises en cause, n'ont pas produit de mémoire avec leurs débours. Par suite, il y a lieu de leur déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais du litige :
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 500 euros à verser à Mme D, en application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'ONIAM est condamné à verser à Mme D une somme de 72 400 euros en réparation de ses préjudices du fait de l'accident médical non fautif dont elle a été victime.
Article 2: L'ONIAM versera une somme de 1 500 euros à Mme D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie du Var et à la mutuelle Aviva Direct.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à l'assistance publique - hôpitaux de Marseille, à la société hospitalière d'assurances mutuelles, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var et à la mutuelle Aviva Direct.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ghislaine Markarian, présidente,
Mme Elisa Fabre, première conseillère,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Assistées de Mme Ibram, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
signé
L. JOURNOUD
La présidente,
signé
G. MARKARIANLa greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
N°2100351
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026