jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100492 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DE ANGELIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2021, la société Apave sudeurope, représentée par la société d'avocats de Angelis et Associés, doit être regardée comme demandant la condamnation de la commune de Marseille à lui verser la somme de 1 366,41 euros.
Elle soutient que :
- la pénalité d'un montant de 570 euros n'est pas fondée dès lors que le bon de commande ne lui a été transmis que le 10 décembre 2019 ;
- la pénalité d'un montant de 60 euros n'est pas fondée dès lors que la prestation a été exécutée dans les délais impartis et que la facturation est intervenue dans le mois suivant la prestation ;
- la pénalité d'un montant de 326,11 euros n'est pas fondée dès lors qu'elle est supérieure au montant de la facture ;
- la pénalité d'un montant de 410.30 euros n'est pas fondée dès lors qu'elle est supérieure au montant de la facture.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les pénalités contestées sont dues.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gonneau,
- les conclusions de Mme Dyèvre, rapporteur public ;
- les observations de Me Prentczynski, représentant la société Apave sudeurope.
Considérant ce qui suit :
1. La société Apave sudeurope est titulaire d'un marché public portant sur des " missions de contrôle technique des bâtiments et ouvrages divers du patrimoine immobilier de la ville de Marseille pour l'ensemble des services municipaux " notifié le 2 mars 2015 puis d'un second marché public portant sur les mêmes missions notifié le 20 février 2019. Par une saisie administrative à tiers détenteur du 17 novembre 2020, le comptable de la commune de Marseille a saisi la somme de 12 995,11 euros sur un compte bancaire de la société Apave sudeurope, au titre de pénalités dont elle serait redevable dans le cadre de l'exécution des marchés publics précités. La société Apave sudeurope doit être regardée comme demandant la condamnation de la commune de Marseille à lui verser la somme de 1 366,41 euros.
2. Aux termes de l'article 13.4 du CCAP du contrat passé en 2015 relatif à la présentation des demandes de paiement : " () Pour chaque bon de commande, le titulaire établira sa demande de paiement sous forme d'un projet de décompte qui pourra être accepté ou rectifié par le maître d'œuvre et deviendra décompte. Ce projet de décompte sera remis au maître d'œuvre dans un délai d'un mois à compter de la date de fin des prestations figurant dans le projet de décompte ou de la date d'émission du bon de commande quand celle-ci est postérieure à la date de fin des prestations. Accepté ou rectifié par le maître d'œuvre, il deviendra décompte final ". Aux termes de l'article 14 du même CCAP relatif aux pénalités : " () Pénalités pour remise de documents hors délais - Projet de décompte : Cette pénalité sera de 30 euros par jour de retard par rapport aux délais de dépôts prévus au présent CCAP. Le montant des pénalités sera plafonné au montant du projet de décompte ".
Concernant la pénalité d'un montant de 60 euros en application du marché public de 2015 :
3. Il résulte des stipulations précitées que le titulaire du marché doit, dans le délai d'un mois suivant la date de la fin de la prestation, transmettre un projet de facture, appelée " projet de décompte " qui deviendra par suite la facture définitive, sous peine de se voir appliquer par le pouvoir adjudicateur des pénalités.
4. Il résulte de l'instruction que la société Apave sudeurope a réceptionné un bon de commande pour une prestation prévue entre le 8 octobre 2018 et le 8 janvier 2019. Elle a procédé à l'intervention le 9 août 2018 et à la facturation le 25 octobre 2018. Ainsi, si la société Apave sudeurope a procédé à l'exécution de la prestation dans le délai prévu par le bon de commande, elle ne justifie pas avoir, conformément aux dispositions du CCAP, adressé à la commune un projet de décompte dans un délai d'un mois à compter de la date de la fin de la prestation. Par suite, il n'y a pas lieu de condamner la commune à verser la somme de 60 euros correspondant au montant de la pénalité contestée.
Concernant les pénalités d'un montant de 326,11 euros et 410,30 euros en application du marché public de 2015 :
5. Il résulte des stipulations du CCAP que le montant d'une pénalité appliquée pour le retard de transmission du projet de décompte ne peut excéder le montant de la facture elle-même.
6. Il résulte de l'instruction que la pénalité de 326,01 euros au titre de la facture 219119882 est supérieure au montant de cette facture, soit 315,60 euros. Dès lors que le nombre de jour de retard dans la transmission du projet de décompte n'est pas déterminable, il y a lieu de fixer les pénalités en ce qui concerne la facture 219119882 au montant maximal permis par le CCAP, soit 315,60 euros et de condamner la commune de Marseille à verser à la société Apave sudeurope la somme de 10,41 euros.
7. Il résulte de l'instruction que la pénalité de 410,30 euros au titre de la facture 219276254 est supérieure au montant de cette facture, soit 397,20 euros. Dès lors que le nombre de jour de retard dans la transmission du projet de décompte n'est pas déterminable, il y a lieu de fixer les pénalités en ce qui concerne la facture 219276254 au montant maximal permis par le CCAP, soit 397,20 euros et de condamner la commune de Marseille à verser à la société Apave sudeurope la somme de 13,10 euros.
Concernant la pénalité d'un montant de 570 euros en application du marché public de 2019 :
8. Aux termes de l'article 3.2 du CCAP relatif aux émission des bons de commande : " () Le délai d'exécution commence à courir à compter de la date de notification du bon de commande ". Aux termes de l'article 14.4 relatif à la présentation des demandes de paiement : " () Les factures sont envoyées à l'attention de Monsieur A émetteur du bon de commande, dans un délai de 30 jours à compter de la réception des prestations ". Aux termes de l'article 15.3 relatif aux pénalités de retard de dépôt de facture : " Une pénalité de 30 euros par jour de retard sera appliquée conformément aux dispositions de l'article 14.4 du présent CCAP. Cette pénalité sera plafonnée au montant total HT de la facture () ".
9. Il résulte de ce qui précède que les parties ont convenu que, d'une part, le bon de commande n'était exécutoire qu'après sa notification au titulaire du marché et, d'autre part, que les factures devaient être adressées dans le délai de trente jours qui suivaient la réception de la prestation.
10. Il résulte de l'instruction du dossier que la commune de Marseille a transmis le 10 décembre 2019 un bon de commande à la société Apave sudeurope au titre d'une prestation exécutée le 17 mai 2019. Par suite aucun délai d'exécution n'a commencé à courir à la date de fin des prestations et la commune n'était dès lors pas fondée à infliger une sanction à la société requérante qui a transmis la facture correspondante le 31 décembre 2019. Dès lors, il y a lieu de condamner la commune de Marseille à verser à la société Apave sudeurope la somme de 570 euros.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Marseille doit être condamnée à verser la somme de 593,51 euros à la société Apave sudeurope.
D É C I D E :
Article 1er : La commune de Marseille est condamnée à verser la somme de 593,51 euros à la société Apave sudeurope.
Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Apave sudeurope et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mis à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
Le président - rapporteur,
signé
P-Y. GonneauL'assesseure la plus ancienne,
signé
É. Devictor
La greffière,
signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef ;
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026