vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2100561 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DA CUNHA |
Vu la procédure suivante :
I Sous le n°2100561 par une requête, enregistrée le 21 janvier 2021, M. B C, représenté par Me Da Cunha, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'information opérée par l'administration fiscale de l'usage de son droit de communication ne permet pas d'identifier les tiers auprès desquels elle en a fait usage ; l'administration fiscale n'a pas indiqué dans sa proposition de rectification qu'elle avait effectué une demande de communication d'information auprès de M. et Mme D et dont elle s'est servie ;
- en s'abstenant de le mettre préalablement en demeure de souscrire une déclaration de bénéfices au titre de l'année 2016, en application des articles L 73 et L 68 du LPF, l'administration a entaché la procédure ayant conduit à l'établissement de l'impôt 2016 d'un vice substantiel ;
- les factures retenues par l'administration fiscale pour déterminer ses revenus ne correspondent pas aux sommes qu'il a réellement perçues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 novembre 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 12 décembre 2022 à 12 heures.
II Sous le n° 2100563 par une requête, enregistrée le 21 janvier 2021, M. B C, représenté par Me Da Cunha, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'information opérée par l'administration fiscale de l'usage de son droit de communication ne permet pas d'identifier les tiers auprès desquels elle a fait usage de son droit de communication ; l'administration fiscale n'a pas indiqué dans sa proposition de rectification qu'elle avait effectué une demande de communication d'information auprès de M. et Mme D et dont elle s'est servie ;
- elle n'a pas valablement notifié l'avis de mise en recouvrement dès lors qu'elle l'a expédié à une adresse erronée ; l'expiration du délai de reprise fait obstacle à ce qu'un nouvel avis de mise en recouvrement soit émis ;
- la globalisation des rehaussements de taxe sur la valeur ajoutée est injustifiée ;
- la remise en cause de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée ne peut aboutir à une réintégration au motif du profit effectué sur le trésor.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 novembre 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 12 décembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise individuelle MSA Provence, créée par M. B C pour exercer son activité de travaux de finition, a cessé son activité le 5 janvier 2017, l'activité étant ensuite reprise par la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) MSA Provence. Lors de la création de l'entreprise, M. C a opté pour le régime micro-entreprises prévu à l'article 50-0 du code général des impôts et relevait du régime de la franchise en base en matière de taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 293 B du même code. Il a fait l'objet d'une procédure de contrôle portant sur l'ensemble de ses déclarations fiscales pour la période du 1er janvier 2016 au 5 janvier 2017 initiée par un avis 3927 du 14 janvier 2019. A l'issue de cet examen, lui a été notifiée une proposition de rectification n° 3924 en date du 18 juin 2019 par laquelle des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été effectués selon la procédure de taxation d'office, en application de l'article L. 66-3° du livre des procédures fiscales, ainsi que des rehaussements en matière de bénéfices industriels et commerciaux selon la procédure d'évaluation d'office, en application de l'article L. 73-1 bis du livre des procédures fiscales. Les impositions supplémentaires en résultant s'agissant de l'impôt sur le revenu au titre des bénéfices industriels et commerciaux ont été mises en recouvrement par rôle n° 911 A du 31 janvier 2020 pour la somme totale de 14 750 euros et, s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée, par un avis de mise en recouvrement du 31 janvier 2020 pour la somme totale de 37 040 euros. Le requérant a présenté le 9 mars 2020 une réclamation contentieuse, qui a fait l'objet d'une décision de rejet par l'administration fiscale le 13 novembre 2020. Par les deux requêtes ci-dessus visées, qu'il y a lieu de joindre afin de statuer par un seul jugement, M. C demande au Tribunal de le décharger des droits et pénalités mis en recouvrement le 31 janvier 2020 au titre de l'impôt sur le revenu pour l'année 2016 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque le contribuable lui en fait la demande, l'administration est, en principe, tenue de lui communiquer, alors même qu'il en aurait eu connaissance, les renseignements, documents ou copies de documents obtenus auprès de tiers qui lui sont opposés, afin de lui permettre d'en vérifier l'authenticité ou d'en discuter la teneur ou la portée. Il en va autrement s'agissant des documents et renseignements qui, à la date de la demande de communication, sont directement et effectivement accessibles au contribuable dans les mêmes conditions qu'à l'administration. Dans cette dernière hypothèse, si le contribuable établit qu'il ne peut avoir effectivement accès aux mêmes documents et renseignements que ceux détenus par l'administration, celle-ci est alors tenue de les lui communiquer.
4. Si M. C soutient que la procédure est irrégulière au motif que la proposition de rectification n'était pas accompagnée de l'ensemble des documents sur lesquels l'administration s'est fondée pour établir les rectifications en cause et qu'elle ne l'a pas suffisamment informé de l'origine de ces documents, il résulte cependant de l'instruction que les annexes 1 et 2 de la proposition de rectification du 18 juin 2019 récapitulent respectivement l'ensemble des encaissements utilisés pour la détermination du chiffre d'affaire ainsi que les éléments obtenus des clients ayant fondé les rectifications. Ces annexes mentionnent par ailleurs les raisons sociales ou les noms des clients ainsi que les dates d'encaissement de toutes les pièces utilisées par l'administration. A cet égard, si M. C soutient que l'administration fiscale n'a pas indiqué dans sa proposition de rectification qu'elle avait effectué une demande de communication d'information à M. et Mme D, l'administration fait valoir, sans être contredite, que dès lors qu'aucune réponse à la demande formulée auprès de M. et Mme D n'a été produite, elle ne pouvait joindre à sa réponse d'autre document que la copie du chèque obtenu de la part de la Société générale. Enfin, l'administration fait valoir, sans être expressément contestée, que la liste des documents utilisés a été transmise à M. C une nouvelle fois le 9 septembre 2019 en réponse à ses observations sur la proposition de rectification précitée, soit en tout état de cause avant la mise en recouvrement des impositions en litige. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait méconnu les dispositions de l'article L. 76 B précité ou la doctrine fiscale.
5. En second lieu, aux termes d'abord de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales : " Peuvent être évalués d'office : () 1° bis Les résultats imposables selon le régime d'imposition défini à l'article 50-0 du code général des impôts dès lors : a. Qu'un des éléments déclaratifs visé au 3 de l'article précité n'a pas été indiqué. () Les dispositions de l'article L. 68 sont applicables dans les cas d'évaluation d'office prévus aux 1° et 2° ". En vertu du premier alinéa de l'article L. 68 du même livre, la procédure d'imposition d'office " n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure ".
6. Aux termes ensuite de l'article 50-0 du code général des impôts dans sa rédaction applicable à l'exercice en litige : " 1. Sont soumises au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année de référence, respecte les limites mentionnées au 1° du I de l'article 293 B, s'il s'agit d'entreprises relevant de la première catégorie définie au dernier alinéa du présent 1, ou les limites mentionnées au 2° du même I, s'il s'agit d'entreprises relevant de la deuxième catégorie. Lorsque l'activité d'une entreprise se rattache aux deux catégories définies au dernier alinéa, le régime défini au présent article n'est applicable que si son chiffre d'affaires hors taxes global respecte les limites mentionnées au 1° du I dudit article 293 B et si le chiffre d'affaires hors taxes afférent aux activités de la 2e catégorie respecte les limites mentionnées au 2° du I du même article 293 B. () Le régime défini au présent article continue de s'appliquer jusqu'au 31 décembre de l'année au cours de laquelle le chiffre d'affaires hors taxes dépasse le montant mentionné au b du 1° du I de l'article 293 B, s'il s'agit d'entreprises relevant de la première catégorie définie au dernier alinéa du présent 1, ou le montant mentionné au b du 2° du même I, s'il s'agit d'entreprises relevant de la deuxième catégorie. Lorsque l'activité des entreprises se rattache aux deux catégories, ce régime continue de s'appliquer jusqu'au 31 décembre de l'année au cours de laquelle le chiffre d'affaires hors taxes global dépasse le montant mentionné au b du 1° dudit I ou le chiffre d'affaires hors taxes afférent aux activités de la deuxième catégorie dépasse le montant mentionné au b du 2° du même I. Pour l'application du présent 1, les entreprises relevant de la première catégorie sont celles dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement, à l'exclusion de la location, directe ou indirecte, de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés, autres que ceux mentionnés aux 2° et 3° du III de l'article 1407. Les entreprises relevant de la deuxième catégorie sont celles qui ne relèvent pas de la première catégorie ".
7. Aux termes ensuite de l'article 293 B du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. - Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé :1° Un chiffre d'affaires supérieur à : a) 82 200 € l'année civile précédente ; b) Ou 90 300 € l'année civile précédente, lorsque le chiffre d'affaires de la pénultième année n'a pas excédé le montant mentionné au a ; 2° Et un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : a) 32 900 € l'année civile précédente ; b) Ou 34 900 € l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. II. - 1. Le I cesse de s'appliquer : a) Aux assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le montant mentionné au b du 1° du I ; b) Ou à ceux dont le chiffre d'affaires de l'année en cours afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, dépasse le montant mentionné au b du 2° du I. 2. Les assujettis visés au 1 deviennent redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations de services et les livraisons de biens effectuées à compter du premier jour du mois au cours duquel ces chiffres d'affaires sont dépassés ".
8. M. C soutient que l'évaluation d'office de ses bénéfices industriels et commerciaux de l'année 2016 établie par l'administration sur le fondement de l'article L.73-1° bis du livre des procédures fiscales est irrégulière en application de l'article L.68 du même livre, en l'absence de mise en demeure préalable de déclarer ses résultats. Il fait valoir à cet effet que s'il s'est placé lui-même, dès la constitution de son entreprise individuelle, sous le régime des micro-entreprises de l'article 50-0 du code général des impôts, le chiffre d'affaires évalué par le service à hauteur de 211 093 euros hors taxes entraînait le dépassement du seuil prévu par ces dispositions et sa situation ne pouvait plus en conséquence relever du 1° bis de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales mais du 1° du même article, impliquant en conséquence, et en application de L. 68 du même code, une mise en demeure préalablement notifiée avant la mise en œuvre de la procédure de taxation d'office.
9. Il résulte de l'instruction que depuis la constitution de son entreprise individuelle et jusqu'au terme de l'année 2016, M. C n'a jamais reporté sur sa déclaration de revenu son chiffre d'affaires ou ses recettes réalisés annuellement. Il n'établit, ni même n'allègue, que l'absence de respect de cette obligation résulterait d'une erreur de sa part. L'année 2016 doit ainsi être considérée comme la première année pour laquelle les recettes sont connues. Dans ces conditions, alors que l'intéressé s'était lui-même placé sous le régime micro BIC depuis l'origine, l'application de ce régime est effective jusqu'à ce que les seuils mentionnés à l'article 293 B du code général des impôts soient dépassés. Il est constant que ces seuils ont été franchis au cours de l'année 2016 et le régime micro doit s'appliquer, en vertu des dispositions précitées, jusqu'au 31 décembre 2016. Dès lors, l'administration n'était pas tenue d'adresser une mise en demeure préalable avant de procéder à l'évaluation d'office des recettes de M. C. La circonstance que l'administration fiscale a considéré, qu'au cours du mois de mai 2016, le requérant avait franchi la limite majorée de la franchise de base, n'avait d'incidence que sur l'application du régime de franchise de taxe sur la valeur ajoutée, indépendamment du régime micro BIC qui devait s'appliquer ainsi qu'il a été dit jusqu'au 31 décembre 2016.
10. En troisième lieu, M. C soutient que l'avis de mise en recouvrement émis le 31 janvier 2020 ne lui a pas valablement été notifié dès lors que l'administration fiscale l'a expédié à une adresse erronée. Il résulte cependant de l'instruction que le requérant a adressé à l'administration fiscale une réclamation en contestation dudit avis de mise en recouvrement le 6 février 2020, ce qui établit que le pli lui est en tout état de cause parvenu. M. C n'est ainsi pas fondé à soutenir que l'avis de mise ne recouvrement ne lui a pas été valablement notifié.
11. En dernier lieu, ainsi qu'il vient d'être dit au point précédent, dès lors que l'avis de mise en recouvrement est effectivement parvenu au requérant, ce dernier ne peut utilement soutenir que du fait de l'expiration du délai de reprise, l'administration fiscale ne peut plus désormais lui adresser un nouvel avis de mise en recouvrement et qu'ainsi il doit être déchargé des impositions en litige.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que les rectifications en cause ont été adoptées à l'issue d'une procédure irrégulière.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".
14. La régularité de l'évaluation d'office étant établie, il appartient au contribuable d'apporter, par tous moyens comptables ou autres, la preuve de l'exagération de la base d'imposition arrêtée par le service.
15. Il résulte de l'instruction que, pour reconstituer le chiffre d'affaires réalisé par M. C au titre de l'année 2016, le vérificateur a tenu compte de l'ensemble des recettes identifiées comme étant de nature professionnelle, encaissées sur le compte bancaire du requérant et récapitulées en annexe de la proposition de rectification du 18 juin 2019. En se bornant à soutenir ne pas avoir perçu les montants évalués d'office tout en soulignant que l'addition des factures retenues ne permet pas d'atteindre le montant évalué, M. C n'apporte pas la preuve qui lui incombe de l'exagération de la base d'imposition arrêtée par le service et il n'est, dans ces conditions, pas fondé à demander la décharge des impositions ainsi mises à sa charge.
16. En deuxième lieu, M. C conteste les rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui sont réclamés au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 en soutenant que, ayant entendu bénéficier du régime de la franchise en base, l'administration ne pouvait pas procéder comme elle l'a fait à la globalisation sur l'année de ces rappels au taux de 20 %. Or, il résulte de la proposition de rectification qu'au terme de la reconstitution de son chiffre d'affaires à laquelle le service a été contraint de procéder, faute de comptabilité régulièrement tenue et sincère, il est apparu que M. C a dépassé, à compter du mois de mai 2016, le seuil fixé par l'article 293 B du CGI pour l'application du régime dont il se prévaut. S'il conteste finalement cet état de fait, le requérant n'établit pas le bien-fondé de cette affirmation en se bornant à soutenir que le tableau récapitulatif des factures joint à la proposition de rectification ne permet, ni de corroborer la facturation systématique de la taxe sur la valeur ajoutée sur laquelle s'est fondée l'administration, ni d'identifier un chiffre d'affaire total supérieur à 40 269,40 euros. En effet, alors que M. C ne produit aucune pièce à l'appui de ses dires, bien que la charge de la preuve lui incombe, les pièces annexées à la proposition de rectification démontrent, d'une part, qu'un taux de 5,5 % ou de 20 % est systématiquement appliqué aux facture MSA Provence établies au cours de la période considérée et, d'autre part, que le chiffre d'affaires de l'activité de M. C n'a pas été reconstitué au vu des seules factures listées en annexe de la proposition de rectification, mais en tenant compte également des crédits bancaires constatés sur le compte détenu par l'intéressé à la Société générale, et considérés comme étant de nature professionnelle, ce dont il est ressorti un montant global excédant le seuil précité. L'appréciation du service s'agissant du franchissement du seuil du régime de franchise en base n'est par suite pas erronée. Enfin, M. C ne conteste pas plus utilement avoir appliqué des taux de taxe sur la valeur ajoutée de 5,5, 10 ou 20 %, sans pour autant justifier avoir remis à ceux de ses clients bénéficiant d'un des taux réduits ainsi appliqués l'attestation prévue par les articles 278 et 279 du CGI. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a appliqué le taux de 20 % à l'ensemble des rappels taxés d'office au titre de la période en litige.
17. En dernier lieu, M. C soutient que s'agissant d'une remise en cause du bénéfice de la franchise en base, l'administration ne pouvait faire application d'un rehaussement au titre du profit sur le Trésor.
18. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'administration fiscale a reconstitué le chiffre d'affaires de l'activité de M. C, ce qui l'a seulement conduite à remettre en cause le régime de la franchise en base à compter du 1er mai 2016, mais pas la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée facturée. Dès lors que M. C ne conteste pas ce point, qui seul justifie la mise en œuvre du dispositif de profit sur le Trésor, il n'est pas fondé à soutenir que la remise en cause de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée aurait abouti à elle seule à une réintégration au motif du profit effectué sur le trésor.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2016 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
20. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Markarian, présidente,
M. Secchi, premier conseiller,
Mme Charpy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
L. ALa présidente,
Signé
G. Markarian
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
7
N°s 2100561 et 2100563
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026