vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101188 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP VINSONNEAU-PALIES NOY GAUER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2021, M. A F et Mme D F épouse C, représentés par la SCP Gobert et Associés, agissant par Me Fouilleul, demandent au Tribunal :
1°) d'annuler la décision de la commune de Marseille du 3 février 2021 rejetant leur demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner la commune de Marseille à leur verser la somme de 26 984 euros en réparation du préjudice subi par leur mère suite à l'accident dont elle a été victime le 29 octobre 2016 ainsi que la somme totale de 24 855,17 euros en réparation de leur préjudice personnel ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 780 euros au titre des dépens ainsi qu'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le décès de leur mère est en lien direct et certain avec sa chute survenue le 29 octobre 2016 alors qu'elle se rendait sur le caveau familial dans le cimetière Saint-Pierre de Marseille ;
- la matérialité des faits, le lien de causalité entre la chute de leur mère et l'ouvrage public, et le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public sont établis ;
- la responsabilité de la commune de Marseille est engagée sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public dès lors qu'il n'y avait, à cet endroit du cimetière, aucun aménagement destiné à éviter les chutes ;
- ils sont fondés à demander le versement d'une somme de 164 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total de leur mère, de 21 300 euros au titre des souffrances qu'elle a endurées, de 2 500 euros au titre de son préjudice esthétique, de 3 000 euros au titre de son préjudice de conscience de mort imminente, de 22 000 euros au titre de leur préjudice d'affection, de 2 855,17 euros au titre du remboursement des frais d'obsèques, et de 780 euros au titre des dépens.
Par un mémoire, enregistré le 22 mars 2021, la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, représentée par Me Constans, demande au Tribunal de condamner la commune de Marseille à lui verser une somme de 17 400 euros au titre des frais engagés pour le compte de son assurée, Mme F, cette somme assortie des intérêts à taux légal à compter de la date d'enregistrement du mémoire, de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de sécurité sociale, ainsi qu'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2022, la commune de Marseille, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les circonstances exactes de l'accident ne sont pas établies ;
- le terrain sur lequel est situé la tombe de la famille F a été concédé le 20 novembre 1963 et le caveau a été construit par une entreprise ; c'est par suite le concessionnaire qui a la qualité de maître de l'ouvrage et il lui appartenait, le cas échéant, d'installer des barrières de sécurité ;
- le règlement général des cimetières applicables à l'époque des faits interdit spécifiquement aux visiteurs de monter sur les tombeaux ;
- il n'y a pas de défaut d'entretien normal du cimetière communal dès lors que la dangerosité des lieux est apparente et prévisible ;
- la victime a pu commettre une faute de nature à exonérer totalement ou partiellement la commune de sa responsabilité.
Par une ordonnance en date du 13 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 janvier 2023 à 12 heures.
Vu :
- l'ordonnance n° 2001059 du 10 août 2020 désignant le docteur E en qualité d'expert judiciaire ;
- l'ordonnance n° 2001059 du 19 novembre 2020 taxant et liquidant les frais et honoraires d'expertise à la somme de 780 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- les observations de Me Cournand, substituant Me Gobert, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. M. A F et Mme D F épouse C exposent que, le 29 octobre 2016, leur mère défunte, Angèle F, âgée de 86 ans, a été victime d'une chute d'environ deux mètres lors d'une visite qu'elle effectuait sur le caveau familial situé dans le cimetière Saint-Pierre de Marseille, a subi un traumatisme du rachis dorsal et est décédée le 3 novembre 2016 après avoir été hospitalisée dans le service de réanimation d'urgences médicales de l'hôpital de La Timone. Le courrier du 27 novembre 2020 par lequel ses deux enfants ont adressé à la commune de Marseille une demande préalable d'indemnisation a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née du silence gardé pendant plus de deux mois par la Commune. M. F et Mme C demandent au Tribunal de condamner la commune de Marseille à leur verser la somme totale de 52 619,17 euros au titre des préjudices subis par leur mère et par eux-mêmes.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. La décision rejetant implicitement la demande préalable d'indemnisation présentée par les requérants a eu pour seul effet de lier le contentieux indemnitaire à l'égard de l'objet de leur demande, qui tend à obtenir l'indemnisation des préjudices dont ils se prévalent, personnellement en leur qualité d'ayants droit de leur mère, et a donné à l'ensemble de leur requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les requérants ne peuvent utilement demander l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
3. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Dans une telle hypothèse, le maître de l'ouvrage ne peut s'exonérer de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant la preuve que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
4. Les requérants soutiennent que, le 29 octobre 2016, leur mère a été victime d'une chute d'environ deux mètres lors d'une visite qu'elle effectuait sur le caveau familial situé dans le cimetière Saint-Pierre de Marseille. Pour établir que la responsabilité de la commune de Marseille doit être engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public que constitue le cimetière en raison selon eux de l'absence de rambarde de protection du public au droit de la rangée de caveaux installés à proximité immédiate du rebord d'une restanque, haute de deux mètres, les requérants se bornent à produire des photographies figurant sous plusieurs angles de vue le caveau familial et la restanque en question, ainsi que le certificat médical initial établi par l'assistance publique des hôpitaux de Marseille le 31 octobre 2016 lors de l'hospitalisation de leur mère. Ces seuls documents ne permettent toutefois pas d'établir les circonstances exactes de la survenue de l'accident. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent être regardés comme rapportant la preuve qui leur incombe du lien de causalité entre l'ouvrage public dont leur mère était usagère et les dommages dont ils demandent réparation.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. F et Mme C doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées par la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône :
6. Les conclusions indemnitaires présentées par la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône doivent être rejetées par voie de conséquence du rejet des conclusions aux fins d'indemnisation présentées par les requérants. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions que celle-ci présente au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Sur les dépens :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser les frais de l'expertise, liquidés à la somme de 780 euros par une ordonnance du tribunal du 19 novembre 2020, à la charge définitive de M. F et Mme C.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de de la commune de Marseille qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône sont rejetées.
Article 3 : Les frais de l'expertise taxés et liquidés à la somme de 780 euros sont laissés à la charge de M. F et Mme C.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et Mme D F épouse C, à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Markarian, présidente,
M. Secchi, premier conseiller.
Mme Charpy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
C. B
La présidente,
Signé
G. Markarian La greffière,
Signé
C. Croce
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026