mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101281 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CLERGERIE SEMMEL SALAÜN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 février 2021 et 3 janvier 2022, Mme A B, représentée par Me Semmel, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Châteaurenard à lui verser la somme de 50 000 euros, assortie des intérêts au taux légal, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la décision de non renouvellement de son contrat de travail ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Châteaurenard la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de ne pas renouveler son contrat de travail est constitutive d'une discrimination car elle a été motivée par son seul état de grossesse et la volonté d'éviter une absence d'au moins 16 semaines ; la commune avait bien connaissance de son état de grossesse lors du non renouvellement de son contrat comme l'en atteste une retranscription par commissaire de justice d'un enregistrement audio-phonique auquel elle a procédé, qui relate une conversation entre ses deux supérieurs et elle-même, et qui constitue une preuve recevable ;
- aucune remarque négative n'a été formulée sur son travail ;
- un agent a été recruté pour la remplacer ;
- elle justifie avoir subi un préjudice à hauteur de 50 000 euros, en raison des difficultés à retrouver un emploi eu égard à sa grossesse et de la circonstance que, n'étant plus agent public, elle ne pourra pas passer de concours en vue d'une titularisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2021, la commune de Châteaurenard, représentée par Me Singer, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle n'a commis aucune faute et que la requérante n'établit pas l'existence d'un préjudice.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Singer, représentant la commune de Châteaurenard.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par la commune de Châteaurenard à compter du 15 décembre 2019 en qualité d'agent technique polyvalent de la salle de spectacle de celle-ci et a bénéficié de quatre contrats à durée déterminée successifs du 15 au 31 décembre 2019, du 3 janvier au 31 mars 2020, du 1er avril au 30 juin 2020, et du 1er juillet au 30 septembre 2020. Le 6 août 2020, ses supérieurs hiérarchiques l'ont informée verbalement de ce que son contrat de travail ne serait pas renouvelé au-delà du 30 septembre 2020. Un courrier daté du 7 août 2020 a confirmé cette information. Le 16 décembre 2020, le maire a refusé de faire droit à sa réclamation préalable du 12 octobre 2020 tendant à l'indemnisation des préjudices nés, selon elle, de la décision de ne pas renouveler son contrat de travail. Mme B demande au tribunal de condamner la commune de Châteaurenard à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. D'une part, aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " () Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race () ".
3. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
4. D'autre part, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Par ailleurs, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obstacle au non-renouvellement du contrat d'un agent en situation de grossesse dès lors qu'une telle décision n'est pas prise en considération de cet état.
5. Mme B, qui a effectué le premier examen prénatal le 9 juillet 2020, indique elle-même avoir informé ses supérieurs hiérarchiques de sa grossesse à la fin du mois de juillet 2020, par la remise de son attestation de grossesse. Or, il résulte de l'instruction que la décision de non renouvellement de son contrat a été prise dès le mois de juin 2020, alors donc que son état de grossesse n'était pas connue de son administration, ainsi que cela ressort, en particulier, des attestations concordantes produites en défense, émanant de la directrice des ressources humaines mais également de l'élue en charge de l'action culturelle, qui s'était étonnée le 1er juillet 2020 auprès de la requérante, qui ne le conteste pas, de sa présence sur le site et ce, devant le régisseur général, ce que confirment celui-ci ainsi qu'une une autre élue, et qui avait dès le 23 juin 2020 rencontré un remplaçant éventuel. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision de non renouvellement de son contrat de travail a reposé sur des éléments liés à une discrimination en raison de son état de grossesse.
6. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction, en particulier des attestations également concordantes sur ce point produites par la commune, que celle-ci, pour refuser de renouveler le contrat de l'intéressée, s'est fondée sur la circonstance que sa manière de servir n'était pas satisfaisante, eu égard notamment à ses absences et retards ainsi qu'aux relations tendues qu'elle entretenait avec le régisseur général, et ce alors que ses compétences ne correspondaient pas complètement à celles requises pour le poste, dès lors qu'elle était insuffisamment formée aux tâches techniques relatives notamment à la régie, et qu'un manque de motivation avait été observé à plusieurs reprises. Si la requérante soutient n'avoir jamais fait l'objet de critique portant sur sa manière de servir avant le refus de renouvellement, elle n'apporte aucun élément de nature à l'établir, tel qu'un compte rendu d'entretien d'évaluation ou un témoignage d'un supérieur hiérarchique. Par suite, la commune de Châteaurenard, qui a légalement pris la décision de non-renouvellement de contrat en cause pour un motif tiré de l'intérêt du service, n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Châteaurenard à l'indemniser des conséquences du non-renouvellement de son contrat de travail.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Châteaurenard, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la commune au titre des mêmes frais exposés par elle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Châteaurenard au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Châteaurenard.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère.
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
H. Forest
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026