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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2101735

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2101735

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2101735
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre
Avocat requérantMAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 février 2021, la SARL O' Stock, représentée par Me Maillard, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015, des rappels de taxe sur les véhicules de sociétés qui lui ont été réclamés pour la même période et des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le lien permettant d'accéder à la charte du contribuable vérifié ayant changé entre la notification de l'avis de vérification de comptabilité et le début du contrôle, en s'abstenant de communiquer à sa gérante un lien actualisé, le service vérificateur a entaché la procédure d'irrégularité et l'a privée d'une garantie substantielle ;

- elle a été privée d'un débat oral et contradictoire en l'absence d'un autre entretien que celui du 16 janvier 2017 et dès lors que les rendez-vous des 24 et 31 mars 2017 n'ont pas eu lieu dans le cadre de la vérification de comptabilité ;

- la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a omis de rendre un avis sur les crédits enregistrés sur le compte bancaire personnel de Mme A provenant de chèques dont les émetteurs n'ont pas été identifiés ;

- le service vérificateur n'ayant pas identifié les émetteurs des chèques dont le montant a été versé sur le compte bancaire de Mme A, et en l'absence de tout indice permettant de rattacher ces encaissements à des opérations effectuées par la société, elle doit être déchargée des impositions supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur les sociétés qui découlent de ces versements ;

- elle doit être déchargée des pénalités qui sont issues d'une procédure entachée d'une irrégularité substantielle et qui sont dépourvues de bien-fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la SARL O' Stock ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 11 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL O' Stock, qui exerce une activité de vente en gros de vêtements, chaussures et accessoires, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle lui a été notifiée, selon la procédure contradictoire, une proposition de rectification en date du 29 juin 2017. A l'issue de ce contrôle, l'administration a assujetti la société à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2014 et 2015 et lui a réclamé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les véhicules de sociétés au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015, ainsi que les pénalités correspondantes. La SARL O' Stock demande la décharge de ces impositions supplémentaires.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. () / L'avis informe le contribuable que la charte des droits et obligations du contribuable vérifié peut être consultée sur le site internet de l'administration fiscale ou lui être remise sur simple demande ".

3. Il résulte de l'instruction que la société requérante a reçu, le 27 décembre 2016, un avis de vérification l'informant que la charte pouvait être consultée " sur le site www.impots.gouv.fr (sous la rubrique / Professionnels ) Vos droits ) La charte des droits et obligations du contribuable vérifié) ou être remise sur simple demande ". La société a donc pu consulter cette charte à compter de la réception de l'avis de vérification. L'administration, qui ne conteste pas que le lien d'accès a été modifié par la suite, indique toutefois sans être contredite, qu'un courrier a été remis en mains propres à la gérante, Mme A, le 12 janvier 2017, l'informant des nouveaux liens mis en service sur le site impot.gouv à compter du 5 janvier 2017. De plus, la requérante n'allègue pas qu'elle aurait rencontré des difficultés en cherchant cette charte sur internet. Il ne résulte pas non plus de l'instruction qu'en raison de telles difficultés, elle aurait demandé au service que lui soit remise la charte. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le lien d'accès à la charte du contribuable vérifié ayant été modifié postérieurement à la notification de l'avis de vérification qu'elle a reçu, elle n'a pas été mise à même de consulter cette charte avant le début des opérations de contrôle et aurait été privée d'une garantie.

4. En deuxième lieu, il est constant que le 16 janvier 2017, la société requérante représentée par sa gérante en exercice, a remis sa comptabilité informatisée et les justificatifs comptables en sa possession au vérificateur. Il résulte de l'instruction, notamment d'une convocation envoyée sur l'adresse mail de Mme A le 10 mars 2017 et d'une inscription manuscrite datée et signée par la gérante concernant l'absence de remise de factures clients, que cette dernière a rencontré un inspecteur des finances publiques le 24 mars 2017 dans le cadre de la vérification de comptabilité dont la SARL O' Stock a fait l'objet. De plus, l'administration soutient qu'une dernière réunion s'est déroulée au bureau du vérificateur le 31 mars 2017, ce qu'elle établit par une attestation de Mme A signée de la main de celle-ci, en date du 31 mars 2017, aux termes de laquelle la gérante atteste avoir récupéré les pièces comptables de la société à cette même date. Au regard de ces éléments, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée d'un débat oral et contradictoire.

5. En troisième lieu, et à supposer que la société ait entendu contester la régularité de la procédure d'imposition sur ce point, la circonstance que la commission départementale des impôts directs et taxes sur le chiffre d'affaires aurait omis de rendre un avis concernant une partie des crédits enregistrés sur le compte bancaire personnel de Mme A est sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition. En tout état de cause, l'administration se référant aux conséquences financières établies à la suite de l'avis de la commission départementale des impôts directs et taxes sur le chiffre d'affaires, calculées sans que les crédits litigieux n'aient été réintégrés dans le résultat de la société requérante, soutient sans être contredite, que les sommes correspondant aux encaissements de chèques sur le compte personnel LCL 825349X49 de Mme A d'un montant de 6 003,99 euros et 1 318,34 euros, respectivement au titre des années 2014 et 2015, n'ont pas été réintégrées dans les bases imposables de la société. Par suite, cette dernière ne peut utilement, à supposer que telle ait été son intention, soutenir que la procédure serait irrégulière au motif que la commission précitée aurait omis de rendre un avis concernant les crédits enregistrés sur le compte bancaire personnel de Mme A, provenant de chèques dont les émetteurs n'ont pas été identifiés.

6. En quatrième lieu, pour le même motif que celui énoncé au point 5, est également inopérant le moyen tiré de ce que le service vérificateur n'ayant pas identifié les émetteurs des chèques ayant donné lieu à des versements sur le compte de Mme A, et en l'absence de tout indice permettant de rattacher ces encaissements à des opérations effectuées par la société O' Stock, elle serait fondée à demander la décharge des impositions supplémentaires mise à sa charge à raison de ces encaissements.

7. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ".

8. Il résulte de l'instruction que la comptabilité de la société requérante pour la période en litige n'était pas probante et que la SARL O' Stock n'a pas déclaré une part importante de son chiffre d'affaires ce qui a conduit à une minoration de l'impôt sur les sociétés, de la taxe sur la valeur ajoutée collectée et de taxe sur les véhicules de sociétés. Par suite, la SARL O' Stock n'est pas fondée à soutenir que les pénalités sont issues d'une procédure entachée d'une irrégularité substantielle et sont dépourvues de bien-fondé.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL O' Stock doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL O' Stock est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL O' Stock et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Menasseyre, présidente,

M. Claudé-Mougel, premier conseiller,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.

La rapporteure,

signé

G. Pouliquen

La présidente,

signé

A. MenasseyreLa greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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