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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2101768

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2101768

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2101768
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6e Ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS TAJ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 février 2021 et 2 juin 2022, la Fondation Hôpital Ambroise Paré, représentée par la SELAS Taj agissant par Me Vichard, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères mises à sa charge au titre des années 2017 et 2018 à raison des immeubles dont elle est propriétaire au 6, rue Désirée Clary à Marseille ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens de l'instance, ainsi qu'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en sa qualité de producteur de déchets hospitaliers soumis à une réglementation spécifique, elle ne bénéficie d'aucun service de collecte des déchets opéré par la collectivité pour les immeubles en cause, dans lesquels elle exploite l'hôpital européen de Marseille et au titre desquels elle a conclu des contrats à cette fin avec des prestataires privés ;

- conformément aux lois et règlements relatifs au traitement et à la collecte des déchets ménagers et assimilés et du règlement sanitaire départemental des Bouches-du-Rhône, le règlement communautaire de collecte des déchets ménagers adopté par délibération de la métropole du 20 mai 2015 définit les déchets non ménagers et indique que leur élimination relève de la responsabilité exclusive de leur détenteur ou de leur producteur et doit être effectué par des entreprises spécialisées ;

- eu égard à son activité hospitalière, elle collecte des déchets particuliers et complexes qui requièrent des sujétions techniques spécifiques et qui ne sont ni des déchets ménagers, ni des déchets assimilés aux déchets ménagers mais des déchets contaminés, ainsi que des déchets non contaminés assimilés à des déchets ménagers ;

- le règlement sanitaire des Bouches-du-Rhône précise que les dispositions propres aux déchets ménagers s'appliquent aux déchets des ménages et des collectivités autres que les établissements hospitaliers ;

- ainsi, la collecte et l'élimination des déchets hospitaliers qu'elle produit ne peut pas relever du service de collecte et de traitement des déchets ménagers assuré par la collectivité, de telle sorte que les locaux dont elle est propriétaire doivent être regardés comme étant situés dans une partie de la commune où ne fonctionne pas le service d'enlèvement des ordures, pour l'application du 4° du III de l'article 1521 du code général des impôts, ainsi que l'a jugé le tribunal administratif de Paris le 8 mars 2018 ;

- a minima, au regard de la doctrine fiscale BOI-IF-AUT-90-10, le taux de la taxe appliquée devrait être réduit compte tenu de la fréquence du ramassage, de telle sorte que, par application du 4 du III de l'article 1521 du code général des impôts, elle est fondée à soutenir que ses locaux doivent être exonérés de la taxe litigieuse ou pour le moins que le taux de cette taxe doit être réduit.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2021, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boidé, magistrat désigné,

- les conclusions de Mme Felmy, rapporteure publique,

- et les observations de Me Cidale de la SELAS Taj, pour la Fondation requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Après que ses réclamations contentieuses ont été rejetées par une décision de l'administration fiscale du 9 décembre 2020, la Fondation Hôpital Ambroise Paré demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères mises à sa charge au titre des années 2017 et 2018 à raison de l'ensemble immobilier dont elle est propriétaire au 6, rue Désirée Clary, dans le 2ème arrondissement de Marseille, au sein duquel elle exploite un établissement hospitalier.

2. Aux termes de l'article 1520 du code général des impôts : " I. Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service () ". Aux termes de l'article 1521 du même code : " I. La taxe porte sur toutes les propriétés soumises à la taxe foncière sur les propriétés bâties ou qui en sont temporairement exonérées ainsi que sur les logements des fonctionnaires ou employés civils et militaires visés à l'article 1523 / () III. 1. Les conseils municipaux déterminent annuellement les cas où les locaux à usage industriel ou commercial peuvent être exonérés de la taxe. (). / () 4. Sauf délibération contraire des communes ou des organes délibérants de leurs groupements, les locaux situés dans la partie de la commune où ne fonctionne pas le service d'enlèvement des ordures sont exonérés de la taxe ". En vertu de l'article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales, les communes peuvent, alternativement, instituer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères calculée en fonction du service rendu lorsqu'elles assurent au moins la collecte des déchets de ménage.

3. Il résulte de ces dispositions que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères prévue par le code général des impôts a, contrairement à la redevance du même nom susceptible d'être instituée en vertu du code général des collectivités territoriales, le caractère d'une imposition de toute nature et non celui d'une redevance pour services rendus. La circonstance que le propriétaire d'un immeuble passible de la taxe foncière sur les propriétés bâties situé dans une zone desservie par le service éliminerait lui-même les déchets ménagers produits par cet immeuble, sans recourir à l'utilisation du service, n'est pas, par elle-même, de nature à justifier une absence d'assujettissement.

4. En l'espèce, la Fondation Hôpital Ambroise Paré ne conteste pas que l'ensemble immobilier dont elle est propriétaire rue Désirée Clary à Marseille, au titre duquel elle est assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties, est situé dans une zone effectivement desservie par le service d'enlèvement des ordures ménagères. Par suite, et alors que les dispositions réglementaires qu'elle invoque ne sont pas de nature à modifier ou limiter le champ d'application de la législation fiscale rappelée au point 2, la requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge des impositions litigieuses en faisant valoir, sur le fondement de la réglementation sanitaire applicable, que la collecte et l'élimination des déchets générés par ces immeubles à usage d'établissement hospitalier est assurée par l'établissement lui-même, et ne relève pas du service de collecte et de traitement des déchets ménagers assuré par la collectivité.

5. En outre, la Fondation requérante, qui ne se prévaut pas des dispositions du 1° du III de l'article 1521 du code général des impôts citées ci-dessus, ne conteste pas que le conseil de la métropole d'Aix-Marseille-Provence a décidé par une délibération du 19 septembre 2016, ainsi que l'administration fiscale en justifie, de supprimer à compter du 1er janvier 2017, et sur l'ensemble du territoire métropolitain, l'exonération de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les locaux situés dans les parties de ce territoire où ne fonctionne par le service d'enlèvement des ordures ménagères, de telle sorte qu'elle ne peut en tout état de cause pas se prévaloir utilement des dispositions citées ci-dessus du 4° du III de l'article 1521 du code général des impôts.

6. Enfin, et pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus, la Fondation Hôpital Ambroise Paré, qui ne peut utilement se prévaloir de l'instruction BOI-IF-AUT-90-10, n° 170, qui ne donne pas une interprétation différente de la loi que celle dont il est fait application, n'est pas fondée à prétendre, pour les mêmes raisons que celles précédemment évoquées, à la réduction du taux de la taxe qui lui a été appliquée.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la requête de la Fondation Hôpital Ambroise Paré doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions relatives aux dépens et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la Fondation Hôpital Ambroise Paré est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Fondation Hôpital Ambroise Paré et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

M. A

La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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