mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2101773 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 février 2021 et 28 décembre 2021, Mme B D épouse C, représentée par Me Bertrand, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle la commune des Pennes-Mirabeau a refusé d'indemniser ses préjudices et frais annexes liés à sa chute du 1er octobre 2018 ;
2°) de condamner solidairement ou in solidum la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la commune des Pennes-Mirabeau à lui verser une somme de 14 297,50 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis suite à la chute dont elle a été victime le 1er octobre 2018 ;
3°) de condamner solidairement ou in solidum la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la commune des Pennes-Mirabeau à lui verser une somme de 780 euros en remboursement de ses frais d'expertise judiciaire ;
4°) de mettre à la charge solidaire ou in solidum de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la commune des Pennes-Mirabeau une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a chuté sur le trottoir de la voie publique en raison d'une mauvaise fixation du couvercle d'une plaque d'égout ;
- son accident a pour origine une faute de la métropole d'Aix-Marseille-Provence et de la commune des Pennes-Mirabeau qui n'ont pas entretenu normalement l'ouvrage public que constitue la plaque d'égout ;
- le maire a commis une faute dans l'exercice de son pouvoir de police dès lors qu'aucune signalisation ne permettait de prévenir cet accident.
Par un mémoire, enregistré le 24 mars 2021, la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône fait valoir qu'elle n'entend pas intervenir dans le cadre de la présente instance.
Elle expose toutefois que la victime a été prise en charge au titre du risque maladie et que le montant définitif de ses débours s'élève à la somme de 1 496,42 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 mai 2021 et 31 août 2021, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par le cabinet Ernst et Young, agissant par Me Vivien, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante et de la commune des Pennes-Mirabeau sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que l'ouvrage en cause relevait de la compétence de la commune des Pennes-Mirabeau, à titre subsidiaire, que le lien de causalité avec la plaque d'égout incriminée n'est pas établi et, à titre infiniment subsidiaire, que la demande d'indemnisation est évaluée de manière totalement excessive.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 juin 2021 et 25 novembre 2021, la commune des Pennes-Mirabeau, représentée par la SELURL Phelip, agissant par Me Phelip, conclut au rejet de la requête, à sa mise hors de cause et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- à titre principal, que l'ouvrage en cause ne relève pas de sa compétence dès lors que la compétence assainissement incombe à la métropole d'Aix-Marseille-Provence et que la compétence voirie incombe au département dans la mesure à l'avenue François Mitterrand est une route départementale ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun défaut d'entretien n'est établi et que les préjudices subis résultent des fautes de la victime ;
- et à titre infiniment subsidiaire, que la demande d'indemnisation est partiellement injustifiée et évaluée de manière excessive.
Par une ordonnance du 2 décembre 2021 la clôture d'instruction a été fixée au 3 janvier 2022 à 12 heures.
Les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation de la décision par laquelle la commune des Pennes-Mirabeau a rejeté la demande indemnitaire préalable formée par la requérante dès lors que la requête présente le caractère d'un recours de plein contentieux.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance de la première vice-présidente du tribunal administratif de Marseille n° 1904823 du 13 novembre 2019 désignant le Dr A comme expert ;
- l'ordonnance 23 mars 2020 par laquelle la première vice-présidente du Tribunal a taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée au Dr A à la somme de 780 euros.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Secchi,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- les observations de Me Radi, substituant Me Vivien, pour la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C soutient avoir été victime d'une chute, le 1er octobre 2018 vers 13 heures, à hauteur du 52 avenue François Mitterrand sur la commune des Pennes-Mirabeau, alors qu'elle circulait à pied sur le trottoir. Mme C, qui a estimé que la responsabilité de la métropole d'Aix-Marseille-Provence ainsi que celle de la commune des Pennes-Mirabeau était engagée sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, a adressé le 4 décembre 2020 une demande indemnitaire préalable à chacune des deux collectivités. Ces demandes, reçues le 7 décembre 2020, ont été implicitement rejetées. Mme C demande au Tribunal de condamner solidairement la métropole d'Aix-Marseille-Provence et la commune des Pennes-Mirabeau à lui verser une somme de 14 297,50 euros en réparation de ses entiers préjudices.
Sur la responsabilité :
2. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'usage d'un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de causalité entre cet ouvrage et le dommage dont elle demande réparation. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage faisait l'objet d'un entretien normal ou démontrer que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Mme C expose, ainsi qu'il a été dit, avoir chuté le 1er octobre 2018 vers 13h alors qu'elle marchait sur le trottoir au niveau du 52 de l'avenue François Mitterrand sur le territoire de la commune des Pennes-Mirabeau. Imputant sa chute à une plaque d'égout mal scellée, Mme C recherche la responsabilité de la commune des Pennes-Mirabeau et celle de la métropole d'Aix-Marseille-Provence au titre du défaut d'entretien normal de cet ouvrage public. En effet, sa chute serait, selon ses allégations et les deux témoignages qu'elle produit en date des 27 novembre et 9 décembre 2018, établis par son époux et par un automobiliste, dû au mauvais état du trottoir lequel constitue un ouvrage public incorporé à la voie publique. Il résulte cependant de l'instruction qu'hormis les deux témoignages produits, ni le certificat médical initial daté du 1er octobre 2018, qui n'apporte aucun élément sur les circonstances de la chute, ni le dépôt de plainte effectué le 3 octobre 2018, ni aucune autre pièce ne permet de localiser l'ouvrage en cause, ni de situer l'endroit exact de la chute ni d'apprécier la réalité et l'importance de la défectuosité invoquée. Dès lors, Mme C, usagère de l'ouvrage public, n'établit pas que l'accident dont elle a été victime trouve son origine directe et certaine dans la plaque d'égout en litige. Elle ne rapporte dans ces conditions pas la preuve qui lui incombe du lien de causalité entre les dommages qu'elle a subis et l'ouvrage public en litige. Par suite, les conclusions présentées par Mme C tendant à l'indemnisation des préjudices résultant de sa chute survenue le 1er octobre 2018 doivent être rejetées.
Sur les dépens :
4. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de Mme C les frais et honoraires de l'expertise du Dr A, taxés et liquidés à la somme de 780 euros toutes taxes comprises, selon l'ordonnance de la première vice-présidente du Tribunal visée ci-dessus.
Sur la déclaration de jugement commun :
5. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, mise en cause, a informé le Tribunal qu'elle n'entendait pas intervenir à l'instance. Il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les frais du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune des Pennes-Mirabeau et de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui ne sont pas parties perdantes, la somme que la requérante demande au titre des frais qu'elle a exposés pour la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par la commune des Pennes-Mirabeau et la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme totale de 780 euros sont mis à la charge définitive de Mme C.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la métropole d'Aix-Marseille-Provence, à la commune des Pennes-Mirabeau et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Markarian, présidente,
M. Secchi, premier conseiller,
Mme Charpy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
L. SecchiLa présidente,
Signé
G. Markarian
La greffière,
Signé
C. Croce
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
7
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026