vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102198 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | FAURE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 15 mars, le 23 décembre 2021 et le 26 janvier 2023, A, représentée par Me Faure, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Vitrolles, au titre des années 2019 et 2020 à raison d'un entrepôt situé 46 boulevard de l'Europe à Vitrolles ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui communiquer la totalité des éléments sur lesquels elle s'est fondée pour arrêter la valeur locative cadastrale de son bien, notamment le relevé effectué par un géomètre ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le classement des fractions de sa propriété est erroné, dès lors que seuls 229 des 9 000 mètres carrés relèvent de la catégorie P1, 799 mètres carrés relevant de la catégorie " surface des parties secondaires couvertes " (catégorie P2) et 7 972 mètres carrés relevant de la catégorie " surface des parties secondaires non couvertes " (catégorie P3) ;
- dès lors qu'elle exerce une activité de commerce de gros de bois et de matériaux et non une activité de dépôt, seules les surfaces de bureau permettant l'accueil de la clientèle sont essentielles à l'exercice de son activité et doivent se voir affecter un coefficient de 1 ;
- l'espace de stockage à ciel ouvert doit être classé en catégorie P3 dès lors qu'il n'est pas ouvert aux clients pour des raisons de sécurité ;
- pour l'application du mécanisme de planchonnement et de lissage, c'est à tort que l'administration s'est abstenue d'appliquer des coefficients de pondération des surfaces pour le calcul de la surface pondérée de son bien, qui s'élève en réalité à 2 252 mètres carrés ;
- elle est fondée à se prévaloir de la notice d'aide au remplissage de la déclaration n° 6660 REV selon laquelle la totalité de la surface du local des aires de stationnement et de parking à ciel ouvert relevant de la catégorie DEP 3, doit être classée en P1.
Par des mémoires en défense enregistrés le 21 décembre 2021 et le 17 février 2023, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A est propriétaire d'un entrepôt situé 46 boulevard de l'Europe à Vitrolles. Elle demande la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020, à raison de ce bien.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, l'administration a produit, dans le cadre de la présente instance, les pièces, dont le rapport du géomètre établi le 19 octobre 2018, sur lesquelles elle s'est appuyée pour déterminer le montant de la valeur locative révisée du bien de A. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de communiquer ces documents.
3. En second lieu, par une décision du 20 décembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a prononcé un dégrèvement, en droits et pénalités, de 147 euros. Les conclusions de la requête sont devenues sans objet à hauteur de cette somme. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer dans cette mesure.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
S'agissant de la valeur locative révisée :
4. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. () / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives ". Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II à ce code : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : () / Sous-groupe III : lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement : / Catégorie 1 : lieux de dépôt à ciel ouvert et terrains à usage commercial ou industriel ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III à ce même code : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. () / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire ".
5. Il résulte de l'instruction que l'administration a classé le bien de A dans la catégorie 1 " lieux de dépôt à ciel ouvert et terrains à usage commercial ou industriel " du sous-groupe " lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement ". L'administration a ensuite appliqué un coefficient de 1 à l'espace de stockage à ciel ouvert de 7 972 mètres carrés et au hangar de 799 mètres carrés, un coefficient de 0,5 aux 229 mètres carrés à usage de bureau et un coefficient de 0,2 à l'espace de stationnement non couvert de 150 mètres carrés.
6. En premier lieu, d'une part, la société requérante ne conteste ni le classement de son bien dans la catégorie " lieux de dépôt à ciel ouvert et terrains à usage commercial ou industriel ", ni le fait que son espace de stockage à ciel ouvert constitue la partie de son bien avec la plus grande surface. D'autre part, la circonstance que l'espace de stockage à ciel ouvert ne soit pas ouvert au public n'empêche pas de le regarder comme l'affectation principale du bien de A, alors que celui-ci n'a pas été classé dans le sous-groupe " magasins et lieux de vente ". Par suite, A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a appliqué un coefficient de 1 à la partie de son bien d'une superficie de 8 771 mètres carrés, constituée d'un espace de stockage à ciel ouvert et d'un hangar, correspondant à l'affectation principale du local au regard de sa catégorie.
7. En second lieu, d'une part, le fait que le bâtiment à usage de bureau permettrait l'accueil de clients est contredit par le procès-verbal du 18 janvier 2023 qui indique que A " ne reçoit pas de public sur son site ". D'autre part, ainsi qu'il l'a été dit, A n'établit ni même n'allègue que son bien aurait dû être classé dans le sous-groupe " magasins et lieux de vente ". De plus, la circonstance que A exerce une activité de commerce de gros de bois et de matériaux ne justifie pas que le bâtiment à usage de bureau soit regardé comme l'affectation principale de son bien. Enfin, la société Mistral n'établit ni même n'allègue non plus que son bien aurait dû être classé dans le sous-groupe " bureaux et locaux divers assimilables ". Par suite, A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a regardé les bureaux de 229 mètres carrés comme n'étant pas affecté à l'usage principal du bien mais comme constituant une partie secondaire couverte. En conséquence, la requérante n'est pas fondée à contester l'application à cette surface un coefficient de 0,5, traduisant une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local.
S'agissant de la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 :
8. Aux termes de l'article 1518 A quinquies du même code, dans sa version applicable au litige : " I. - 1. En vue de l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, () la valeur locative des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1498 est corrigée par un coefficient de neutralisation. / Ce coefficient est égal, pour chaque taxe et chaque collectivité territoriale, au rapport entre, d'une part, la somme des valeurs locatives non révisées au 1er janvier 2017 des propriétés bâties mentionnées au même I de l'article 1498 imposables au titre de cette année dans son ressort territorial, à l'exception de celles mentionnées au 2 du présent I, et, d'autre part, la somme des valeurs locatives révisées de ces mêmes propriétés à la date de référence du 1er janvier 2013. () / III. - Pour les impositions dues au titre des années 2017 à 2025 : / 1° Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant du I est positive, celle-ci est majorée d'un montant égal à la moitié de cette différence ; / 2° Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant du même I est négative, celle-ci est minorée d'un montant égal à la moitié de cette différence (). / IV. - Pour la détermination des valeurs locatives non révisées au 1er janvier 2017 mentionnées aux I et III, il est fait application des dispositions prévues par le présent code, dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016 ". L'article 1518 E du même code, dans sa version applicable au litige dispose que : " I. - Pour les biens mentionnés au I de l'article 1498 :/ 1° Des exonérations partielles d'impôts directs locaux sont accordées au titre des années 2017 à 2025 lorsque la différence entre la cotisation établie au titre de l'année 2017 en application du présent code et la cotisation qui aurait été établie au titre de cette même année sans application du A du XVI de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016, est positive. / Pour chaque impôt, l'exonération est égale aux neuf dixièmes de la différence définie au premier alinéa du présent 1° pour les impositions établies au titre de l'année 2017, puis réduite chaque année d'un dixième de cette différence () ".
9. L'article 1498 du code général des impôts, dans sa version en vigueur le 31 décembre 2016 dispose que : " La valeur locative de tous les biens autres que les locaux visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : () / 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. / Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. Ils peuvent être choisis hors de la commune pour procéder à l'évaluation des immeubles d'un caractère particulier ou exceptionnel ; / b. La valeur locative des termes de comparaison est arrêtée : / () par comparaison avec des immeubles similaires situés dans la commune ou dans une localité présentant, du point de vue économique, une situation analogue à celle de la commune en cause et qui faisaient l'objet à cette date de locations consenties à des conditions de prix normales ; () ". Aux termes de l'article 324 AA de l'annexe III à ce même code, dans sa version en vigueur au 31 décembre 2016 : " La valeur locative cadastrale des biens loués à des conditions anormales () est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance ".
10. Il résulte de l'instruction que la société requérante n'apporte aucune précision ni aucune pièce de nature à démontrer qu'il conviendrait d'appliquer, conformément à la méthode de détermination de la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017, exposée aux deux points précédents, un coefficient d'ajustement de 1, de 0,5 et de 0,2 aux surfaces respectives des bureaux, du hangar, de l'espace de stockage à ciel ouvert et de l'espace de stationnement non couvert. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration n'a pas appliqué ces coefficients à la surface des différentes parties de son bien, pour le cadre du calcul de sa valeur locative non révisée au 1er janvier 2017.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale par l'administration :
11. En l'absence de rehaussement, A n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la notice d'aide au remplissage de la déclaration n° 6660 REV.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de réduction des cotisations de taxe foncière auxquelles A a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
13. L'Etat n'étant pas la partie perdante, les conclusions présentées par A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de communication des documents relatifs à la détermination de la valeur locative du bien de la SCI.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête à concurrence du dégrèvement dont il est fait état au point 3.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié A et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Caselles, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
G. Pouliquen
Le président,
Signé
J.B. BrossierLa greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026