mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102277 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | REYNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 mars 2021 et le 17 juin 2021, la SELARL de Mme A B, représentée par Me Reynaud, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification du 7 décembre 2018 dont elle a été destinataire est insuffisamment motivée, dès lors qu'il n'est pas possible de déterminer si les sommes qui y sont mentionnées sont des recettes réintégrées ou des charges rejetées, et que les rectifications afférentes à chacune de ces sommes ne sont pas précisées ;
- la vérificatrice a procédé à une reconstitution de ses recettes sans rejeter préalablement sa comptabilité comme n'étant pas probante ;
- elle démontre qu'elle exerce son activité en zone franche urbaine, au 19, rue de Varsovie à Marseille (13016) ;
- les pénalités appliquées sont injustifiées dès lors qu'elle a de bonne foi cru remplir les conditions pour bénéficier de l'exonération attachée à l'implantation dans une telle zone.
Par un mémoire, enregistré le 12 mai 2021, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 27 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Claudé-Mougel, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SELARL de Mme A B a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au terme de laquelle elle a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2015, résultant notamment de la remise en cause de son implantation en zone franche urbaine. Elle demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. La proposition de rectification du 7 décembre 2018 notifiée à la SELARL de Mme A B mentionne que celle-ci a déposé une déclaration faisant ressortir un montant de bénéfice imposable au taux de 15 % de 4 945 euros et un bénéfice exonéré d'un montant de 6 864 euros et rappelle les dispositions des articles 38 et 39 applicables en matière d'impôt sur les sociétés à la détermination du bénéfice net sous déduction imposable. Cette proposition détaille, sous forme de tableaux, en référence aux relevés bancaires, les rétrocessions d'honoraires devant être réintégrées au résultat et, en référence à cette déclaration, les charges qui ne sont pas admises en déductions faute de factures et de justificatifs. Les charges dont la déduction n'est pas admise font l'objet d'un sous-détail également, sous forme de tableaux précisant, en référence à leur nomenclature comptable, leur date, leur intitulé et leur montant. La requérante ne peut donc sérieusement soutenir qu'elle n'a pas été mise en mesure de discuter utilement des sommes considérées comme des produits, et celles considérées comme des charges non justifiées, ni, alors que cette proposition de rectification désigne l'impôt concerné, l'année d'imposition et la base d'imposition, que cette proposition serait insuffisamment motivée. Elle ne peut davantage soutenir que l'administration n'aurait pas précisé les conséquences financières de l'article 1649 quater L du code général des impôts dès lors que ces dispositions n'ont pas été appliquées aux suppléments d'imposition en litige. Ce moyen, qui manque en fait, doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Il résulte de la proposition de rectification que la vérificatrice a confronté la déclaration de résultats déposée par la SELARL de Mme A B au titre de l'année 2015 et les dépenses mentionnées en comptabilité au relevé du compte bancaire que celle-ci a désigné comme étant à usage professionnel et aux justificatifs qu'elle a présentés en cours de vérification. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que les impositions en litige, qui procèdent de cette simple confrontation, seraient issues d'une reconstitution de ses résultats effectuée sans que sa comptabilité ait été préalablement écartée comme étant irrégulière.
5. Aux termes de l'article 44 octies A du code général des impôts dans sa version alors applicable : " I.-Les contribuables qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2020, créent des activités dans les zones franches urbaines - territoires entrepreneurs définies au B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire, ainsi que ceux qui, entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2011, exercent des activités dans les zones franches urbaines - territoires entrepreneurs définies au deuxième alinéa du B du 3 de l'article 42 de la même loi sont exonérés d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices provenant des activités implantées dans la zone jusqu'au 31 décembre 2010 pour les contribuables qui y exercent déjà une activité au 1er janvier 2006 ou, dans le cas contraire, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui du début de leur activité dans l'une de ces zones. Ces bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés à concurrence de 40 %, 60 % ou 80 % de leur montant selon qu'ils sont réalisés respectivement au cours de la première, de la deuxième ou de la troisième période de douze mois suivant cette période d'exonération. () / Lorsque l'activité non sédentaire d'un contribuable est implantée dans une zone franche urbaine - territoire entrepreneur mais est exercée en tout ou partie en dehors d'une telle zone, l'exonération s'applique si ce contribuable emploie au moins un salarié sédentaire à temps plein ou équivalent, exerçant ses fonctions dans les locaux affectés à l'activité, ou si ce contribuable réalise au moins 25 % de son chiffre d'affaires auprès de clients situés dans les zones franches urbaines - territoires entrepreneurs. " L'implantation d'une activité en zone franche urbaine, en l'absence de salarié, s'apprécie, pour le bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions de l'article 44 octies A du code général des impôts, au regard de tous éléments pertinents, notamment de la situation des locaux et des moyens d'exploitation utiles à cette activité et de son lieu d'exercice effectif, sans que fasse obstacle à l'application de ces dispositions la seule circonstance qu'une partie de l'activité, en raison de sa nature, doive s'exercer chez les clients de l'entrepreneur.
6. La SELARL de Mme A B soutient qu'elle exerçait au 19, rue de Varsovie à Marseille (13016), en zone franche urbaine, au cours de l'année 2015 au titre de laquelle elle a été assujettie aux impositions en litige, en produisant sa déclaration d'impôt sur les sociétés mentionnant cette adresse, un avis de situation au répertoire SIRENE établi à la date du 30 janvier 2019 et un bail de sous-location à usage professionnel. Toutefois, elle ne conteste pas que, comme le fait valoir l'administration en défense, l'avis de vérification notifié à cette adresse le 12 septembre 2018 a été retourné à l'administration le 4 octobre suivant avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse ", ni que la vérificatrice, qui s'est rendue sur place à la date du 28 septembre 2018 prévue pour la première intervention, a constaté l'absence de plaque professionnelle, de sonnette, de boîte aux lettres et d'enseigne au nom de la SELARL. Elle ne conteste pas davantage, comme cela ressort de la proposition de rectification du 7 décembre 2018, que la nouvelle intervention sur place convenue le 11 octobre 2018 n'a pu se dérouler dans le local situé à cette adresse dans la mesure où Mme A ne disposait pas des clés, et qu'elle a dû se dérouler dans un local en travaux situé au numéro 1 de la même rue, ni que la SELARL requérante n'a exposé aucune dépense d'eau ou d'électricité pour le local situé au 19, rue de Varsovie alors que, contrairement à ce qu'elle soutient, il ne résulte pas du contrat de sous-location qu'elle a conclu pour occuper ce local, à l'appui duquel aucune quittance n'est au demeurant produite, que le loyer inclurait ces consommables. En outre, contrairement à ce que soutient la requérante, son nom est bien visible sur une plaque professionnelle apposée au 9, rue Montgrand à Marseille (13006) sur la photo annexée à la proposition de rectification que l'administration affirme, sans être contredite, avoir prise le 23 octobre 2018. Enfin, si la requérante produit une liste de patients dont 26 % seraient domiciliés en zone franche urbaine, cette liste n'est étayée d'aucun document probant permettant de corroborer son authenticité. Dans ces circonstances, l'administration était fondée à remettre en cause la réalité de l'implantation de la SELARL requérante en zone franche urbaine.
Sur les pénalités :
7. Si la requérante soutient qu'elle a cru de bonne foi pouvoir bénéficier de l'exonération prévue pour l'implantation d'activité en zone franche urbaine, elle n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier alors que seuls l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts et la majoration de 10 % prévue par l'article 1758 A du même code pour le retard ou le défaut de souscription de déclarations ont été appliqués aux suppléments d'imposition en litige.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin de décharge de la requérante doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SELARL de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL de Mme A B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Claudé-Mougel La présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026