mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102295 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | VALLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2021, M. B A, représenté par Me Valli, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 à hauteur d'une somme de 12 770 euros versée par la société Inside Staffing By Adequat et la restitution du crédit d'impôt correspondant à la totalité des frais de garde de son enfant au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a jamais perçu la somme de 12 770 euros de la part de la société Inside Staffing By Adequat, pour laquelle il n'était pas en mesure de travailler en étant employé à temps plein à Marseille, et est probablement victime d'une usurpation d'identité ;
- il a eu à sa charge la totalité des frais de garde de son enfant depuis son divorce.
Par un mémoire, enregistré le 28 avril 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 27 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Claudé-Mougel, rapporteur,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique,
- et les observations de Me Valli, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle sur pièces, M. A a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017. Il a présenté une réclamation tendant notamment à ce que la base d'imposition de ses revenus de l'année 2017 soit réduite à hauteur d'une somme de 12 770 euros au motif qu'il n'avait pas travaillé pour la société Inside Staffing By Adequat qui a déclaré lui avoir versé cette somme, ni l'avoir effectivement perçue, et à ce qu'il bénéficie d'un crédit d'impôt sur ces deux années correspondant à la totalité des frais de garde de son enfant. Cette réclamation a été rejetée et M. A demande au tribunal de faire droit à ces deux demandes.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 20 avril 2021, postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement d'une somme de 1 002 euros correspondant à 50% du crédit d'impôt prévu par l'article 200 quater du code général des impôts dû à M. A pour les dépenses effectivement supportées pour la garde de son enfant âgé de moins de six ans au titre des années 2016 et 2017. Les conclusions tendant à la restitution de ce crédit d'impôt sont donc, dans cette mesure, dépourvues d'objet, et il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
En ce qui concerne de la demande de réduction de la base d'imposition des revenus de l'année 2017 à hauteur de la somme de 12 770 euros :
3. D'une part, aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé eu égard aux propriétés et aux capitaux que possèdent les membres du foyer fiscal désignés aux 1 et 3 de l'article 6, aux professions qu'ils exercent, aux traitements, salaires, pensions et rentes viagères dont ils jouissent ainsi qu'aux bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles ils se livrent () ". Aux termes de l'article 170 du même code : " 1. En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, toute personne imposable audit impôt est tenue de souscrire et de faire parvenir à l'administration une déclaration détaillée de ses revenus et bénéfices, de ses charges de famille et des autres éléments nécessaires au calcul de l'impôt sur le revenu ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ".
5. Il résulte de l'instruction que M. A a porté sur sa déclaration de revenus de l'année 2017, qu'il a signée le 30 avril 2018 à 11h50, une somme de 12 770 euros versée par l'agence intérimaire Inside Staffing By Adequat. Le versement de cette somme à M. A est confirmé par le bulletin de recoupement produit en défense, faisant apparaître cette somme au titre des rémunérations versées par cette société en contrepartie d'un emploi de cariste sur la période du 1er mars au 31 décembre 2017. Si M. A soutient qu'il est victime d'une usurpation d'identité et qu'il n'a pas effectivement perçu cette somme, il ne l'établit pas en produisant seulement une attestation du responsable des ressources humaines de la société SCLE SFE faisant état d'un emploi à temps plein à Marseille du lundi au jeudi de 8 h à 17 h et un vendredi sur deux depuis le 1er janvier 2014, alors que l'administration fait valoir sans être contredite que le requérant n'a déposé aucune plainte, qu'il a déclaré, en réponse à la proposition de rectification dont il a été destinataire, avoir cumulé son emploi dans cette société avec des activités d'enseignement au cours des années 2015 à 2017, et que rien ne vient établir que l'emploi de cariste, pour lequel la société Inside Staffing By Adequat a versé la rémunération en litige, pour la période du 1er mars au 31 décembre 2017, était occupé à Vénissieux comme le soutient le requérant, mais qu'il ressort seulement du bulletin de recoupement produit par l'administration que le bénéficiaire de cette rémunération, désigné comme M. B A, y était domicilié, chez un tiers.
En ce qui concerne de la demande de restitution de crédit d'impôt :
6. Aux termes de l'article 200 quater du code général des impôts dans sa version alors applicable : " Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt égal à 50 % des dépenses effectivement supportées pour la garde des enfants âgés de moins de six ans qu'ils ont à leur charge. Ces dépenses sont retenues dans la limite d'un plafond fixé à 2 300 € par enfant à charge et à la moitié de ce montant lorsque l'enfant est réputé à charge égale de l'un et l'autre de ses parents. Ce crédit d'impôt vient en réduction de l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année au cours de laquelle les dépenses sont effectivement supportées () " Il résulte de ces dispositions que les contribuables bénéficient d'un crédit d'impôt égal à la moitié des dépenses de garde d'enfant dans la limite d'un plafond de 1 150 euros par enfant lorsque l'enfant est réputé à charge égale de l'un et l'autre de ses parents. Tel est notamment le cas l'année de la séparation ou du divorce, lorsque les dépenses ouvrant droit au crédit d'impôt ont été supportées par les deux parents. Dans ce cas, la base du crédit d'impôt est répartie par moitié entre ces derniers sauf si l'un des parents apporte, par tous moyens, la preuve que les dépenses en cause ont été effectivement supportées dans une autre proportion par chacun d'entre eux.
7. Si M. A soutient qu'il doit avoir droit au crédit d'impôt prévu par ces dispositions au titre des années 2016 et 2017 à hauteur de la totalité des salaires versées à l'assistante maternelle qui s'occupe de son enfant dès lors qu'il a effectivement supporté seul la charge, il n'en apporte pas la preuve en produisant seulement des relevés d'un compte bancaire commun avec son ex-épouse, alors qu'il ne conteste pas que leur enfant était en garde alternée, et que chacun d'entre eux sont dès lors réputé en supporter également la charge.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 à hauteur d'une somme de 12 770 euros versée par la société Inside Staffing By Adequat et à la restitution du crédit d'impôt correspondant à la totalité des frais de garde de son enfant au titre des années 2016 et 2017 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à la restitution du crédit d'impôt correspondant aux frais de garde de son enfant au titre des années 2016 et 2017 à concurrence du dégrèvement prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rousselle, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Claudé-Mougel La présidente,
signé
P. RousselleLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026