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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2102444

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2102444

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2102444
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème Chambre
Avocat requérantTOUBOUL-ELBEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 mars 2021 et 21 avril 2023, Mme D A épouse B, Mme F B et M. G B, qui reprennent l'instance engagée par M. I B, décédé le 9 janvier 2021, représentés par Me Touboul-Elbez, demandent au Tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision implicite de la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques rejetant la demande préalable d'indemnisation ;

2°) de condamner la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques à leur verser la somme de 51 925,48 euros en réparation des préjudices subis par M. I B suite à la chute dont il a été victime le 10 janvier 2017 ;

3°) de mettre à la charge de la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la chute a pour origine l'exécution défectueuse de travaux publics par la société SADE effectués pour le compte de la société des eaux Marseille métropole ;

- la réalité du défaut d'entretien est établie ;

- le lien de causalité entre la chute et les dommages subis est établi ;

- aucune faute ne peut être imputée à la victime ;

- ils sont fondés à demander, au titre des préjudices patrimoniaux temporaires, la somme de 600 euros en remboursement des frais d'assistance à expertise, la somme de 11 937 euros au titre de l'assistance temporaire par tierce-personne, au titre des préjudices patrimoniaux permanents, la somme de 1 013,20 euros au titre de l'assistance tierce-personne post-consolidation, au titre des préjudices extrapatrimoniaux temporaires, la somme de 9 057,88 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, la somme de 20 000 euros au titre des souffrances endurées, la somme de 3 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, au titre des préjudices extrapatrimoniaux permanents, la somme de 3 718 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, la somme de 709,09 euros au titre du préjudice esthétique, la somme de 1890,91 euros au titre du préjudice d'agrément, et la somme de 600 euros en remboursement des frais de consignation d'expertise judiciaire.

Par des mémoires, enregistrés les 17 mai 2022 et 27 avril 2023, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes et la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, représentées par la SCP BBLM Avocats, agissant par Me Martha, demandent au Tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, de condamner la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques à verser à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes la somme de 37 143,22 euros au titre de ses débours, ainsi que la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire et, en outre, à ce que la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques verse à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elles font valoir que :

- la créance définitive de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes doit être fixée à la somme de 37 331,77 euros au titre des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques, d'appareillage et de transport pour le compte de son assuré ;

- ces débours sont intégralement et exclusivement dus à la chute de la victime.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 30 juin 2021, 14 juillet 2021 et 22 septembre 2021, la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques, représentée par la SCP de Angelis - Semidei - Vuillquez - Habart-Melki - Bardon - de Angelis, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que la société des eaux de Marseille soit condamnée à la relever et la garantir de toutes condamnations éventuellement prononcées à son encontre, à titre infiniment subsidiaire, à ce que l'indemnité allouée en réparation des préjudices subis soit ramenée à 37 741,46 euros et que cette somme soit minorée de la somme de 2 000 euros allouée au titre de l'indemnité provisionnelle et des sommes allouées à la CPAM, et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de tout succombant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le lien de causalité entre le préjudice allégué et l'état de la chaussée n'est pas démontré ;

- l'excavation alléguée n'excède pas, de par sa faible importance, les risques ordinaires auxquels les usagers de la voie publique peuvent normalement s'attendre, et contre lesquels ils doivent se prémunir en adoptant un comportement vigilant ;

- une faute d'imprudence l'exonérant de sa responsabilité a été commise ;

- la juridiction administrative est compétente pour connaître de l'appel en garantie qu'elle dirige contre la SEMM et ses conclusions sont recevables ;

- des travaux de reprise de l'affaissement ont été réalisés suite à l'accident en cause et la SEMM les a réceptionnés sans réserve, ce qui met fin à ses relations contractuelles avec cette dernière, elle est dès lors fondée à être intégralement relevée et garantie par la SEMM des condamnations éventuellement prononcées à son encontre ;

- la présence d'un médecin conseil n'étant nullement rendue nécessaire, la demande au titre des frais d'assistance par un médecin conseil lors des opérations d'expertise judiciaire doit être rejetée ;

- l'indemnité accordée au titre de l'assistance temporaire par une tierce personne ne saurait excéder 7 759,05 euros ;

- l'indemnité accordée au titre de l'assistance par une tierce personne post-expertise ne saurait excéder 1 560 euros ;

- la demande des dépenses de santé future n'est pas justifiée ;

- l'indemnisation du déficit fonctionnel temporaire ne pourra excéder 3 622,41 euros ;

- la réparation du préjudice né des souffrances endurées ne saurait excéder 8 000 euros ;

- l'indemnisation du préjudice temporaire esthétique ne saurait excéder 800 euros ;

- l'indemnisation de son déficit fonctionnel permanent ne saurait excéder 15 000 euros ;

- il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent du requérant en lui accordant la somme 1000 euros ;

- le préjudice d'agrément n'est pas justifié.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2021, la société des eaux de Marseille métropole, représentée par la SELARL Abeille et associés, agissant par Me Pontier, conclut, à titre principal, à l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de l'appel en garantie de la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques à son encontre et à l'irrecevabilité de cet appel en garantie, à titre subsidiaire, au rejet de l'appel en garantie dirigé à son encontre et à sa mise hors de cause, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître de l'appel en garantie de la société SADE à son encontre dès lors que le contrat existant entre la SEMM et cette dernière constitue un contrat de droit privé ;

- la société SADE n'indique pas sur quel fondement la responsabilité de la SEMM pourrait être engagée à son égard ni sur quel fondement la SEMM pourrait être condamnée à la relever et garantir des condamnations prononcées à son encontre ;

- la société SADE ne produit pas le procès-verbal de réception du chantier et les dommages n'ont pas été causés à l'ouvrage objet des travaux mais à un tiers.

Vu le mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2023, présenté pour la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques après la clôture d'instruction.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- l'ordonnance n° 1810870 du 23 mars 2020 désignant le docteur E pour procéder à une expertise médicale et condamnant la société SADE à verser à M. B une somme de 2 000 euros à titre de provision sur l'indemnisation à venir.

- l'ordonnance du 24 novembre 2020 par laquelle la première vice-présidente du Tribunal a taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée au Dr E à la somme de 600 euros.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Charpy,

- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,

- les observations de Me Lavaill substituant Me Touboul-Elbez pour les consorts B,

- les observations de Me Segond de la SCP de Angelis pour la société SADE,

- les observations de Me Durand de la SELARL Abeille et associés pour la SEMM ;

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A épouse B et ses deux enfants, Mme F B et M. G B, qui ont repris l'instance engagée par M. I B, suite à son décès survenu le 9 janvier 2021, demandent au Tribunal de condamner la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques à leur verser, dans le dernier état des écritures, la somme de 51 925,48 euros en réparation des préjudices subis par ce dernier à la suite de la chute dont il a été victime le 10 janvier 2017, alors qu'il circulait à scooter dans la rue du capitaine H dans le 7ème arrondissement de Marseille.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. La décision rejetant une demande indemnitaire a pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de leur demande, qui tend à obtenir l'indemnisation des préjudices dont le requérant se prévaut et donne à l'ensemble de la requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Ainsi, l'annulation de cette décision ne peut être utilement demandée. En tout état de cause, et si depuis le 1er janvier 2017, la nécessité de former un recours dans les deux mois contre une décision préalable est en principe applicable aux recours relatifs à une créance en matière de travaux publics, les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ne s'appliquent pas, comme en l'espèce, à une personne morale de droit privé qui n'est pas chargée d'une mission de service public.

Sur la responsabilité de la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques :

3. L'usager d'une voie publique est fondé à demander réparation du dommage qu'il a subi du fait de l'existence ou du fonctionnement de cet ouvrage ou du fait des travaux publics qui y sont réalisés tant à la collectivité gestionnaire de la voie qu'à l'auteur des travaux dommageables. Il doit démontrer, d'une part, la réalité de son préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre les travaux publics et le dommage. Les personnes ainsi mises en cause ne peuvent dégager leur responsabilité, sauf cas de force majeure ou faute de la victime, qu'en établissant que l'ouvrage était normalement entretenu.

4. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté que, le 10 janvier 2017, vers 10 h 15, M. I B, qui circulait à scooter, a chuté au niveau du 21 rue du capitaine H dans le 7ème arrondissement de Marseille en provenance de la Corniche Kennedy ainsi que l'a attesté un équipage de policiers en mission de maintien de l'ordre présent sur les lieux et qui ont assisté à la chute due, selon eux, à " un gros nid de poule ". Il résulte également de l'instruction, qu'en réponse à la demande de prise en charge des préjudices par la Métropole, celle-ci a indiqué que la défectuosité à l'origine de l'accident était due à un affaissement de la chaussée causé par une rupture de canalisation et dont les travaux de réfection de la chaussée avaient été effectués par l'entreprise SADE pour le compte de la société des eaux de Marseille métropole. La voie publique, qui venait ainsi d'être rebouchée suite à des travaux réalisés sur le réseau d'eau, l'avait été de manière imparfaite puisqu'elle présentait, au vu des photographies produites, une dénivellation sur une surface d'environ un mètre carré et la route présentait un obstacle excédant ceux qu'un usager normalement attentif peut s'attendre à rencontrer révélant un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public. En outre, et alors qu'il n'est pas établi au regard de l'attestation établie par les policiers présents sur place que M. B roulait trop vite ou avait une conduite inappropriée, et alors même qu'il était riverain, M. B n'a pu éviter cette large excavation située dans un virage et ne peut dès lors être regardé comme ayant commis une faute de nature à exonérer l'entrepreneur de sa responsabilité.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

5. En premier lieu les requérants demandent à être indemnisés d'une somme de 600 euros au titre des frais d'assistance à expertise et justifient, par la production d'une facture du docteur C datée du 1er septembre 2020, que la victime avait engagé cette somme. La société SADE ne conteste pas utilement le caractère direct et certain de ce poste de préjudice en se bornant à faire valoir que l'absence de tout doute sur l'impartialité de l'expert judiciaire aurait rendu cette dépense inutile. Les requérants sont par suite fondés à demander à être indemnisés à hauteur de cette somme.

6. En deuxième lieu, les requérants demandent à bénéficier d'une indemnisation de 11 937 euros au titre de l'assistance d'une tierce personne. Le rapport d'expertise du 3 septembre 2020 conclut à ce titre à la nécessité d'une telle assistance à hauteur de 3 heures par jour pendant la période de déficit fonctionnel temporaire partiel stade 4 jusqu'au 20 avril 2017, puis à une heure par jour jusqu'au 23 septembre 2017, puis à 3 heures par semaine du 24 septembre 2017 à la date de consolidation le 30 novembre 2018 et enfin de 2 heures par mois pendant 5 ans après la date de consolidation.

7. Il y a lieu de fixer le montant de l'indemnisation de ce chef de préjudice sur la base de 13 euros de l'heure, qui est le salaire horaire moyen d'une aide à domicile non spécialisée, les requérants n'apportant aucun élément de nature à justifier que le coût de cette assistance soit fixé à un taux supérieur, estimé selon eux à 20 euros. Compte tenu du décès du requérant, survenu le 9 janvier 2021 soit 26 mois après la consolidation de son état de santé, le préjudice subi par M. B résultant de l'assistance par tierce personne doit être évalué à la somme de 8 400 euros.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'expert a retenu que M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 10 au 13 janvier 2017, puis du 28 janvier au 10 février 2017, puis le 14 mars, puis le 21 avril 2017, un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe 4 du 14 au 27 janvier 2017, puis du 11 février au 13 mars 2017 puis du 15 mars au 20 avril 2017, un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe 3 du 22 avril 2017 jusqu'au 11 octobre 2017, de classe 2 du 12 octobre 2017 jusqu'au 30 novembre 2018. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice, sur la base d'un taux journalier de 13 euros, en le fixant à la somme arrondie de 3 600 euros.

9. En deuxième lieu, l'expert a évalué les souffrances endurées par la victime à 4 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ces souffrances en retenant un préjudice de 7 000 euros.

10. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. B, né le 14 mai 1948, présentait un taux de déficit fonctionnel permanent de 13 %. Eu égard à ce taux, à son âge à la date de consolidation de son état de santé, et à son décès survenu le 9 janvier 2021, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 700 euros.

11. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, d'une part que M. B a subi un préjudice esthétique temporaire évalué à 2,5 sur une échelle de 1 à 7 pendant la période de déficit fonctionnel temporaire partiel stade 4, dont il sera fait une juste appréciation en allouant à l'intéressé la somme de 1 000 euros, d'autre part un préjudice esthétique permanent évalué à 1,5 sur une échelle de 1 à 7 dont il sera fait une juste appréciation en allouant à l'intéressé la somme de 500 euros.

12. En cinquième lieu, si une somme de 8 000 euros est réclamée au titre du préjudice d'agrément, le caractère certain de ce poste de préjudice qui n'est pas évoqué par le rapport d'expertise n'est pas établi et la demande doit par suite être rejetée.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques doit être condamnée à verser aux requérants la somme totale de 22 800 euros, déduction faite de la somme de 2 000 euros accordée à titre de provision par l'ordonnance du juge des référés du Tribunal du 23 mars 2020.

Sur les conclusions de la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes :

En ce qui concerne les débours :

14. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes justifie, par l'état et l'attestation d'imputabilité établie par son médecin conseil, avoir engagé en faveur de son assuré, du seul fait de l'accident dont ce dernier a été victime le 10 janvier 2017, des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques, de transport et d'appareillage pour un montant total de 37 741,46 euros, qui devra être intégralement indemnisé par la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

15. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté. L'article 1er de l'arrêté susvisé du 15 décembre 2022 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 115 euros et 1 162 euros.

16. Eu égard au montant des sommes accordées à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes tel que mentionnées dans le présent jugement, la caisse a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 162 euros, soit le montant maximum fixé, à la date du présent jugement, par l'arrêté interministériel du 15 décembre 2022. Par suite, la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques versera à caisse commune de la sécurité sociale des Hautes-Alpes la somme de 1 162 euros.

Sur la charge des frais d'expertise :

17. Il y a lieu de mettre à la charge définitive de société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques les frais et honoraires de l'expertise du Dr E, taxés et liquidés à la somme de 600 euros toutes taxes comprises, selon l'ordonnance de la première vice-présidente du Tribunal visée ci-dessus.

Sur l'appel en garantie :

18. Le contrat conclu entre la SEMM, société de droit de privé, et la SADE étant un contrat de droit privé, ainsi qu'en témoigne la clause d'attribution de compétence en faveur du tribunal de commerce de Marseille prévue à son article 23, les conclusions présentées par la société SADE tendant à ce que la SEMM la relève et la garantisse des condamnations prononcées à son encontre ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative alors même que la SEMM est délégataire de l'exploitation du service public d'eau potable des communes appartenant à la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Par suite, l'exception d'incompétence doit être accueillie.

Sur les frais liés au litige :

19. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par les requérants, une somme de 800 euros au titre des frais exposés par la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes et une somme de 800 euros au titre des frais exposés par la société des eaux de Marseille métropole. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques demande sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques est condamnée à verser à Mme D B, Mme F B et M. G B, une somme de 22 800 euros.

Article 2 : La société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques est condamnée à verser à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes la somme de 37 741,46 euros en remboursement de ses débours, outre la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 600 euros sont mis à la charge définitive de la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques.

Article 4 : La société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques versera à Mme D B, Mme F B et M. G B une somme globale de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : La société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques versera la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : La société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques versera à la société des eaux de Marseille métropole une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse B, Mme F B et M. G B, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à la société SADE Compagnie générale de travaux hydrauliques et à la société des eaux de Marseille métropole.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Markarian, présidente,

M. Secchi, premier conseiller.

Mme Charpy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

C. Charpy

La présidente,

Signé

G. Markarian La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

7

N°2102444

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