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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2102582

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2102582

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2102582
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGALISSARD ALAIN ET CHABROL BENEDICTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 mars 2021 et le 14 décembre 2022, la société CCD architecture, représentée par Me Galissard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la Société locale d'équipement et d'aménagement de l'aire marseillaise (SOLEAM) à lui verser la somme de 2 906,16 euros correspondant au solde des intérêts moratoires dus pour la période du 8 juillet 2020 au 31 décembre 2021 ainsi que 5 000 euros en réparation de son préjudice ;

2°) de mettre à la charge de la SOLEAM une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa mission AOR était achevée dès lors que l'intégralité des réserves a été levée en avril 2018 ;

- le solde de sa note d'honoraires n°24 correspondant à l'achèvement de la mission AOR en avril 2019 est demeuré impayé à hauteur de 47 655,97 euros ;

- elle a exécuté l'ensemble de sa mission DET ;

- elle a transmis sa note d'honoraires n°25 correspondant à l'achèvement de la mission DET le 12 juillet 2019 pour un montant de 15 081,29 euros TTC ;

- sa mission globale s'achevait à la fin du délai de garantie de parfait achèvement, le 15 octobre 2018 ;

- elle était donc fondée à faire parvenir le décompte final le 5 juin 2020, pour un montant de 62 747,30 euros ;

- elle a vérifié la réclamation de la société Axima ;

- la SOLEAM a réglé la somme de 57 735,70 euros correspondant au montant du solde du marché le 21 décembre 2020 ;

- les sommes correspondant au montant des révisions de prix, soit 5 011,60 euros et les intérêts moratoires sur les notes n°24 et 25, soit 7 342,08 euros n'ont été payées que postérieurement à l'introduction de sa requête tendant au règlement de ces sommes ;

- la SOLEAM reste donc redevable de la somme de 2 906,16 euros correspondant aux intérêts moratoires en raison des retards de paiement pour la période du 8 juillet 2020 au 31 décembre 2021 ;

- elle a subi, du fait de ces retards de paiement, un préjudice financier et moral à hauteur de 5 000 euros en raison de la résistance abusive de la SOLEAM.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, la SOLEAM, représentée par Me Sindres, conclut au non-lieu à statuer sur la demande de 2 906,16 euros et au rejet du surplus des conclusions.

Elle soutient que :

- elle a procédé, le 25 mai 2021, aux paiements des demandes de la société CCD architecture figurant dans le décompte général et définitif, soit 4 905,85 euros TTC au titre de la révision des prix et 4 864,02 euros TTC au titre des intérêts moratoires, de sorte que la demande principale de CCD architecture est devenue sans objet ;

- il appartient à CCD architecture de justifier des sommes complémentaires demandées ;

- CCD architecture a été défaillante durant la quasi-totalité de l'exécution du marché, y compris concernant les missions DET et AOR, de sorte qu'elle ne justifie d'aucun préjudice ;

- elle n'a pas traité les réclamations de la société Axima ni ne l'a assistée dans la gestion du litige.

Un mémoire récapitulatif, enregistré le 2 mai 2024, produit par la société CCD architecture, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;

- l'arrêté du 16 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de prestations intellectuelles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Simeray ;

- les conclusions de Mme Dyèvre, rapporteure publique ;

- les observations de Me Chavalarias, représentant la SOLEAM.

Considérant ce qui suit :

1. La SOLEAM a lancé, en 2013, une opération de restructuration du marché d'intérêt national du site des Arnavaux à Marseille. À l'issue d'une procédure de concours de maîtrise d'œuvre, elle a retenu l'offre de la SARL CCD architecture, mandataire d'un groupement constitué avec les sociétés SICA, ADRET et CEC, par un acte d'engagement signé le 10 janvier 2014, le groupement de maîtrise d'œuvre étant chargé des missions ESQ, APS, APD, PRO, ACT, VISA, DET, AOR, DQE et SYN. La société CCD architecture a transmis, en avril 2019, sa note d'honoraires n° 24 relative à la mission de maîtrise d'œuvre d'assistance aux opérations de réception (AOR) pour un montant de 52 606,95 euros TTC, laquelle n'a été réglée qu'à hauteur de 4 940,98 euros TTC et, le 12 juillet 2019, la note d'honoraire n° 25 relative à la mission de direction des travaux (DET) pour un montant de 15 081,29 euros TTC, laquelle n'a pas été réglée. Par un courrier du 5 juin 2020, réceptionné le 8 juin 2020, la société CCD architecture a adressé un projet de décompte final du marché présentant un solde de 67 611,31 euros TTC, correspondant au reliquat des deux notes d'honoraires non réglées, assorti des intérêts moratoires et des révisions de prix. Le 1er juillet 2020, la SOLEAM a admis le montant du solde principal du décompte mais a contesté le paiement d'intérêts moratoires sur les notes d'honoraires n°24 et n°25, estimant la demande de paiement prématurée dès lors que le maître d'œuvre n'avait, selon elle, pas achevé sa mission au moment où il a adressé ses demandes de paiements. Le 21 décembre 2020, la SOLEAM a procédé au règlement de la somme de 57 735,70 euros, correspondant au solde principal du marché et a fait savoir qu'elle procéderait en janvier à l'apurement des comptes concernant les révisions de prix et les intérêts moratoires. Le 1er février 2021, la société CCD architecture a sollicité le paiement des sommes correspondant aux révisions de prix et aux intérêts moratoires. En l'absence de réponse, le 23 mars 2021, la société CCD architecture a sollicité le paiement de la somme de 12 353,68 euros assortie des intérêts moratoires à compter du 21 décembre 2020, ainsi que le paiement de la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice. Par la présente requête, la société CCD architecture demande la condamnation de la SOLEAM à lui verser la somme de 2 906,16 euros correspondant au solde des intérêts moratoires dus pour la période du 8 juillet 2020 au 31 décembre 2021 ainsi que 5 000 euros en réparation de son préjudice.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Dans son mémoire récapitulatif, la société CCD architecture sollicite le paiement d'intérêts moratoires à hauteur de 2 906,16 euros pour la période du 8 juillet 2020 au 31 mai 2021. Il résulte de l'instruction que la SOLEAM a procédé, le 31 mai 2021, à un règlement d'un montant de 9 408,86 euros en faveur du groupement de maîtrise d'œuvre dont la société CCD architecture est le mandataire, incluant une somme de 4 864,32 euros au titre des intérêts moratoires relatifs aux notes d'honoraires de la société CCD architecture qui étaient dus au moment du décompte général et définitif réceptionné le 8 juin 2020. La société CCD architecture n'a donc pas obtenu satisfaction et la SOLEAM n'est pas fondée à soutenir que son recours serait privé d'objet s'agissant de sa demande de paiement des intérêts moratoires à hauteur de 2 906,16 euros dus pour la période du 8 juillet 2020 au 31 mai 2021.

Sur la demande de paiement des intérêts moratoires pour la période du 8 juillet 2020 au 31 mai 2021 :

En ce qui concerne l'achèvement de la mission de la société CCD architecture :

3. Aux termes de l'article 4-2 du cahier des clauses administratives particulières du marché : " Acomptes : Elément DET (direction des travaux) : Les prestations incluses dans cet élément sont réglées comme suit : en fonction de l'avancement des travaux, sous forme d'acomptes, proportionnellement au délai écoulé des travaux depuis leur début : 85% ; à la date de l'accusé de réception, par le maitre de l'ouvrage du projet de décompte final et après traitement des réclamations éventuelles des entreprises : 15% ". Aux termes de l'article 4-3 du même cahier : " solde : après constatation de l'achèvement de sa mission dans les conditions prévues à l'article 24, le maitre d'œuvre adresse au maître de l'ouvrage une demande de paiement du solde sous forme d'un projet de décompte final () le maître de l'ouvrage établit le décompte général () le maître de l'ouvrage notifie au maître d'œuvre le décompte général et l'état du solde. Le décompte général devient définitif dès l'acceptation par le maître d'œuvre ". Aux termes de l'article 6 du même cahier : " Phase travaux - 6-2 vérification du projet de décompte final de l'entrepreneur - à l'issue des travaux, le maître d'œuvre vérifie le projet de décompte final du marché de travaux établi par l'entrepreneur conformément à l'article 13.3 du CCAG Travaux et qui lui a été transmis par l'entrepreneur par lettre recommandée avec avis de réception postal ou remis contre récépissé. Après vérification, le projet de décompte final devient le décompte final. A partir de celui-ci, le maître d'œuvre établi dans les conditions définies à l'article 13.4 du CCAG Travaux, le décompte général. Le délai de vérification du projet de décompte final et l'établissement du décompte général est fixé à 15 jours à compter de l'accusé de réception du document ou du récépissé de remise. () Si le maître d'œuvre n'a pas transmis au maître de l'ouvrage les projets de décompte mentionnés ci-dessus dans les délais prescrits, le maître de l'ouvrage le met en demeure de le faire dans un délai qu'il fixe ()". Aux termes de l'article 25 du chapitre V relatif à l'exécution de la mission de maître d'œuvre après passation des marchés de travaux : " Achèvement de la mission : la mission du maître d'œuvre s'achève à la fin du délai de " Garantie de parfait achèvement " (prévue à l'article 44.1 2° alinéa du CCAG Travaux) ou après prolongation de ce délai si les réserves signalées lors de la réception ne sont pas toutes levées à la fin de cette période. Dans cette hypothèse, l'achèvement de la mission intervient lors de la levée de la dernière réserve. L'achèvement de la mission fera l'objet d'une décision établie sur demande du maître d'œuvre, par le maître de l'ouvrage, dans les conditions de l'article 27 du CCAG-PI et constatant que le titulaire a rempli toutes ses obligations ".

4. Aux termes de l'annexe 1 de l'article 6 de l'arrêté du 21 décembre 1993 précisant les modalités techniques d'exécution des éléments de mission de maîtrise d'œuvre confiés par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé : " 6. La direction de l'exécution du ou des contrats de travaux qui a pour objet de: () vérifier le projet de décompte final établi par l'entrepreneur, établir le décompte général; - donner un avis au maître de l'ouvrage sur les réserves éventuellement formulées par l'entrepreneur en cours d'exécution des travaux et sur le décompte général, assister le maître de l'ouvrage en cas de litige sur l'exécution ou le règlement des travaux, ainsi qu'instruire les mémoires de réclamation de ou des entreprises ".

5. Il résulte des procès-verbaux de réception produits par la société CCD architecture que les travaux ont été réceptionnés le 15 octobre 2017 et que la dernière levée de réserves a eu lieu le 19 septembre 2018. Par suite, la garantie de parfait achèvement, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été prolongée, marquant ainsi l'achèvement de la mission AOR du maître d'œuvre, expirait le 15 octobre 2018. Dans ces conditions, la mission AOR du maître d'œuvre était achevée à cette date, justifiant, suivant l'article 4-3 du cahier des clauses administratives particulières du marché précité, que la société requérante adresse au maître d'ouvrage une note d'honoraire relative à la mission AOR en avril 2019, ainsi qu'un projet de décompte final le 5 juin 2020. Par suite, la SOLEAM n'est pas fondée à soutenir que la mission AOR du maître d'œuvre n'était pas achevée à la date à laquelle il a fait parvenir sa note d'honoraires, le 12 juillet 2019.

6. La SOLEAM fait valoir que la mission DET de la société CCD architecture n'était pas achevée le 12 juillet 2019 dès lors qu'elle n'a pas traité les réclamations de la société Axima ni ne l'a assistée dans la gestion du litige, qui s'est clos en décembre 2020 par un accord entre elle et Axima. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 23 octobre 2019, la SOLEAM a indiqué à la société CCD architecture que les décomptes finaux des entreprises Travaux du midi et Cofely-Axima restaient à valider, ce qui ne permettait pas " de solder et de facturer [votre] solde de mission conformément aux stipulations du cahier des clauses administratives particulières ", ajoutant que " ces décomptes comportaient des erreurs de calcul et des demandes de réclamation " et que " ne souhaitant pas envenimer des relations déjà complexes, ces deux décomptes ont été repris et corrigés par [nos] services ". La SOLEAM a demandé à CCD architecture de transmettre ces décomptes aux entreprises et de les lui retourner signés. Il résulte d'un courrier du 1er juillet 2020 de la SOLEAM que le décompte général définitif de l'entreprise Travaux du midi a été validé en décembre 2019 et que la société Axima a refusé de retourner le décompte signé. Il résulte également de ce courrier que la société Axima a déposé un mémoire en réclamation, que la société CCD architecture a " entièrement accepté malgré qu'il contînt de nombreuses erreurs de calculs rendant erroné le montant total à percevoir par l'entreprise ". Ainsi, la SOLEAM ne conteste pas qu'à la date à laquelle CCD architecture a adressé sa note d'honoraire n°25, le 12 juillet 2019, le maître d'œuvre avait vérifié et transmis le décompte général définitif établi par Axima, ainsi que son mémoire en réclamation. Si la SOLEAM entendait sanctionner un retard dans l'exécution des prestations au titre de la mission DET du maître d'œuvre, il lui appartenait de procéder, en application de l'article 6 du cahier des clauses administratives particulières du marché précité, à l'application de pénalités de retard après mise en demeure de la société CCD architecture. Si elle entendait sanctionner une mauvaise exécution des prestations, il lui appartenait de procéder à une réfaction sur le prix, après mise en demeure de reprendre les corrections à effectuer. Il ne résulte pas de l'instruction que la SOLEAM aurait adressé une mise en demeure à la société CCD architecture l'informant qu'elle envisageait l'une ou l'autre de ces sanctions à son encontre.

7. Dans ces conditions, la société CCD architecture doit être regardée comme ayant vérifié les projets de décompte final et instruit les mémoires en réclamation conformément à sa mission DET en application de l'article 6 de l'arrêté du 21 décembre 1993 précité. Par suite, la SOLEAM n'est pas fondée à soutenir qu'à la date à laquelle la société CCD architecture a fait parvenir sa note d'honoraires, le 12 juillet 2019, sa mission DET n'était pas achevée. Il en résulte que la société CCD Architecture avait droit au paiement de cette facture à compter de cette date.

En ce qui concerne les délais de paiement et le montant des intérêts moratoires :

8. Aux termes de l'article 4-4 du cahier des clauses administratives particulières du marché litigieux : " Délai global de paiement : les sommes dues au(x) titulaire(s) et au(x) sous-traitant(s) de premier rang éventuel(s) du marché, seront payées dans un délai global de 30 jours à compter de la date de réception des factures ou des demandes de paiement équivalentes () ". Aux termes de l'article 98 du code des marchés publics, dans sa version applicable au marché litigieux : " Le délai global de paiement d'un marché public ne peut excéder : () 1° 30 jours pour les services de l'Etat et ses établissements publics autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial, à l'exception de ceux mentionnés au 2°, pour les collectivités territoriales et les établissements publics locaux ; () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique applicable au marché en litige : " Lorsque les sommes dues en principal ne sont pas mises en paiement à l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement, le créancier a droit, sans qu'il ait à les demander, au versement des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévus aux articles 39 et 40 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " I. - Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. / Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse ".

9. Il résulte de ces dispositions que le défaut de mandatement du solde d'un marché dans les délais qu'il prévoit fait courir de plein droit et sans autre formalité, au bénéfice du titulaire ou du sous-traitant, des intérêts moratoires.

10. Ainsi qu'il a été dit, la société CCD architecture a notifié à la SOLEAM un projet de décompte final réceptionné le 8 juin 2020. En application de l'article 4-4 du CCAP du marché et de l'article 98 du code des marchés publics précité, et dès lors que la mission du maître d'œuvre était achevée, la SOLEAM devait, dans un délai de trente jours, soit au plus tard le 8 juillet 2020, procéder au paiement du solde du marché, soit 67 611,31 euros, ce qu'elle n'a fait que partiellement le 21 décembre 2020, à hauteur de 57 735,70 euros. À cette date, le montant des intérêts moratoires dus s'élevait à la somme de 2 445,12 euros, soit un reste à payer de 12 230,73 euros. La SOLEAM n'a procédé, que le 31 mai 2021, au paiement de 9 769,87 euros, soit un reste à payer de 2 460,86 euros. À cette date, les intérêts moratoires restant dus, pour la période courant à compter du 22 décembre 2021, s'élevaient à la somme de 432 euros.

11. Il y a donc lieu de condamner la SOLEAM à verser une somme de 2 877 euros au titre des intérêts moratoires dus pour la période du 8 juillet 2020 au 31 mai 2021 à la société CCD architecture.

Sur le préjudice de CCD architecture :

12. La société requérante ne justifie d'aucun préjudice distinct de celui lié au retard de paiement, déjà indemnisé par les intérêts moratoires, et de celui lié aux coûts de la procédure contentieuse qu'elle a été contrainte d'engager. Dès lors que la société CCD architecture peut bénéficier des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais exposés pour sa défense font l'objet d'une appréciation dans ce cadre qui exclut toute demande indemnitaire de ce chef sur un autre fondement juridique. Par suite, elle n'est pas fondée à demander la condamnation de la SOLEAM à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice résultant d'une résistance abusive.

Sur les frais liés au litige :

13. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de la SOLEAM une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la société CCD architecture et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SOLEAM présentées sur ce fondement.

D É C I D E :

Article 1er : La SOLEAM est condamnée à verser la somme de 2 877 euros à la société CCD architecture.

Article 2 : La SOLEAM versera une somme de 2 000 euros à la société CCD architecture au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société CCD architecture et la Société locale d'équipement et d'aménagement de l'aire métropolitaine.

.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.

La rapporteure,

signé

C. SimerayLe président,

signé

P-Y. Gonneau

La greffière,

signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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