mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102754 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | POINTUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2021, la SARL Domaine des Esprits, représentée par Me Pointud, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune d'Aix-en-Provence au titre des années 2015 à 2019 à raison d'un bien situé 185 Chemin des Saints pères à Aix-en-Provence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'est pas la redevable des impositions en litige car elle n'est pas propriétaire des biens situés au 9033 et 9129, route de Galice à Aix-en-Provence ;
- son bien étant très délabré et inhabitable, il ne constitue pas une propriété bâtie au sens de l'article 1380 du code général des impôts ;
- elle est fondée à se prévaloir des paragraphes 110 à 160 et 150 de l'instruction administrative référencée BOI-IF-TFB-10-10-20 ;
- la valeur locative de son bien a été surévaluée.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête et demande la jonction de la présente instance avec l'instance n° 2102754.
Elle soutient que :
- les conclusions tendant à la décharge de la cotisation de taxe foncière à laquelle la SARL Domaine des Esprits a été assujettie au titre de l'année 2015 sont irrecevables en raison de la tardiveté de la réclamation préalable du 6 décembre 2017 ;
- les moyens soulevés par la SARL Domaine des Esprits ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Domaine des Esprits est propriétaire d'un bien situé 185 chemin des Saints Pères, à Aix-en-Provence. Elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de ce bien, au titre des années 2015 à 2019. Elle demande la décharge de ces impositions.
Sur l'étendue du litige :
2. Par décision du 28 septembre 2021 postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement à concurrence d'une somme de 4 544 euros, de la taxe foncière à laquelle la SARL Domaine des Esprits a été assujettie au titre de l'année 2016. Les conclusions de la requête relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
3. En premier lieu, aux termes du I de l'article 1400 du code général des impôts : " () toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel ". Aux termes du I de l'article 1404 du même code : " Lorsque au titre d'une année une cotisation de taxe foncière a été établie au nom d'une personne autre que le redevable légal, le dégrèvement de cette cotisation est prononcé à condition que les obligations prévues à l'article 1402 aient été respectées ".
4. En l'espèce, d'une part, il résulte de l'instruction que la SARL Domaines des Esprits est propriétaire depuis 2008 d'un bien situé au 185 Chemin des Saints Pères, quartier du Patheron, la Petite Thumine, à Aix-en-Provence. Ce bien est cadastré section IO n° 28, n° 32 et n° 33. Si l'administration a commis une erreur dans l'adresse de ce bien en considérant qu'il était situé 9033 et 9129 route de Galice à Aix-en-Provence, ainsi que cela apparaît dans le relevé de propriété produit par l'administration, il résulte de l'instruction que le service a bien assujetti la société requérante à raison du bien qu'elle possède, situé sur la parcelle IO n° 33 à Aix-en-Provence, quartier de Thumine. Par suite, la SARL Domaine des Esprits n'est pas fondée à soutenir que, n'étant pas propriétaire du bien situé 9033 et 9129 route de Galice à Aix-en-Provence, elle n'est pas redevable des impositions en litige.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". D'une part, si la société requérante soutient que le bien situé 185 chemin des Saints Pères à Aix-en-Provence ne constitue pas une propriété bâtie, étant inhabitable et délabré, elle n'apporte aucune précision ni ne produit aucune pièce de nature à établir ces allégations. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'après la visite sur place d'un géomètre du cadastre le 11 juin 2019, la maison de la requérante a été déclassée de la catégorie 4 à la catégorie 7, le coefficient d'entretien a été ramené à 0,8, caractérisant un mauvais état d'entretien et des constructions ayant besoin de grosses réparations dans toutes leurs parties, le coefficient de situation particulière a été ramené à 0 et la piscine a été supprimée. Pour autant, la circonstance que l'administration ait accepté de dégrever une partie des taxes foncières établies au titre des années 2016 à 2019 à l'occasion de deux dégrèvements prononcés respectivement les 6 septembre 2019 et 28 septembre 2021 pour tenir compte des caractéristiques du bien de la requérante, ne permet pas d'établir qu'il est délabré et inhabitable au point de ne pas pouvoir être regardé comme une propriété bâtie au sens de l'article 1380 du code général des impôts. Par suite, la SARL Domaine des Esprits n'est pas fondée à soutenir que, son bien étant délabré et inhabitable, c'est à tort que l'administration l'a assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de ce bien.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 1495 du code général des impôts : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Ainsi qu'il a été dit au point précédent, d'une part, l'administration a pris en compte le délabrement du bien de la SARL Domaine des Esprits et l'absence de piscine à l'occasion de deux dégrèvements prononcés respectivement les 6 septembre 2019 et 28 septembre 2021. D'autre part, la société requérante n'apporte aucune précision ni aucune pièce de nature à établir que la valeur locative de son bien retenue par l'administration est disproportionnés eu égard à la nature et à l'état de la maison. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration aurait surévalué la valeur locative du bien situé au 185 Chemin des Saints Pères à Aix-en-Provence n'est pas fondé.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale par l'administration :
7. Aux termes de l'article L. 80A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration ".
8. La société requérante n'est pas fondée à se prévaloir des paragraphes 110 à 160 dont le paragraphe 150, des commentaires administratifs publiés au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) - Impôts sous la référence BOI-IF-TFB-10-10-20, qui ne comportent pas une interprétation différente de la loi fiscale de celle figurant aux points précédents de la présente décision.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions tendant à la décharge de la taxe foncière à laquelle la société Domaine des Esprits a été assujettie au titre de l'année 2015, que sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer, sur les conclusions de la société Domaine des Esprits, à concurrence du dégrèvement de cotisations de taxe foncière prononcé le 28 septembre 2021, au titre de l'année 2016.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL Domaine des Esprits est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Domaine des Esprits et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
signé
G. Pouliquen
La présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026