vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102902 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LUCCIARDI BELLEMANIERE WATRIN GIRAUD VENZONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête un mémoire, enregistrés les 1er avril 2021 et 2 octobre 2023, M. A B, représenté par la SCP Lucciardi Bellemanière Watrin Giaud agissant par Me Bellemanière, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice d'une imposition commune avec son épouse au titre de l'année 2019 dans son intégralité ;
2°) de prononcer la décharge correspondante de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- son épouse n'a pas respecté l'ordonnance de non-conciliation et s'est maintenue au domicile conjugal jusqu'au 31 octobre 2020 ;
- l'ordonnance de non-conciliation ne prononce ni n'autorise la résidence séparée des époux dès lors qu'elle se borne à prendre des mesures provisoires ;
- les mails du 15 septembre 2020 de l'administration fiscale constituent une prise de position formelle de l'administration au sens de l'article L. 80 B 1° et 7° du livre des procédures fiscales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 juin 2021 et 12 octobre 2023, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la charge de la preuve pèse sur le requérant qui a déclaré, sur sa déclaration de revenus 2019 être divorcé depuis le 11 juillet 2019, date de l'ordonnance de non-conciliation ;
- le requérant n'établit pas qu'il vivait avec son épouse au cours de l'année 2019 ;
- les époux en instance de divorce, autorisés par le juge à résider séparément, doivent faire l'objet d'impositions distinctes en application du b de l'article 6, 4 du code général des impôts même si, au cours des années d'imposition litigieuses, ils ont continué à cohabiter ;
- les échanges de mails avec l'administration ne constituent pas une prise de position formelle en faveur de la demande du requérant de souscrire une déclaration commune avec son épouse ;
- le requérant n'établit pas avoir engagé des frais non compris dans les dépens dont il réclame le remboursement.
Par une ordonnance du 4 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 octobre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Charpy,
- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, imposé à l'impôt sur le revenu à hauteur de 19 410 euros au titre de l'année 2019, a présenté une réclamation en date du 9 septembre 2020, tendant à ce que lui soit accordé le bénéfice d'une imposition commune avec son épouse au titre de l'année 2019 dans son intégralité, qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 28 janvier 2021. L'intéressé demande au tribunal de prononcer la décharge de sa cotisation d'impôt sur le revenu correspondant à la réduction de ses bases d'imposition au titre de 2019, dans la mesure où celles-ci auraient, à tort, exclu les revenus perçus par sa conjointe.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il revient à M. B, qui conteste l'imposition qui a été établie conformément à sa déclaration de 2020, d'en démontrer le caractère exagéré.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 du code général des impôts : " 1. () Sauf application des dispositions des 4 et 5, les personnes mariées sont soumises à une imposition commune pour les revenus perçus par chacune d'elles et ceux de leurs enfants et des personnes à charge mentionnés au premier alinéa ; () 4. Les époux font l'objet d'impositions distinctes : a. Lorsqu'ils sont séparés de biens et ne vivent pas sous le même toit ; b. Lorsqu'étant en instance de séparation de corps ou de divorce, ils ont été autorisés à avoir des résidences séparées ; c. Lorsqu'en cas d'abandon du domicile conjugal par l'un ou l'autre des époux, chacun dispose de revenus distincts () ".
5. Il résulte de ces dispositions que, dans les trois cas visés ci-dessus, par les a, b, c du 4 de l'article 6 du code général des impôts, l'imposition distincte des époux est applicable de plein droit. À l'inverse, en dehors de ces cas, les revenus des deux conjoints doivent être obligatoirement cumulés dans le cadre de l'imposition par foyer, sans qu'il y ait possibilité, pour l'époux ou pour l'épouse, de demander une imposition séparée.
6. M. B soutient qu'il ne peut être imposé à son propre nom au titre de l'année 2019, dès lors que son épouse et lui n'ont pas été autorisés à résider séparément en application des dispositions précitées et qu'ils résidaient précisément sous le même toit jusqu'au 31 octobre 2020.
7. Toutefois, d'une part, il est constant que, dans le cadre de l'instance de divorce entre les époux B, une ordonnance de non-conciliation a été prise le 11 juillet 2019 par le juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence. Dès lors qu'elle statue sur les modalités de la résidence séparée des deux époux, et bien que celles-ci impliquent la possibilité temporaire d'une continuité de la vie commune puisqu'un délai de trois mois est imparti à Mme B pour quitter le domicile conjugal attribué à M. B, l'ordonnance de non-conciliation doit être considérée comme donnant l'autorisation exigée au sens des dispositions précitées du b du 4 de l'article 6 du code général des impôts.
8. D'autre part, la circonstance, à la supposer même établie, que les époux B auraient effectivement continué à vivre sous le même toit tout au long de l'année 2019 n'a pas pour effet de remettre en cause la situation de droit caractérisée par l'autorisation de vie séparée qui leur a été conférée par l'ordonnance de non-conciliation.
9. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que c'est à tort que l'administration a considéré qu'il entrait dans le champ d'application du b. du 4 de l'article 6 du code général des impôts. Il n'est, par suite, pas fondé à demander la décharge correspondant à la réduction des bases d'imposition au titre de l'année 2019, dans la mesure où celles-ci auraient, à tort, exclu les revenus perçus par sa conjointe.
10. En troisième et dernier lieu, M. B ne saurait utilement invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 B, 1° du livre des procédures fiscales, une prise de position de l'administration pour demander la décharge d'une imposition primitive.
Sur les dépens :
11. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Dès lors, les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, au titre des frais d'instance non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. Charpy
Le président,
Signé
J.B. Brossier
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°210290
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026