lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103005 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MAILLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 avril 2021 et le 23 juin 2022, M. C B, représenté par Me Maillard, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des contributions sociales, et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le service ne pouvait pas lui notifier, au stade de la réponse aux observations du contribuable, un prix moyen pondéré d'acquisition différent de celui mentionné sur la proposition de rectification, sans rouvrir le débat sur cette modification ;
- le prix unitaire de cession des actions s'élève à 9 461,74 euros et non 10 619,59 euros ;
- il est fondé à se prévaloir de l'abattement pour durée de détention prévu par l'article 150 O D ter du code général des impôts ;
- le service a méconnu l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales en refusant d'examiner la contestation des pénalités mentionnées dans les observations qu'il lui a adressées ;
- les pénalités pour manquement délibéré ne sont pas justifiées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Claudé-Mougel, rapporteur public,
- et les observations de Me Maillard, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle sur pièces dont M. B a fait l'objet, le service a remis en cause l'exonération totale de plus-value mobilière réalisée à l'occasion de la cession de 401 parts de la SAS Conjecture le 31 décembre 2013, déclarée par le contribuable en application de l'article 150-0 D ter du code général des impôts prévoyant une exonération totale de la plus-value pour les titres détenus depuis plus de huit ans par les dirigeants de société en vue de leur départ à la retraite. L'administration fiscale a en conséquence notifié à M. B des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales, ainsi que la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, assorties des pénalités prévues par l'article 1729 du code général des impôts au titre de l'année 2013. M. B demande la décharge des impositions ainsi mises à sa charge et des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. Postérieurement à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a, par un avis du 30 juin 2021, prononcé un dégrèvement de 209 839 euros en droits, et 58 619 euros en pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus auxquelles M. B a été assujetti au titre de l'année 2013. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le service a ramené le prix moyen pondéré d'acquisition de chaque action à 231,002 dans sa réponse aux observations du contribuable du 23 novembre 2016 alors qu'il avait retenu un prix de 231,06234 euros dans la proposition de rectification du 8 juin 2016 adressée à M. B. Ce dernier soutient que le service a méconnu le principe du contradictoire dès lors qu'il a été privé de la possibilité de discuter le prix de revient des actions retenu au vu de ses observations. Toutefois, les bases d'imposition retenues par le service ont été, compte tenu notamment des explications fournies par le requérant, inférieures aux bases notifiées. Dans ces circonstances l'administration n'était pas astreinte à procéder à une nouvelle notification des bases retenues ni à mettre le contribuable en mesure de présenter, à nouveau, ses observations. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Il résulte des écritures produites en défense, ainsi que de l'avis de dégrèvement mentionné au point 2 du présent jugement, que le service a fait droit à la demande du requérant tendant à la prise en compte d'un prix de cession unitaire conduisant à une plus-value taxable de 2 110 283 euros. Par suite, le requérant doit être regardé comme ayant obtenu satisfaction concernant l'évaluation de ses bases d'imposition, y compris au regard de l'abattement pour la durée de détention dont il se prévalait.
Sur les pénalités :
5. Aux termes de l'article L. 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
6. Pour justifier l'application de la majoration de 40 % prévue par les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts, l'administration fiscale fait valoir qu'il résulte des procès-verbaux des 11 juin 2009 et 27 septembre 2011 que M. B ne pouvait ignorer que la condition de durée de détention depuis plus de 8 ans permettant de bénéficier de l'exonération totale de la plus-value n'était pas remplie au 31 décembre 2013, et que c'est donc en toute connaissance de cause qu'il a déclaré à tort une plus-value exonérée à 100%. Toutefois, M. B établit par les pièces qu'il produit au dossier qu'il s'était adressé à un avocat spécialiste en droit fiscal pour l'éclairer sur l'application du régime fiscal d'exonération des plus-values, et que ce professionnel du droit a informé son client dans une consultation formalisée le 10 avril 2014, avant le contrôle sur pièces dont M. B a fait l'objet, qu'au regard des éléments transmis à son cabinet, il pourrait " bénéficier de l'exonération totale au titre de l'impôt sur le revenu de la plus-value taxable ", correspondant aux ventes d'actions en cause. Et c'est d'ailleurs ce même professionnel qui a déposé pour le compte de son client la déclaration d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2013 mentionnant la cession des 401 parts de la SAS Conjoncture à l'origine des plus-values en cause. Par ailleurs, et ainsi que le soutient le requérant, ces ventes se sont inscrites dans un cadre juridique mouvant et complexe dès lors que l'article 150-0 D ter, qui prévoit la durée de détention des titres a connu deux versions en 2013, avant d'être abrogé par la loi n°2013-1278 du 29 décembre 2013, et que sa correcte application nécessitait un renvoi à l'article 150-0 D bis, dans sa version applicable jusqu'au 30 décembre 2011. Au vu de ces éléments, l'administration ne peut se fonder sur les seules mentions des procès-verbaux versés au dossier afin d'établir l'élément intentionnel de nature à caractériser l'existence d'un manquement délibéré, et ne peut être regardée comme justifiant du bien fondé de l'application des pénalités prévues en cas de manquement délibéré.
7. Il résulte de ce qui vient d'être dit, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'ensemble des moyens dirigés contre les pénalités, que M. B est fondé à demander la décharge des pénalités pour manquement délibéré auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution sur les hauts revenus auxquelles M. B a été assujetti au titre de l'année 2013 à concurrence du dégrèvement prononcé en cours d'instance, en droits et pénalités.
Article 2 : M. B est déchargé des pénalités pour manquement délibéré auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2013.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
Mme Caselles, première conseillère,
M. Danveau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
S. A La présidente,
signé
A. Menasseyre Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier,
N°2103005
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026