mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103674 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PASCAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 avril 2021, 15 décembre 2021, 30 août 2022 et 13 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Pascal, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 11 673,09 euros, en réparation du préjudice que lui a causé l'illégalité de la sanction qui lui a été infligée le 16 janvier 2018, qui portera intérêt au taux légal à la date de l'introduction de sa requête ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 980 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'Etat est engagé pour les fautes découlant de l'illégalité de la procédure disciplinaire et de l'arrêté du 16 janvier 2018 par lequel le ministre de l'intérieur lui a infligé une sanction ;
- il est fondée à solliciter la somme de 1 673,09 euros en réparation du préjudice découlant de la retenue sur salaire intervenue au mois de février 2018, de 5 000 euros au titre au titre de la perte de primes et de la perte de chance de mobilité et d'avancement et de 5 000 euros au titre de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas de lien de causalité entre l'illégalité de l'arrêté du 16 janvier 2018 et le préjudice subi par M. A ;
- la réalité du préjudice n'est pas établie.
Par une ordonnance du 5 octobre 2023, a été prononcée, en application des articles
R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal
- et les conclusions de M. Trébuchet, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 janvier 2018, le ministre de l'intérieur a infligé la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonctions pendant cinq mois dont quatre mois assortis de sursis à M. B A, adjoint administratif principal de deuxième classe de la direction zonale de la police aux frontières Sud. Par un jugement du 22 juin 2020, confirmé par un arrêt de la cour administrative de Marseille du 9 novembre 2021 devenu définitif, le tribunal administratif de Marseille a annulé cet arrêté pour un vice de procédure. Par un courrier du 2 février 2021, reçu le 3 février suivant, M. A a sollicité l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de la procédure disciplinaire et de la sanction qui lui a été infligée. Sa demande a été implicitement rejetée le 3 avril suivant. M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme de 11 673,09 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Saisi d'une demande indemnitaire, il appartient au juge administratif d'accorder réparation des préjudices de toute nature, directs et certains, qui résultent de l'illégalité fautive entachant la décision litigieuse. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité, pour un vice de procédure, de la décision lui infligeant une sanction, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer, en premier lieu, la nature de cette irrégularité procédurale puis, en second lieu, de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise, s'agissant tant du principe même de la sanction que de son quantum, dans le cadre d'une procédure régulière.
3. Il résulte de l'instruction que, par un courrier reçu le 1er décembre 2017, M. A a été convoqué en conseil de discipline le 20 décembre suivant. En dépit de ses demandes, l'intéressé n'a été mis en mesure de consulter le dossier disciplinaire que le 18 décembre 2020, soit deux jours avant la séance de discipline, auquel il soutient que manquaient des arrêts maladies susceptibles de justifier les absences qui lui étaient reprochées. Ce vice a entrainé l'annulation de la sanction qui lui avait été infligé. Toutefois, il ressort des pièces versées à l'instance que le requérant s'est, à plusieurs reprises, absenté sans autorisation et sans s'en expliquer auprès de sa hiérarchie, malgré des demandes en ce sens. En outre, la circonstance qu'il ait lui-même, ou sa hiérarchie, régularisé, sa situation a posteriori n'est pas de nature à justifier ses départs impromptus. Par ailleurs, il ressort notamment du rapport de l'enquête administrative du 13 janvier 2016, des rapports établis par le directeur de la police au frontière de la zone Sud les 30 mai et 3 août 2016, par le brigadier major du 14 octobre 2016, et par le chef de la cellule de coordination opérationnelle zonale du 1er décembre 2016, du compte rendu d'entretien avec sa hiérarchie du 13 décembre 2016 ainsi que des nombreuses " mentions de service " le concernant que l'intéressé a eu un comportement agressif et déplacé tant à l'égard de ses collègues que de sa hiérarchie. Ces différents éléments concordants, graves et répétés, qui ne sont pas sérieusement contestés par M. A, sont établis et sont constitutif d'une faute.
4. Il résulte des éléments mentionnés au point précédent que le ministre de l'intérieur n'aurait pas pris une décision différente si une procédure régulière avait été suivie, dès lors que les arrêts maladies dont disposait le requérant n'étaient pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le ministre sur les faits qui lui étaient reprochés. Par suite, le vice de procédure dont était entaché l'arrêté du 16 janvier 2018 n'est pas de nature à ouvrir à M. A un droit à indemnité.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. B A et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
M. Cabal, premier conseiller,
M. Guionnet Ruault, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
Le rapporteur,
signé
P.Y. CABAL Le président,
signé
F. SALVAGE
La greffière,
signé
F. FOURRIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026