lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2103701 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PLAHUTA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 avril 2021 et le 24 février 2022, la SARL JP maintenance, représentée par Me Plahuta, demande au tribunal :
1°) de condamner le syndicat mixte de l'espace lumière à lui verser la somme de 94 511,52 euros ;
2°) de mettre à la charge du syndicat mixte de l'espace lumière la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a adressé sa demande de paiement direct au titulaire du marché, la société FICAP, puis au maître d'ouvrage, le syndicat mixte du Val d'Allos, conformément aux dispositions des articles R. 2193-11 et suivants du code de la commande publique ;
- sa demande en paiement direct n'ayant pas été suivie d'effet, elle est titulaire d'une créance de 94 511,52 euros à l'encontre du maître d'ouvrage ;
- elle a le droit au paiement des factures émises, y compris celles relatives aux travaux supplémentaires réalisés ;
- elle a été tenue à l'écart des relations contractuelles entre le titulaire du marché et le maître d'ouvrage et n'a pas été destinataire du procès-verbal de réception avec réserves du 12 avril 2018, du décompte final de la société FICAP, du décompte général, du procès-verbal de levée des réserves du 7 novembre 2019 ni du décompte final du 12 décembre 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 août 2021 et le 10 mars 2022, le syndicat mixte du Val d'Allos conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de la société JP maintenance la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- la demande de paiement direct de la société JP maintenance n'a pas été adressée en temps utile à la société FICAP, titulaire du marché ;
- les travaux sous-traités n'ont pas été achevés et comportent des désordres ;
- les travaux supplémentaires ne sont pas justifiés et relèvent, en tout état de cause, des relations contractuelles entre la société requérante et le titulaire du marché ;
- le syndicat n'avait aucune obligation d'informer la société requérante de ses échanges avec le titulaire du marché.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 ;
- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delzangles ;
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique :
- les observations de Me Lavisse, représentant le syndicat mixte du Val d'Allos.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'aménagement de la rive gauche du domaine skiable du Val d'Allos 1800, le syndicat mixte du Val d'Allos a confié à la société FICAP le lot n°7 " études, fourniture matériel, montage et mise en route de 2 tapis neige " conclu le 10 avril 2015, pour un montant de 999 672 euros HT. Cette dernière a sous-traité les prestations de montage des tapis, pour un montant de 110 000 euros HT, à la société JP maintenance qui a été agréée par le syndicat mixte du Val d'Allos en qualité de sous-traitante de la société FICAP par un acte du 9 octobre 2017. La réception des travaux a été prononcée le 12 avril 2018, avec des réserves qui ont été levées le 20 septembre 2019. Le 1er janvier 2024, le syndicat mixte de l'espace lumière s'est substitué au syndicat mixte du Val d'Allos. L'entreprise titulaire du marché ayant refusé de procéder au règlement de la somme de 91 964 euros au titre des prestations sous-traitées, après une mise en demeure par la société JP maintenance le 13 décembre 2018, cette dernière demande au tribunal de condamner le syndicat mixte de l'espace lumière à lui verser la somme de 94 511,52 euros restant due au titre du paiement direct des travaux réalisés en qualité de sous-traitante.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article 6 de la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : " Le sous-traitant direct du titulaire du marché qui a été accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées par le maître de l'ouvrage, est payé directement par lui pour la part du marché dont il assure l'exécution. () ". Aux termes de l'article 8 de la même loi : " L'entrepreneur principal dispose d'un délai de quinze jours, comptés à partir de la réception des pièces justificatives servant de base au paiement direct, pour les revêtir de son acceptation ou pour signifier au sous-traitant son refus motivé d'acceptation. / Passé ce délai, l'entrepreneur principal est réputé avoir accepté celles des pièces justificatives ou des parties de pièces justificatives qu'il n'a pas expressément acceptées ou refusées. / Les notifications prévues à l'alinéa 1er sont adressées par lettre recommandée avec accusé de réception ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article de l'article 136 du décret du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics, dans sa rédaction en vigueur à la date de signature de l'acte spécial de sous-traitance passé entre le syndicat mixte Val d'Allos et la société JP maintenance : " I. - Le sous-traitant admis au paiement direct adresse sa demande de paiement au titulaire du marché public, sous pli recommandé avec accusé de réception, ou la dépose auprès du titulaire contre récépissé. / Le titulaire dispose d'un délai de quinze jours à compter de la signature de l'accusé de réception ou du récépissé pour donner son accord ou notifier un refus, d'une part, au sous-traitant et, d'autre part, à l'acheteur ou à la personne désignée par lui dans le marché public. / Le sous-traitant adresse également sa demande de paiement à l'acheteur ou à la personne désignée dans le marché public par l'acheteur, accompagnée des copies des factures adressées au titulaire et de l'accusé de réception ou du récépissé attestant que le titulaire a bien reçu la demande ou de l'avis postal attestant que le pli a été refusé ou n'a pas été réclamé. / L'acheteur ou la personne désignée par lui dans le marché public adresse sans délai au titulaire une copie des factures produites par le sous-traitant. / L'acheteur informe le titulaire des paiements qu'il effectue au sous-traitant () ".
4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, pour obtenir le paiement direct par l'acheteur de tout ou partie des prestations qu'il a exécutées dans le cadre de son contrat de sous-traitance, le sous-traitant régulièrement agréé doit adresser en temps utile sa demande de paiement direct au titulaire du marché et, dans le cas mentionné au troisième alinéa de l'article 132 du décret relatif aux marchés publics précité, à l'acheteur. Une demande adressée après la notification du décompte général du marché au titulaire de celui-ci ne peut être regardée comme ayant été adressée en temps utile.
5. Il résulte de l'instruction que la société requérante a adressé à la société FICAP, titulaire du marché, une demande de paiement direct par un courrier reçu le 12 novembre 2020 et qu'elle a transmis, le 27 novembre 2020, une copie de cette demande au syndicat mixte du Val d'Allos, en tant que maître d'ouvrage et acheteur au sens des dispositions précitées. Cette demande de paiement direct a donc été présentée au titulaire du marché postérieurement à la notification du décompte général et définitif du marché, intervenue le 13 décembre 2019. Si la société JP maintenance soutient avoir adressé une demande de paiement direct au syndicat mixte du Val d'Allos le 6 novembre 2019, soit antérieurement à la date de notification du décompte général et définitif, elle ne démontre pas avoir adressé cette demande à la société FICAP, titulaire du marché, comme le prévoient les dispositions précitées, alors que la mise en demeure de payer la somme de 91 964 euros adressée au titulaire du marché le 13 décembre 2018 ne peut être regardée comme une demande de paiement direct, ce courrier se contentant de réclamer le paiement des sommes demandées sans envisager l'hypothèse d'un paiement direct de celles-ci par le maître de l'ouvrage. Il résulte d'ailleurs du courrier du 6 décembre 2019 produit par le syndicat mixte du Val d'Allos, et que la société requérante ne conteste pas avoir reçu, que celui-ci a refusé la demande de paiement direct présentée par la société requérante au motif que la société JP maintenance n'apportait pas la preuve de la notification préalable de sa demande de paiement direct à la société FICAP, titulaire du marché. La société requérante, qui n'a régularisé sa demande de paiement direct auprès du titulaire du marché que le 12 novembre 2020, ne peut donc arguer de ce qu'elle aurait été tenue à l'écart des relations contractuelles entre le titulaire du marché et le maître d'ouvrage et n'aurait pas été destinataire, notamment, du décompte général et définitif du marché. Dans ces circonstances, la société JP maintenance n'est pas fondée à demander la condamnation du maître d'ouvrage au titre du paiement direct des travaux réalisés en qualité de sous-traitant.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par le syndicat mixte du Val d'Allos, que la requête de la société JP Maintenance doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du syndicat mixte du Val d'Allos, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
8. En application de ces dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de la société JP Maintenance une somme de 2 500 euros au titre des frais exposés par le syndicat mixte du Val d'Allos et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société JP maintenance est rejetée.
Article 2 : La société JP maintenance versera au syndicat mixte de l'espace lumière une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société JP maintenance et au syndicat mixte de l'espace lumière.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
B. DelzanglesLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2601156
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a été saisi par M. A... d’une requête en plein contentieux visant à contester le rejet implicite de sa demande de communication des listes électorales des communes du Puy-de-Dôme et à obtenir une injonction de transmission. Le requérant s’est désisté de son instance par un mémoire du 25 avril 2026, désistement pur et simple. Par ordonnance du 1er juin 2026, la présidente du tribunal a donné acte de ce désistement en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Aucune décision au fond n’a donc été rendue sur la légalité du refus préfectoral.
01/06/2026